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Sénégal–Gabon : Libreville s’intéresse au bracelet électronique pour moderniser son système pénitentiaire.

La Direction générale de l’Administration pénitentiaire (DGAP) du Sénégal a reçu, le 19 octobre 2026, une délégation du ministère gabonais de la Justice conduite par Augustin Emane, ministre de la Justice, Garde des Sceaux, chargé des Droits humains et de la Sécurité pénitentiaire. Cette visite de travail était consacrée au partage d’expériences sur la surveillance électronique.

Introduit au Sénégal en 2020, le bracelet électronique constitue une alternative à l’incarcération dans le cadre de la diversification des mesures pénales. Le Gabon souhaite s’inspirer de cette expérience pour explorer des solutions face à la surpopulation carcérale et améliorer les conditions de détention, dans le respect des droits humains.

Cette rencontre vise à renforcer les échanges techniques entre les deux pays et à favoriser le partage de bonnes pratiques en matière de gestion pénitentiaire.

À travers cette coopération, Dakar et Libreville entendent explorer des approches adaptées à leurs réalités respectives pour moderniser leurs systèmes pénitentiaires et diversifier les réponses pénales.

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Sénégal : une taxonomie verte pour mobiliser les investissements durables.

Le Sénégal a adopté, lundi 19 octobre 2026, une taxonomie verte destinée à orienter les investissements vers des projets respectueux de l’environnement. Porté par les ministères concernés, avec l’appui technique de la Coopération allemande (GIZ), cet outil vise à renforcer la transparence financière et à attirer davantage de capitaux privés.

La classification concerne plusieurs secteurs stratégiques, notamment l’énergie, les transports, l’industrie, l’agriculture, la construction et l’assainissement. Elle doit permettre aux investisseurs, aux banques et aux entreprises d’identifier plus facilement les activités durables, tout en limitant les risques d’écoblanchiment.

Selon le ministre de l’Environnement et de la Transition écologique, Aliou Gori Diouf, cette démarche vise à concilier croissance économique, création d’emplois et préservation des ressources naturelles. L’ambassadeur d’Allemagne au Sénégal, Kai Baldow, souligne également le potentiel de ces investissements pour renforcer la compétitivité et développer de nouvelles filières économiques.

Plus de 7 500 milliards de FCFA nécessaires d’ici à 2030

Le Sénégal estime à 13 milliards de dollars, soit environ 7 595 milliards de FCFA, les besoins de financement de sa Contribution déterminée au niveau national (CDN) à l’horizon 2030. Sur ce montant, 8,2 milliards de dollars correspondent à des financements conditionnels.

Face à ces besoins, les autorités misent sur une mobilisation accrue des financements publics et privés. La taxonomie verte doit ainsi faciliter l’orientation des capitaux vers des projets durables et soutenir la transition écologique du pays.

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Dette du Sénégal : les garanties des créanciers officiels, étape décisive pour le programme du FMI

Le déblocage du nouveau programme économique du Sénégal dépend désormais principalement des garanties de financement attendues de ses créanciers officiels, a précisé le Fonds monétaire international.

Selon Zeine Ould Zeidane, directeur du département Afrique du FMI, Dakar n’a pas besoin de finaliser immédiatement tous les accords individuels de traitement de sa dette. L’essentiel, à ce stade, est d’obtenir l’engagement du comité des créanciers officiels sur la proposition sénégalaise. Ces assurances permettraient au Fonds de soumettre le programme à son conseil d’administration.

Le Sénégal et les services du FMI ont déjà conclu un accord technique portant sur un financement d’environ 2,2 milliards de dollars sur trois ans. Sa validation définitive reste cependant conditionnée à l’approbation du conseil d’administration, à la mise en œuvre de mesures correctrices et à l’obtention des assurances financières nécessaires. imf.org

Les discussions avec les principaux créanciers bilatéraux sont jugées positives. Le FMI mobilise également ses bons offices dans le cadre de la Table ronde mondiale sur la dette souveraine afin de faciliter les négociations entre le Sénégal et ses créanciers officiels et privés.

Aucune échéance précise n’a toutefois été annoncée. Après l’obtention des garanties officielles et l’examen du programme par le FMI, le Sénégal devra poursuivre les négociations avec chaque créancier pour définir les modalités concrètes du traitement de sa dette.

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Sénégal : Sangomar exporte 2,94 millions de barils en septembre, GTA maintient ses performances gazières.

Les projets pétroliers et gaziers du Sénégal affichent des résultats contrastés en septembre 2026. Le champ pétrolier de Sangomar a exporté 2,94 millions de barils de pétrole brut, tandis que le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA) a expédié deux cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL), selon les données communiquées sur les performances des deux sites.

Sangomar : des exportations importantes malgré un recul de la production

Au cours du mois de septembre, trois cargaisons de pétrole brut issues du champ de Sangomar ont été commercialisées sur le marché international, pour un volume total de 2,94 millions de barils.

Ces exportations interviennent toutefois dans un contexte de ralentissement de la production. Le site a enregistré une baisse de son plateau de production, liée à la diminution du débit journalier. Cette évolution souligne les variations auxquelles reste soumise l’exploitation du champ pétrolier.

De son côté, le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim a exporté deux cargaisons de gaz naturel liquéfié en septembre, représentant un volume total de 0,33 million de mètres cubes.

Contrairement à Sangomar, le projet a maintenu son plateau de production au cours de la période. Cette stabilité témoigne de la continuité des opérations sur le site, qui constitue un actif important dans le développement de la filière gazière sénégalaise.

Deux projets stratégiques pour le secteur des hydrocarbures

Les performances de septembre illustrent des trajectoires différentes pour les deux grands projets d’hydrocarbures du Sénégal : un recul de la production pétrolière à Sangomar, face à la stabilité des opérations gazières de GTA.

Ces deux sites occupent une place importante dans les ambitions énergétiques du pays, notamment en matière d’exportations et de valorisation des ressources naturelles. L’évolution de leur production et de leurs volumes commercialisés restera déterminante pour suivre les performances du secteur sénégalais des hydrocarbures.

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JOJ Dakar 2026 : Human Rights Watch alerte sur les droits des personnes LGBT+ au Sénégal.

À quelques semaines de l’ouverture des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) de Dakar, Human Rights Watch (HRW) interpelle les autorités sénégalaises sur la situation des personnes LGBT+. Dans un rapport publié lundi, l’organisation de défense des droits humains dénonce une « répression brutale » et exprime ses inquiétudes quant au respect des principes de non-discrimination inscrits dans la Charte olympique.

Prévu du 31 octobre au 13 novembre, cet événement marquera une étape historique pour le mouvement olympique, puisque le Sénégal sera le premier pays africain à accueillir les Jeux olympiques de la jeunesse. Quelque 2 700 athlètes sont attendus dans la capitale sénégalaise pour cette quatrième édition.

Un durcissement de la législation sur l’homosexualité

Les préoccupations de HRW font suite à l’adoption, en mars dernier, d’une loi renforçant les sanctions contre les relations homosexuelles. Selon les dispositions rapportées, les personnes reconnues coupables de relations entre personnes de même sexe encourent désormais des peines de cinq à dix ans d’emprisonnement, soit le double des sanctions précédentes.

La nouvelle législation prévoit également des poursuites pénales contre la promotion ou le financement de l’homosexualité. Adoptée à une large majorité par les parlementaires, cette réforme intervient dans un contexte marqué par une forte hostilité sociale envers les minorités sexuelles, au sein d’un pays où les questions liées à l’homosexualité demeurent particulièrement sensibles.

Des arrestations qui suscitent l’inquiétude

Dans son rapport, Human Rights Watch fait état d’une multiplication des arrestations depuis le durcissement de la législation. En août, 71 hommes auraient notamment été renvoyés devant la justice pour « actes contre nature », une expression employée dans le droit sénégalais pour désigner les relations entre personnes de même sexe.

L’organisation affirme par ailleurs que les personnes LGBT+ rencontrent des difficultés croissantes pour accéder à une assistance juridique et à des services de santé. Elle estime que le climat de répression contribue à renforcer la peur et la stigmatisation.

« La répression grandissante menée par le Sénégal à l’encontre des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles et transgenres porte atteinte à leurs droits, suscite une peur et une stigmatisation grandissantes, et doit cesser immédiatement », déclare HRW dans son rapport.

La Charte olympique au cœur du débat

À l’approche des JOJ, cette situation soulève également la question des obligations du Sénégal en tant que pays hôte d’une compétition olympique. Human Rights Watch rappelle que la Charte olympique interdit toute forme de discrimination et met en avant les exigences de respect des droits humains et de la dignité des personnes.

Larissa Kojoué, chercheuse spécialisée dans les droits des personnes LGBT+ au sein de l’organisation, estime que la campagne menée contre les minorités sexuelles « soulève de graves inquiétudes sur le respect par le Sénégal de la Charte olympique et du droit international ».

Cette interpellation place les autorités sénégalaises face à un enjeu sensible, à l’heure où le pays s’apprête à accueillir un événement international mettant en avant les valeurs du sport, de l’inclusion et du respect entre les participants.

Un durcissement observé dans la région

Human Rights Watch inscrit enfin la situation sénégalaise dans une tendance plus large en Afrique de l’Ouest, où plusieurs pays ont récemment adopté ou renforcé des dispositions pénalisant l’homosexualité.

Selon l’ONG, ces évolutions législatives alimentent la stigmatisation et incitent certaines personnes LGBT+ à dissimuler leur identité ou leurs relations par crainte d’être arrêtées. Elles peuvent également constituer un obstacle à l’accès au dépistage et aux traitements contre le VIH.

À l’approche des Jeux olympiques de la jeunesse, les alertes de HRW relancent ainsi le débat sur la conciliation entre les législations nationales, les réalités socioculturelles et les engagements internationaux en matière de droits humains.

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Sénégal–Rwanda : onze accords signés pour renforcer la coopération bilatérale.

Le Sénégal et le Rwanda donnent un nouvel élan à leur partenariat avec la signature de onze accords et instruments de coopération. Conclus à l’issue de la première session de leur Grande Commission mixte, tenue les 6 et 7 octobre 2026 à Kigali, ces engagements couvrent plusieurs domaines, allant de la diplomatie à l’économie, en passant par le numérique, la culture, l’enseignement supérieur et la coopération judiciaire.

La délégation sénégalaise était conduite par Cheikh Niang, ministre de l’Intégration africaine, des Affaires étrangères et des Sénégalais de l’Extérieur. Cette rencontre marque une nouvelle étape dans le rapprochement entre Dakar et Kigali, qui souhaitent consolider leurs relations politiques et élargir leurs échanges économiques.

Onze instruments pour diversifier les domaines de coopération

Les accords conclus portent notamment sur les consultations politiques, le numérique, l’innovation, le tourisme, la jeunesse, la culture, le sport, l’enseignement supérieur, la recherche scientifique et la normalisation.

Trois instruments sont consacrés à la coopération judiciaire. Ils concernent l’entraide judiciaire en matière pénale, l’extradition et le transfèrement des personnes condamnées. Ces dispositions visent à renforcer les mécanismes de collaboration entre les deux États dans le domaine de la justice.

Au-delà de ces engagements, le Sénégal et le Rwanda entendent étendre leur partenariat à plusieurs secteurs stratégiques, notamment la défense et la sécurité, l’éducation, l’agriculture, la santé, les infrastructures, le numérique et les investissements.

Les responsables des deux pays ont également souligné l’importance d’assurer un suivi rigoureux des accords conclus. L’enjeu est de traduire les engagements diplomatiques en actions concrètes et en résultats mesurables pour les administrations, les entreprises et les populations.

Le développement des échanges économiques au cœur des discussions

La coopération économique a occupé une place importante dans les travaux de Kigali. En marge de la Grande Commission mixte, un Forum des Affaires et des Investissements Rwanda-Sénégal a réuni des représentants des secteurs public et privé des deux pays.

Organisée avec l’appui de l’Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux (APIX) du Sénégal et du Rwanda Development Board, cette rencontre a permis de mettre en avant les possibilités de partenariats commerciaux, de promouvoir les investissements et d’identifier de nouvelles perspectives de collaboration entre les entreprises.

Dakar et Kigali souhaitent ainsi renforcer les relations entre leurs opérateurs économiques et favoriser une meilleure exploitation des opportunités offertes par leurs marchés respectifs.

Les deux pays entendent notamment s’appuyer sur la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) pour stimuler les échanges commerciaux et les investissements intra-africains. Ce cadre continental constitue un levier potentiel pour faciliter l’accès aux marchés, encourager les partenariats et soutenir l’intégration économique africaine.

Dans la continuité du rapprochement engagé en 2025

Cette nouvelle dynamique s’inscrit dans le prolongement de la visite d’État du président sénégalais Bassirou Diomaye Faye au Rwanda, en octobre 2025. Cette visite avait déjà donné lieu à la conclusion de plusieurs accords et contribué au renforcement des relations entre les deux pays.

La première session de la Grande Commission mixte vise désormais à consolider cette coopération en lui donnant un cadre de concertation et de suivi plus structuré. Elle doit également permettre d’identifier les secteurs dans lesquels les deux États peuvent approfondir leurs échanges et développer des projets communs.

Un mécanisme de suivi pour concrétiser les engagements

Pour assurer la mise en œuvre des décisions prises à Kigali, un comité conjoint sera mis en place. Une réunion d’experts est prévue en 2027 afin d’évaluer les progrès accomplis et d’examiner l’état d’avancement des engagements pris par les deux parties.

La deuxième session de la Grande Commission mixte devrait ensuite se tenir au Sénégal, à une date qui sera fixée par voie diplomatique.

Au-delà de la signature des onze instruments, le principal défi sera désormais d’assurer leur application effective. Pour Dakar et Kigali, la consolidation du partenariat dépendra de la capacité des deux États à transformer ces engagements en projets opérationnels, à renforcer les échanges entre leurs entreprises et à inscrire leur coopération dans une dynamique durable au service de l’intégration africaine.

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Sénégal : la rentrée scolaire reportée au 12 octobre en raison des intempéries.

Initialement prévue les 7 et 8 octobre selon les communications diffusées, la rentrée scolaire des élèves est finalement reportée au lundi 12 octobre 2026 sur l’ensemble du territoire national. Le ministère de l’Éducation nationale invoque l’évolution de la situation météorologique et la nécessité de garantir la sécurité des élèves.

La décision intervient après les fortes pluies enregistrées ces derniers jours dans plusieurs régions du Sénégal, qui ont affecté des établissements scolaires et perturbé la circulation. Le délai supplémentaire doit permettre aux services de l’État, aux collectivités territoriales et aux communautés de poursuivre les opérations de nettoyage, d’assainissement, de désinfection et de remise en état des écoles touchées.

Le ministère précise que l’impact des intempéries varie d’une académie à l’autre. Il a néanmoins retenu une mesure nationale afin de garantir l’équité territoriale et l’égalité des chances, en permettant aux élèves de reprendre les cours dans des conditions aussi homogènes que possible.

D’ici au 12 octobre, une mobilisation de l’ensemble de la communauté éducative est attendue. Personnels de l’éducation, parents d’élèves, collectivités territoriales, services de l’État, organisations de jeunesse, société civile et communautés sont appelés à contribuer à la préparation de la reprise.

Le ministère souligne toutefois que ce report ne devrait pas être prolongé. L’organisation prochaine des Jeux Olympiques de la Jeunesse Dakar 2026 aura en effet des incidences sur le fonctionnement de certains établissements. Les autorités souhaitent donc préserver au maximum le temps scolaire et le volume horaire consacré aux enseignements.

La reprise des cours est ainsi fixée au lundi 12 octobre 2026 sur l’ensemble du territoire. Le principal enjeu sera désormais de permettre aux établissements affectés par les intempéries de retrouver des conditions d’accueil adaptées, tout en limitant les perturbations du calendrier scolaire.

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Sénégal : le TGI de Pikine-Guédiawaye expérimente une IA pour les archives judiciaires.

Le Tribunal de grande instance (TGI) de Pikine-Guédiawaye a lancé lundi un projet pilote visant à développer une application locale d’intelligence artificielle (IA) pour numériser, gérer et exploiter les archives judiciaires.

Le projet est mené avec l’appui du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le soutien de l’État de Corée. Il vise à accélérer la transformation numérique de la justice sénégalaise en facilitant l’accès et l’exploitation des documents judiciaires grâce aux technologies d’intelligence artificielle.

Dans le cadre de cette initiative, du matériel informatique et de numérisation a été remis à la Direction de la Dématérialisation et de l’Automatisation (DDA), notamment un NVIDIA DGX Spark, ainsi que des équipements destinés à la numérisation et au stockage des données.

Pikine-Guédiawaye, juridiction pilote

Le TGI de Pikine-Guédiawaye a été retenu comme juridiction pilote. D’ici vendredi, les équipes doivent mettre en place le processus de numérisation et d’intégration des documents judiciaires, notamment les décisions de justice.

Ces documents serviront ensuite à alimenter et à tester l’application dans des conditions réelles. Des sessions de formation sont également prévues afin de permettre au personnel concerné de maîtriser les nouveaux outils et les procédures associées.

Vers une extension à l’ensemble des juridictions

Cette initiative s’inscrit dans la continuité de la plateforme e-Justice, développée avec l’appui du PNUD pour accompagner la digitalisation des procédures internes des juridictions sénégalaises.

À l’issue de la phase pilote, le dispositif pourrait être progressivement déployé dans d’autres juridictions du pays. L’objectif est de renforcer la numérisation des archives judiciaires et d’améliorer leur exploitation grâce à des outils d’intelligence artificielle.

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Santé : un projet de centre de thérapie par cellules souches de 10 millions de dollars annoncé à Dakar.

Le Sénégal pourrait franchir une nouvelle étape dans le développement de son offre de soins spécialisés. La société égyptienne Safe Call Bank envisage d’investir 10 millions de dollars dans la construction d’un centre thérapeutique consacré aux cellules souches à Dakar. Le projet a été présenté, dimanche 4 octobre 2026, au président sénégalais Bassirou Diomaye Faye, lors de son séjour à El-Alamein, en Égypte.

La proposition a été exposée par le Dr Hisham Issa, directeur général de l’entreprise égyptienne. Selon les informations communiquées, Safe Call Bank prévoit de financer la réalisation de cette infrastructure sur fonds propres. Aucun calendrier précis de construction ou de mise en service n’a toutefois été annoncé.

Dakar ciblée pour accueillir des patients de la sous-région

Le futur établissement devrait accueillir des patients sénégalais, mais également des personnes venant d’autres pays d’Afrique de l’Ouest. À travers cette initiative, les promoteurs entendent rapprocher les soins spécialisés des populations de la région et réduire la nécessité pour certains patients de se rendre à l’étranger pour bénéficier de traitements spécifiques.

Si le projet se concrétise, il pourrait contribuer à diversifier l’offre médicale disponible au Sénégal et à renforcer l’attractivité de Dakar dans le domaine des soins spécialisés. Il s’inscrit également dans une dynamique de coopération économique entre le Sénégal et l’Égypte, qui explorent plusieurs possibilités de partenariat dans différents secteurs.

Les enjeux médicaux des thérapies par cellules souches

Les cellules souches suscitent un intérêt important dans la recherche biomédicale en raison de leur capacité à se différencier en plusieurs types de cellules. Certaines applications médicales sont déjà établies, tandis que d’autres font encore l’objet de recherches et d’essais cliniques.

Leur utilisation dépend notamment de la pathologie concernée, du type de cellules employé et des données scientifiques disponibles. Toutes les thérapies présentées comme fondées sur les cellules souches ne disposent donc pas du même niveau de validation médicale. La mise en place d’un centre spécialisé devra s’accompagner d’exigences rigoureuses en matière d’autorisation, de sécurité des traitements, de qualification des équipes et de suivi des patients.

À ce stade, les informations rendues publiques ne précisent pas les maladies qui seront prises en charge dans le futur établissement, les traitements qui y seront proposés ni les modalités de contrôle médical et réglementaire prévues.

Un projet au service des ambitions sanitaires du Sénégal

Au-delà de son volet médical, cet investissement annoncé s’inscrit dans l’ambition de positionner le Sénégal comme un pôle régional de santé capable d’attirer des capitaux privés, des technologies et des compétences spécialisées.

L’implantation d’infrastructures de pointe pourrait contribuer au renforcement des capacités nationales et à une meilleure prise en charge des patients dans la sous-région. Ses retombées dépendront toutefois de la concrétisation du projet, de son accessibilité financière et de la qualité des services proposés.

Pour le Sénégal, l’enjeu sera ainsi de transformer cette annonce d’investissement en une infrastructure opérationnelle, répondant aux normes médicales en vigueur et aux besoins réels des populations.

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CHEIKH HAMIDOU KANE : UNE GRANDE VOIX DES LETTRES AFRICAINES S’EST ÉTEINTE

Cheikh Hamidou Kane, écrivain majeur de la littérature africaine francophone et ancien haut responsable de l’État sénégalais, est décédé ce 4 octobre 2026, à l’âge de 98 ans, a-t-on appris. Avec sa disparition s’éteint une figure intellectuelle dont le parcours aura été marqué à la fois par le service de l’État, la réflexion sur les sociétés africaines et le rayonnement des lettres du continent.

La levée du corps est prévue ce dimanche à 16 heures à l’hôpital de Fann, à Dakar. L’inhumation est annoncée au cimetière de Yoff.

Né le 2 avril 1928 à Matam, Cheikh Hamidou Kane a grandi au croisement de deux univers culturels. Il fréquente d’abord l’école coranique avant de rejoindre, vers l’âge de dix ans, l’école française. Cette double formation, islamique et occidentale, constituera par la suite l’un des fondements de sa pensée et de son œuvre littéraire.

Son parcours académique le conduit au Sénégal puis en France. À la Sorbonne, il obtient des licences en droit, en lettres et en philosophie, avant d’intégrer l’École nationale de la France d’Outre-mer, dont il sort diplômé en 1956.

Un haut serviteur de l’État

De retour au Sénégal en 1959, à la veille de l’indépendance, Cheikh Hamidou Kane s’engage dans la construction de l’État naissant. Il exerce plusieurs responsabilités administratives et gouvernementales, parmi lesquelles celles de gouverneur de la région de Thiès et de commissaire au Plan auprès du président du Conseil, Mamadou Dia.

Il occupe également des fonctions ministérielles, notamment au ministère du Plan et de la Coopération ainsi qu’au ministère du Développement industriel et de l’Artisanat. Son parcours professionnel s’étend par ailleurs au-delà du Sénégal. Il travaille notamment pour l’UNICEF à Lagos et à Abidjan.

Mais c’est surtout par la littérature que son nom s’est durablement inscrit dans l’histoire intellectuelle de l’Afrique.

« L’Aventure ambiguë », un roman devenu classique

Commencé en 1952 et publié en 1961, « L’Aventure ambiguë » connaît un retentissement considérable. Le roman reçoit en 1962 le Grand Prix littéraire d’Afrique noire et devient rapidement une œuvre majeure de la littérature africaine de langue française.

En partie autobiographique, le livre raconte le parcours de Samba Diallo, jeune élève d’une école coranique envoyé en France pour y poursuivre des études de philosophie. À travers son itinéraire, Cheikh Hamidou Kane met en scène la confrontation entre les valeurs héritées de la tradition africaine et islamique et celles de la civilisation occidentale.

L’œuvre dépasse cependant le seul cadre du conflit culturel né de la colonisation. Elle interroge plus largement la quête d’identité, le rapport au savoir et le déchirement intérieur de l’individu confronté à des univers de pensée différents.

La destinée de Samba Diallo, partagé entre deux héritages et deux conceptions du monde, a ainsi donné au roman une portée universelle. « L’Aventure ambiguë » sera traduite dans plusieurs langues et deviendra une œuvre étudiée dans les collèges, les lycées et les universités au Sénégal, en Afrique et au-delà du continent.

Un long silence avant « Les Gardiens du temple »

Après le succès de son premier roman, Cheikh Hamidou Kane observe un long silence littéraire. Près de trois décennies passent avant la publication, en 1995, de « Les Gardiens du temple », aux éditions Stock.

Dans ce second roman, l’écrivain poursuit sa réflexion sur les sociétés africaines confrontées aux mutations de l’époque postcoloniale. Il y explore notamment la tension entre la préservation des traditions, l’affirmation de soi et les influences venues de l’Occident.

Deux romans seulement auront suffi à installer durablement Cheikh Hamidou Kane dans le patrimoine littéraire africain. En 2019, le Grand Prix des Mécènes vient couronner l’ensemble de son œuvre.

Un héritage intellectuel durable

Au-delà de ses fonctions administratives et politiques, Cheikh Hamidou Kane laisse l’image d’un intellectuel attaché à la transmission et au dialogue entre les cultures. Son œuvre, particulièrement « L’Aventure ambiguë », continue de nourrir les réflexions sur l’identité, l’éducation, la modernité et la rencontre des civilisations.

La postérité de l’écrivain se lit également dans les institutions qui portent désormais son nom. Depuis janvier 2023, l’Université virtuelle du Sénégal (UVS) est officiellement devenue l’Université numérique Cheikh Hamidou KANE (UN-CHK), à la suite d’un décret présidentiel pris sous la présidence de Macky Sall.

À 98 ans, Cheikh Hamidou Kane s’en va ainsi après une vie consacrée à la pensée, à la littérature et au service public. Il laisse une œuvre relativement brève par son volume, mais considérable par son influence.

Avec « L’Aventure ambiguë », il avait posé une question qui demeure d’une profonde actualité : que reste-t-il de soi lorsque l’on apprend à connaître et à comprendre le monde des autres ? Une interrogation qui explique, sans doute, pourquoi son œuvre continue de parler à plusieurs générations de lecteurs.

Source : RTS