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Reporter Sahel Matin

Eni
Économie

Hydrocarbures : Le géant italien Eni décroche une licence d’exploration pétrolière offshore en Gambie

La Gambie accélère son positionnement sur la carte énergétique de l’Afrique de l’Ouest. Le gouvernement de Banjul a officiellement octroyé une licence d’exploration pour un bloc pétrolier offshore stratégique au géant italien Eni, marquant une nouvelle étape dans l’attractivité du bassin sédimentaire MSGBC. Le secteur des hydrocarbures est en pleine ébullition dans la sous-région. La major pétrolière italienne Eni vient de consolider sa présence en Afrique de l’Ouest en obtenant les droits d’exploration exclusifs sur un bloc en haute mer en Gambie. Cette signature s’inscrit dans la stratégie agressive du gouvernement gambien visant à imiter le succès de ses voisins sénégalais et mauritaniens, qui ont transformé le bassin MSGBC (Mauritanie, Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau, Guinée-Conakry) en un nouvel eldorado pétrolier et gazier mondial. Pour Eni, cette acquisition représente une opportunité majeure de diversifier son portefeuille d’actifs en Afrique, un continent où le groupe est déjà historiquement très puissant, notamment en Afrique du Nord, au Nigeria, au Congo et au Mozambique. Les détails de l’accord et les engagements d’Eni L’accord de partage de production (PSC) signé entre les autorités gambiennes et la multinationale italienne fixe une feuille de route stricte pour les prochaines années. Durant la première phase d’exploration, Eni s’est engagée à mener des études géologiques poussées, incluant : L’acquisition et le traitement de données sismiques 3D de pointe pour cartographier avec précision le sous-sol marin. Le forage d’un premier puits d’exploration afin de tester le potentiel commercial des structures identifiées. Le transfert de technologies et le renforcement des capacités, Eni devant financer des programmes de formation pour le personnel du ministère gambien du Pétrole et de l’Énergie ainsi que pour la compagnie nationale GNPC. Un enjeu économique vital pour Banjul Pour la Gambie, l’entrée en scène d’un opérateur de la taille d’Eni est une immense victoire politique et économique. Jusqu’ici, malgré plusieurs campagnes de forages menées par d’autres compagnies (comme FAR ou Australian Woodside), aucune découverte commerciale majeure n’avait encore été confirmée dans les eaux gambiennes. L’arrivée d’une « major » disposant d’une force de frappe financière et technologique colossale relance l’espoir de voir le pays basculer dans le club des producteurs d’or noir. Une découverte majeure permettrait à Banjul de sécuriser sa souveraineté énergétique, de générer des revenus fiscaux massifs et de stimuler l’emploi local, dans un pays où l’économie reste encore très dépendante du tourisme et de l’agriculture. Les yeux des géologues et des investisseurs sont désormais tournés vers l’océan Atlantique, où les premiers navires de prospection d’Eni devraient rapidement entrer en … Read More

HOUNGBEDJI
AES

Diplomatie : Adrien Houngbédji salue l’offensive de Romuald Wadagni vers le Burkina Faso et le Niger

L’ancien président de l’Assemblée nationale du Bénin, Adrien Houngbédji, a officiellement salué les récentes initiatives diplomatiques menées par le ministre Romuald Wadagni auprès des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Une sortie politique majeure qui valide la stratégie de décrispation engagée par Cotonou dans la sous-région. Le ballet diplomatique entrepris par le Bénin en direction du Sahel ne laisse pas la classe politique indifférente. Romuald Wadagni, figure centrale de l’exécutif béninois, a récemment effectué des visites stratégiques au Niger et au Burkina Faso. Cette démarche, visant à relancer un dialogue de haut niveau avec les États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), a reçu un soutien de poids : celui du leader politique et sage de la politique béninoise, Adrien Houngbédji. L’ancien président du Parlement béninois a publiquement salué le courage et la pertinence de cette ouverture, y voyant une nécessité absolue pour la stabilité et l’avenir de l’Afrique de l’Ouest. Briser l’isolement et approfondir le dialogue Pour Adrien Houngbédji, cette offensive menée par le ministre Wadagni est une opportunité historique de normalisation. Après des mois de fortes tensions régionales liées aux sanctions post-coups d’État et aux problématiques de gestion des frontières, le Bénin fait le choix de la realpolitik et de la main tendue. Selon l’analyse de l’ancien président de l’Assemblée nationale, cette dynamique vertueuse ouvre la voie à trois chantiers essentiels : L’approfondissement du dialogue politique : Recréer des canaux officiels et apaisés de discussion directe entre Cotonou, Ouagadougou et Niamey. La coopération sécuritaire transfrontalière : Une urgence absolue face à la menace terroriste persistante qui frappe le Sahel et lorgne de plus en plus vers les États côtiers comme le Bénin. La relance des échanges économiques : Le transit et le commerce bilatéral (notamment via le port de Cotonou et le pipeline Bénin-Niger) demeurent des artères vitales pour l’ensemble de ces économies interconnectées.   Une tournée élargie aux géants côtiers Ce rapprochement avec le bloc sahélien n’est que la première étape d’une restructuration plus large des alliances de Cotonou. Après Niamey et Ouagadougou, la feuille de route diplomatique prévoit que l’exécutif béninois poursuive sa tournée régionale vers d’autres partenaires clés du littoral africain, notamment le Togo, la Côte d’Ivoire et le Ghana. En parrainant symboliquement cette démarche, Adrien Houngbédji apporte une caution transpartisane à la politique étrangère du pays. Son intervention rappelle que face aux défis géopolitiques contemporains, l’intégration régionale et le dialogue pragmatique avec l’AES doivent l’emporter sur les clivages institutionnels hérités des crises … Read More

Simandou 2040
Agro

Programme Simandou 2040 : La Guinée lance un plan agricole historique de plus de 18 milliards de dollars

En marge des gigantesques investissements miniers, Conakry accélère sa transition économique. Le gouvernement a officiellement lancé le volet agricole du programme « Simandou 2040 ». Un projet titanesque de 18 milliards de dollars destiné à bâtir l’autosuffisance et à transformer la Guinée en puissance agro-industrielle d’ici quinze ans. C’est un tournant stratégique majeur pour la République de Guinée. Le vendredi 5 juin 2026, le chapiteau du Palais du Peuple à Conakry a abrité la cérémonie officielle de lancement du Pilier 1 (Agriculture) du programme national « Simandou 2040 ». L’événement, qui a réuni des membres du gouvernement, le Comité stratégique Simandou et la direction du Guinea Development Board, jette les bases d’une économie post-mineure résiliente. La ministre de l’Agriculture et de l’Élevage, Aminata Kaba, a dévoilé à cette occasion une feuille de route articulée autour de cinq programmes majeurs. Rappelant que la Guinée dispose d’un trésor de 13,7 millions d’hectares de terres arables, elle a inscrit cette démarche dans la vision du président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya : « Il ne saurait y avoir de souveraineté véritable sans souveraineté alimentaire. Aujourd’hui, nous posons les fondations d’une nouvelle agriculture guinéenne : moderne, industrielle, productive, compétitive, inclusive et durable », a-t-elle martelé. Des infrastructures massives et une restructuration rurale Pour rentabiliser ce colossal budget de plus de 18 milliards de dollars étalé sur 15 ans, le gouvernement guinéen mise sur une transformation en profondeur du monde rural et des circuits logistiques. Les objectifs opérationnels affichés sont particulièrement ambitieux : Structuration du monde paysan : Création et accompagnement de 5 000 coopératives agricoles à travers le pays. Soutien à la filière : Développement d’une centaine d’agrégateurs et mise en place de centres d’agrégation modernes pour assurer le stockage, le tri, la calibration et la conservation des récoltes. Désenclavement des bassins de production : Construction et réhabilitation de plus de 20 000 kilomètres de pistes rurales pour connecter directement les champs aux grands centres de consommation. Chaîne logistique : Déploiement de centres de collecte et de magasins communautaires afin de réduire drastiquement les pertes post-récolte qui plombent actuellement les revenus des producteurs. Un partenariat public-privé (PPP) à 70% Le financement de cette méga-infrastructure agricole répond à un modèle économique collaboratif. Prenant la parole au nom du chef de l’État, le ministre secrétaire général à la Présidence, le Général Amara Camara, a détaillé la clé de répartition des investissements : l’État guinéen prendra en charge 30 % du budget global, tandis que les 70 % restants proviendront des investissements du secteur privé. « Cela signifie que ce programme de développement se réalisera avec la participation de tous […]. Chacun doit jouer pleinement son rôle pour accompagner le développement de notre pays », a indiqué le Général Amara Camara, appelant opérateurs privés et partenaires au développement à se saisir de ces opportunités d’affaires. Le soutien des partenaires internationaux Présente à la cérémonie, la représentante pays du Fonds international de développement agricole (FIDA) a salué, au nom des partenaires techniques et financiers, la pertinence de ce plan de rupture. Elle a rappelé que dans un contexte mondial bouleversé par le changement climatique et l’instabilité des prix alimentaires, investir dans la production nationale n’est plus une option, mais une exigence absolue de sécurité nationale. Les partenaires internationaux ont réitéré leur engagement ferme à accompagner Conakry dans la mobilisation et la mise en œuvre de ce programme historique. En arrimant l’avenir de son agriculture au méga-projet minier de Simandou, la Guinée espère réussir là où de nombreuses économies rentières ont échoué : convertir la richesse éphémère du sous-sol en une prospérité verte, durable et partagée par l’ensemble de sa … Read More

Ousmane Sonko Journee des Martyrs
Politique

Cohabitation au sommet : Pastef ne participera pas au prochain gouvernement, annonce Ousmane Sonko

Moins d’une semaine après avoir pris les rênes de l’Assemblée nationale, le leader des Patriotes frappe un grand coup politique. Ousmane Sonko a annoncé que sa formation, le Pastef, ne figurerait pas dans la prochaine équipe ministérielle en cours de constitution à la présidence. Une décision majeure qui redessine brutalement l’exercice du pouvoir au Sénégal. C’est un pavé dans la mare qui vient doucher les espoirs d’un consensus gouvernemental rapide. À peine installé au perchoir de l’hémicycle après son départ de la Primature, le nouveau président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, a formellement acté le retrait de son parti, les Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (Pastef), des consultations pour la formation du prochain gouvernement. Le Comité exécutif de la formation politique a d’ailleurs enfoncé le clou à travers des directives strictes répercutées dans ses rangs : le parti exige des orientations programmatiques claires avant toute forme de collaboration avec l’exécutif. Pour s’assurer du respect rigoureux de cette consigne, la direction a prévenu que tout militant ou cadre qui choisirait de participer individuellement à la future équipe ministérielle « aura agi à titre strictement personnel », s’exposant de facto à une rupture de ban avec le parti. « On ne peut pas faire du Pastef sans le Pastef » Ce refus de participer à l’attelage gouvernemental s’accompagne d’une posture de cohabitation résolue et d’un avertissement sans frais envoyé directement au palais présidentiel. Lors de ses récentes prises de parole, Ousmane Sonko s’est montré particulièrement incisif à l’égard de la conduite actuelle du pouvoir exécutif, lançant une formule qui résonne déjà comme un slogan de résistance institutionnelle : « On ne peut pas faire du Pastef sans le Pastef ». Pour le leader de la majorité parlementaire — largement acquise depuis le scrutin législatif —, il est hors de question de servir de faire-valoir ou de diluer l’identité et les promesses originelles du parti dans un compromis de façade. En se positionnant en dehors de l’appareil ministériel, Ousmane Sonko entend préserver la pureté de sa ligne politique tout en exerçant un droit de regard inflexible sur l’action publique. L’Assemblée nationale érigée en bastion de contrôle Cette décision éclaire d’un jour nouveau le discours d’investiture prononcé par Ousmane Sonko au perchoir, où il revendiquait la mise en place d’un « contre-pouvoir vigilant ». En privant le pouvoir exécutif du soutien direct de ses cadres au sein des ministères, le président de l’Assemblée nationale sanctuarise le pouvoir législatif. L’hémicycle ne sera pas une simple chambre d’enregistrement, mais le véritable centre de gravité où seront examinés, validés ou bloqués les choix de l’exécutif. Pour le camp présidentiel de Bassirou Diomaye Faye, la tâche s’annonce complexe : la composition du futur gouvernement devra tenir compte de cette majorité parlementaire vigilante, sous peine de se heurter à un mur législatif lors du vote des lois de finances ou des réformes structurelles. Le Sénégal entre ainsi de plain-pied dans une ère inédite de sa trajectoire démocratique. Le bras de fer feutré mais bien réel entre le perchoir et le palais présidentiel promet de redéfinir les équilibres institutionnels, sous le regard attentif d’une population qui attend de voir comment s’articulera cette cohabitation d’un genre … Read More

Dette2
Afrique

Enquête : Les racines coloniales du surendettement africain

Alors que les crises de la dette se succèdent sur le continent africain, la pensée économique contemporaine interroge de plus en plus les causes structurelles de ce phénomène. Derrière les chiffres des institutions de Bretton Woods, l’analyse des mécanismes historiques révèle que les fondations du surendettement actuel ont été coulées dès l’époque coloniale. Aujourd’hui, la dette publique africaine est souvent analysée à travers le prisme exclusif de la gouvernance contemporaine : déficits budgétaires, chocs climatiques, ou volatilité des cours des matières premières. Pourtant, une enquête historique approfondie montre que la dépendance financière de l’Afrique n’est pas née avec les indépendances. Elle est le produit d’un système économique extraverti, pensé et imposé dès la fin du XIXe siècle, dont le continent n’a jamais totalement réussi à s’émanciper. 1. La « dette coloniale » primitive ou le coût de la soumission Le premier paradoxe historique de la dette africaine réside dans son origine : ce sont les métropoles qui ont endetté les territoires conquis pour financer leur propre domination. Au tournant du XXe siècle, les puissances coloniales françaises et britanniques adoptent le principe de l’autonomie financière des colonies. En clair : la colonisation ne doit rien coûter au contribuable européen. Pour bâtir les infrastructures lourdes nécessaires à l’extraction des richesses (chemins de fer, ports, routes), les administrations coloniales ont contracté des emprunts massifs sur les places financières de Paris ou de Londres. Ces dettes n’ont pas été souscrites par les populations locales, mais ce sont elles qui ont dû les rembourser à travers l’impôt de capitation (impôt par tête) et le travail forcé. Au moment des indépendances, dans les années 1960, plusieurs nouveaux États souverains ont hérité de ces « dettes odieuses », contractées sans le consentement des peuples et utilisées contre leurs propres intérêts. 2. Le piège de l’économie de rente et la spécialisation forcée La racine la plus profonde du surendettement réside dans la structure même des économies coloniales, conçues pour être « extraverties ». Le pacte colonial interdisait aux colonies de transformer leurs matières premières ou d’industrialiser leurs territoires, réservant ce rôle exclusif à la métropole. Cette division internationale du travail a enfermé l’Afrique dans le rôle de fournisseur de produits bruts (café, cacao, cuivre, coton) et d’importateur de produits manufacturés. Le mécanisme du piège : À l’indépendance, pour construire des usines, des hôpitaux et des écoles, les nouveaux États ont dû importer massivement des technologies et des biens d’équipement occidentaux. N’ayant pour seules ressources financières que l’exportation de leurs matières premières, ils sont devenus ultra-dépendants des cours mondiaux. Le choc : Dès que les cours des matières premières s’effondraient (comme lors du choc de 1980), les recettes de l’État s’écroulaient, rendant le recours à l’emprunt extérieur obligatoire pour maintenir le fonctionnement minimal des services publics. 3. Le pacte monétaire et la continuité de la dépendance L’enquête sur les racines coloniales ne peut faire l’impasse sur l’outil monétaire. Dans les anciennes colonies françaises, la création du Franc CFA en 1945 a institutionnalisé un mécanisme financier rigide. La parité fixe avec le franc français (puis l’euro) et l’obligation historique de déposer une partie des réserves de change auprès du Trésor français ont garanti une stabilité monétaire et repoussé l’inflation. Cependant, les économistes critiques soulignent que cette monnaie forte a agi comme un frein à l’industrialisation locale en rendant les importations européennes moins chères et les exportations africaines moins compétitives. Pour compenser ce manque de compétitivité structurelle, le recours aux flux financiers extérieurs et à l’endettement est devenu une béquille permanente. 4. De la colonisation aux Plans d’Ajustement Structurel (PAS) Lorsque la crise de la dette éclate dans les années 1980, le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque mondiale imposent les Plans d’Ajustement Structurel. Sous prétexte d’assainir les finances, ces institutions exigent des privatisations massives, la réduction des budgets de santé et d’éducation, et l’ouverture totale des marchés. Pour de nombreux historiens de l’économie, les PAS ont fonctionné comme une réactualisation du logiciel colonial. En démantelant les tentatives d’États-providence africains et en interdisant le protectionnisme nécessaire à l’émergence de toute industrie nationale, ces plans ont maintenu le continent dans son rôle historique de réservoir de ressources, perpétuant le cycle vicieux : absence d’industrialisation ‭$\rightarrow$‬ faiblesse des revenus internes ‭$\rightarrow$‬ besoin d’emprunter à l’étranger. Décoloniser la finance africaine L’analyse des racines coloniales du surendettement n’exonère pas les dirigeants africains post-indépendance de leurs responsabilités en matière de gestion publique. Elle démontre en revanche que les remèdes classiques proposés par la finance internationale attaquent les symptômes et non la maladie. Tant que l’Afrique sera confinée dans une architecture économique mondiale héritée de Berlin (1885) — caractérisée par l’absence de transformation locale des ressources et une dépendance aux devises étrangères —, la dette restera un outil de domination géopolitique plutôt qu’un levier de développement. Pour sortir du surendettement, le continent doit achever sa décolonisation économique par l’intégration régionale, la souveraineté monétaire et … Read More

SAF
Afrique du Sud

Fiasco des visas pour le Mondial 2026 : Le faux départ des Bafana Bafana révèle les failles de la diplomatie sportive

L’équipe nationale d’Afrique du Sud a dû reporter à la dernière minute son envol pour la Coupe du monde 2026 en raison de visas non délivrés à temps pour une grande partie de sa délégation. Derrière ce couac administratif, qui suscite la fureur de Pretoria, se cachent des failles managériales béantes et le défi complexe d’un Mondial coorganisé sous un régime de visas ultra-restricteur. C’est un coup de massue dont se serait bien passée la nation arc-en-ciel. Alors qu’ils s’apprêtaient à s’envoler ce dimanche 31 mai pour entamer leur phase d’acclimatation en vue du match d’ouverture contre le Mexique le 11 juin prochain, les Bafana Bafana sont restés cloués au sol à Johannesburg. Selon la chaîne nationale SABC, les visas américains d’au moins vingt membres de la délégation — principalement des joueurs et des cadres techniques — étaient encore en cours de traitement au consulat des États-Unis au moment du départ initial. La réaction politique n’a pas tardé et s’avère d’une rare violence. Le ministre des Sports sud-africain, Gayton Mackenzie, a publiquement fustigé un « fiasco » et un « chaos » inacceptables. « On passe pour des idiots », a-t-il partagé sur le réseau social X, exigeant des sanctions immédiates contre la Fédération sud-africaine de football (SAFA). Analyse d’un naufrage logistique : La légèreté de la SAFA Sur le plan strictement managérial, ce contretemps est une faute lourde pour la SAFA. L’Afrique du Sud a arraché de haute lutte sa qualification sur le terrain — une première depuis 2002, l’édition 2010 ayant été obtenue d’office en tant que pays hôte. Voir un tel exploit sportif entaché par une négligence de secrétariat est un terrible retour en arrière pour une fédération qui avait déjà perdu trois points sur tapis vert durant les éliminatoires à cause d’une erreur administrative, avant de se ressaisir. Les procédures d’obtention des visas pour les États-Unis sont connues pour leurs exigences biométriques et leurs délais incompressibles. Anticiper les rendez-vous consulaires pour un groupe de sportifs de haut niveau fait partie du baba de la logistique sportive moderne. En échouant à sécuriser ces précieux sésames à dix jours du coup d’envoi de la plus grande compétition planétaire, les dirigeants de la SAFA ont exposé leurs joueurs à une pression psychologique inutile et ont sérieusement perturbé leur préparation physique et leur cohésion de groupe. Le défi global du Mondial 2026 : L’arbitraire des visas face au sport Au-delà de la responsabilité de la fédération sud-africaine, cet incident met en lumière un problème systémique propre à la Coupe du monde 2026. Pour la première fois, la compétition est coorganisée par trois nations (États-Unis, Mexique, Canada), mais sous l’égide de politiques migratoires particulièrement rigides, notamment du côté américain. L’Afrique du Sud n’est d’ailleurs pas un cas isolé : récemment, huit officiels de la Fédération sénégalaise de football ont également été privés de visas pour les États-Unis. Contrairement aux éditions précédentes où les pays hôtes (comme la Russie en 2018 ou le Qatar en 2022) mettaient en place des systèmes de laissez-passer simplifiés et centralisés (comme la carte Hayya), la FIFA n’a cette fois-ci pas obtenu de passe-droit global auprès des administrations consulaires américaines. Les délégations étrangères restent soumises au droit commun et aux aléas bureaucratiques des ambiances diplomatiques du moment. Un impact direct sur le terrain ? Sportivement, l’impact de ce retard pourrait peser lourd pour les Bafana Bafana. Logés dans le redoutable groupe A aux côtés du Mexique, de la République tchèque et de la Corée du Sud, les hommes du sélectionneur national avaient impérativement besoin de ces journées au Mexique pour s’adapter à l’altitude et au décalage horaire. Chaque jour passé dans les salons d’attente de Johannesburg au lieu des terrains d’entraînement de Mexico rapproche l’équipe d’un déficit physique le jour J. Si les autorités sud-africaines s’activent en coulisses pour débloquer la situation en urgence, le mal est fait : l’image du football sud-africain ressort écornée de cet épisode, rappelant cruellement que dans le football moderne, les matchs se gagnent autant dans les bureaux que sur la … Read More

BAD
Économie

Classement BAD (2010-2024) : Le Maroc détrône l’Afrique du Sud et devient le nouveau géant industriel africain

Selon le dernier rapport de l’Indice de l’industrialisation en Afrique (IIA) publié par la Banque africaine de développement (BAD), la carte manufacturière du continent subit un bouleversement historique. Porté par une décennie de réformes agressives, le Maroc s’empare de la première place, reléguant l’Afrique du Sud au second rang. C’est une véritable secousse économique qui vient redéfinir les équilibres du continent africain. L’Indice de l’industrialisation en Afrique (IIA), un rapport de référence élaboré conjointement par la BAD, l’Union africaine (UA) et l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI), a livré son verdict sur la période 2010-2024. Pour la toute première fois, l’Afrique du Sud perd son statut de leader industriel au profit du Royaume du Maroc. Avec un score global de 0,8415, le Maroc se hisse sur la plus haute marche du podium, devançant d’une courte tête l’Afrique du Sud, qui affiche un score de 0,8396. Ce basculement est le reflet des trajectoires divergentes suivies par les deux puissances économiques au cours des quatorze dernières années. Le Top 10 des puissances industrielles africaines (BAD 2010-2024) Le rapport met en évidence une nette domination des économies d’Afrique du Nord, qui s’adjugent quatre des cinq premières places du peloton de tête : Rang Pays Score Global (IIA) Points forts sectoriels 1er 🇲🇦 Maroc 0,8415 Automobile, Aéronautique, Énergies renouvelables, Textiles 2e 🇿🇦 Afrique du Sud 0,8396 Métallurgie, Automobile, Machines-outils, Produits chimiques 3e 🇪🇬 Égypte 0,7877 Agroalimentaire, Textiles, Chimie, Matériaux de construction 4e 🇹🇳 Tunisie 0,7714 Composants automobiles & aéronautiques, Électronique, Pharmacie 5e 🇩🇿 Algérie 0,6045 Pétrochimie, Engrais, Industries lourdes 6e 🪘 Maurice 0,5302 Textile haut de gamme, Transformation sucrière, Horlogerie 7e 🇸🇿 Eswatini 0,4955 Agro-industrie (sucre, bois), Textiles 8e 🇸🇪 Sénégal 0,4655 Chimie (ICS), Cimenteries, Agroalimentaire 9e 🇳🇬 Nigeria 0,4555 Raffinage, Ciment, Agro-industrie, Biens de consommation 10e 🇰🇪 Kenya 0,4485 Assemblage automobile, Matériaux, Agroalimentaire Le Maroc : Le triomphe de la stratégie des écosystèmes La consécration du Maroc n’est pas le fruit du hasard, mais le résultat d’une politique industrielle à long terme initiée au début des années 2010. En misant sur la création d’« écosystèmes industriels », le Royaume a réussi à attirer des investissements directs étrangers (IDE) massifs et à s’insérer durablement dans les chaînes de valeur mondiales. Aujourd’hui, le pays s’impose comme un hub incontournable dans des secteurs de haute technicité, notamment l’automobile (devenu le premier producteur de voitures de tourisme sur le continent avec des géants comme Renault et Stellantis) et l’aéronautique (plus de 140 entreprises opérant comme fournisseurs pour Boeing ou Airbus). Cette diversification, appuyée par des infrastructures de classe mondiale à l’image du complexe portuaire Tanger Med, a permis au tissu industriel marocain d’afficher une résilience remarquable. L’Afrique du Sud freinée, la Tunisie et le Sénégal se distinguent À l’inverse, l’Afrique du Sud subit les contrecoups d’une décennie compliquée. Bien que le pays conserve une base manufacturière solide, sa dynamique a été lourdement freinée par des crises énergétiques persistantes (notamment les délestages massifs d’Eskom), des tensions logistiques et les difficultés de la reprise post-Covid-19. Au-delà du duel de tête, le rapport met en lumière la performance remarquable de la Tunisie (4e). En dépit d’un contexte macroéconomique parfois difficile, l’industrie tunisienne démontre une forte résilience, portée par ses secteurs phares des composants électroniques, mécaniques et pharmaceutiques. L’Afrique de l’Ouest tire également son épingle du jeu grâce au Sénégal (8e), qui intègre le Top 10 continental grâce au dynamisme de ses cimenteries, de ses industries chimiques et de son secteur agroalimentaire en pleine modernisation. Un message clair pour le reste du continent Au-delà des chiffres, ce classement de la BAD trace une feuille de route pour le reste des nations africaines. Il démontre que l’industrialisation moderne ne dépend plus uniquement de la possession de matières premières brutes, mais de la capacité des États à transformer ces ressources sur place, à moderniser leurs cadres réglementaires et à investir dans le capital humain. Alors que la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) entre dans sa phase active, les performances de ce Top 10 prouvent que la clé de l’émergence économique africaine réside, plus que jamais, dans la valeur ajoutée « Made in Africa … Read More

Amara
Guinée

Double scrutin du 31 mai en Guinée : « Une journée historique », salue le Général Amara Camara

Au lendemain de la tenue du double scrutin législatif et communal, le ministre secrétaire général de la Présidence s’est félicité du bon déroulement des opérations. Accompagnant le président Mamadi Doumbouya dans son bureau de vote, il a salué une étape décisive vers le couronnement de la transition entamée en septembre 2021. Le processus de refondation institutionnelle de la Guinée a franchi un nouveau cap majeur ce dimanche 31 mai 2026. À l’occasion de la tenue simultanée des élections législatives et communales, les plus hautes autorités de l’État se sont rendues aux urnes, marquant le caractère solennel de cette journée. Après le vote du président de la transition, le Général Mamadi Doumbouya, accompagné de la Première dame, le ministre secrétaire général de la Présidence, le Général Amara Camara, a tenu à exprimer toute la portée de l’événement. S’exprimant devant les médias, le haut responsable a qualifié ce double scrutin de véritable « journée historique ». Pour lui, ce vote s’inscrit en ligne droite dans le strict respect du calendrier qui avait été présenté au peuple guinéen. « C’est un jour historique en ce sens que le processus qui est enclenché, grâce à la vision du chef de l’État depuis le 5 septembre 2021, est en train d’être mis en place », a déclaré le ministre secrétaire général de la Présidence, rappelant l’enchaînement méthodique des étapes majeures du chronogramme, du référendum constitutionnel jusqu’aux élections présidentielles. Vers une nouvelle architecture institutionnelle Selon le Général Amara Camara, l’aboutissement de ces scrutins locaux et législatifs va accélérer l’ancrage démocratique du pays. L’installation prochaine des nouveaux députés et maires servira de tremplin indispensable pour déclencher les prochaines phases de l’architecture institutionnelle, à savoir la désignation des conseillers régionaux et des sénateurs. Pour l’exécutif, cette dynamique démontre la constance et la clarté de la vision présidentielle pour structurer l’avenir politique de la Nation : « Le processus démocratique que le chef de l’État a bien voulu mettre en place, qui devrait couronner la transition, est finalement réalisé au grand bonheur du peuple de Guinée », a-t-il souligné. Un hommage à la maturité civique du peuple guinéen Au-delà des aspects purement politiques et logistiques, le secrétaire général de la Présidence a mis un point d’honneur à saluer l’atmosphère globale dans laquelle se sont déroulées les opérations de vote. Suivant de près la situation sur l’ensemble du territoire national depuis la matinée, le Général Amara Camara a adressé ses vœux de gratitude aux citoyens pour leur sens élevé des responsabilités. « Merci au peuple pour le calme, la discipline, mais surtout l’engagement à aller dans la sérénité », s’est-il réjoui. Saluant un comportement « impressionnant », il a félicité l’ensemble des Guinéens pour leur maturité politique et leur patriotisme, permettant d’offrir des élections calmes, apaisées et inclusives à la hauteur des aspirations … Read More

Kalil conde minstMATD
Guinée

Élections du 31 mai en Guinée : Le ministre Ibrahima Kalil Condé exige la « neutralité » et la « vigilance » de l’administration

À quelques heures de l’ouverture du double scrutin législatif et communal, le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation a pris la parole. Tout en rassurant sur la solidité du dispositif de sécurisation, il a fermement appelé les agents de l’État et les autorités locales à une impartialité absolue. La Guinée retient son souffle à l’approche d’un rendez-vous démocratique capital. Ce samedi 30 mai, à la veille de l’ouverture des bureaux de vote pour les élections législatives et communales, le ministre de l’Administration du Territoire et de la Décentralisation, Ibrahima Kalil Condé, s’est exprimé pour faire le point sur les derniers préparatifs. Son message clé : la sécurité et l’intégrité du vote doivent être garanties sans faille. Après avoir passé au crible le plan de sécurisation déployé par le gouvernement, le ministre s’est dit pleinement confiant. « Le dispositif qui vient de nous être présenté est cohérent, rassurant et parfaitement adapté aux exigences de sécurisation du scrutin sur l’ensemble du territoire national », a-t-il affirmé, promettant aux citoyens un environnement serein pour accomplir leur devoir civique. Une synergie stricte entre l’armée et les administrateurs locaux Pour garantir le bon déroulement de ces scrutins de proximité, le ministre mise sur une collaboration sans accroc entre les forces de défense et de sécurité et les autorités administratives déconcentrées (gouverneurs, préfets et sous-préfets). Face aux enjeux, Ibrahima Kalil Condé a insisté sur la nécessité d’une alerte maximale. Il a ainsi encouragé l’ensemble des commissions de sécurité à maintenir une « vigilance permanente » et à veiller au strict respect des mesures établies, tout en maintenant un dialogue de proximité constant avec les populations, la Direction générale des élections (DGE) et les différents acteurs sociopolitiques. Un rappel à l’ordre éthique : l’obligation de neutralité Mais au-delà de la logistique et de la sécurité, c’est sur le terrain de l’éthique que le chef du département de l’Administration du Territoire a voulu marquer les esprits. Rappelant que la tenue d’élections apaisées et transparentes constitue une exigence nationale majeure, il a lancé un appel direct à tous les serviteurs de l’État : « J’exhorte l’ensemble des acteurs impliqués à poursuivre leurs efforts avec responsabilité, neutralité et évidemment au service de la Nation », a martelé le ministre. Cet appel à la neutralité et à l’impartialité de l’administration vise à dissiper toute suspicion et à asseoir la crédibilité des résultats qui sortiront des urnes. Les bureaux de vote ouvriront dès demain matin sous haute surveillance, marquant une étape cruciale pour l’avenir institutionnel de la … Read More

Discours
Podcast

Clôture en apothéose du grand meeting d’Elhadj Amadou Diarouga Diallo

À travers ce discours fort et rassembleur, Elhadj Amadou Diarouga Diallo a réaffirmé son engagement en faveur d’une diaspora guinéenne plus représentée, plus écoutée et pleinement impliquée dans le développement de la Guinée. Devant une foule mobilisée au Centre Culturel Douta Seck de Dakar, le candidat a lancé un appel à l’unité, à la solidarité et à la participation massive pour les élections du 31 mai … Read More

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