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Corridor Dakar-Bamako : le fret se reporte vers Moussala

Les attaques répétées sur l’axe Kidira-Kayes-Bamako poussent une partie croissante des transporteurs vers la branche sud, par Kédougou, Saraya et Moussala. Cette solution maintient les marchandises et le carburant en mouvement, mais la route absorbe difficilement l’arrivée des grands convois.

Le tracé habituel relie la frontière sénégalaise de Kidira à Diboli, Kayes, Diéma, Kita puis Bamako. Il constitue la principale voie terrestre d’approvisionnement du Mali depuis le port de Dakar. Selon la Banque mondiale, environ 60 % du commerce extérieur malien emprunte ce corridor, fréquenté en temps normal par près de 1 000 poids lourds par jour.

Cette circulation s’est fortement dégradée après les attaques coordonnées du 25 avril 2026. Des barrages dressés sur le territoire malien, des camions incendiés et l’immobilisation prolongée de chauffeurs ont ensuite perturbé la liaison entre Kayes et Bamako. L’Union des routiers du Sénégal recensait, en juillet, au moins 15 véhicules sénégalais brûlés et plusieurs centaines de camions abandonnés ou bloqués.

Les transporteurs qui poursuivent leurs activités passent désormais par Tambacounda, Kédougou, Saraya et Moussala, avant de rejoindre Kéniéba, Kita puis Bamako.

« Les gens partent, mais lentement », expliquait en juillet Daouda Lo, responsable de l’Union des routiers du Sénégal, en indiquant que cette voie bénéficiait d’une présence militaire.

Ce report est désormais confirmé par les organismes chargés de la circulation des marchandises. Le Conseil sénégalais des chargeurs parle d’une « réorientation massive » du trafic vers Kédougou-Saraya-Moussala, devenue en quelques semaines un important point de passage entre les deux pays.

Le prix du détour

Le 13 août, une mission réunissant le Conseil sénégalais des chargeurs et le Conseil malien des chargeurs a constaté une file de camions longue de 15 kilomètres au poste frontalier de Moussala. Les transporteurs y attendent parfois dans la brousse ou le long de la chaussée, faute de parking aménagé. La délégation a également relevé des difficultés d’hygiène et de sécurité routière, ainsi qu’un tronçon non bitumé de 10 kilomètres.

Cette situation intervient malgré les investissements engagés sur la branche sud. Lancé en novembre 2023, le programme de renforcement de la route Mako-Kédougou-Saraya-Moussala porte sur 136,4 kilomètres et représente 51 milliards de FCFA. Les travaux devaient améliorer la desserte du Mali, mais les aménagements frontaliers restent insuffisants pour recevoir un trafic aussi dense.

L’insécurité a également renchéri le transport. Des chauffeurs interrogés en juillet indiquaient que la rémunération de certains chargements, autrefois fixée autour de 1,4 million de FCFA, atteignait désormais 3,6 à 4 millions. Ce surcoût finit par se répercuter sur les importateurs et les consommateurs maliens.

Bamako maintient parallèlement les convois sous protection militaire. La Direction de l’information et des relations publiques des armées affirme que les FAMa ont escorté 15 589 camions-citernes entre le 1er juin et le 31 juillet, dont 7 417 chargés. Un nouveau convoi de 800 citernes est arrivé dans la capitale le 15 août, mais son itinéraire n’a pas été communiqué.

Moussala offre ainsi une possibilité de contournement, sans pouvoir remplacer durablement l’axe de Kayes dans ses conditions actuelles. La mission conjointe prépare une concertation à Bamako afin d’améliorer le passage frontalier, d’aménager les zones de stationnement et de coordonner l’action des services sénégalais et maliens.

Source : APANews.

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Mali : 82 militaires libérés après plusieurs mois de détention.

L’armée malienne a annoncé la libération de 82 militaires détenus depuis les attaques du 25 avril, revendiquées par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, et le Front de libération de l’Azawad (FLA), mouvement rebelle à dominante touarègue.

Selon un communiqué des Forces armées maliennes (FAMa), les soldats étaient détenus par des groupes armés présentés par les autorités comme affiliés à la coalition GSIM-FLA. Leur libération aurait été rendue possible grâce à une opération reposant sur une planification et une coordination renforcées.

Les attaques du 25 avril avaient notamment ciblé plusieurs positions militaires ainsi que le principal aéroport du pays. Les mêmes groupes avaient également revendiqué des attaques contre des positions des forces maliennes le 4 juillet.

Un agent français bénéficie d’une grâce présidentielle

Dans le même temps, le président de la transition, Assimi Goïta, a accordé une grâce à Yann Christian-Bernard Vézilier, ressortissant français présenté par les autorités maliennes comme un agent de renseignement et officiellement affecté à l’ambassade de France à Bamako.

Arrêté en août 2025 alors qu’il se trouvait avec plusieurs officiers maliens, il avait été condamné en juin à 20 ans de prison pour des faits liés à une accusation de complot contre les institutions de la transition.

La mesure de grâce entraîne son retrait du territoire malien. Les autorités précisent toutefois qu’elle ne remet pas en cause les faits retenus lors de son procès. Elles ont également remercié un « pays frère » pour sa contribution à l’obtention de cette mesure, sans en révéler l’identité.

Les officiers maliens arrêtés dans la même affaire, depuis radiés des FAMa, restent pour leur part détenus dans l’attente de leur jugement. Ils sont accusés d’avoir participé à un réseau d’espionnage et à un projet de déstabilisation des institutions de la transition.

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Sécurité : le Mali plaide pour une autonomie technologique et stratégique africaine.

Le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a appelé mercredi, à Kigali, les États africains à renforcer leur autonomie stratégique face à l’évolution rapide des technologies militaires, notamment les drones, les systèmes autonomes et l’intelligence artificielle.

Intervenant lors de la deuxième session de la Conférence internationale sur la sécurité en Afrique, le chef de la diplomatie malienne a estimé que ces transformations technologiques posent de nouveaux enjeux en matière de souveraineté et de sécurité.

Réduire les dépendances extérieures

Abdoulaye Diop a notamment évoqué l’expérience du Mali dans la lutte contre les groupes armés, estimant que les États africains doivent réduire leur dépendance à l’égard des acteurs extérieurs dans les domaines relevant de leur sécurité nationale.

Il a également décrit les conflits au Sahel comme des affrontements asymétriques combinant des dimensions militaires, économiques et informationnelles. Le ministre a par ailleurs accusé, sans les identifier, certains États étrangers de fournir des équipements et des drones à des groupes armés qualifiés de terroristes par les autorités maliennes.

Développer une industrie africaine de défense

Le ministre a appelé les pays africains à ne plus se limiter à l’acquisition de technologies étrangères, mais à développer leurs propres capacités de conception, de production et de maintenance.

Il a notamment défendu la création d’une industrie africaine de défense et le renforcement de la formation des jeunes dans les technologies avancées et l’intelligence artificielle.

Dans ce cadre, il a cité la Confédération des États du Sahel (AES), qui réunit le Mali, le Burkina Faso et le Niger, comme un exemple de coopération régionale visant à renforcer la prise en charge des questions sécuritaires.

Des enjeux éthiques et juridiques

Les échanges de Kigali ont également porté sur les limites à fixer à l’utilisation des systèmes militaires autonomes. Le contrôle humain, la responsabilité, l’éthique et les cadres juridiques figurent parmi les principales préoccupations soulevées lors de la conférence.

De son côté, le colonel-major Yacouba Sanogo, conseiller en stratégie à l’état-major général des Armées maliennes, a présenté les efforts engagés pour renforcer les capacités et la professionnalisation des forces maliennes, tout en rappelant leur engagement en faveur du respect du droit international.

À Kigali, le Mali défend ainsi une approche fondée sur une plus grande souveraineté technologique et sécuritaire, dans un contexte où l’intelligence artificielle et les systèmes autonomes transforment progressivement les modes de conduite des conflits.

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Une nouvelle liaison aérienne rapproche Bamako et Lagos.

Depuis le 1er août, Bamako dispose d’une nouvelle liaison aérienne avec Lagos assurée par la compagnie nigériane Air Peace. Derrière cette ouverture commerciale se dessine aussi un rapprochement entre le Mali et le Nigéria, qui cherchent à préserver leurs échanges bilatéraux malgré la recomposition politique de l’Afrique de l’Ouest.

Le premier vol de la nouvelle desserte entre le Nigéria et le Malia quitté Lagos le samedi 1er août. Air Peace avait annoncé début juillet l’ouverture de l’axe Lagos–Bamako–Conakry, exploité les mardi, jeudi et samedi. Bamako rejoint ainsi le réseau régional de la compagnie nigériane avec une liaison directe vers Lagos, avant la poursuite du trajet vers la capitale guinéenne.

Pour les voyageurs maliens, cette desserte facilite surtout l’accès au Nigéria sans passer par un autre hub ouest-africain. Lagos permet également des correspondances vers Abuja, Kano, Port Harcourt et plusieurs autres villes nigérianes desservies par Air Peace.

La compagnie présente l’ouverture comme une extension de son réseau africain, mais son arrivée à Bamako intervient dans un calendrier diplomatique qui donne à l’opération une dimension plus large.

Une coopération relancée

Le 14 juillet, moins de trois semaines avant le vol inaugural, le Mali et le Nigéria avaient convenu à Abuja de relancer leur Commission mixte de coopération, restée peu active ces dernières années. La ministre nigériane des Affaires étrangères, Bianca Odumegwu-Ojukwu, et l’ambassadeur du Mali au Nigéria, Oumar Coulibaly, avaient identifié plusieurs secteurs prioritaires, notamment la sécurité, le commerce, l’énergie, la migration irrégulière, la traite des personnes et le transport aérien.

L’accord bilatéral sur les services aériens, connu sous l’acronyme BASA, figure expressément parmi les dossiers que les deux gouvernements veulent réactiver. Abuja avait également insisté sur la nécessité de faciliter les déplacements et les contacts entre les populations, en considérant la connectivité comme l’un des instruments du rapprochement bilatéral.

Cette orientation avait déjà été affichée au plus haut niveau. En mai 2025, lors de la réception des lettres de créance de l’ambassadeur malien, le président Bola Ahmed Tinubu avait appelé au renforcement des relations économiques avec Bamako et assuré que le Nigéria souhaitait continuer à travailler avec le Mali malgré les nouvelles dynamiques régionales.

Des liens maintenus malgré la rupture avec la Cédéao

Le contexte est particulier. Le Mali, avec le Burkina Faso et le Niger, a officiellement quitté la Cédéao le 29 janvier 2025 pour poursuivre son intégration au sein de la Confédération des États du Sahel. Cette rupture institutionnelle n’a toutefois pas interrompu les relations avec Abuja, siège de la Cédéao et acteur majeur de l’organisation régionale.

La Cédéao a elle-même maintenu, jusqu’à nouvel ordre, la circulation sans visa des ressortissants des trois pays sortants ainsi que le traitement de leurs marchandises selon le régime commercial communautaire, en attendant la définition des futures relations avec l’AES.

Dans ce paysage en recomposition, la liaison Bamako–Lagos apporte donc un élément concret. Pour Bamako et Abuja, l’aérien devient ainsi l’un des premiers terrains visibles de cette coopération bilatérale relancée.

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Mali : les recettes minières au service du financement des infrastructures.

Le Mali entend davantage tirer parti de ses ressources minières pour accélérer le développement de ses infrastructures. À la faveur de la réforme du Code minier adoptée en 2023, les autorités espèrent mobiliser jusqu’à 500 milliards de francs CFA, soit environ 883 millions de dollars, à travers un fonds destiné au financement de projets structurants.

Plus de 109 milliards de FCFA déjà mobilisés

Alimenté par les contributions des entreprises minières, le Fonds de développement des infrastructures a déjà enregistré plus de 109 milliards de francs CFA entre janvier 2025 et juin 2026.

Selon le ministre malien de l’Économie et des Finances, Alousseni Sanou, le mécanisme génère au moins 50 milliards de francs CFA par an. Il pourrait également servir de garantie afin de permettre à l’État de mobiliser des financements plus importants auprès de partenaires financiers.

L’énergie, l’eau et les transports prioritaires

Les ressources du fonds devraient notamment contribuer au financement de projets dans les secteurs de l’énergie, de l’eau et des transports.

Parmi les investissements envisagés figurent la construction et la réhabilitation de routes, le développement du réseau ferroviaire, le renforcement du transport fluvial ainsi que le soutien au développement de la compagnie aérienne publique Mali Airlines.

Transformer la richesse minière en développement

Cette stratégie traduit la volonté des autorités maliennes d’accroître les retombées économiques de l’exploitation des ressources naturelles et de mieux utiliser les revenus miniers pour financer des investissements structurants.

Le gouvernement entend ainsi faire du secteur minier non seulement une source de recettes publiques, mais également un levier de transformation économique. L’objectif est de renforcer les infrastructures essentielles au développement du pays, tout en améliorant l’impact de l’activité minière sur l’économie nationale.

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Mali : Bamako dévoile son nouvel avion de commandement, acquis pour 15,6 milliards de FCFA.

Les autorités maliennes ont présenté mercredi leur nouvel avion de commandement, destiné à assurer les déplacements officiels des plus hautes autorités de l’État. L’appareil, un Boeing 737 entièrement modernisé, a été acquis pour un montant de 15,6 milliards de FCFA, soit environ 23,8 millions d’euros.

Cette acquisition intervient après l’immobilisation de l’ancien avion présidentiel, lourdement endommagé lors de l’attaque contre l’aéroport militaire de Bamako en septembre 2024. Le nouvel appareil doit désormais permettre aux autorités maliennes de disposer d’un moyen de transport aérien dédié aux missions officielles, dans un contexte régional marqué par d’importants enjeux sécuritaires et diplomatiques.

Une visite officielle pour présenter les capacités du nouvel appareil

Le nouvel avion a été présenté à l’occasion d’une visite effectuée par le ministre d’État malien chargé de l’Économie et des Finances. Il était accompagné du secrétaire général de la Présidence de la République ainsi que du coordinateur du Groupement aérien de la Présidence.

La télévision publique ORTM a diffusé plusieurs images de l’appareil, notamment de sa cabine et de son poste de pilotage, mettant en avant les équipements et les aménagements dont il dispose.

Selon les responsables techniques, le Boeing 737 appartient à la même famille que l’ancien avion de commandement, mais a fait l’objet d’une importante modernisation. Son système avionique a été entièrement rénové, tandis que plusieurs équipements du cockpit ont été remplacés afin de répondre aux exigences liées à son utilisation pour les déplacements officiels.

La cabine a également été réaménagée pour offrir davantage de confort aux autorités et aux délégations gouvernementales. L’appareil comprend notamment une cuisine, un espace de repos doté d’une chambre ainsi que différents aménagements destinés à faciliter les déplacements de longue durée.

Une autonomie permettant des liaisons intercontinentales

Sur le plan technique, le nouvel avion affiche une autonomie annoncée de 11 500 kilomètres, ce qui lui permettrait d’effectuer près de quatorze heures de vol sans escale, selon les données communiquées par les responsables de l’appareil.

Avec une vitesse moyenne estimée à 950 km/h et une altitude de croisière pouvant atteindre 41 000 pieds, soit environ 12 300 mètres, le Boeing 737 est présenté comme capable d’assurer des liaisons de longue distance, y compris sur des trajets intercontinentaux.

Ces caractéristiques doivent permettre aux autorités maliennes de disposer d’une plus grande autonomie dans l’organisation de leurs déplacements officiels, notamment pour les missions diplomatiques et les rencontres internationales.

L’ancien avion endommagé lors de l’attaque de septembre 2024

L’acquisition du nouvel appareil intervient près de deux ans après l’attaque du 17 septembre 2024 contre l’aéroport militaire de Bamako. L’opération, revendiquée par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), affilié à Al-Qaïda, avait notamment ciblé des infrastructures militaires et causé d’importants dégâts.

L’ancien avion de commandement présidentiel avait été gravement endommagé au cours de cette attaque. Selon les informations communiquées à l’époque, l’un de ses moteurs avait notamment été incendié.

Les expertises réalisées après les événements auraient ensuite fait état de dommages importants affectant plusieurs éléments structurels et mécaniques de l’appareil. Une remise en état aurait ainsi été jugée économiquement peu viable, conduisant à son immobilisation prolongée.

Cette situation avait contraint les autorités maliennes à recourir à des solutions alternatives pour assurer les déplacements officiels des plus hauts responsables de l’État.

Une acquisition dont le coût net doit être réduit par les indemnisations

Face aux interrogations que peut susciter le coût de cette nouvelle acquisition, le ministre malien de l’Économie et des Finances a précisé que l’opération devait être partiellement compensée par les mécanismes d’assurance liés à l’ancien appareil.

Selon ses explications, l’assurance aurait déjà versé 6 milliards de FCFA au Trésor public au titre des dommages subis par l’ancien avion. Des négociations seraient également en cours pour organiser la cession de certaines pièces détachées et accessoires récupérables, dont la valeur est estimée entre 3 et 4 milliards de FCFA.

Ces recettes potentielles permettraient ainsi de réduire le coût net supporté par les finances publiques dans le cadre de l’acquisition du nouvel appareil.

Un nouvel outil au service de la diplomatie malienne

Avec ce Boeing 737 modernisé, Bamako entend désormais disposer d’un appareil capable d’accompagner les déplacements des autorités dans le cadre de leurs missions officielles, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du continent africain.

Au-delà de son aspect logistique, cet avion constitue également un outil au service de la représentation de l’État et de la diplomatie malienne. Dans un contexte où le pays cherche à renforcer son autonomie stratégique et à multiplier les engagements internationaux, la capacité à assurer de manière indépendante les déplacements de ses plus hauts responsables revêt une dimension particulière.

La nouvelle acquisition marque ainsi le retour d’un avion de commandement opérationnel au sein du dispositif présidentiel malien, près de deux ans après la mise hors service de l’ancien appareil.

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Mali : l’Union africaine condamne les attaques terroristes coordonnées et réaffirme son soutien à Bamako.

La Commission de l’Union africaine a fermement condamné la série d’attaques terroristes coordonnées qui ont visé plusieurs localités du Mali, dans le nord, le centre et le sud du pays. Ces offensives, menées simultanément contre plusieurs positions stratégiques, illustrent une nouvelle fois la persistance de la menace jihadiste dans un contexte sécuritaire toujours préoccupant pour le Mali et l’ensemble de la région sahélienne.

Selon les informations disponibles, les attaques ont débuté aux premières heures de la matinée du 4 juillet, aux environs de 5 heures. Parmi les principales cibles figurent les villes de Gao et de Sévaré, deux centres névralgiques des dispositifs sécuritaires et militaires du pays.

Dans le centre du Mali, la localité de Kéniéroba a également été touchée. Le centre de garde pénitentiaire de la ville, où sont notamment détenues des personnes soupçonnées d’appartenir à des groupes armés terroristes, aurait fait partie des infrastructures visées par les assaillants.

L’Union africaine exprime sa solidarité avec le Mali

Dans un communiqué officiel, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a présenté ses sincères condoléances aux familles des victimes et réaffirmé le soutien total de l’organisation continentale aux autorités maliennes.

Il a rappelé que ces nouvelles attaques démontrent que le terrorisme et l’extrémisme violent demeurent des menaces majeures non seulement pour le Mali, mais également pour l’ensemble du Sahel et du continent africain.

Le président de la Commission a également insisté sur la nécessité de renforcer les mécanismes de coopération régionale et internationale afin d’intensifier la lutte contre les groupes armés, tout en veillant au respect du droit international humanitaire et à la protection des populations civiles.

Une recrudescence des violences au Sahel

Cette nouvelle vague d’attaques intervient un peu plus de deux mois après les offensives coordonnées menées les 25 et 26 avril 2026 contre plusieurs villes stratégiques maliennes. La multiplication de ces assauts témoigne de la capacité des groupes terroristes à conduire des opérations simultanées sur plusieurs fronts, malgré les dispositifs sécuritaires déployés par les autorités.

Face à cette détérioration de la situation, la Commission de l’Union africaine réaffirme son engagement à accompagner les autorités maliennes ainsi que les initiatives régionales et continentales destinées à combattre le terrorisme et à favoriser un retour durable de la paix dans le pays.

Un défi sécuritaire majeur pour le Mali

Membre de l’Alliance des États du Sahel (AES), aux côtés du Burkina Faso et du Niger, le Mali demeure confronté depuis plus d’une décennie à une crise sécuritaire multidimensionnelle. Le pays fait face à la fois aux actions des groupes jihadistes affiliés à des organisations terroristes internationales et aux tensions liées aux mouvements indépendantistes touaregs dans le nord.

Cette instabilité chronique continue de peser lourdement sur la sécurité des populations, le fonctionnement des institutions et les perspectives de développement économique, faisant du Mali l’un des principaux foyers de crise sécuritaire en Afrique de l’Ouest.

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Mali : L’armée revendique des succès tactiques face à une recrudescence d’offensives coordonnées

D’après les informations d’APA News Une nouvelle flambée de violence secoue le centre et le nord du Mali. Les Forces armées maliennes (FAMa), appuyées par leurs alliés d’Africa Corps, affirment avoir vigoureusement repoussé plusieurs vagues d’attaques majeures, tandis que les mouvements rebelles de l’Azawad préviennent que les opérations ne font que commencer.
La situation sécuritaire reste volatile et extrêmement tendue sur le territoire malien. Au cours du premier week-end de juillet 2026, l’état-major général des armées a fait état d’une série d’affrontements intenses consécutifs à des attaques coordonnées visant plusieurs localités stratégiques. Selon les communiqués officiels de Bamako, la riposte militaire a permis d’endiguer la progression des assaillants dans plusieurs secteurs clés du centre du pays.
Riposte coordonnée à Konna et Somadougou
Les combats les plus significatifs des dernières heures se sont concentrés autour des localités de Konna et de Somadougou. Selon l’armée malienne, des groupes armés qualifiés de « terroristes » ont mené une tentative d’assaut en arrivant « en surnombre » sur le terrain à Konna. Une contre-offensive menée conjointement par les FAMa et les éléments du partenaire stratégique Africa Corps a permis de repousser les assaillants.
Simultanément, un autre groupement d’assaillants qui s’était massé à Somadougou dans le but d’attaquer la localité de Soufroulaye a été intercepté. L’état-major a revendiqué la mise en déroute de ce groupe grâce à une opération aéroterrestre d’envergure. Bien que les autorités militaires évoquent un bilan humain et matériel « particulièrement lourd dans les rangs ennemis », aucun chiffre précis concernant les pertes de part et d’autre n’a encore été officiellement communiqué.
Une offensive généralisée sur plusieurs fronts
Ces événements font suite à une matinée de haute tension où des tentatives d’attaques simultanées ont visé des positions militaires névralgiques à Gao, Aguelhok, Anéfis, Sévaré et Kéniéroba. Face à cette simultanéité des assauts, Africa Corps a confirmé être engagé dans des opérations de combat actif aux côtés des forces régulières pour stabiliser les lignes de défense.
Du côté des insurgés, le Front de libération de l’Azawad (FLA) affiche une posture offensive claire. Le mouvement a annoncé avoir lancé une large opération pour la « libération d’Anéfis ». Le porte-parole du FLA, Elmaouloud Radamane, a averti que les combats allaient se prolonger, déclarant qu’« une longue nuit attendait les forces maliennes et leurs alliés », maintenant ainsi une forte pression psychologique et militaire sur les forces de défense.
Le silence du JNIM et le spectre d’avril 2026
Élément notable de cette configuration : le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), entité djihadiste majeure affiliée à Al-Qaïda et habituellement très active dans ces régions, s’est muré dans le silence, n’émettant aucune revendication ni commentaire officiel concernant les attaques de la journée.
Cette recrudescence des affrontements fait écho à la vaste offensive coordonnée du 25 avril 2026. À l’époque, une action conjointe du JNIM et du FLA avait ébranlé plusieurs centres urbains d’importance, dont la capitale Bamako, Kati, Gao et Kidal. Ces affrontements printaniers avaient conduit au retrait des FAMa et d’Africa Corps de la ville stratégique de Kidal, passée depuis sous le contrôle du FLA. Les combats actuels s’inscrivent ainsi dans la continuité directe d’une guerre de position acharnée pour le contrôle territorial du Mali.

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Mali : Air France met fin à sa représentation locale après des années de turbulences.

Air France tournera officiellement une page de son histoire au Mali à la fin du mois de juin 2026. La compagnie aérienne française a annoncé la cessation des activités de sa représentation locale à Bamako à compter du 30 juin, confirmant ainsi son retrait commercial du pays après plusieurs années marquées par des interruptions de service et des tensions autour de la reprise de ses opérations.

Cette décision symbolise la fin d’une présence historique dans le paysage aérien malien et intervient dans un contexte de profondes mutations du transport aérien en Afrique de l’Ouest.

Une fermeture officialisée auprès des partenaires locaux

La décision a été notifiée dans une correspondance datée du 15 juin et adressée à la Direction générale d’ATS, partenaire local de la compagnie. Signée par Awa Traoré Diakité, directrice pays d’Air France au Mali, la lettre informe officiellement les partenaires de la fermeture de la représentation nationale tout en saluant les relations de collaboration entretenues au fil des années.

Désormais, les demandes d’assistance et les démarches commerciales seront traitées à distance par le biais du service numérique dédié aux agences de voyages, le Help Desk AGV. Ce changement confirme la volonté du groupe de centraliser la gestion de ses activités dans la région sans maintenir de présence physique permanente à Bamako.

Une présence progressivement réduite depuis 2023

La fermeture du bureau intervient dans le prolongement d’un retrait opérationnel amorcé il y a près de trois ans. Le 7 août 2023, Air France avait suspendu ses vols vers Bamako dans un contexte marqué par la fermeture de l’espace aérien nigérien et les perturbations géopolitiques affectant plusieurs pays du Sahel.

Avant cette interruption, Bamako représentait l’une des principales destinations du groupe en Afrique subsaharienne. La compagnie assurait alors sept vols hebdomadaires entre la capitale malienne et Paris, un volume supérieur aux dessertes proposées vers Ouagadougou ou Niamey.

La liaison Paris-Bamako constituait un axe stratégique, aussi bien pour les déplacements professionnels que pour les flux de la diaspora malienne établie en Europe.

Plusieurs tentatives de reprise restées sans suite

La suspension des opérations n’a pas été définitive dans les intentions affichées par Air France. En février 2022 déjà, la compagnie avait renforcé sa présence avec un vol quotidien assuré par un Boeing 777-200ER reliant Paris-Charles-de-Gaulle à Bamako.

Cette desserte représentait plus de 4 000 sièges disponibles chaque semaine sur l’axe aller-retour, témoignant de l’importance du marché malien pour le transporteur.

À l’automne 2023, Air France avait également étudié un scénario de reprise partielle avec trois vols hebdomadaires opérés par un appareil affrété auprès d’EuroAtlantic Airways. Cependant, les autorités maliennes avaient maintenu la suspension du dossier, estimant que l’arrêt initial des vols avait été décidé de manière unilatérale par la compagnie.

Depuis lors, aucune relance effective des opérations n’a été enregistrée.

Un marché africain qui demeure stratégique pour le groupe

Cette fermeture intervient alors même que l’Afrique continue de représenter un marché important pour Air France-KLM. En 2025, le groupe a réalisé un chiffre d’affaires de près de 33 milliards d’euros et enregistré un résultat opérationnel supérieur à 2 milliards d’euros.

Les activités en Afrique subsaharienne ont généré à elles seules près de 3,5 milliards d’euros de revenus, confirmant le poids croissant du continent dans la stratégie du transporteur européen.

Toutefois, les évolutions géopolitiques, les contraintes sécuritaires et les transformations du marché régional conduisent les compagnies aériennes à revoir leurs dispositifs de présence locale et leurs modèles opérationnels.

Une page se tourne pour l’aviation malienne

Pour les agences de voyages, les partenaires économiques et les milliers de voyageurs qui empruntaient régulièrement la liaison entre Bamako et Paris, la fermeture de la représentation locale d’Air France marque la fin d’une époque.

Au-delà de l’aspect administratif, cette décision illustre les recompositions en cours dans le transport aérien ouest-africain, où de nouveaux acteurs cherchent à renforcer leur position sur des marchés autrefois dominés par les grandes compagnies européennes.

Dans un environnement régional marqué par des défis diplomatiques, sécuritaires et économiques persistants, le retrait d’Air France de Bamako apparaît comme le symbole d’un secteur en pleine mutation, contraint de s’adapter à de nouvelles réalités géopolitiques et commerciales.

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Mali–Mauritanie : Bamako et Nouakchott maintiennent le dialogue sur fond d’enjeux sécuritaires et frontaliers.

Un message du président mauritanien remis à Assimi Goïta

Le président de la Transition malienne, le général d’armée Assimi Goïta, a reçu lundi à Koulouba le ministre mauritanien de la Défense, Hanana Ould Sidi, porteur d’un message écrit du président mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani.

Cette audience, qui s’est tenue en présence du ministre malien délégué à la Défense et aux Anciens Combattants, le général Oumar Diarra, s’inscrit dans le cadre des consultations régulières entre les deux pays voisins, confrontés à des défis sécuritaires communs dans l’espace sahélien.

À l’issue de la rencontre, l’émissaire mauritanien a indiqué avoir transmis au chef de l’État malien les salutations fraternelles du président Ghazouani ainsi qu’un message officiel dont le contenu n’a pas été rendu public. Il a également souligné la solidité des liens historiques unissant le Mali et la Mauritanie, fondés sur la proximité géographique, les échanges humains et une coopération ancienne.

Des relations marquées par des intérêts stratégiques communs

Partageant plusieurs centaines de kilomètres de frontière, le Mali et la Mauritanie entretiennent des relations étroites, nourries par d’importants mouvements de populations, des échanges commerciaux permanents et des liens culturels profondément enracinés.

Cette frontière constitue un espace stratégique où circulent quotidiennement éleveurs, commerçants et familles vivant de part et d’autre des deux pays. Elle demeure également au cœur des préoccupations sécuritaires des autorités des deux États, confrontées aux défis liés à l’instabilité persistante dans certaines zones sahéliennes.

Dans ce contexte, la coopération bilatérale apparaît comme un levier essentiel pour la gestion des questions de sécurité, de mobilité transfrontalière et de développement local.

Une coopération confrontée à des tensions récurrentes

Malgré la volonté affichée de préserver des relations constructives, plusieurs épisodes ont récemment mis à l’épreuve les rapports entre Bamako et Nouakchott.

Au cours des dernières années, des incidents impliquant des ressortissants mauritaniens en territoire malien ont suscité des préoccupations du côté mauritanien, notamment dans les régions frontalières. Les autorités de Nouakchott ont à plusieurs reprises exprimé leur vigilance concernant la sécurité de leurs citoyens, tandis que Bamako souligne les contraintes liées à la lutte contre les groupes armés opérant dans ces zones sensibles.

Les tensions ont connu un nouvel épisode en mars 2026, lorsque des accusations ont émergé au sujet de la présence présumée de militaires maliens évadés d’un camp situé en Mauritanie. Les autorités mauritaniennes avaient alors rejeté ces allégations et proposé des mécanismes de vérification afin d’apaiser les incompréhensions.

La question des populations frontalières au cœur des préoccupations

Au-delà des enjeux strictement sécuritaires, plusieurs dossiers continuent d’alimenter les discussions entre les deux pays.

Les restrictions de déplacement imposées à certains éleveurs transhumants, les difficultés rencontrées par des opérateurs économiques mauritaniens exerçant au Mali ainsi que les mouvements de populations dans les zones frontalières figurent parmi les sujets régulièrement abordés lors des échanges bilatéraux.

Ces questions revêtent une importance particulière dans une région où les activités économiques et sociales reposent largement sur la libre circulation des personnes et des biens.

Le défi humanitaire des réfugiés maliens

La Mauritanie demeure également l’un des principaux pays d’accueil des réfugiés maliens ayant fui l’insécurité dans leur pays. Le camp de Mbera, situé dans le sud-est mauritanien, accueille depuis plusieurs années des dizaines de milliers de réfugiés.

Cette situation place naturellement la crise malienne au centre des préoccupations humanitaires et sécuritaires de Nouakchott, qui suit avec attention l’évolution de la situation dans les régions voisines du Mali.

Un dialogue préservé malgré les divergences

La visite de Hanana Ould Sidi à Bamako témoigne de la volonté des deux capitales de maintenir des canaux de communication ouverts malgré les sujets de friction qui subsistent.

Alors que les défis sécuritaires, migratoires et économiques continuent de peser sur l’ensemble de la bande sahélienne, le maintien d’un dialogue politique régulier apparaît comme un élément essentiel pour préserver la stabilité régionale et renforcer la coopération entre deux pays dont les destins demeurent étroitement liés.