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JOJ Dakar 2026 : l’État renforce son dispositif contre les inondations et les déchets.

À l’approche des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, les autorités sénégalaises renforcent les mesures destinées à garantir la salubrité et la sécurité environnementale autour des sites de la compétition. Au-delà de la préparation des infrastructures sportives, l’État entend anticiper les risques liés aux inondations ainsi qu’à la gestion des déchets solides et liquides.

C’est dans ce cadre que le ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Dr Cheikh Tidiane Dièye, a présidé, jeudi 3 septembre 2026 à Diamniadio, une réunion de suivi de la Task Force mise en place pour coordonner les actions liées à ces enjeux.

La rencontre a rassemblé les services techniques du ministère ainsi que les représentants des différents départements ministériels associés à l’organisation des JOJ. Cette structure découle des orientations issues de la réunion interministérielle présidée par le Premier ministre le 3 juillet dernier.

Anticiper les risques avant le début des Jeux

Les travaux ont notamment porté sur la matrice d’action élaborée par la Task Force. Cet outil doit permettre de centraliser les interventions prioritaires, de clarifier les responsabilités de chaque acteur et de suivre l’exécution des mesures prévues.

L’approche retenue repose sur l’anticipation plutôt que sur la gestion des situations d’urgence. Les autorités souhaitent notamment renforcer les dispositifs d’alerte, améliorer la coordination entre les services et optimiser la mobilisation des moyens disponibles en cas de menace.

Une attention particulière est accordée aux espaces directement liés aux JOJ, notamment les sites de compétition, le Village olympique, les structures d’hébergement et les principaux corridors reliant Dakar, Diamniadio et Saly.

Une mobilisation qui dépasse les services de l’État

Pour les autorités, la réussite de ce dispositif dépend également de l’implication des collectivités territoriales et des communautés. Le ministre a ainsi appelé les élus locaux, les acteurs communautaires, les relais de proximité et les médias à participer aux actions de sensibilisation.

Cette mobilisation doit notamment encourager l’adoption de comportements responsables concernant le dépôt et la gestion des déchets, mais aussi la préservation des ouvrages et équipements d’assainissement.

L’objectif est d’éviter que des comportements inappropriés ne compromettent les efforts engagés pour prévenir les inondations et maintenir un environnement sain durant la compétition.

Dakar, Diamniadio et Saly au cœur du dispositif

Les trois principaux pôles concernés par l’accueil des JOJ, Dakar, Diamniadio et Saly, font l’objet d’une surveillance renforcée. Les autorités veulent notamment assurer des conditions satisfaisantes de propreté et d’hygiène autour des infrastructures sportives, des lieux d’hébergement et des axes empruntés par les délégations.

Cette préparation répond à un double impératif : garantir le bon déroulement des Jeux et offrir aux athlètes, aux délégations et aux visiteurs un cadre conforme aux ambitions du Sénégal pour cet événement international.

Les JOJ comme levier de résilience

Au-delà de la compétition, les mesures engagées dans le cadre de la Task Force pourraient contribuer à renforcer durablement les capacités de prévention et de gestion des risques dans les territoires concernés.

La préparation des JOJ Dakar 2026 apparaît ainsi comme une opportunité d’accélérer les efforts en matière d’assainissement, de gestion des déchets, de prévention des inondations et d’amélioration du cadre de vie.

Pour l’État, l’enjeu est donc de faire de ce rendez-vous sportif international non seulement une réussite organisationnelle, mais également un levier pour renforcer la résilience environnementale du Sénégal.

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Fintech : le Sénégal prend la tête de l’UEMOA‎‎‎.

Selon les récents derniers chiffres de la BCEAO, Dakar décroche la première place de la finance inclusive en zone UEMOA. Devancé de justesse en microfinance, le Sénégal creuse l’écart en mobile money et s’impose comme la locomotive de la région.


‎Le Sénégal est officiellement N°1 de la finance inclusive dans l’UEMOA. Les données 2026 de la BCEAO et de la Commission bancaire de l’UEMOA placent Dakar en tête, avec une domination particulièrement marquée sur la monnaie électronique. Le Sénégal pèse 1 234,3 milliards FCFA d’actifs en microfinance. Soit 26,5% du total régional. La Côte d’Ivoire suit de très près avec 26,3%. Le Burkina Faso complète le podium avec 19,1%. L’écart entre Dakar et Abidjan ne tient qu’à 0,2 point. Le pays compte aussi 2,28 millions de comptes de microfinance actifs, en hausse de 15,2% sur un an. 81 structures sont opérationnelles sur le territoire.

‎ C’est sur ce terrain que le Sénégal prend nettement les devants. Avec 29,7% de l’encours régional, le pays domine le marché de la monnaie électronique en UEMOA. L’encours total de la zone atteint 1 923,2 milliards FCFA, en bond de 35,2% sur un an. La Côte d’Ivoire arrive deuxième avec 23,5%, malgré une croissance de 35,2% elle aussi. Portés par Wave et Orange Money, les acteurs sénégalais tirent l’écosystème. Dakar s’impose ainsi comme un hub fintech continental. La zone compte désormais 60,6 millions de comptes de mobile money actifs sur 172,9 millions ouverts. Le taux d’activation atteint 35,1%, en progression de 12% sur un an. La Commission bancaire de l’UEMOA confirme une accélération générale de l’inclusion financière.

‎Au-delà des chiffres, le Sénégal gagne sur deux leviers. En premier lieu, l’innovation low-cost : Wave a cassé les tarifs et forcé tout le marché à baisser. Résultat, l’usage explose même en zone rurale. En second lieu, l’écosystème : Dakar concentre incubateurs, régulateur ouvert et partenaires techniques.


‎Contrairement à d’autres pays, la régulation sénégalaise a rapidement validé les portefeuilles électroniques, permettant aux fintechs de scaler. Avec cet écart de 6,2 points sur la monnaie électronique, le Sénégal ne joue plus seulement la première place. Il installe un modèle que ses voisins tentent de copier. Et si la tendance se confirme en 2027, l’écart avec Abidjan en microfinance pourrait disparaître au profit d’une double domination sénégalaise.

Source : ceuxquifontlafrique.com
‎Marcelle NTONGONO

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Sénégal : le FMI et Dakar s’accordent sur un nouveau programme de financement de 2,2 milliards de dollars

Le Fonds monétaire international (FMI) et les autorités sénégalaises sont parvenus, mardi 1er septembre 2026, à un accord au niveau des services sur un nouveau programme de financement d’environ 2,2 milliards de dollars. D’une durée de 36 mois, cet accord doit soutenir les efforts du Sénégal pour rétablir l’équilibre de ses finances publiques et réduire les vulnérabilités liées à sa dette.

L’accord, conclu à l’issue d’une mission du FMI conduite à Dakar du 19 août au 1er septembre par Mercedes Vera Martin, doit encore être soumis à l’approbation de la direction du Fonds puis de son Conseil d’administration.

Des conditions avant l’approbation définitive

Le nouveau programme intervient après la suspension du précédent dispositif de financement de 1,8 milliard de dollars, à la suite de la découverte d’importantes irrégularités dans les déclarations relatives aux finances publiques sénégalaises.

Le FMI estime que la dette du secteur public et parapublic atteignait environ 132 % du PIB à fin 2024. L’institution souligne toutefois les progrès réalisés par les autorités dans la correction des données financières et la consolidation de la gestion de la dette, tout en appelant à des mesures supplémentaires.

Avant l’examen du nouvel accord par son Conseil d’administration, le FMI demande notamment au Sénégal de mettre en œuvre des mesures correctives permettant de traiter les déclarations erronées de données financières. Des garanties de financement de la part des partenaires du pays sont également nécessaires.

Un soutien pour rétablir la stabilité financière

Ce nouveau programme doit accompagner les efforts de Dakar en matière de consolidation budgétaire, de gestion de la dette et de renforcement de la transparence des finances publiques.

Le FMI avait déjà souligné, lors de sa mission de juin 2026, la nécessité pour le Sénégal de réduire ses vulnérabilités liées à la dette et de renforcer la gouvernance financière. L’institution avait également relevé la bonne dynamique de croissance enregistrée en 2025, portée notamment par le développement du secteur des hydrocarbures.

L’accord de principe constitue ainsi une étape importante dans la reprise de la coopération financière entre le Sénégal et le FMI. Sa mise en œuvre effective reste toutefois conditionnée à l’approbation des instances dirigeantes de l’institution et au respect des engagements convenus.

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ORPAILLAGE CLANDESTIN : 40 INDIVIDUS INTERPELLÉS À MISSIRA SIRIMANA

Le Groupe d’Action Rapide de Surveillance et d’Intervention (GARSI 2), basé à Saeinsoutou, a mené, samedi 22 août 2026, une opération contre l’exploitation illégale des ressources minières dans la localité de Mouran, commune de Missira Sirimana.

L’intervention, effectuée dans le cadre des missions de sécurisation du point d’appui du GARSI 2, a permis de démanteler plusieurs sites d’orpaillage clandestins et d’interpeller  40 individus, dont quatre Sénégalais .

Les éléments du GARSI 2 ont également procédé à la saisie d’un matériel important destiné aux activités d’orpaillage. Le bilan fait état de  20 motos, 14 motopompes, 8 panneaux solaires, 7 groupes électrogènes et 5 marteaux-piqueurs .

Cette opération s’inscrit dans le cadre de la lutte contre l’exploitation illégale des ressources minières et du renforcement de la sécurisation des zones d’orpaillage. Elle témoigne également de la volonté des autorités de lutter contre les activités clandestines susceptibles de porter atteinte à la gestion et à la préservation des ressources naturelles.

Les opérations de surveillance et d’intervention devraient ainsi se poursuivre dans les zones concernées afin de contenir l’exploitation minière clandestine et ses activités connexes.

Source : RTS.

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Sénégal–ONU : Dakar veut renforcer le partenariat autour de l’Agenda Sénégal 2050.

Le Sénégal souhaite approfondir sa coopération avec le système des Nations Unies afin d’accompagner la mise en œuvre des priorités de l’Agenda national de Transformation Sénégal 2050. Cette ambition a été au centre d’une rencontre tenue jeudi 20 août 2026 entre le Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo et Hannan Sulieman, Directrice générale adjointe de l’UNICEF et responsable de la gestion de la Maison des Nations Unies à Diamniadio.

Le capital humain au cœur des échanges

Les discussions ont porté sur les principaux axes de coopération entre le Sénégal, l’UNICEF et les différentes agences des Nations Unies. Le développement du capital humain figure parmi les priorités mises en avant, notamment à travers l’éducation et la formation professionnelle.

Le gouvernement entend consolider les acquis dans ces secteurs et développer de nouvelles initiatives destinées à renforcer les compétences des jeunes et leurs perspectives d’insertion.

Une administration mieux préparée

La coopération devrait également concerner le renforcement des capacités de l’administration publique. L’objectif est d’accompagner les départements ministériels dans l’amélioration de leur organisation, de leur fonctionnement et de leur capacité à mettre en œuvre efficacement les politiques publiques.

Pour Dakar, cette dimension institutionnelle constitue un élément essentiel de la réussite de l’Agenda Sénégal 2050, qui ambitionne de faire de l’administration un levier plus performant de transformation économique et sociale.

Diamniadio au cœur de la présence onusienne

Les échanges ont enfin porté sur le transfert progressif du système des Nations Unies vers Diamniadio, conformément au calendrier établi.

Cette évolution accompagne la montée en puissance de la ville comme nouveau pôle administratif et institutionnel du Sénégal. La délégation de l’UNICEF a également salué l’engagement de Dakar en faveur du multilatéralisme et de l’intégration régionale.

À travers ce partenariat renforcé, le Sénégal entend ainsi mobiliser l’expertise et l’appui du système des Nations Unies au service de ses priorités nationales, avec une attention particulière portée à la jeunesse, au capital humain et à la modernisation de l’action publique.

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CRÉDITS SPÉCIAUX : L’ASSEMBLÉE NATIONALE DU SENEGAL SUSPEND L’EXAMEN DE LA PROPOSITION DE LOI

L’Assemblée nationale a décidé de suspendre la séance plénière consacrée à l’examen de la proposition de loi portant sur le régime juridique des crédits spéciaux, initialement prévue ce mercredi 19 août 2026.

Dans un communiqué publié ce mardi 18 août, l’institution parlementaire affirme que l’Exécutif a saisi le Conseil constitutionnel d’un recours visant à faire déclarer que certaines dispositions de cette proposition de loi relèvent du pouvoir réglementaire.

L’Assemblée nationale estime que cette saisine intervient dans un contexte d’« obstruction systématique » au processus législatif visant, selon elle, à renforcer la transparence dans la gestion des deniers publics.

Malgré l’absence, selon le communiqué, de disposition prévoyant expressément un effet suspensif du recours, l’Assemblée nationale dit avoir choisi de suspendre la plénière « soucieuse de la stabilité, de l’élégance républicaine et du dialogue entre les Institutions ».

Les autres travaux maintenus

Le Parlement précise toutefois que cette suspension ne concerne pas les autres travaux inscrits à son agenda.

Ainsi, les travaux relatifs à la ratification des propositions de résolution portant création de commissions d’enquête parlementaire sont maintenus pour le jeudi 20 août 2026.

Il en est de même pour l’examen du projet de loi n° 25/2026 portant sur la protection des infrastructures d’information critiques et la sécurité numérique.

Source : RTS.

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Sénégal : le gouvernement saisit le Conseil constitutionnel sur les crédits spéciaux.

Le gouvernement sénégalais a saisi le Conseil constitutionnel pour contester la recevabilité d’une proposition de loi portant sur le régime juridique des crédits spéciaux. Cette démarche intervient alors que l’Assemblée nationale doit examiner le texte en séance plénière ce mercredi 19 août 2026.

Dans un communiqué, la Primature indique que la proposition de loi n°34/2026, déjà adoptée en commission, doit être soumise aux députés à partir de 10 heures. L’Exécutif estime toutefois que certaines de ses dispositions relèvent du domaine réglementaire et non de celui de la loi.

Un désaccord sur les compétences de l’Assemblée

Le gouvernement s’appuie notamment sur les articles 67 et 76 de la Constitution pour considérer que certaines mesures prévues par le texte relèvent de la compétence réglementaire du pouvoir exécutif.

Il a donc opposé l’irrecevabilité à la proposition de loi avant de saisir le Conseil constitutionnel, conformément à la procédure prévue par l’article 83 de la Constitution.

Au cœur du différend figure notamment la question de l’encadrement et du contrôle des crédits spéciaux, des fonds dont l’utilisation fait régulièrement l’objet de débats sur la transparence et la gouvernance des finances publiques.

Un texte déjà discuté en commission

Lors de l’examen en commission, le gouvernement avait proposé de limiter le champ du texte aux crédits spéciaux attribués à la Présidence de la République, à l’Assemblée nationale et à la Primature.

L’Exécutif souhaitait par ailleurs que les modalités pratiques de leur contrôle soient fixées par voie réglementaire.

Le Conseil constitutionnel devra désormais déterminer si les dispositions contestées peuvent être inscrites dans le domaine de la loi ou si elles empiètent effectivement sur les prérogatives réglementaires du gouvernement.

Une nouvelle séquence institutionnelle

Cette saisine intervient au lendemain d’un autre vote important de l’Assemblée nationale. Lundi, les députés ont adopté, par 133 voix contre 2, une modification de l’article 37 de la Constitution renforçant les obligations de déclaration et de publication du patrimoine des principaux responsables de l’État.

Le nouvel épisode autour des crédits spéciaux intervient donc dans un contexte de débats institutionnels particulièrement soutenus.

Pour la Primature, la saisine du Conseil constitutionnel vise à préserver « l’ordre juridique républicain » et à clarifier la répartition des compétences entre le pouvoir législatif et le pouvoir réglementaire.

La décision des Sages sera ainsi déterminante avant l’examen définitif du texte par les députés.

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Sénégal : l’Assemblée nationale renforce les obligations de déclaration de patrimoine.

L’Assemblée nationale sénégalaise a adopté, lundi 18 août, une réforme constitutionnelle renforçant les obligations de transparence financière des plus hauts responsables de l’État. Désormais, le président de la République, le président de l’Assemblée nationale et le Premier ministre devront déclarer et publier leur patrimoine à leur entrée en fonction, mais également à leur départ.

Le texte, qui modifie l’article 37 de la Constitution, a été approuvé par 133 députés sur 165. Il prévoit que la déclaration de patrimoine de sortie soit déposée dans un délai de trois mois suivant la fin des fonctions.

Une obligation de transparence renforcée

La déclaration de patrimoine était déjà inscrite dans la Constitution sénégalaise depuis 2001. Toutefois, elle concernait principalement le début de l’exercice des fonctions. La nouvelle disposition étend désormais cette obligation au terme du mandat ou de la mission exercée.

Cette évolution vise à permettre un meilleur suivi de la situation patrimoniale des responsables concernés et à renforcer les mécanismes de prévention de la corruption et des conflits d’intérêts.

La mesure s’inscrit dans les engagements pris par les autorités issues de l’alternance de 2024, qui avaient placé la reddition des comptes, la transparence et la moralisation de la vie publique au cœur de leur programme.

Une réforme adoptée dans un contexte politique tendu

Au-delà de son objectif institutionnel, le vote intervient dans un contexte politique marqué par la dégradation des relations entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre Ousmane Sonko.

La proposition initiale, portée par la majorité parlementaire conduite par Ousmane Sonko, concernait uniquement le chef de l’État. Elle a finalement été élargie au président de l’Assemblée nationale et au Premier ministre à la suite d’un amendement gouvernemental.

Cette évolution donne au débat une dimension politique particulière, alors que les deux anciens alliés du Pastef sont désormais engagés dans une relation beaucoup plus conflictuelle.

Des réserves au sein même de la majorité

Les débats parlementaires ont fait apparaître des divergences au sein de la majorité. Certains députés ont notamment exprimé la crainte que le dispositif puisse être utilisé dans le cadre du différend politique opposant les deux principales figures de l’ex-majorité.

Pour ces élus, le renforcement de la transparence doit rester un instrument de gouvernance publique et ne pas devenir un moyen de pression dans les rivalités politiques.

Le ministre de la Justice, Moussa Sarr, présent lors de la séance, a pour sa part accueilli favorablement le principe de la réforme tout en estimant que la question pourrait être intégrée au projet plus large de réforme constitutionnelle annoncé par le président Faye.

Une première réforme institutionnelle majeure

L’adoption de cette modification constitue l’une des premières évolutions institutionnelles importantes depuis l’arrivée au pouvoir des nouvelles autorités en 2024.

Son efficacité dépendra désormais de la mise en œuvre concrète du dispositif, notamment de la publication effective des déclarations et des mécanismes de contrôle associés.

Au-delà de la confrontation politique actuelle, la réforme pose ainsi une question centrale pour la gouvernance sénégalaise : comment transformer les engagements de transparence en mécanismes durables capables de renforcer la confiance des citoyens dans les institutions ?

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Sénégal : Les députés se penchent sur deux textes majeurs ce mardi

Après l’examen, lundi, de la proposition de loi portant modification de l’article 37 de la Constitution, les députés poursuivent leurs travaux en séance plénière ce mardi 18 août 2026. Deux textes majeurs sont au cœur de cette journée parlementaire : le projet de loi n°15/2026 portant Code du travail et le projet de loi n°16/2026 portant Code de la sécurité sociale.

Le projet de loi n°15/2026 portant Code du travail vise à remplacer le Code du travail de 1997. Composé de 458 articles, il cherche à adapter la législation sénégalaise aux évolutions économiques, sociales et technologiques.

Le texte introduit notamment un cadre légal pour le télétravail, la dématérialisation des procédures et le droit à la déconnexion. Il renforce aussi la protection des travailleurs contre le harcèlement, les violences et les discriminations, tout en portant le congé de maternité à 18 semaines.

Le projet assouplit certaines règles relatives aux CDD, encadre davantage la sous-traitance et le travail temporaire, et renforce le dialogue social ainsi que les pouvoirs de l’Inspection du travail.

Il accorde également une place importante à la santé et à la sécurité au travail, avec le droit de retrait en cas de danger grave et imminent. Le chômage technique est plafonné à un an, avec une allocation minimale de 50 % de la rémunération.

Enfin, le texte réforme le règlement des conflits en supprimant la conciliation obligatoire préalable, tout en réintroduisant l’arbitrage et en consacrant la médiation pour les différends collectifs.

Moderniser le système

Quant au  projet de loi n°16/2026 portant Code de la sécurité sociale veut moderniser le système sénégalais en remplaçant les lois de 1973 et 1975 par un Code unique de 326 articles.

Sa principale nouveauté est la création d’une pension d’invalidité pour les travailleurs ayant perdu au moins deux tiers de leur capacité de travail. Il instaure également une assurance maladie universelle obligatoire pour les salariés, les indépendants et les personnes sans ressources.

Le texte élargit ainsi la protection sociale aux travailleurs indépendants (artisans, commerçants, agriculteurs, professions libérales, etc.) et renforce le recouvrement des cotisations ainsi que les pouvoirs de contrôle de l’administration.

Le projet n’est toutefois pas encore adopté définitivement : après son examen en plénière le 22 juin 2026, il a été renvoyé en commission pour approfondissement. Plusieurs modalités, notamment l’âge de la retraite et certains taux de cotisation, doivent encore être fixées par décret.

Source : LeSoleil.

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Corridor Dakar-Bamako : le fret se reporte vers Moussala

Les attaques répétées sur l’axe Kidira-Kayes-Bamako poussent une partie croissante des transporteurs vers la branche sud, par Kédougou, Saraya et Moussala. Cette solution maintient les marchandises et le carburant en mouvement, mais la route absorbe difficilement l’arrivée des grands convois.

Le tracé habituel relie la frontière sénégalaise de Kidira à Diboli, Kayes, Diéma, Kita puis Bamako. Il constitue la principale voie terrestre d’approvisionnement du Mali depuis le port de Dakar. Selon la Banque mondiale, environ 60 % du commerce extérieur malien emprunte ce corridor, fréquenté en temps normal par près de 1 000 poids lourds par jour.

Cette circulation s’est fortement dégradée après les attaques coordonnées du 25 avril 2026. Des barrages dressés sur le territoire malien, des camions incendiés et l’immobilisation prolongée de chauffeurs ont ensuite perturbé la liaison entre Kayes et Bamako. L’Union des routiers du Sénégal recensait, en juillet, au moins 15 véhicules sénégalais brûlés et plusieurs centaines de camions abandonnés ou bloqués.

Les transporteurs qui poursuivent leurs activités passent désormais par Tambacounda, Kédougou, Saraya et Moussala, avant de rejoindre Kéniéba, Kita puis Bamako.

« Les gens partent, mais lentement », expliquait en juillet Daouda Lo, responsable de l’Union des routiers du Sénégal, en indiquant que cette voie bénéficiait d’une présence militaire.

Ce report est désormais confirmé par les organismes chargés de la circulation des marchandises. Le Conseil sénégalais des chargeurs parle d’une « réorientation massive » du trafic vers Kédougou-Saraya-Moussala, devenue en quelques semaines un important point de passage entre les deux pays.

Le prix du détour

Le 13 août, une mission réunissant le Conseil sénégalais des chargeurs et le Conseil malien des chargeurs a constaté une file de camions longue de 15 kilomètres au poste frontalier de Moussala. Les transporteurs y attendent parfois dans la brousse ou le long de la chaussée, faute de parking aménagé. La délégation a également relevé des difficultés d’hygiène et de sécurité routière, ainsi qu’un tronçon non bitumé de 10 kilomètres.

Cette situation intervient malgré les investissements engagés sur la branche sud. Lancé en novembre 2023, le programme de renforcement de la route Mako-Kédougou-Saraya-Moussala porte sur 136,4 kilomètres et représente 51 milliards de FCFA. Les travaux devaient améliorer la desserte du Mali, mais les aménagements frontaliers restent insuffisants pour recevoir un trafic aussi dense.

L’insécurité a également renchéri le transport. Des chauffeurs interrogés en juillet indiquaient que la rémunération de certains chargements, autrefois fixée autour de 1,4 million de FCFA, atteignait désormais 3,6 à 4 millions. Ce surcoût finit par se répercuter sur les importateurs et les consommateurs maliens.

Bamako maintient parallèlement les convois sous protection militaire. La Direction de l’information et des relations publiques des armées affirme que les FAMa ont escorté 15 589 camions-citernes entre le 1er juin et le 31 juillet, dont 7 417 chargés. Un nouveau convoi de 800 citernes est arrivé dans la capitale le 15 août, mais son itinéraire n’a pas été communiqué.

Moussala offre ainsi une possibilité de contournement, sans pouvoir remplacer durablement l’axe de Kayes dans ses conditions actuelles. La mission conjointe prépare une concertation à Bamako afin d’améliorer le passage frontalier, d’aménager les zones de stationnement et de coordonner l’action des services sénégalais et maliens.

Source : APANews.