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Mali : les réserves de gasoil remontent de près de 38 % à Kayes

Les réserves de gasoil disponibles dans la région malienne de Kayes ont enregistré une hausse de 37,84 % en une semaine, après deux semaines consécutives de baisse.

Selon la Direction régionale du Commerce, de la Consommation et de la Concurrence, le stock est passé de 299 152 à 412 343 litres, soit un apport supplémentaire de 113 191 litres. De nouvelles citernes sont également arrivées dans la région le 15 octobre.

La situation demeure toutefois contrastée pour l’essence. Les réserves ont reculé de 32,68 %, passant de 2,807 millions à 1,890 million de litres. Malgré ces fluctuations, les prix des carburants sont restés stables et les volumes disponibles demeurent supérieurs aux seuils d’alerte.

Frontalière du Sénégal, la région de Kayes occupe une position stratégique sur le corridor Dakar–Bamako, essentiel à l’approvisionnement du Mali. Les autorités continuent donc de surveiller étroitement les flux d’hydrocarbures, régulièrement perturbés par l’insécurité sur certains axes routiers.

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Mali–Côte d’Ivoire : vers un rapprochement sécuritaire après plusieurs années de tensions.

Le Mali et la Côte d’Ivoire amorcent un rapprochement dans le domaine de la sécurité. Vassiriki Traoré, coordonnateur national du renseignement ivoirien, est attendu à Bamako pour une visite de travail consacrée au renforcement de la coopération entre les services de renseignement des deux pays et à l’amélioration du partage d’informations dans la lutte contre le terrorisme.

Cette visite, organisée à l’invitation du général Modibo Koné, directeur de l’Agence nationale de la sécurité d’État (ANSE) du Mali, intervient dans un contexte marqué par plusieurs années de tensions diplomatiques entre Bamako et Abidjan.

Elle traduit une volonté de relancer le dialogue sécuritaire entre les deux voisins, alors que la menace jihadiste continue de peser sur plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Pour les autorités ivoiriennes comme maliennes, la coordination des services de renseignement constitue un levier essentiel pour anticiper les menaces et limiter les risques d’extension des violences.

La sécurité transfrontalière au cœur des échanges

Au-delà de la portée diplomatique de cette rencontre, les enjeux sont directement liés à la sécurisation de la frontière entre les deux pays. Le partage de renseignements et la coordination des dispositifs de surveillance peuvent contribuer à mieux prévenir les mouvements de groupes armés et à renforcer la capacité de réaction des services compétents.

Ce rapprochement intervient alors que les États de la sous-région sont confrontés à des défis sécuritaires qui dépassent leurs frontières nationales et nécessitent une coopération renforcée.

La visite de Vassiriki Traoré à Bamako pourrait ainsi ouvrir une nouvelle phase dans les relations sécuritaires entre le Mali et la Côte d’Ivoire. Sa portée dépendra toutefois de la concrétisation des échanges en mécanismes opérationnels durables, dans un contexte où les divergences politiques entre les deux pays restent un enjeu de leurs relations bilatérales.

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Mali : Bamako veut transformer localement au moins 10 % de son coton fibre.

Le Mali veut accélérer la transformation locale de son coton afin d’accroître la valeur ajoutée de cette filière stratégique. L’objectif de Bamako est de transformer sur son territoire au moins 10 % de sa production nationale de coton fibre, une ambition présentée mercredi à New York, à l’occasion de la Journée mondiale du coton.

Lors d’une rencontre organisée par les missions permanentes du Mali et de l’Inde auprès des Nations unies, le représentant malien, Issa Konfourou, a plaidé pour un renforcement des investissements dans la transformation de cette matière première. Son homologue indien, Harish Parvathaneni, a également participé à cette initiative, qui a réuni des représentants de pays producteurs et industrialisés autour des perspectives de développement de la filière.

L’ambition affichée par Bamako est de réduire la dépendance aux exportations de coton brut et de favoriser la création de valeur sur le territoire national. La transformation locale pourrait notamment contribuer au développement des activités textiles, à la diversification industrielle et à la création d’emplois. Toutefois, le calendrier de réalisation de cet objectif et les mécanismes de financement nécessaires restent à préciser.

Le défi concerne l’ensemble des pays africains producteurs de coton. Le Mali, le Bénin, le Burkina Faso et le Tchad constituent le groupe Coton-4 (C-4), formé pour défendre les intérêts de leurs producteurs dans les négociations commerciales internationales. La Côte d’Ivoire s’est ensuite associée à cette dynamique dans le cadre du C-4+.

Ces pays ont notamment contribué à promouvoir la reconnaissance internationale du coton comme enjeu de développement. À leur initiative, l’Assemblée générale des Nations unies a proclamé le 7 octobre Journée mondiale du coton en 2021, afin de mettre en lumière le rôle économique et social de cette filière.

Malgré son importance pour les économies de la région, le coton africain reste largement exporté sans transformation industrielle. Selon les données de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) citées dans les informations présentées, environ 98 % du coton de la région est encore commercialisé sous forme de fibre brute. Cette situation limite les retombées industrielles que les pays producteurs pourraient tirer de cette ressource.

Pour inverser cette tendance, le Partenariat pour le coton prévoit de mobiliser cinq milliards de dollars sur dix ans afin de soutenir le développement des activités textiles et de contribuer à la création d’environ 500 000 emplois dans les pays du C-4+.

À l’échelle mondiale, les perspectives de marché restent également déterminantes pour les producteurs. Pour la campagne 2026-2027, la production mondiale de coton est estimée à 25,9 millions de tonnes, contre une consommation prévue de 25,2 millions de tonnes. Les échanges internationaux devraient, quant à eux, diminuer de 2,7 % pour s’établir à 9,6 millions de tonnes, selon les projections du Comité consultatif international du coton présentées à l’OMC.

Pour le Mali, l’enjeu est désormais de traduire son objectif de transformation locale en investissements concrets, en capacités industrielles et en débouchés commerciaux. La réussite de cette stratégie dépendra notamment de l’accès au financement, de la disponibilité des infrastructures et de la capacité à structurer une véritable chaîne de valeur textile.

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Mali : le Trésor mobilise 43,6 milliards de FCFA sur le marché financier de l’UMOA

Le Mali a mobilisé 43,648 milliards de francs CFA, soit environ 78,6 millions de dollars, sur le marché financier de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). L’opération a été réalisée mercredi 16 septembre 2026 par la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique (DGTCP).

Cette levée de fonds vise à contribuer à la couverture des besoins de financement du budget de l’État malien.

Une opération destinée au financement du budget

À travers cette mobilisation, les autorités maliennes sollicitent les ressources disponibles sur le marché financier régional afin de soutenir l’exécution des dépenses prévues dans le cadre budgétaire de l’État.

Le recours à ce marché constitue pour les États membres de l’UMOA un mécanisme permettant de mobiliser des ressources auprès des investisseurs régionaux pour financer leurs besoins publics.

Le marché financier régional sollicité

L’opération menée par le Trésor malien intervient dans un contexte où les États de l’espace UMOA utilisent régulièrement les émissions de titres publics pour assurer le financement de leurs budgets et la gestion de leur trésorerie.

La mobilisation de 43,648 milliards de FCFA permet ainsi au Mali de renforcer ses ressources financières disponibles pour répondre à ses engagements budgétaires.

Cette opération s’inscrit plus largement dans la dynamique de mobilisation des ressources sur le marché financier régional, qui joue un rôle important dans le financement des économies de l’Union.

Un levier pour les finances publiques

Pour les autorités maliennes, le recours aux émissions sur le marché régional permet de diversifier les sources de financement de l’État et de mobiliser des ressources en fonction des besoins identifiés.

Le montant levé le 16 septembre vient ainsi participer au financement du budget national, dans le respect du cadre des opérations réalisées sur le marché financier de l’UMOA.

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Corridor Dakar-Bamako : le fret se reporte vers Moussala

Les attaques répétées sur l’axe Kidira-Kayes-Bamako poussent une partie croissante des transporteurs vers la branche sud, par Kédougou, Saraya et Moussala. Cette solution maintient les marchandises et le carburant en mouvement, mais la route absorbe difficilement l’arrivée des grands convois.

Le tracé habituel relie la frontière sénégalaise de Kidira à Diboli, Kayes, Diéma, Kita puis Bamako. Il constitue la principale voie terrestre d’approvisionnement du Mali depuis le port de Dakar. Selon la Banque mondiale, environ 60 % du commerce extérieur malien emprunte ce corridor, fréquenté en temps normal par près de 1 000 poids lourds par jour.

Cette circulation s’est fortement dégradée après les attaques coordonnées du 25 avril 2026. Des barrages dressés sur le territoire malien, des camions incendiés et l’immobilisation prolongée de chauffeurs ont ensuite perturbé la liaison entre Kayes et Bamako. L’Union des routiers du Sénégal recensait, en juillet, au moins 15 véhicules sénégalais brûlés et plusieurs centaines de camions abandonnés ou bloqués.

Les transporteurs qui poursuivent leurs activités passent désormais par Tambacounda, Kédougou, Saraya et Moussala, avant de rejoindre Kéniéba, Kita puis Bamako.

« Les gens partent, mais lentement », expliquait en juillet Daouda Lo, responsable de l’Union des routiers du Sénégal, en indiquant que cette voie bénéficiait d’une présence militaire.

Ce report est désormais confirmé par les organismes chargés de la circulation des marchandises. Le Conseil sénégalais des chargeurs parle d’une « réorientation massive » du trafic vers Kédougou-Saraya-Moussala, devenue en quelques semaines un important point de passage entre les deux pays.

Le prix du détour

Le 13 août, une mission réunissant le Conseil sénégalais des chargeurs et le Conseil malien des chargeurs a constaté une file de camions longue de 15 kilomètres au poste frontalier de Moussala. Les transporteurs y attendent parfois dans la brousse ou le long de la chaussée, faute de parking aménagé. La délégation a également relevé des difficultés d’hygiène et de sécurité routière, ainsi qu’un tronçon non bitumé de 10 kilomètres.

Cette situation intervient malgré les investissements engagés sur la branche sud. Lancé en novembre 2023, le programme de renforcement de la route Mako-Kédougou-Saraya-Moussala porte sur 136,4 kilomètres et représente 51 milliards de FCFA. Les travaux devaient améliorer la desserte du Mali, mais les aménagements frontaliers restent insuffisants pour recevoir un trafic aussi dense.

L’insécurité a également renchéri le transport. Des chauffeurs interrogés en juillet indiquaient que la rémunération de certains chargements, autrefois fixée autour de 1,4 million de FCFA, atteignait désormais 3,6 à 4 millions. Ce surcoût finit par se répercuter sur les importateurs et les consommateurs maliens.

Bamako maintient parallèlement les convois sous protection militaire. La Direction de l’information et des relations publiques des armées affirme que les FAMa ont escorté 15 589 camions-citernes entre le 1er juin et le 31 juillet, dont 7 417 chargés. Un nouveau convoi de 800 citernes est arrivé dans la capitale le 15 août, mais son itinéraire n’a pas été communiqué.

Moussala offre ainsi une possibilité de contournement, sans pouvoir remplacer durablement l’axe de Kayes dans ses conditions actuelles. La mission conjointe prépare une concertation à Bamako afin d’améliorer le passage frontalier, d’aménager les zones de stationnement et de coordonner l’action des services sénégalais et maliens.

Source : APANews.

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Mali : 82 militaires libérés après plusieurs mois de détention.

L’armée malienne a annoncé la libération de 82 militaires détenus depuis les attaques du 25 avril, revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, et le Front de libération de l’Azawad (FLA), mouvement rebelle à dominante touarègue.

Selon un communiqué des Forces armées maliennes (FAMa), les soldats étaient détenus par des groupes armés présentés par les autorités comme affiliés à la coalition GSIM-FLA. Leur libération aurait été rendue possible grâce à une opération reposant sur une planification et une coordination renforcées.

Les attaques du 25 avril avaient notamment ciblé plusieurs positions militaires ainsi que le principal aéroport du pays. Les mêmes groupes avaient également revendiqué des attaques contre des positions des forces maliennes le 4 juillet.

Un agent français bénéficie d’une grâce présidentielle

Dans le même temps, le président de la transition, Assimi Goïta, a accordé une grâce à Yann Christian-Bernard Vézilier, ressortissant français présenté par les autorités maliennes comme un agent de renseignement et officiellement affecté à l’ambassade de France à Bamako.

Arrêté en août 2025 alors qu’il se trouvait avec plusieurs officiers maliens, il avait été condamné en juin à 20 ans de prison pour des faits liés à une accusation de complot contre les institutions de la transition.

La mesure de grâce entraîne son retrait du territoire malien. Les autorités précisent toutefois qu’elle ne remet pas en cause les faits retenus lors de son procès. Elles ont également remercié un « pays frère » pour sa contribution à l’obtention de cette mesure, sans en révéler l’identité.

Les officiers maliens arrêtés dans la même affaire, depuis radiés des FAMa, restent pour leur part détenus dans l’attente de leur jugement. Ils sont accusés d’avoir participé à un réseau d’espionnage et à un projet de déstabilisation des institutions de la transition.

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Sécurité : le Mali plaide pour une autonomie technologique et stratégique africaine.

Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a appelé mercredi, à Kigali, les États africains à renforcer leur autonomie stratégique face à l’évolution rapide des technologies militaires, notamment les drones, les systèmes autonomes et l’intelligence artificielle.

Intervenant lors de la deuxième session de la Conférence internationale sur la sécurité en Afrique, le chef de la diplomatie malienne a estimé que ces transformations technologiques posent de nouveaux enjeux en matière de souveraineté et de sécurité.

Réduire les dépendances extérieures

Abdoulaye Diop a notamment évoqué l’expérience du Mali dans la lutte contre les groupes armés, estimant que les États africains doivent réduire leur dépendance à l’égard des acteurs extérieurs dans les domaines relevant de leur sécurité nationale.

Il a également décrit les conflits au Sahel comme des affrontements asymétriques combinant des dimensions militaires, économiques et informationnelles. Le ministre a par ailleurs accusé, sans les identifier, certains États étrangers de fournir des équipements et des drones à des groupes armés qualifiés de terroristes par les autorités maliennes.

Développer une industrie africaine de défense

Le ministre a appelé les pays africains à ne plus se limiter à l’acquisition de technologies étrangères, mais à développer leurs propres capacités de conception, de production et de maintenance.

Il a notamment défendu la création d’une industrie africaine de défense et le renforcement de la formation des jeunes dans les technologies avancées et l’intelligence artificielle.

Dans ce cadre, il a cité la Confédération des États du Sahel (AES), qui réunit le Mali, le Burkina Faso et le Niger, comme un exemple de coopération régionale visant à renforcer la prise en charge des questions sécuritaires.

Des enjeux éthiques et juridiques

Les échanges de Kigali ont également porté sur les limites à fixer à l’utilisation des systèmes militaires autonomes. Le contrôle humain, la responsabilité, l’éthique et les cadres juridiques figurent parmi les principales préoccupations soulevées lors de la conférence.

De son côté, le colonel-major Yacouba Sanogo, conseiller en stratégie à l’état-major général des Armées maliennes, a présenté les efforts engagés pour renforcer les capacités et la professionnalisation des forces maliennes, tout en rappelant leur engagement en faveur du respect du droit international.

À Kigali, le Mali défend ainsi une approche fondée sur une plus grande souveraineté technologique et sécuritaire, dans un contexte où l’intelligence artificielle et les systèmes autonomes transforment progressivement les modes de conduite des conflits.

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Une nouvelle liaison aérienne rapproche Bamako et Lagos.

Depuis le 1er août, Bamako dispose d’une nouvelle liaison aérienne avec Lagos assurée par la compagnie nigériane Air Peace. Derrière cette ouverture commerciale se dessine aussi un rapprochement entre le Mali et le Nigéria, qui cherchent à préserver leurs échanges bilatéraux malgré la recomposition politique de l’Afrique de l’Ouest.

Le premier vol de la nouvelle desserte entre le Nigéria et le Mali, a quitté Lagos le samedi 1er août. Air Peace avait annoncé début juillet l’ouverture de l’axe Lagos–Bamako–Conakry, exploité les mardi, jeudi et samedi. Bamako rejoint ainsi le réseau régional de la compagnie nigériane avec une liaison directe vers Lagos, avant la poursuite du trajet vers la capitale guinéenne.

Pour les voyageurs maliens, cette desserte facilite surtout l’accès au Nigéria sans passer par un autre hub ouest-africain. Lagos permet également des correspondances vers Abuja, Kano, Port Harcourt et plusieurs autres villes nigérianes desservies par Air Peace.

La compagnie présente l’ouverture comme une extension de son réseau africain, mais son arrivée à Bamako intervient dans un calendrier diplomatique qui donne à l’opération une dimension plus large.

Une coopération relancée

Le 14 juillet, moins de trois semaines avant le vol inaugural, le Mali et le Nigéria avaient convenu à Abuja de relancer leur Commission mixte de coopération, restée peu active ces dernières années. La ministre nigériane des Affaires étrangères, Bianca Odumegwu-Ojukwu, et l’ambassadeur du Mali au Nigéria, Oumar Coulibaly, avaient identifié plusieurs secteurs prioritaires, notamment la sécurité, le commerce, l’énergie, la migration irrégulière, la traite des personnes et le transport aérien.

L’accord bilatéral sur les services aériens, connu sous l’acronyme BASA, figure expressément parmi les dossiers que les deux gouvernements veulent réactiver. Abuja avait également insisté sur la nécessité de faciliter les déplacements et les contacts entre les populations, en considérant la connectivité comme l’un des instruments du rapprochement bilatéral.

Cette orientation avait déjà été affichée au plus haut niveau. En mai 2025, lors de la réception des lettres de créance de l’ambassadeur malien, le président Bola Ahmed Tinubu avait appelé au renforcement des relations économiques avec Bamako et assuré que le Nigéria souhaitait continuer à travailler avec le Mali malgré les nouvelles dynamiques régionales.

Des liens maintenus malgré la rupture avec la Cédéao

Le contexte est particulier. Le Mali, avec le Burkina Faso et le Niger, a officiellement quitté la Cédéao le 29 janvier 2025 pour poursuivre son intégration au sein de la Confédération des États du Sahel. Cette rupture institutionnelle n’a toutefois pas interrompu les relations avec Abuja, siège de la Cédéao et acteur majeur de l’organisation régionale.

La Cédéao a elle-même maintenu, jusqu’à nouvel ordre, la circulation sans visa des ressortissants des trois pays sortants ainsi que le traitement de leurs marchandises selon le régime commercial communautaire, en attendant la définition des futures relations avec l’AES.

Dans ce paysage en recomposition, la liaison Bamako–Lagos apporte donc un élément concret. Pour Bamako et Abuja, l’aérien devient ainsi l’un des premiers terrains visibles de cette coopération bilatérale relancée.

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Mali : les recettes minières au service du financement des infrastructures.

Le Mali entend davantage tirer parti de ses ressources minières pour accélérer le développement de ses infrastructures. À la faveur de la réforme du Code minier adoptée en 2023, les autorités espèrent mobiliser jusqu’à 500 milliards de francs CFA, soit environ 883 millions de dollars, à travers un fonds destiné au financement de projets structurants.

Plus de 109 milliards de FCFA déjà mobilisés

Alimenté par les contributions des entreprises minières, le Fonds de développement des infrastructures a déjà enregistré plus de 109 milliards de francs CFA entre janvier 2025 et juin 2026.

Selon le ministre malien de l’Économie et des Finances, Alousseni Sanou, le mécanisme génère au moins 50 milliards de francs CFA par an. Il pourrait également servir de garantie afin de permettre à l’État de mobiliser des financements plus importants auprès de partenaires financiers.

L’énergie, l’eau et les transports prioritaires

Les ressources du fonds devraient notamment contribuer au financement de projets dans les secteurs de l’énergie, de l’eau et des transports.

Parmi les investissements envisagés figurent la construction et la réhabilitation de routes, le développement du réseau ferroviaire, le renforcement du transport fluvial ainsi que le soutien au développement de la compagnie aérienne publique Mali Airlines.

Transformer la richesse minière en développement

Cette stratégie traduit la volonté des autorités maliennes d’accroître les retombées économiques de l’exploitation des ressources naturelles et de mieux utiliser les revenus miniers pour financer des investissements structurants.

Le gouvernement entend ainsi faire du secteur minier non seulement une source de recettes publiques, mais également un levier de transformation économique. L’objectif est de renforcer les infrastructures essentielles au développement du pays, tout en améliorant l’impact de l’activité minière sur l’économie nationale.

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Mali : Bamako dévoile son nouvel avion de commandement, acquis pour 15,6 milliards de FCFA.

Les autorités maliennes ont présenté mercredi leur nouvel avion de commandement, destiné à assurer les déplacements officiels des plus hautes autorités de l’État. L’appareil, un Boeing 737 entièrement modernisé, a été acquis pour un montant de 15,6 milliards de FCFA, soit environ 23,8 millions d’euros.

Cette acquisition intervient après l’immobilisation de l’ancien avion présidentiel, lourdement endommagé lors de l’attaque contre l’aéroport militaire de Bamako en septembre 2024. Le nouvel appareil doit désormais permettre aux autorités maliennes de disposer d’un moyen de transport aérien dédié aux missions officielles, dans un contexte régional marqué par d’importants enjeux sécuritaires et diplomatiques.

Une visite officielle pour présenter les capacités du nouvel appareil

Le nouvel avion a été présenté à l’occasion d’une visite effectuée par le ministre d’État malien chargé de l’Économie et des Finances. Il était accompagné du secrétaire général de la Présidence de la République ainsi que du coordinateur du Groupement aérien de la Présidence.

La télévision publique ORTM a diffusé plusieurs images de l’appareil, notamment de sa cabine et de son poste de pilotage, mettant en avant les équipements et les aménagements dont il dispose.

Selon les responsables techniques, le Boeing 737 appartient à la même famille que l’ancien avion de commandement, mais a fait l’objet d’une importante modernisation. Son système avionique a été entièrement rénové, tandis que plusieurs équipements du cockpit ont été remplacés afin de répondre aux exigences liées à son utilisation pour les déplacements officiels.

La cabine a également été réaménagée pour offrir davantage de confort aux autorités et aux délégations gouvernementales. L’appareil comprend notamment une cuisine, un espace de repos doté d’une chambre ainsi que différents aménagements destinés à faciliter les déplacements de longue durée.

Une autonomie permettant des liaisons intercontinentales

Sur le plan technique, le nouvel avion affiche une autonomie annoncée de 11 500 kilomètres, ce qui lui permettrait d’effectuer près de quatorze heures de vol sans escale, selon les données communiquées par les responsables de l’appareil.

Avec une vitesse moyenne estimée à 950 km/h et une altitude de croisière pouvant atteindre 41 000 pieds, soit environ 12 300 mètres, le Boeing 737 est présenté comme capable d’assurer des liaisons de longue distance, y compris sur des trajets intercontinentaux.

Ces caractéristiques doivent permettre aux autorités maliennes de disposer d’une plus grande autonomie dans l’organisation de leurs déplacements officiels, notamment pour les missions diplomatiques et les rencontres internationales.

L’ancien avion endommagé lors de l’attaque de septembre 2024

L’acquisition du nouvel appareil intervient près de deux ans après l’attaque du 17 septembre 2024 contre l’aéroport militaire de Bamako. L’opération, revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, avait notamment ciblé des infrastructures militaires et causé d’importants dégâts.

L’ancien avion de commandement présidentiel avait été gravement endommagé au cours de cette attaque. Selon les informations communiquées à l’époque, l’un de ses moteurs avait notamment été incendié.

Les expertises réalisées après les événements auraient ensuite fait état de dommages importants affectant plusieurs éléments structurels et mécaniques de l’appareil. Une remise en état aurait ainsi été jugée économiquement peu viable, conduisant à son immobilisation prolongée.

Cette situation avait contraint les autorités maliennes à recourir à des solutions alternatives pour assurer les déplacements officiels des plus hauts responsables de l’État.

Une acquisition dont le coût net doit être réduit par les indemnisations

Face aux interrogations que peut susciter le coût de cette nouvelle acquisition, le ministre malien de l’Économie et des Finances a précisé que l’opération devait être partiellement compensée par les mécanismes d’assurance liés à l’ancien appareil.

Selon ses explications, l’assurance aurait déjà versé 6 milliards de FCFA au Trésor public au titre des dommages subis par l’ancien avion. Des négociations seraient également en cours pour organiser la cession de certaines pièces détachées et accessoires récupérables, dont la valeur est estimée entre 3 et 4 milliards de FCFA.

Ces recettes potentielles permettraient ainsi de réduire le coût net supporté par les finances publiques dans le cadre de l’acquisition du nouvel appareil.

Un nouvel outil au service de la diplomatie malienne

Avec ce Boeing 737 modernisé, Bamako entend désormais disposer d’un appareil capable d’accompagner les déplacements des autorités dans le cadre de leurs missions officielles, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du continent africain.

Au-delà de son aspect logistique, cet avion constitue également un outil au service de la représentation de l’État et de la diplomatie malienne. Dans un contexte où le pays cherche à renforcer son autonomie stratégique et à multiplier les engagements internationaux, la capacité à assurer de manière indépendante les déplacements de ses plus hauts responsables revêt une dimension particulière.

La nouvelle acquisition marque ainsi le retour d’un avion de commandement opérationnel au sein du dispositif présidentiel malien, près de deux ans après la mise hors service de l’ancien appareil.