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Souveraineté pharmaceutique : Duopharm accélère la transformation de l’industrie du médicament au Sénégal.

Un nouveau siège et une future usine pour renforcer la production locale

Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans sa quête de souveraineté pharmaceutique. Le groupe Duopharm a marqué, mardi 21 juillet, une double avancée stratégique avec l’inauguration de son nouveau siège à Rufisque Est et la pose de la première pierre de l’usine Défi Pharma. Deux projets qui ambitionnent de renforcer à la fois la distribution et la production locale de médicaments.

Présidées par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, les cérémonies ont réuni des représentants de l’Ordre des pharmaciens, des organisations syndicales et professionnelles du secteur, ainsi que des autorités publiques et des partenaires techniques et financiers.

Pour le ministre, ces réalisations constituent une véritable « révolution silencieuse » dans le secteur pharmaceutique. Elles pourraient contribuer à positionner progressivement le Sénégal comme un pôle régional de référence, à la faveur d’une industrie davantage intégrée et moins dépendante des importations.

Duopharm, quinze ans après : le pari de l’industrie pharmaceutique nationale

Le nouveau siège du groupe, réalisé grâce à un investissement de 7 milliards de FCFA, vient couronner quinze années de développement et de structuration de l’entreprise.

Pour la présidente du Conseil d’administration de Duopharm, Dr Sokhna Diagne Ndiaye, cette infrastructure représente l’aboutissement d’un pari porté depuis plusieurs années par les pharmaciens sénégalais : celui de construire collectivement un outil national de distribution pharmaceutique.

Le groupe revendique aujourd’hui une position importante sur le marché national. Avec 555 pharmaciens actionnaires, Duopharm détient environ 19 % de parts de marché, dessert plus de 1 200 officines et emploie 250 collaborateurs, dont 35 % de femmes.

Au-delà de son activité économique, l’entreprise met également en avant sa contribution aux finances publiques. Selon sa présidente, le groupe a versé 23 milliards de FCFA à l’État au cours des quinze dernières années.

Duopharm revendique par ailleurs un engagement dans le domaine social, avec plus de 150 millions de FCFA consacrés à des actions de lutte contre le cancer et au soutien à l’hôpital Dalal Jamm, notamment dans le domaine du diagnostic de l’infertilité.

Défi Pharma, un projet industriel de 23,3 milliards de FCFA

La deuxième étape de cette dynamique est incarnée par le projet Défi Pharma, dont la première pierre a été posée mardi.

Cette future unité industrielle, qui nécessitera un investissement de 23,3 milliards de FCFA, sera implantée sur un site de 2,5 hectares. Sa vocation sera de produire localement plusieurs catégories de médicaments afin de contribuer à réduire la dépendance du Sénégal aux importations.

À terme, l’usine devrait afficher une capacité annuelle de 450 millions de comprimés, 50 millions de gélules, 20 millions de flacons de sirop et 10 millions de tubes de pommade.

L’ambition affichée est de permettre au pays de couvrir 50 % de ses besoins en médicaments à l’horizon 2035, grâce au développement d’une production pharmaceutique nationale compétitive.

L’État vise jusqu’à 70 % de production locale

Pour le ministre de l’Industrie et du Commerce, cette initiative s’inscrit dans une ambition plus large de transformation de l’industrie pharmaceutique sénégalaise. Serigne Guèye Diop souhaite voir la part de la production locale atteindre progressivement 60 à 70 % des besoins nationaux au cours des dix prochaines années.

L’État entend accompagner cette transition, notamment à travers la mise en place d’un cadre réglementaire favorable et le soutien aux investissements industriels.

La recherche et l’innovation occuperont également une place centrale dans le dispositif. Selon Dr Sokhna Diagne Ndiaye, un laboratoire-école devrait être mis en place afin de favoriser la valorisation des ressources naturelles du pays et de rapprocher davantage l’industrie du monde universitaire.

« Il n’y a pas d’industrie durable sans recherche », a-t-elle souligné, plaidant ainsi pour une meilleure articulation entre la recherche scientifique, la formation et les besoins du secteur pharmaceutique.

Un projet créateur d’emplois et soutenu par des partenaires internationaux

Le projet Défi Pharma bénéficie également de l’appui de plusieurs partenaires techniques et financiers, parmi lesquels la Société financière internationale (SFI) et l’Organisation des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI).

Au-delà de la production de médicaments, le projet devrait générer 130 emplois directs qualifiés et environ 400 emplois indirects, contribuant ainsi au développement des compétences et à la création d’opportunités dans le secteur industriel.

Selon le calendrier annoncé, une première phase de conditionnement devrait démarrer à partir de juillet 2027, avant le lancement de la production industrielle prévu en mai 2028.

Avec ces deux investissements majeurs, Duopharm entend ainsi participer à une transformation structurelle du secteur pharmaceutique sénégalais. Pour les autorités comme pour les acteurs de l’industrie, l’enjeu dépasse désormais la seule réduction des importations : il s’agit de bâtir une véritable filière pharmaceutique nationale, capable de produire, d’innover et de répondre durablement aux besoins de santé des populations.

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À Dakar, l’ANSTS place la sécurité alimentaire et nutritionnelle au cœur des priorités nationales.

« Construire une souveraineté alimentaire durable pour la sécurité alimentaire et nutritionnelle, au nom de la dignité ». C’est autour de cette thématique que l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal (ANSTS) a consacré sa séance académique solennelle, tenue mardi 21 juillet à Dakar, sous la présidence effective du chef de l’État, Bassirou Diomaye Faye.

À travers cette rencontre, l’institution scientifique entend replacer la question alimentaire au cœur des enjeux de souveraineté nationale et de développement. Pour l’ANSTS, la souveraineté alimentaire ne saurait en effet se limiter à la capacité d’un pays à accroître sa production agricole. Elle renvoie également à la possibilité pour chaque nation de définir et de maîtriser son propre système alimentaire, de réduire sa dépendance extérieure et de garantir à ses populations une alimentation suffisante, saine et accessible.

Un enjeu de souveraineté et de sécurité nationale

Présentant le contexte et les fondements de cette séance académique, le professeur Bhen Sikina Toguebaye, secrétaire adjoint du Secrétariat perpétuel de l’ANSTS, a souligné l’importance croissante de la souveraineté alimentaire dans l’élaboration des politiques publiques.

Selon lui, pour les pays en développement, cette ambition doit se traduire par la construction d’un système alimentaire durable, capable de renforcer l’autonomie nationale tout en s’appuyant sur les potentialités propres à chaque pays.

Cette problématique revêt une importance particulière dans un environnement international marqué par les crises géopolitiques, les effets du changement climatique et les perturbations récurrentes des chaînes d’approvisionnement. Ces facteurs ont rappelé la vulnérabilité des pays dépendants des importations alimentaires et renforcé la nécessité de développer des systèmes de production plus résilients.

Le Sénégal se trouve ainsi face à un paradoxe : malgré ses ressources agricoles, pastorales, halieutiques et forestières, le pays demeure fortement dépendant des importations pour couvrir une partie de ses besoins alimentaires. Dans le même temps, différentes formes de malnutrition persistent, faisant de la sécurité alimentaire et nutritionnelle un défi à la fois économique, social et sanitaire.

La recherche scientifique au cœur de la stratégie nationale

Face à ces défis, le gouvernement a fait de la souveraineté alimentaire l’une de ses priorités stratégiques, notamment à travers la Stratégie nationale de souveraineté alimentaire 2025-2034.

Cette orientation vise à engager une transformation structurelle du secteur agro-sylvo-pastoral et halieutique. Elle repose notamment sur la valorisation des productions locales, le développement de la recherche scientifique et de l’innovation, ainsi que sur une meilleure coordination des politiques publiques.

Pour l’ANSTS, la réussite de cette ambition passe nécessairement par une mobilisation accrue de l’expertise scientifique nationale. La recherche doit ainsi contribuer à améliorer la productivité, renforcer la résilience des systèmes agricoles face au changement climatique et favoriser l’émergence de chaînes de valeur capables de créer davantage de richesses et d’emplois au niveau local.

Tirer les leçons des expériences passées

Au-delà des orientations actuelles, le professeur Toguebaye a également appelé à tirer les enseignements des politiques menées depuis l’indépendance. Les différentes initiatives en faveur de l’autosuffisance alimentaire ont, selon lui, été confrontées à des difficultés liées notamment à la fragmentation des politiques publiques et aux ruptures dans la continuité des programmes.

Ces expériences constituent toutefois un acquis sur lequel il est désormais possible de bâtir une nouvelle dynamique. Celle-ci devrait reposer sur davantage de cohérence, de continuité et d’efficacité dans la mise en œuvre des politiques publiques.

L’objectif est de dépasser les réponses ponctuelles pour inscrire la souveraineté alimentaire dans une stratégie de long terme, intégrant l’ensemble des dimensions de la chaîne alimentaire, de la production à la consommation, en passant par la transformation, le stockage et la distribution.

L’ANSTS veut contribuer à éclairer la décision publique

En consacrant sa séance académique solennelle à cette question, l’Académie nationale des sciences et techniques du Sénégal entend mettre son expertise au service des politiques publiques.

Les réflexions engagées à Dakar doivent ainsi permettre de formuler des recommandations susceptibles d’accompagner les autorités dans la construction d’un système alimentaire plus résilient, inclusif et durable.

À travers cette démarche, l’ANSTS rappelle que la souveraineté alimentaire constitue désormais un enjeu multidimensionnel, à la croisée de la sécurité nationale, de la stabilité économique, de la santé publique et de la dignité humaine. Dans cette perspective, la science, la recherche et l’innovation apparaissent comme des leviers essentiels pour permettre au Sénégal de renforcer durablement son autonomie alimentaire et de mieux répondre aux besoins de ses populations.

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Sénégal : les recettes de l’État rebondissent à 394,4 milliards de FCFA en avril 2026.

Les recettes totales de l’État sénégalais ont enregistré une nette progression en avril 2026, atteignant 394,4 milliards de FCFA, contre 318,7 milliards de FCFA le mois précédent. Cette évolution représente une hausse de 23,8 % en variation mensuelle, selon les données publiées lundi par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) dans son rapport Repères statistiques.

Cette performance traduit un rebond significatif des ressources mobilisées par l’État au cours du mois d’avril, après le ralentissement observé en mars.

Une progression soutenue par les recettes fiscales et non fiscales

Selon l’ANSD, cette amélioration repose sur la progression simultanée des différentes composantes des recettes publiques.

Le rapport fait état de 39,9 milliards de FCFA de recettes fiscales et de 35,9 milliards de FCFA de recettes non fiscales. Ces performances ont contribué à renforcer les ressources disponibles pour le financement des dépenses publiques et la mise en œuvre des politiques économiques et sociales.

L’évolution des recettes publiques constitue un indicateur important de la capacité de l’État à mobiliser des ressources internes et à soutenir ses engagements budgétaires dans un contexte marqué par des besoins croissants en matière d’investissements publics et de développement.

Une hausse de 16,1 % sur un an

La dynamique est également positive sur une base annuelle. En comparaison avec avril 2025, les recettes totales de l’État affichent une progression de 16,1 %.

Cette amélioration s’explique notamment par la hausse des recettes fiscales, qui ont progressé de 44 milliards de FCFA, ainsi que par l’augmentation des recettes non fiscales, en hausse de 10,8 milliards de FCFA sur la même période.

« En glissement annuel, les recettes totales affichent une amélioration de 16,1 % comparativement au mois d’avril 2025 », souligne l’ANSD.

Un indicateur à surveiller dans le suivi des finances publiques

Cette progression des recettes intervient alors que le Sénégal poursuit ses efforts de mobilisation des ressources intérieures et de consolidation de ses finances publiques.

La capacité à accroître les recettes fiscales et non fiscales demeure un enjeu majeur pour les autorités, notamment pour financer les priorités nationales tout en maîtrisant les équilibres budgétaires.

Le rebond enregistré en avril constitue ainsi un signal favorable, même si son évolution au cours des prochains mois permettra de déterminer s’il s’agit d’une tendance durable ou d’une performance ponctuelle.

Pour les autorités économiques, l’enjeu reste désormais de maintenir cette dynamique de mobilisation des recettes afin de renforcer les marges de manœuvre budgétaires de l’État et de soutenir les investissements nécessaires au développement du pays.

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CEDEAO : Bassirou Diomaye Faye prend les rênes de l’organisation régionale dans un contexte de défis majeurs.

Les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont porté leur choix sur le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye pour assurer la présidence en exercice de l’organisation sous-régionale. Sa désignation est intervenue à l’issue de la 69ᵉ session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement, consacrant la confiance de ses pairs à un moment où la CEDEAO traverse une période particulièrement décisive de son histoire.

Cette nomination intervient dans un environnement régional marqué par la montée des défis sécuritaires, les mutations géopolitiques, les fragilités économiques et les interrogations sur l’avenir du processus d’intégration ouest-africain.

Une organisation confrontée à de multiples défis

Prenant officiellement les rênes de la CEDEAO, Bassirou Diomaye Faye a dressé un état des lieux sans complaisance de la situation de la sous-région.

S’il a salué la résilience des économies ouest-africaines face aux turbulences internationales, le président sénégalais a également rappelé leur forte exposition aux chocs extérieurs, qu’ils soient économiques, climatiques ou géopolitiques.

Il a surtout insisté sur la persistance de la menace terroriste, devenue l’un des principaux défis auxquels sont confrontés plusieurs États membres, ainsi que sur la nécessité d’accélérer les réformes institutionnelles destinées à renforcer l’efficacité de l’organisation.

Faire de la sécurité collective une priorité

Face à la dégradation de la situation sécuritaire dans plusieurs zones de l’espace communautaire, le nouveau président en exercice a appelé à une mobilisation renforcée des États membres.

Bassirou Diomaye Faye a plaidé pour une accélération de l’opérationnalisation de la Force régionale de lutte contre le terrorisme, estimant que seule une réponse collective permettra de faire face à l’expansion des groupes armés et aux nouvelles formes d’insécurité qui menacent la stabilité de l’Afrique de l’Ouest.

Il a également défendu une meilleure mutualisation des capacités militaires, logistiques et financières des pays membres afin d’accroître l’efficacité des actions menées sur le terrain.

Vers une CEDEAO plus autonome et plus résiliente

Au-delà des questions sécuritaires, le chef de l’État sénégalais a insisté sur la nécessité de renforcer l’autonomie financière de la CEDEAO afin de réduire sa dépendance vis-à-vis des financements extérieurs et de garantir une plus grande efficacité dans la mise en œuvre de ses politiques.

Il a également appelé à renforcer les mécanismes de solidarité régionale en faveur des populations affectées par les crises sécuritaires et humanitaires, tout en poursuivant les efforts visant à consolider les acquis de cinquante années d’intégration régionale.

Pour Bassirou Diomaye Faye, l’organisation doit désormais adapter son fonctionnement aux nouvelles réalités politiques, économiques et sécuritaires de l’espace communautaire.

Un mandat placé sous le signe de la souveraineté et de l’intégration

Le nouveau président en exercice de la CEDEAO entend faire de la sécurité collective, de la stabilité institutionnelle, de la souveraineté politique et économique des États membres ainsi que du renforcement de l’intégration régionale les principaux axes de son mandat.

Il a également plaidé pour un positionnement plus affirmé de l’Afrique de l’Ouest sur la scène internationale, estimant que la région doit parler d’une voix plus forte sur les grandes questions stratégiques qui façonnent le continent.

En acceptant cette responsabilité, Bassirou Diomaye Faye a réaffirmé sa volonté de travailler au renforcement de la coopération entre les États membres afin de bâtir une CEDEAO plus forte, plus autonome et davantage tournée vers les aspirations des populations.

Une présidence attendue dans un contexte charnière

Cette nouvelle présidence intervient à un moment déterminant pour l’organisation sous-régionale, confrontée à une recomposition du paysage politique ouest-africain, à des défis sécuritaires persistants et à des attentes croissantes en matière de développement économique et d’intégration.

Au cours des prochains mois, la capacité de la CEDEAO à renforcer la coopération entre ses États membres, à préserver la stabilité régionale et à relancer la dynamique d’intégration sera particulièrement observée.

Pour Bassirou Diomaye Faye, cette mission ouvre une nouvelle séquence diplomatique majeure, avec l’ambition de contribuer à une CEDEAO plus efficace, plus solidaire et mieux armée pour relever les défis de l’Afrique de l’Ouest au cours des années à venir.

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Secrétariat général de l’ONU : Macky Sall de retour à Dakar pour mobiliser l’axe sénégalo-gambien

La course pour la succession d’António Guterres au poste de Secrétaire général des Nations unies entre dans une phase décisive en Afrique de l’Ouest. En pleine campagne internationale, l’ancien président sénégalais Macky Sall a fait son grand retour à Dakar. L’objectif est clair : consolider ses appuis politiques et diplomatiques régionaux, en ciblant tout particulièrement l’axe stratégique formé par Dakar et Banjul.
Le ralliement de Dakar : un tournant pour la candidature
Jusqu’à récemment, la candidature de Macky Sall au secrétariat général de l’ONU ne bénéficiait pas d’un soutien officiel et explicite des nouvelles autorités sénégalaises. Ce retour au pays marque un changement de dynamique majeur.
L’ex-chef de l’État est attendu pour une audience officielle avec son successeur, le président Bassirou Diomaye Faye. Cette rencontre cruciale vise à harmoniser la diplomatie sénégalaise derrière sa candidature et à transformer ce projet personnel en une grande cause nationale et continentale. Pour Macky Sall, l’alternance politique pacifique qu’a connue le Sénégal en 2024 constitue d’ailleurs l’un des piliers majeurs de son argumentaire en matière de gouvernance et de gestion des crises sur la scène internationale.
Banjul en ligne de mire : l’importance du bloc de la Sénégambie
Au-delà du front intérieur, la stratégie de mobilisation de Macky Sall englobe de manière indissociable la Gambie voisine. En diplomatie, le soutien d’un pays tiers fort et géographiquement imbriqué comme la Gambie s’avère indispensable pour donner du poids à une candidature ouest-africaine.
En cherchant à mobiliser simultanément Dakar et Banjul, l’ancien président tente de consolider le bloc de la Sénégambie afin d’en faire le socle d’un ralliement plus large au niveau de la CEDEAO et de l’Union africaine.
Une campagne de terrain face aux défis
Bien que Macky Sall bénéficie d’une solide stature internationale bâtie au fil de ses mandats et de ses dialogues informels au siège de l’ONU, le chemin reste semé d’embûches. À l’échelle locale et internationale, certaines organisations de victimes de la répression politique sous son régime continuent de contester activement sa légitimité à diriger l’organisation internationale.
Cette étape à Dakar, couplée aux efforts diplomatiques menés en direction de Banjul, représente donc un test décisif pour mesurer la capacité de l’ancien président à unifier le continent africain derrière son ambition onusienne.

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Sénégal : L’inflation se stabilise à un niveau historique de 0,4 % en juin 2026

Une bouffée d’oxygène pour l’économie sénégalaise. Selon les derniers chiffres publiés par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), l’Indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) a enregistré une progression particulièrement modérée de 0,4 % en glissement annuel pour le mois de juin 2026. L’indice global est ainsi passé de 101,2 points en juin 2025 à 101,6 points cette année.
Cette maîtrise de la hausse des prix témoigne d’une stabilité remarquable, marquée par une évolution à deux vitesses selon les secteurs d’activité.
Une stabilité parfaite sur un mois grâce à l’énergie
D’un mois à l’autre (entre mai et juin 2026), les prix à la consommation sont restés parfaitement stables. Cette stagnation s’explique par un jeu de vases communicants : la hausse saisonnière de 0,6 % des produits alimentaires et des boissons non alcoolisées a été intégralement compensée par une baisse significative de 2,3 % des coûts du logement, de l’eau, de l’électricité et du gaz. L’ANSD attribue principalement cette baisse à la diminution du coût de l’électricité toutes sources confondues.
Alcool et tabac en forte hausse, l’alimentaire en léger recul sur un an
Si l’on observe l’évolution sur l’année écoulée, les dynamiques sectorielles sont contrastées :

  • Les plus fortes hausses : Le poste « boissons alcoolisées, tabac et stupéfiants » explose avec un bond de 12,0 %. Les services de soins personnels (+2,6 %), la restauration/hébergement (+2,2 %) et la santé (+1,6 %) affichent également des progressions notables.
  • Les baisses notables : À l’inverse, les postes clés que sont les produits alimentaires, le logement et les transports ont tous enregistré un recul de 0,6 % sur un an, soulageant le panier de la ménagère sur les dépenses essentielles.

Produits locaux vs Produits importés
Le rapport de l’ANSD met également en lumière une divergence entre l’origine des biens : les prix des produits locaux ont augmenté de 0,7 % sur un an, tandis que ceux des produits importés ont reculé de 0,8 %.
Enfin, l’inflation sous-jacente — qui exclut les produits frais et l’énergie pour mesurer la tendance structurelle de fond — s’établit à 0,7 %. Un indicateur qui confirme que, même hors facteurs volatils, la trajectoire des prix reste solidement maîtrisée au Sénégal.

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S.E Bassirou Diomaye Faye se rend au Qatar pour rendre un dernier hommage à l’ancien Émir Hamad bin Khalifa Al Thani.

Le président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye, a quitté Dakar ce mardi à destination de Doha, où il participera aux obsèques de Son Altesse Cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani, ancien Émir de l’État du Qatar et père de l’actuel souverain, Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani.

Ce déplacement officiel s’inscrit dans le cadre des relations diplomatiques étroites qu’entretiennent le Sénégal et le Qatar. À travers cette présence, le chef de l’État sénégalais représente la Nation lors des cérémonies d’hommage organisées en mémoire de l’ancien dirigeant qatari, dont la disparition suscite une vive émotion au sein de la communauté internationale.

Un hommage à une figure majeure du Qatar moderne

Décédé le 12 juillet 2026 à Doha à l’âge de 74 ans, Cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani est largement considéré comme l’un des principaux artisans de la transformation économique, politique et diplomatique du Qatar.

Surnommé « l’Émir père », il a profondément marqué l’histoire contemporaine de son pays en impulsant un vaste programme de modernisation, en renforçant le rayonnement international de l’émirat et en faisant du Qatar un acteur incontournable sur les scènes régionale et mondiale.

Sa disparition a conduit les autorités qatariennes à décréter quatre jours de deuil national, tandis que de nombreux dirigeants étrangers et chefs d’État ont adressé leurs condoléances et salué son héritage.

Le Sénégal réaffirme ses liens avec le Qatar

La participation de Bassirou Diomaye Faye à ces obsèques illustre la qualité des relations entre Dakar et Doha, fondées sur une coopération soutenue dans plusieurs domaines, notamment les investissements, le développement économique, les infrastructures et les partenariats diplomatiques.

À l’issue de cette mission officielle, le président sénégalais regagnera Dakar le 15 juillet 2026, après avoir pris part aux cérémonies commémoratives organisées en hommage à l’ancien souverain qatari.

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Dakar renforce son dispositif de propreté avec 2 000 bacs à ordures à l’approche des JOJ 2026.

À quelques mois des Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026, la Ville de Dakar accélère ses actions en faveur de la salubrité urbaine. Le maire Abass Fall a officiellement lancé, mardi 14 juillet, l’opération « Zéro déchet », une initiative destinée à améliorer durablement la gestion des déchets et à offrir une capitale plus propre avant cet événement sportif historique.

À cette occasion, la municipalité a remis à la Société nationale de gestion intégrée des déchets (Sonaged) un important lot d’équipements comprenant 2 000 bacs à ordures de 660 litres, dont 1 000 seront directement exploités par l’entreprise, ainsi que 3 000 sacs à sable destinés à renforcer les opérations de propreté dans l’ensemble du département de Dakar.

Un dispositif renforcé pour une capitale prête à accueillir le monde

La cérémonie de lancement s’est tenue en présence de plusieurs autorités, dont Cécile Faye, secrétaire générale du Comité d’organisation des Jeux olympiques de la jeunesse (COJOJ), qui a salué cette initiative comme un appui majeur aux préparatifs de l’événement.

Selon elle, cette dotation constitue un renforcement significatif du dispositif de gestion des déchets, notamment dans les zones donnant accès aux sites de compétition ainsi que dans les principaux espaces publics appelés à accueillir les visiteurs, les délégations et les athlètes.

Les JOJ Dakar 2026, premiers Jeux olympiques organisés sur le continent africain, représentent un enjeu majeur pour l’image du Sénégal, faisant de la qualité du cadre de vie et de la propreté urbaine des priorités pour les autorités.

Une répartition sur l’ensemble du territoire dakarois

Le maire Abass Fall a précisé que les nouveaux équipements seront déployés dans toutes les communes de la capitale. Chaque 19 communes de Dakar bénéficiera de 20 bacs à ordures, tandis que des dotations spécifiques seront également attribuées aux établissements scolaires ainsi qu’aux lieux de culte.

À travers cette opération, l’édile entend faire de Dakar une ville plus propre, plus attractive et plus agréable à vivre, en s’inspirant des standards observés dans les grandes métropoles internationales.

Les JOJ 2026 comme catalyseur des politiques environnementales

Pour le Comité d’organisation des Jeux, cette initiative dépasse le simple cadre de la gestion des déchets. Elle traduit une volonté de placer la protection de l’environnement et la qualité des espaces publics au cœur des préparatifs de l’événement.

Cécile Faye a souligné que cette mobilisation témoigne de l’engagement de la municipalité en faveur des populations, mais également de la réussite des Jeux olympiques de la jeunesse. Elle a rappelé que la propreté de Dakar contribuera directement à l’image que le Sénégal projettera auprès des milliers de visiteurs attendus à l’occasion de cette compétition internationale.

Avec l’opération « Zéro déchet », la Ville de Dakar affiche ainsi son ambition de conjuguer développement urbain, protection de l’environnement et excellence organisationnelle, afin de faire des JOJ 2026 une vitrine du savoir-faire sénégalais et africain.

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Sénégal : le gouvernement ouvre les importations de sucre pour sécuriser l’approvisionnement avant les fêtes religieuses.

Le gouvernement sénégalais a décidé d’ouvrir le marché des importations de sucre à compter du 15 juillet 2026, une mesure destinée à prévenir tout risque de pénurie et à garantir un approvisionnement suffisant du marché national à l’approche des grandes célébrations religieuses. Les autorités assurent toutefois que cette décision ne remet pas en cause leur stratégie de soutien à la production locale et à l’industrialisation nationale.

Dans un communiqué publié lundi, le ministère de l’Industrie et du Commerce a tenu à clarifier la situation, démentant les informations faisant état d’autorisations d’importation déjà accordées. Le département précise qu’aucune licence d’importation de sucre ou de DIPA n’a été délivrée depuis le 15 décembre 2025, une décision qui visait à permettre à la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS) d’écouler sa production sur le marché intérieur.

Des stocks en baisse face à une demande croissante

Si cette politique de protection de la production nationale a été maintenue durant plusieurs mois, les autorités estiment aujourd’hui que la diminution progressive des stocks de la CSS impose un ajustement.

La compagnie produit environ 140 000 tonnes de sucre par an, tandis que la consommation nationale avoisine 25 000 tonnes par mois. Cette demande augmente sensiblement durant les périodes de fortes célébrations religieuses, notamment à l’occasion du Grand Magal de Touba et du Gamou, qui entraînent traditionnellement une hausse de la consommation des ménages.

Le ministère rappelle également que les besoins du pays entre août et novembre sont habituellement couverts en partie par des importations destinées à compléter la production locale.

Préserver l’approvisionnement et la stabilité des prix

Selon le gouvernement, l’ouverture des importations à partir du 15 juillet répond exclusivement à un impératif de sécurité alimentaire et de stabilité économique. L’objectif est d’assurer la continuité de la distribution sur l’ensemble du territoire, d’éviter les ruptures de stock et de contenir toute hausse excessive des prix susceptible de pénaliser les consommateurs.

Les autorités insistent sur le caractère ponctuel et complémentaire de cette mesure, qui vise à répondre à une tension conjoncturelle du marché sans remettre en question la place de la production nationale.

Le soutien à la filière sucrière réaffirmé

Le ministère de l’Industrie et du Commerce souligne que cette décision s’inscrit dans une approche équilibrée conciliant soutien à la filière sucrière nationale et protection du pouvoir d’achat des ménages.

Le gouvernement réaffirme ainsi son engagement en faveur de la politique d’import-substitution, qui demeure l’un des axes de sa stratégie de souveraineté économique et industrielle.

Enfin, les autorités invitent la Compagnie sucrière sénégalaise ainsi que l’ensemble des acteurs de la filière à poursuivre leur collaboration avec l’État afin d’optimiser les circuits d’approvisionnement. Elles préviennent également qu’aucune tentative de perturbation du marché ou de spéculation ne sera tolérée, assurant que les pouvoirs publics prendront toutes les mesures nécessaires pour préserver l’intérêt général et garantir un accès régulier au sucre pour les consommateurs sénégalais.

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Sénégal : le Conseil constitutionnel annule la révision constitutionnelle adoptée par l’Assemblée nationale.

Le Conseil constitutionnel sénégalais a censuré la loi de révision constitutionnelle adoptée le 29 juin 2026 par l’Assemblée nationale, estimant que la procédure ayant conduit à son adoption comportait plusieurs irrégularités majeures.

Saisi en urgence par le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, la haute juridiction a déclaré contraire à la Constitution la loi n°18/2026 portant révision de la Constitution, mettant ainsi un terme au processus engagé par les députés de la majorité parlementaire.

Dans sa décision n°6/C/2026 rendue jeudi, le Conseil constitutionnel a donné suite au recours introduit le 6 juillet par le chef de l’État, qui contestait la conformité de la procédure parlementaire ayant abouti à l’adoption du texte.

Deux violations constitutionnelles relevées par les Sages

Dans son arrêt, le Conseil constitutionnel a retenu deux principaux motifs justifiant l’annulation de la réforme.

La première irrégularité concerne la création de nouvelles charges publiques sans identification préalable des ressources nécessaires à leur financement. La juridiction estime que certaines dispositions de la loi, notamment celles relatives à la création d’un organe unique de gestion des élections et aux modalités de fonctionnement de la future Cour constitutionnelle, auraient entraîné des dépenses supplémentaires pour l’État.

Selon les Sages, cette situation constitue une violation de l’article 82, alinéa 2, de la Constitution, qui encadre les initiatives législatives ayant un impact financier sur les ressources publiques.

Le second grief porte sur la procédure parlementaire suivie lors de l’examen du texte. Le Conseil constitutionnel considère que l’Assemblée nationale n’a pas respecté les dispositions relatives au « vote bloqué », alors même que le gouvernement avait demandé l’application de cette procédure prévue par l’article 82, alinéa 4, de la Constitution.

Pour la haute juridiction, cette prérogative gouvernementale aurait dû être prise en compte dans le déroulement des débats et du vote.

Le Conseil constitutionnel confirme sa compétence

Avant d’examiner les arguments de fond, les membres du Conseil constitutionnel ont rejeté l’exception d’incompétence soulevée par le président de l’Assemblée nationale.

La juridiction a affirmé qu’elle disposait bien de la compétence nécessaire pour contrôler la conformité à la Constitution d’une loi portant révision constitutionnelle.

Elle a également déclaré recevable le recours introduit par le président Bassirou Diomaye Faye, considérant que celui-ci pouvait saisir la haute juridiction dès l’adoption définitive du texte par les députés.

Une réforme au cœur des tensions politiques

Cette décision intervient dans un climat politique marqué par une rupture progressive entre le président Bassirou Diomaye Faye et son ancien Premier ministre Ousmane Sonko, devenu président de l’Assemblée nationale après son départ du gouvernement en mai.

La révision constitutionnelle censurée avait été portée par la majorité parlementaire proche de M. Sonko. Parmi les principales modifications envisagées figurait notamment une limitation de certaines prérogatives présidentielles, dont la possibilité pour un chef de l’État en exercice de diriger simultanément un parti politique.

Cette disposition intervenait alors que Bassirou Diomaye Faye a engagé des démarches pour créer sa propre formation politique, renforçant les signes d’une séparation politique entre les deux anciens alliés issus du même mouvement.

À l’approche des élections locales prévues en 2027, cette recomposition du paysage politique sénégalais constitue un enjeu majeur pour les différentes forces en présence.

Une saisine présidentielle appuyée par un dossier complet

Le recours présidentiel, enregistré le 6 juillet sous le numéro 6/C/26, avait été introduit par Me Cheikh Ahmadou Ndiaye, avocat à la Cour, au nom du chef de l’État.

Bassirou Diomaye Faye avait demandé l’examen en urgence du dossier et transmis au Conseil constitutionnel un ensemble de seize pièces, comprenant notamment la loi contestée, les échanges officiels entre la Présidence et l’Assemblée nationale, les amendements proposés par le gouvernement, les procès-verbaux des travaux parlementaires ainsi que les enregistrements des débats.

Ces éléments ont permis aux juges constitutionnels d’examiner la régularité du processus législatif ayant conduit à l’adoption du texte.

Réactions politiques après la décision

À la suite de l’arrêt du Conseil constitutionnel, la Coalition Diomaye Président a salué une décision qu’elle considère comme une reconnaissance du rôle du chef de l’État en tant que garant de la Constitution.

Dans un communiqué, elle a dénoncé une « sanction » à l’encontre des députés de la majorité ayant adopté la loi et félicité Bassirou Diomaye Faye pour avoir engagé cette procédure devant la juridiction constitutionnelle.

La coalition a également encouragé le président à poursuivre les consultations engagées autour des réformes institutionnelles.

Du côté du Pastef, formation politique dirigée par Ousmane Sonko et majoritaire à l’Assemblée nationale, aucune réaction officielle n’avait encore été enregistrée au moment de la décision.

Un coup d’arrêt au processus de réforme constitutionnelle

En déclarant la loi n°18/2026 contraire à la Constitution, le Conseil constitutionnel met fin, à ce stade, à la procédure de révision engagée par l’Assemblée nationale.

Cette décision rappelle l’importance du respect strict des règles de procédure prévues par la Loi fondamentale et confirme le rôle central de la juridiction constitutionnelle dans le contrôle des réformes institutionnelles au Sénégal.