752674393 1369693165171535 4360590415008267646 n 360x320

CAN 2032 : la CAF valide l’intérêt de l’AES

La Confédération africaine de football (CAF) a validé la déclaration d’intérêt du Burkina Faso, du Mali et du Niger pour l’organisation conjointe de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2032. Cette étape permet aux trois pays de poursuivre le processus officiel de candidature, selon un communiqué de la Fédération nigérienne de football (FENIFOOT).

La Confédération africaine de football (CAF) a confirmé que la déclaration d’intérêt du Burkina Faso, du Mali et du Niger pour l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2032 est officiellement acquise, a annoncé la Fédération nigérienne de football (FENIFOOT).

Selon la FENIFOOT, cette validation est conforme à l’article 7.3 du règlement des candidatures de la CAF. Les fédérations des trois pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) sont ainsi réputées avoir satisfait à l’exigence de dépôt d’une déclaration d’intérêt.

Cette reconnaissance ouvre la voie à la poursuite du processus officiel d’attribution des droits d’organisation de la CAN 2032.

La décision a été entérinée lors d’une réunion de travail tenue le 18 juillet à New York. Elle a réuni le président de la CAF, Patrice Motsepe, et les présidents des fédérations de football du Burkina Faso, du Mali et du Niger.

Au cours des échanges, le président de la CAF a pris acte de l’ambition commune des trois États de l’AES d’organiser conjointement la compétition. Il les a encouragés à poursuivre leurs efforts dans le respect des procédures établies.

La FENIFOOT s’est félicitée de cette avancée. Elle estime qu’elle traduit la volonté des trois pays de mettre en commun leurs capacités pour accueillir une CAN répondant aux standards internationaux.

La fédération nigérienne affirme enfin qu’elle poursuivra son travail avec les fédérations du Burkina Faso et du Mali afin de préparer le dossier de candidature, selon le communiqué.

Source : APANews.

AP25093449336406 360x320

Coopération AES-Russie : Niamey institutionnalise un partenariat stratégique avec Moscou

La Confédération des États du Sahel (AES) et la Fédération de Russie franchissent une nouvelle étape dans le renforcement de leurs relations diplomatiques. Réunis mercredi à Niamey à l’occasion de la deuxième session ministérielle AES-Russie, les ministres des Affaires étrangères des deux parties ont signé un mémorandum instituant un mécanisme permanent de consultations politiques et diplomatiques, destiné à structurer durablement leur coopération.

Cet accord traduit la volonté commune d’inscrire les échanges entre Moscou et les trois États membres de l’AES – le Mali, le Burkina Faso et le Niger – dans un cadre institutionnel stable, couvrant les domaines de la sécurité, de la diplomatie, du développement économique et de la coopération internationale.

Une coopération appelée à se renforcer

Autour de la table figuraient les ministres Abdoulaye Diop (Mali), Karamoko Jean Marie Traoré (Burkina Faso), Bakary Yaou Sangaré (Niger) et le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov. Les quatre responsables ont réaffirmé leur engagement à approfondir un partenariat qu’ils présentent comme fondé sur le respect de la souveraineté des États, la non-ingérence dans les affaires intérieures, l’égalité entre les nations et la défense d’intérêts communs.

Cette deuxième session s’inscrit dans le prolongement de la première rencontre ministérielle organisée à Moscou en avril 2025, au cours de laquelle les bases d’une coopération élargie avaient été définies. Les ministres ont salué les avancées enregistrées depuis cette première réunion et ont adopté un programme de consultations couvrant la période 2026-2027.

À l’ouverture des travaux, le chef de la diplomatie malienne, Abdoulaye Diop, a estimé que le partenariat entre l’AES et la Russie dépasse désormais le seul champ sécuritaire pour s’étendre aux volets diplomatique, économique et commercial, dans un contexte marqué par la persistance des menaces terroristes et les défis géopolitiques auxquels sont confrontés les pays sahéliens.

De son côté, Sergueï Lavrov a réaffirmé la volonté de Moscou de développer avec les États de la Confédération un partenariat qu’il a qualifié de « mutuellement bénéfique », reposant sur une coopération durable et équilibrée.

Un mécanisme permanent de concertation

Le mémorandum signé à Niamey institue un cadre permanent de consultations entre les ministères des Affaires étrangères de l’AES et de la Russie. Ce dispositif vise à assurer un suivi régulier des décisions prises, à renforcer la coordination diplomatique et à favoriser une concertation continue sur les principaux dossiers d’intérêt commun.

Au-delà des échanges politiques, les deux parties souhaitent disposer d’un instrument capable d’accompagner la mise en œuvre de leurs engagements et de consolider leur dialogue stratégique dans la durée.

Sécurité : Moscou confirme son soutien à la Force unifiée de l’AES

Les questions sécuritaires ont occupé une place centrale lors des discussions. La Russie a renouvelé son engagement à accompagner le renforcement des capacités opérationnelles des armées des États membres de l’AES ainsi que de la Force unifiée de la Confédération (FU-AES), dont l’opérationnalisation constitue une priorité pour les autorités sahéliennes.

Les ministres ont convenu d’intensifier leur coopération militaire afin d’accélérer le déploiement effectif de cette force régionale, créée pour répondre aux défis sécuritaires communs et renforcer la lutte contre les groupes armés terroristes dans l’espace sahélien.

Le communiqué final condamne avec fermeté les attaques terroristes visant les États membres de l’AES et appelle à une coopération internationale renforcée dans la lutte contre le terrorisme. Le texte évoque également l’implication présumée de certains acteurs étatiques extérieurs dans des actions considérées comme déstabilisatrices à l’encontre des pays de la Confédération.

Une convergence diplomatique sur les enjeux internationaux

Les ministres ont également affiché leur volonté de renforcer leur coordination au sein des Nations unies et des autres organisations internationales. Les deux parties défendent une vision des relations internationales fondée sur le respect de la souveraineté des États, le rejet des ingérences extérieures et la promotion d’un ordre mondial qu’elles jugent plus équilibré et multipolaire.

Cette convergence diplomatique s’inscrit dans la stratégie de diversification des partenariats internationaux engagée par les États de l’AES depuis leur création.

Une coopération économique appelée à se développer

Au-delà des questions sécuritaires, les deux partenaires entendent donner une nouvelle impulsion à leur coopération économique. Les ministres ont réaffirmé leur volonté de soutenir la réalisation de projets structurants en mobilisant notamment la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES), en collaboration avec les institutions financières russes compétentes.

Ils ont également encouragé le développement des échanges entre les entreprises russes et celles des États membres de l’AES, conformément aux orientations définies dans la feuille de route de l’an II de la Confédération.

Addis-Abeba, une étape diplomatique avant Niamey

Avant de rejoindre Niamey, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, avait effectué une étape à Addis-Abeba le 7 juillet, où il s’était entretenu avec le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf. Les échanges avaient porté sur l’évolution du partenariat entre la Russie et l’Union africaine, ainsi que sur plusieurs dossiers liés à la paix, à la sécurité et à la stabilité du continent africain, avec une attention particulière portée à la situation au Sahel.

Cette séquence diplomatique illustre la volonté de Moscou de consolider sa présence politique en Afrique tout en renforçant ses relations avec les organisations régionales et continentales.

Prochain rendez-vous en Russie en 2027

Conformément au principe d’alternance adopté par les deux partenaires, la troisième session ministérielle AES-Russie se tiendra en 2027 en Fédération de Russie. Ce prochain rendez-vous permettra d’évaluer la mise en œuvre des engagements pris à Niamey et de définir les nouvelles priorités de cette coopération stratégique en pleine évolution.

Images 1 360x320

Mali : L’armée revendique des succès tactiques face à une recrudescence d’offensives coordonnées

D’après les informations d’APA News Une nouvelle flambée de violence secoue le centre et le nord du Mali. Les Forces armées maliennes (FAMa), appuyées par leurs alliés d’Africa Corps, affirment avoir vigoureusement repoussé plusieurs vagues d’attaques majeures, tandis que les mouvements rebelles de l’Azawad préviennent que les opérations ne font que commencer.
La situation sécuritaire reste volatile et extrêmement tendue sur le territoire malien. Au cours du premier week-end de juillet 2026, l’état-major général des armées a fait état d’une série d’affrontements intenses consécutifs à des attaques coordonnées visant plusieurs localités stratégiques. Selon les communiqués officiels de Bamako, la riposte militaire a permis d’endiguer la progression des assaillants dans plusieurs secteurs clés du centre du pays.
Riposte coordonnée à Konna et Somadougou
Les combats les plus significatifs des dernières heures se sont concentrés autour des localités de Konna et de Somadougou. Selon l’armée malienne, des groupes armés qualifiés de « terroristes » ont mené une tentative d’assaut en arrivant « en surnombre » sur le terrain à Konna. Une contre-offensive menée conjointement par les FAMa et les éléments du partenaire stratégique Africa Corps a permis de repousser les assaillants.
Simultanément, un autre groupement d’assaillants qui s’était massé à Somadougou dans le but d’attaquer la localité de Soufroulaye a été intercepté. L’état-major a revendiqué la mise en déroute de ce groupe grâce à une opération aéroterrestre d’envergure. Bien que les autorités militaires évoquent un bilan humain et matériel « particulièrement lourd dans les rangs ennemis », aucun chiffre précis concernant les pertes de part et d’autre n’a encore été officiellement communiqué.
Une offensive généralisée sur plusieurs fronts
Ces événements font suite à une matinée de haute tension où des tentatives d’attaques simultanées ont visé des positions militaires névralgiques à Gao, Aguelhok, Anéfis, Sévaré et Kéniéroba. Face à cette simultanéité des assauts, Africa Corps a confirmé être engagé dans des opérations de combat actif aux côtés des forces régulières pour stabiliser les lignes de défense.
Du côté des insurgés, le Front de libération de l’Azawad (FLA) affiche une posture offensive claire. Le mouvement a annoncé avoir lancé une large opération pour la « libération d’Anéfis ». Le porte-parole du FLA, Elmaouloud Radamane, a averti que les combats allaient se prolonger, déclarant qu’« une longue nuit attendait les forces maliennes et leurs alliés », maintenant ainsi une forte pression psychologique et militaire sur les forces de défense.
Le silence du JNIM et le spectre d’avril 2026
Élément notable de cette configuration : le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), entité djihadiste majeure affiliée à Al-Qaïda et habituellement très active dans ces régions, s’est muré dans le silence, n’émettant aucune revendication ni commentaire officiel concernant les attaques de la journée.
Cette recrudescence des affrontements fait écho à la vaste offensive coordonnée du 25 avril 2026. À l’époque, une action conjointe du JNIM et du FLA avait ébranlé plusieurs centres urbains d’importance, dont la capitale Bamako, Kati, Gao et Kidal. Ces affrontements printaniers avaient conduit au retrait des FAMa et d’Africa Corps de la ville stratégique de Kidal, passée depuis sous le contrôle du FLA. Les combats actuels s’inscrivent ainsi dans la continuité directe d’une guerre de position acharnée pour le contrôle territorial du Mali.

Images 6 360x320

AES : Le Mali, le Burkina Faso et le Niger actent leur retrait de la CPI.

Les États de l’AES notifient officiellement leur départ de la Cour pénale internationale, effectif en 2027

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger ont officiellement engagé leur retrait de la Cour pénale internationale (CPI) en transmettant leurs notifications aux Nations unies. Cette décision, qui s’inscrit dans la stratégie de réaffirmation de la souveraineté portée par l’Alliance des États du Sahel (AES), ne produira toutefois ses effets qu’en juin 2027, conformément aux dispositions du Statut de Rome.

Cette nouvelle étape traduit la volonté des trois pays sahéliens de redéfinir leurs relations avec certaines institutions internationales, dans un contexte marqué par une remise en question croissante des mécanismes multilatéraux.

Un retrait encadré par le Statut de Rome

Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a officiellement enregistré les notifications transmises par les trois États.

Conformément à l’article 127 du Statut de Rome, traité fondateur de la Cour pénale internationale, un retrait ne devient effectif qu’un an après sa notification. Les engagements internationaux du Mali, du Burkina Faso et du Niger envers la juridiction de La Haye demeureront donc en vigueur jusqu’en juin 2027.

Durant cette période transitoire, les trois pays restent tenus de respecter leurs obligations à l’égard de la Cour.

Une décision présentée comme un choix de souveraineté

Les autorités de l’Alliance des États du Sahel justifient cette décision par leur volonté de renforcer leur souveraineté judiciaire.

Depuis plusieurs mois, les gouvernements des trois pays dénoncent ce qu’ils considèrent comme une justice internationale insuffisamment impartiale et accusent la CPI de concentrer une part importante de ses enquêtes sur les États africains.

Selon eux, cette orientation nourrit le sentiment d’une justice sélective et politiquement instrumentalisée, notamment dans le traitement des affaires liées aux conflits armés et aux violations des droits humains.

À travers ce retrait, les dirigeants de l’AES entendent affirmer leur capacité à traiter eux-mêmes les questions judiciaires relevant de leur compétence nationale.

La CPI rappelle le maintien des obligations des États

La Cour pénale internationale a pris acte de la décision des trois États tout en rappelant que le retrait ne les dispense pas immédiatement de leurs engagements.

Les procédures et enquêtes ouvertes avant l’entrée en vigueur du retrait continueront de suivre leur cours. Les États concernés resteront également tenus de coopérer avec la Cour jusqu’à la date effective de leur départ.

Cette disposition vise à garantir la continuité des procédures engagées avant la dénonciation du traité.

Un nouveau signal de la stratégie de rupture de l’AES

Au-delà de ses implications juridiques, cette décision s’inscrit dans une dynamique plus large engagée par le Mali, le Burkina Faso et le Niger depuis la création de l’Alliance des États du Sahel.

Les trois pays multiplient les initiatives destinées à redéfinir leurs relations avec plusieurs organisations régionales et internationales, dans une logique de renforcement de leur autonomie politique, diplomatique et institutionnelle.

Le retrait annoncé de la CPI relance également le débat sur l’avenir de la justice pénale internationale en Afrique, ainsi que sur la capacité des États à poursuivre eux-mêmes les auteurs de crimes internationaux tout en garantissant les principes d’indépendance, d’impartialité et de lutte contre l’impunité.

NIger benin 360x320

Diplomatie : Le Niger et le Bénin scellent un accord de principe pour rouvrir leur frontière

Après près de trois ans d’impasse et de tensions diplomatiques, le Niger et le Bénin viennent de franchir une étape historique vers la normalisation de leurs relations. Au terme de 48 heures de négociations intensives à Cotonou, les deux pays voisins sont parvenus à un accord de principe majeur, ouvrant concrètement la voie à la réouverture de leur frontière commune.
Cette avancée décisive est le fruit d’une mission de haut niveau entamée dans la capitale économique béninoise par une importante délégation nigérienne. À sa tête, le général de division Mohamed Toumba, ministre d’État nigérien chargé de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, est venu concrétiser la volonté de rapprochement affichée par les deux États depuis le début du mois.

Un compromis global : Sécurité, économie et justice

Les discussions, qualifiées de franches et constructives, ont permis de débloquer plusieurs dossiers sensibles qui empoisonnaient les relations bilatérales. Les deux parties se sont accordées sur des principes clés articulés autour de trois grands piliers :

  1. Le verrou sécuritaire : Priorité absolue des deux nations, un cadre de coopération renforcé a été défini pour sécuriser les zones frontalières et coordonner la lutte contre le terrorisme et le grand banditisme.
  2. La normalisation économique : Les délégations se sont entendues sur des mesures de facilitation du commerce, incluant l’exonération de certaines taxes sur le transit, la révision de diverses charges douanières et logistiques, ainsi que l’interdiction de mise en consommation de catégories spécifiques de marchandises.
  3. Le volet juridique : Un terrain d’entente a été trouvé pour solder les contentieux en suspens qui freinaient la reprise économique.

« Nous avons verrouillé la priorité sécuritaire. Nous avons également jeté les bases d’une normalisation économique et juridique », s’est félicité le général Mohamed Toumba, insistant sur le fait que le choix du dialogue était le seul moyen de créer « de la valeur pour nos économies, de la sécurité pour nos populations et de l’espoir pour notre jeunesse ».

Le retour de la confiance mutuelle

Du côté béninois, l’heure est également au soulagement et à l’optimisme. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Oleshegun Adjadi Bakari, a salué le rétablissement d’un climat de confiance mutuelle indispensable. « Après 48 heures passées ensemble, nous formons une seule délégation avec un seul objectif : refaire naître cet amour et ce lien séculaire entre nos deux peuples », a-t-il déclaré avec émotion.
Ces conclusions encourageantes doivent désormais être soumises à la validation formelle des plus hautes autorités de Niamey et de Cotonou avant leur mise en œuvre effective sur le terrain.

L’aboutissement d’un processus progressif

Ce dénouement n’est pas le fruit du hasard. Il s’inscrit dans la continuité d’un dégel amorcé le 2 juin dernier à Niamey lors d’un tête-à-tête crucial entre le président béninois Romuald Wadagni et le chef de l’État nigérien, le général Abdourahamane Tiani. Les travaux récents d’un comité d’experts bilatéraux avaient déjà balisé le terrain en annonçant des résultats jugés « fructueux ».
Au-delà de la réouverture prochaine des barrières frontalières, les deux voisins prévoient déjà de relancer la grande commission mixte de coopération Niger-Bénin. Preuve que le rapprochement est pris très au sérieux, les canaux diplomatiques étudient d’ores et déjà les modalités d’une future visite officielle de réciprocité du général Tiani sur le sol béninois.
Après des mois d’asphyxie économique pour les commerçants et les transporteurs des deux bords, le corridor Niger-Bénin s’apprête enfin à revivre.

PHOTO SAMEDI 2 360x320

AES : le Burkina Faso, le Mali et le Niger renforcent leur diplomatie commune face aux défis sécuritaires.

Réunis à Bamako dans le cadre d’une rencontre ministérielle consacrée à la diplomatie confédérale, les ministres des Affaires étrangères du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont décidé d’intensifier leur coordination afin de renforcer la visibilité et l’influence de la Confédération des États du Sahel (AES) sur la scène internationale. Les trois pays ont également réaffirmé leur détermination à faire face aux menaces sécuritaires et aux tentatives de déstabilisation visant l’espace sahélien.

Cette réunion de haut niveau, présidée par le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a rassemblé son homologue malien Abdoulaye Diop ainsi que le chef de la diplomatie nigérienne, Bakary Yaou Sangaré. Elle s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du pilier diplomatique de la feuille de route de la deuxième année d’existence de la Confédération AES.

Une ambition commune : porter une voix unifiée sur la scène internationale

Au terme des travaux, les trois ministres ont adopté une série de mesures destinées à approfondir l’intégration diplomatique de la Confédération. L’objectif affiché est de permettre aux États membres de défendre des positions concertées sur les grandes questions régionales et internationales et de renforcer leur capacité d’influence dans les instances multilatérales.

Les participants ont salué les progrès enregistrés grâce au mécanisme de concertation diplomatique déjà en place, estimant qu’il a favorisé une meilleure harmonisation des positions des trois États sur plusieurs dossiers stratégiques.

Dans cette dynamique, les ministres ont appelé à une coopération accrue entre les représentations diplomatiques et consulaires du Burkina Faso, du Mali et du Niger à travers le monde. Ils ont également convenu de poursuivre les réflexions relatives à la création d’une carte diplomatique confédérale, un projet destiné à rationaliser et renforcer la présence internationale de l’AES.

La préparation de la 81e session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies, prévue en septembre 2026 à New York, figurait également parmi les priorités abordées. Les trois pays entendent y défendre des positions communes sur plusieurs enjeux majeurs touchant à la sécurité, au développement et à la souveraineté des États.

Des avancées institutionnelles saluées

Les ministres ont par ailleurs mis en avant les progrès réalisés dans la construction institutionnelle de la Confédération. Ils ont notamment salué l’adoption et l’entrée en vigueur de plusieurs instruments juridiques destinés à structurer davantage le fonctionnement de l’organisation et à accélérer l’intégration entre les États membres.

Pour les responsables diplomatiques, ces avancées traduisent la volonté politique des chefs d’État de faire de l’AES un cadre durable de coopération et de solidarité entre les peuples du Sahel.

Une condamnation ferme des attaques et des tentatives de déstabilisation

Sur le volet sécuritaire, les chefs de la diplomatie sahélienne ont exprimé leur vive préoccupation face à la persistance des menaces terroristes dans la région. Ils ont condamné avec fermeté les attaques récentes visant les institutions et les infrastructures stratégiques des pays membres.

Le communiqué final évoque notamment l’attaque menée le 25 avril 2026 contre les institutions de la transition au Mali ainsi que la tentative d’incursion contre l’aéroport international Diori Hamani de Niamey survenue le 18 juin dernier.

Les ministres ont rendu hommage aux forces de défense et de sécurité des trois pays pour leur réactivité et leur engagement, tout en saluant la mobilisation des populations face à ces menaces.

Ils ont également dénoncé ce qu’ils considèrent comme des actions de déstabilisation orchestrées par des groupes terroristes avec l’appui de soutiens extérieurs, estimant que ces manœuvres visent à freiner la consolidation de la Confédération.

L’AES veut renforcer sa riposte informationnelle

Les trois responsables ont également abordé la question de la guerre informationnelle et des campagnes de désinformation visant, selon eux, les États membres de la Confédération.

Ils ont dénoncé la diffusion de contenus jugés hostiles à l’AES et ont annoncé leur volonté de renforcer la coopération entre les structures nationales de communication afin de mieux coordonner la réponse institutionnelle face aux opérations de manipulation de l’information.

Cette approche vise à promouvoir une communication commune et à valoriser les actions entreprises par les États membres dans les domaines de la sécurité, de la gouvernance et du développement.

Vers une consolidation accrue de l’espace sahélien

À travers cette rencontre, le Burkina Faso, le Mali et le Niger réaffirment leur volonté de poursuivre la mise en œuvre des orientations fixées par les chefs d’État de la Confédération. Les trois pays entendent approfondir leur coopération diplomatique, renforcer leur coordination sécuritaire et accélérer les mécanismes d’intégration régionale.

Dans un contexte marqué par de profondes mutations géopolitiques et sécuritaires au Sahel, les autorités de l’AES affichent leur ambition de construire un espace fondé sur la souveraineté, la solidarité et la défense des intérêts communs des peuples sahéliens.

724624661 1489835773176268 3119331135111045246 n 360x320

AES : Burkina Faso, Mali et Niger misent sur l’industrialisation pour accélérer l’intégration économique.

Une concertation régionale pour transformer les économies sahéliennes

Les ministres en charge de l’économie et du commerce du Burkina Faso, du Mali et du Niger ont engagé à Ouagadougou une réflexion stratégique sur l’accélération de l’industrialisation et le développement du commerce intra-confédéral au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES). Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de renforcement de l’intégration économique régionale, avec un accent particulier sur la transformation locale des ressources naturelles.

La rencontre a été ouverte par le Premier ministre burkinabè, Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, en présence de représentants gouvernementaux et d’acteurs économiques des trois pays membres de l’organisation.

Une étape après les travaux techniques des experts

Ces travaux ministériels font suite à une réunion préparatoire tenue les 13 et 14 juin, au cours de laquelle des experts ont évalué l’état d’avancement des recommandations déjà formulées et proposé de nouvelles pistes visant à dynamiser la production et à faciliter les échanges commerciaux entre les États membres.

Cette phase de concertation technique a permis de poser les bases des discussions actuelles, centrées sur la mise en œuvre concrète des politiques économiques communes au sein de l’espace AES.

Trois priorités au cœur de la stratégie économique

Dans son allocution d’ouverture, le chef du gouvernement burkinabè a insisté sur la nécessité de traduire les engagements politiques en actions opérationnelles, estimant que la phase actuelle est décisive pour la construction d’un espace économique intégré.

Trois axes prioritaires ont été identifiés. Le premier concerne l’industrialisation endogène, qui vise à favoriser la transformation locale des matières premières afin de réduire la dépendance des économies sahéliennes aux exportations brutes.

Le deuxième axe porte sur la fluidification du commerce intra-confédéral. Selon les analyses de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), les échanges intra-africains restent encore limités, représentant environ 15 % des exportations totales du continent, ce qui met en évidence le faible niveau d’intégration commerciale régionale.

Le troisième axe concerne l’harmonisation des cadres réglementaires et fiscaux, avec pour objectif de renforcer la protection des industries locales et de limiter les distorsions de concurrence entre les États membres.

Des économies riches en ressources mais peu transformées

Les trois pays disposent de ressources naturelles importantes mais encore insuffisamment valorisées localement. Le secteur extractif constitue notamment un pilier central de leurs économies.

Le Mali et le Burkina Faso figurent parmi les principaux producteurs d’or en Afrique de l’Ouest, tandis que le Niger dispose de ressources stratégiques telles que l’uranium et le pétrole. Les données issues de l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) indiquent que la production aurifère combinée du Mali et du Burkina Faso dépasse régulièrement les 100 tonnes par an, confirmant le poids structurant de ce secteur dans leurs économies.

Cependant, plusieurs rapports de la Banque mondiale soulignent que ces pays restent caractérisés par une industrialisation limitée et une forte dépendance à l’exportation de matières premières non transformées, ce qui réduit les possibilités de création de valeur ajoutée locale.

L’agriculture, un potentiel encore sous-exploité

Au-delà du secteur minier, l’agriculture constitue un autre pilier majeur de l’économie des trois États, employant une large part de la population active. Toutefois, le faible niveau de transformation agro-industrielle limite la structuration de chaînes de valeur régionales capables de soutenir une croissance durable et compétitive.

Les acteurs institutionnels régionaux et internationaux s’accordent ainsi sur la nécessité d’accélérer le développement des infrastructures logistiques, de renforcer les capacités industrielles et de favoriser une meilleure intégration des marchés pour transformer ces ressources en leviers de développement.

Vers une économie sahélienne plus intégrée

En conclusion des travaux, le Premier ministre burkinabè, dont le pays assure la présidence de la Conférence des chefs d’État de l’AES, a salué l’engagement des dirigeants du bloc sahélien et rendu hommage aux forces armées des trois pays.

Les représentants du Mali et du Niger ont, de leur côté, réaffirmé leur volonté commune de promouvoir une économie davantage tournée vers la production et la transformation locale, dans l’objectif de réduire la dépendance extérieure et de renforcer la souveraineté économique de l’espace sahélien.

Copie de barlaman 20260611 120955 0000 360x320

Dix ans après, l’Afrique interroge son architecture sécuritaire : l’AES et la CEDEAO au cœur des débats de l’APSACO 2026.

À Rabat, experts et décideurs débattent de l’avenir de la coopération sécuritaire en Afrique de l’Ouest

Dix ans après la création de l’African Peace and Security Annual Conference (APSACO), les profondes mutations du paysage sécuritaire africain ont dominé les échanges de la dixième édition de cette rencontre de référence organisée par le Policy Center for the New South (PCNS) à l’Université Mohammed VI Polytechnique de Salé, près de Rabat.

Réunis autour du thème « Dix ans après : tendances, évolutions et continuités dans le paysage de la paix et de la sécurité en Afrique », chercheurs, experts et responsables institutionnels ont particulièrement analysé les conséquences de l’émergence de l’Alliance des États du Sahel (AES) et son impact sur les mécanismes traditionnels de coopération régionale portés par la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO).

L’AES, un tournant majeur dans l’histoire sécuritaire ouest-africaine

Pour plusieurs intervenants, la création de l’AES par le Burkina Faso, le Mali et le Niger constitue l’un des événements géopolitiques les plus marquants de la dernière décennie en Afrique de l’Ouest.

Selon Sampala Balima, directrice générale adjointe du Centre national d’études stratégiques du Burkina Faso, le retrait des trois États sahéliens de la CEDEAO a profondément redessiné l’architecture régionale de sécurité.

À ses yeux, cette évolution a donné naissance à une nouvelle configuration régionale caractérisée par l’existence de deux espaces distincts de coopération politique et sécuritaire. Une transformation qui oblige désormais les acteurs régionaux à repenser les mécanismes de défense collective et de gestion des crises.

Des lectures divergentes de l’impact réel de l’Alliance des États du Sahel

Cette analyse n’est toutefois pas partagée par l’ensemble des experts présents.

Chercheur associé au Centre d’études des crises et conflits internationaux (CECRI-UCL) et ancien conseiller spécial du président nigérien Mohamed Bazoum, Garba Abdoul Azizou estime que la création de l’AES n’a pas fondamentalement modifié la nature des menaces auxquelles sont confrontés les pays du Sahel.

Selon lui, le terrorisme, les trafics transfrontaliers et l’instabilité régionale demeurent des défis communs qui dépassent largement les frontières institutionnelles. Face à ces enjeux, il juge indispensable de promouvoir une coopération élargie associant les pays de l’AES, les États membres de la CEDEAO ainsi que les nations du Golfe de Guinée.

Les limites des mécanismes régionaux face à l’expansion du terrorisme

Les discussions ont également mis en lumière les interrogations persistantes sur l’efficacité des dispositifs régionaux de sécurité.

Sampala Balima a notamment distingué les notions de coopération sécuritaire et de défense collective, estimant que le système de sécurité collective mis en place par la CEDEAO n’a pas permis d’obtenir les résultats escomptés dans la lutte contre les groupes armés actifs au Sahel.

Les crises successives ayant touché le Mali, le Burkina Faso et le Niger auraient, selon elle, révélé certaines faiblesses structurelles du modèle régional existant.

Paradoxalement, l’experte souligne que l’AES repose elle aussi sur un mécanisme de défense collective, créant ainsi une situation inédite où deux cadres sécuritaires coexistent dans une même région confrontée aux mêmes menaces transnationales.

Plaidoyer pour une coopération renforcée

Face à cette nouvelle réalité géopolitique, plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité de préserver les dynamiques de coopération régionale.

Professeur à l’Académie de défense du Nigeria, Sharkdam Wapmuk a rappelé que les défis sécuritaires contemporains ne peuvent être efficacement traités de manière isolée.

Selon lui, les États africains disposent d’une capacité d’action plus importante lorsqu’ils agissent collectivement. Il a ainsi appelé à la relance du dialogue entre les différentes organisations régionales afin de construire des mécanismes de coopération adaptés aux nouvelles formes de menaces.

Vers une nouvelle architecture régionale de sécurité ?

La réflexion a également porté sur l’évolution future des institutions régionales africaines.

Le professeur de droit mauritanien Sidi Mohamed Sidi a souligné la nécessité d’imaginer une architecture régionale capable de répondre aux nouvelles aspirations souverainistes observées dans plusieurs pays du continent.

Tout en qualifiant l’expérience de l’AES de phénomène inédit, qu’il associe à l’émergence d’un « néo-souverainisme » africain, il estime que les relations qui se construiront entre les États sahéliens et les organisations régionales traditionnelles seront déterminantes pour l’avenir de la stabilité ouest-africaine.

L’hypothèse d’un rapprochement entre l’AES et la CEDEAO

Au-delà des divergences d’analyse, plusieurs experts ont évoqué la possibilité d’un rapprochement futur entre l’Alliance des États du Sahel et la CEDEAO.

Garba Abdoul Azizou considère qu’il est envisageable de consolider l’AES tout en maintenant des liens institutionnels avec l’organisation ouest-africaine. Il n’exclut pas, à terme, une forme de rapprochement entre les deux ensembles régionaux.

De son côté, Sampala Balima a plaidé pour l’instauration d’un dialogue permanent entre les deux organisations. Selon elle, ni l’AES ni la CEDEAO ne semblent appelées à disparaître à court terme. Dans ce contexte, la coopération apparaît comme une nécessité stratégique pour répondre aux attentes des populations confrontées à l’insécurité et aux crises socio-économiques.

Une menace commune qui impose des réponses collectives

Malgré des approches parfois différentes, les participants à l’APSACO ont convergé sur un constat essentiel : le terrorisme et l’instabilité régionale demeurent des phénomènes transnationaux qui exigent des réponses coordonnées.

Au-delà de la dimension militaire, les intervenants ont insisté sur la nécessité d’articuler les réponses sécuritaires avec des politiques de développement, de gouvernance et d’inclusion sociale afin de traiter les causes profondes des crises qui affectent plusieurs régions du continent.

La dixième édition de l’APSACO se poursuit jusqu’au 12 juin à Salé avec plusieurs panels consacrés aux enjeux de paix, de sécurité, de gouvernance et de coopération régionale en Afrique, dans un contexte marqué par la recomposition des équilibres géopolitiques sur le continent.

HOUNGBEDJI 360x320

Diplomatie : Adrien Houngbédji salue l’offensive de Romuald Wadagni vers le Burkina Faso et le Niger

L’ancien président de l’Assemblée nationale du Bénin, Adrien Houngbédji, a officiellement salué les récentes initiatives diplomatiques menées par le ministre Romuald Wadagni auprès des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES). Une sortie politique majeure qui valide la stratégie de décrispation engagée par Cotonou dans la sous-région.

Le ballet diplomatique entrepris par le Bénin en direction du Sahel ne laisse pas la classe politique indifférente. Romuald Wadagni, figure centrale de l’exécutif béninois, a récemment effectué des visites stratégiques au Niger et au Burkina Faso. Cette démarche, visant à relancer un dialogue de haut niveau avec les États membres de l’Alliance des États du Sahel (AES), a reçu un soutien de poids : celui du leader politique et sage de la politique béninoise, Adrien Houngbédji.
L’ancien président du Parlement béninois a publiquement salué le courage et la pertinence de cette ouverture, y voyant une nécessité absolue pour la stabilité et l’avenir de l’Afrique de l’Ouest.

Briser l’isolement et approfondir le dialogue

Pour Adrien Houngbédji, cette offensive menée par le ministre Wadagni est une opportunité historique de normalisation. Après des mois de fortes tensions régionales liées aux sanctions post-coups d’État et aux problématiques de gestion des frontières, le Bénin fait le choix de la realpolitik et de la main tendue.
Selon l’analyse de l’ancien président de l’Assemblée nationale, cette dynamique vertueuse ouvre la voie à trois chantiers essentiels :

  • L’approfondissement du dialogue politique : Recréer des canaux officiels et apaisés de discussion directe entre Cotonou, Ouagadougou et Niamey.
  • La coopération sécuritaire transfrontalière : Une urgence absolue face à la menace terroriste persistante qui frappe le Sahel et lorgne de plus en plus vers les États côtiers comme le Bénin.
  • La relance des échanges économiques : Le transit et le commerce bilatéral (notamment via le port de Cotonou et le pipeline Bénin-Niger) demeurent des artères vitales pour l’ensemble de ces économies interconnectées.

 

Une tournée élargie aux géants côtiers

Ce rapprochement avec le bloc sahélien n’est que la première étape d’une restructuration plus large des alliances de Cotonou. Après Niamey et Ouagadougou, la feuille de route diplomatique prévoit que l’exécutif béninois poursuive sa tournée régionale vers d’autres partenaires clés du littoral africain, notamment le Togo, la Côte d’Ivoire et le Ghana.
En parrainant symboliquement cette démarche, Adrien Houngbédji apporte une caution transpartisane à la politique étrangère du pays. Son intervention rappelle que face aux défis géopolitiques contemporains, l’intégration régionale et le dialogue pragmatique avec l’AES doivent l’emporter sur les clivages institutionnels hérités des crises passées.

7ace9a94 d987 42d2 8dad 647866d3c683 360x320

Diplomatie régionale : Romuald Wadagni amorce un rapprochement avec le Niger et le Burkina Faso.

Diplomatie régionale : Romuald Wadagni amorce un rapprochement avec le Niger et le Burkina Faso

Quelques jours seulement après son investiture, le nouveau président béninois, Romuald Wadagni, a entrepris une tournée diplomatique significative au Sahel. Mardi, il s’est successivement rendu au Niger puis au Burkina Faso, affichant sa volonté de renforcer le dialogue et de relancer la coopération avec deux pays voisins confrontés à d’importants défis sécuritaires et économiques.

Cette initiative intervient dans un contexte régional marqué par des tensions diplomatiques récentes, mais aussi par une dégradation persistante de la situation sécuritaire dans plusieurs zones d’Afrique de l’Ouest.

À Niamey, un signal fort en faveur de la normalisation des relations

Première étape de cette tournée : le Niger. À son arrivée à Niamey, Romuald Wadagni a été accueilli par le président nigérien, le général Abdourahamane Tiani. Cette rencontre revêt une portée particulière alors que les relations entre le Bénin et le Niger ont traversé plusieurs périodes de crispation ces dernières années, notamment autour des questions politiques, économiques et frontalières.

Les deux dirigeants ont affiché leur volonté de tourner la page des incompréhensions et de redynamiser les liens historiques qui unissent leurs pays. Les échanges ont porté sur plusieurs domaines stratégiques, notamment le commerce, la coopération économique, la sécurité et la lutte contre les menaces transfrontalières.

La lutte contre le terrorisme au cœur des discussions

Face à l’expansion des groupes armés dans le Sahel et à la multiplication des attaques dans certaines zones frontalières, la coopération sécuritaire a occupé une place centrale lors des entretiens.

Le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a souligné la convergence de vues entre les deux chefs d’État sur cette question majeure.

« Sur le plan sécuritaire, les deux présidents ont évoqué la menace terroriste au Sahel et en Afrique de l’Ouest. Ils ont réaffirmé leur engagement à unir leurs forces pour combattre le fléau du terrorisme et du banditisme qui sévit depuis plusieurs années dans la sous-région et qui compromet la mise en œuvre effective de tous les programmes de développement initiés par le gouvernement de leur pays », a-t-il déclaré.

Cette coopération apparaît d’autant plus essentielle que le Niger comme le Bénin font face à une pression sécuritaire croissante dans certaines régions frontalières, où les groupes extrémistes cherchent à étendre leur influence.

Une escale stratégique à Ouagadougou

Après sa visite à Niamey, le président béninois a poursuivi son déplacement vers le Burkina Faso. Son avion s’est posé dans la capitale burkinabè où il a été accueilli par le capitaine Ibrahim Traoré, président de la transition.

Les deux dirigeants se sont ensuite entretenus au palais présidentiel de Koulouba afin d’explorer les perspectives de renforcement des relations bilatérales.

Au-delà des questions sécuritaires, les discussions ont porté sur plusieurs secteurs clés susceptibles de favoriser l’intégration régionale et le développement économique, notamment les transports, la logistique, les investissements et les échanges commerciaux.

Vers la création d’un cadre permanent de coopération

Parmi les projets évoqués figure la mise en place prochaine d’une commission mixte entre le Bénin et le Burkina Faso. Cette structure devrait permettre d’institutionnaliser le dialogue entre les deux États et de suivre la mise en œuvre des différents projets de coopération.

À travers cette tournée régionale, Romuald Wadagni envoie un signal clair : celui d’une diplomatie axée sur le dialogue, le rapprochement et la recherche de solutions communes aux défis qui touchent l’Afrique de l’Ouest. Dans une région confrontée à l’insécurité, aux enjeux de développement et aux recompositions géopolitiques, la coopération entre États apparaît plus que jamais comme un levier essentiel de stabilité et de prospérité.