La Tanzanie poursuit ses ambitions énergétiques avec un projet majeur d’exploitation de gaz naturel porté par plusieurs groupes internationaux, dont Equinor et Shell, en partenariat avec ExxonMobil, Pavilion Energy, Medco Energi et la compagnie publique Tanzania Petroleum Development Corporation (TPDC). Le programme vise à valoriser environ 47 130 milliards de pieds cubes de réserves de gaz naturel, avec une production destinée en grande partie à l’exportation, tout en réservant une part au marché intérieur pour soutenir l’industrialisation.
Pour les autorités tanzaniennes, ce projet représente un levier de croissance économique, de création de valeur et de renforcement de la place du pays dans le secteur énergétique régional. Il s’inscrit dans une stratégie plus large visant à faire de l’Afrique de l’Est un pôle énergétique de premier plan, alors que les exportations de pétrole ougandais devraient également transiter par le port tanzanien de Tanga à partir de 2027.
Une ambition énergétique à l’horizon 2030
Parallèlement au développement de ses ressources gazières, le gouvernement tanzanien entend accroître significativement sa capacité de production d’électricité. Selon Khamis Mussa Omar, les autorités visent une capacité nationale de 8 000 mégawatts d’ici à 2030.
Près de 75 % de cette production devrait provenir de sources qualifiées de propres par le gouvernement, notamment l’hydroélectricité, le solaire, l’éolien et le gaz naturel. Cette orientation vise à répondre à la demande croissante en électricité, tout en accompagnant le développement industriel et économique du pays.
Au-delà des hydrocarbures, la Tanzanie cherche également à diversifier ses ressources de croissance. Khamis Mussa Omar a indiqué que des accords relatifs à deux projets d’exploitation de minerais critiques étaient proches de leur conclusion. Aucun détail supplémentaire n’a toutefois été communiqué. Selon lui, ces secteurs suscitent un intérêt grandissant de la part des investisseurs internationaux, notamment américains.
Des réformes pour attirer les capitaux étrangers
Pour financer ses ambitions, la Tanzanie poursuit des réformes destinées à renforcer l’attractivité de son marché financier et à diversifier ses sources de financement. Le pays a notamment élargi l’accès des investisseurs internationaux à son marché obligataire domestique, instauré une courbe souveraine des taux et adopté des mesures visant à dynamiser le marché de la dette des entreprises.
Ces initiatives s’inscrivent dans une évolution du financement public : les recettes nationales couvriraient désormais près des deux tiers du budget de l’État, tandis que l’aide publique au développement ne représenterait plus qu’une part marginale des ressources publiques.
Cette évolution traduit la volonté des autorités de mobiliser davantage de ressources internes et de renforcer le recours aux investissements privés pour soutenir le développement économique.
Le FMI de nouveau sollicité ?
Sur le plan financier, les autorités tanzaniennes étudient également la possibilité de solliciter un nouveau programme auprès du Fonds monétaire international (FMI). Cette réflexion intervient après l’achèvement, en juillet dernier, d’un précédent programme de financement de 1,7 milliard de dollars.
Entre développement gazier, diversification minière, transition énergétique et réformes financières, la Tanzanie cherche ainsi à consolider ses capacités de financement et à accélérer son industrialisation. La concrétisation de ces ambitions dépendra notamment de la réalisation des projets annoncés, de leur capacité à attirer les investissements attendus et des retombées économiques pour le pays.

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