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Mali–Côte d’Ivoire : vers un rapprochement sécuritaire après plusieurs années de tensions.

Le Mali et la Côte d’Ivoire amorcent un rapprochement dans le domaine de la sécurité. Vassiriki Traoré, coordonnateur national du renseignement ivoirien, est attendu à Bamako pour une visite de travail consacrée au renforcement de la coopération entre les services de renseignement des deux pays et à l’amélioration du partage d’informations dans la lutte contre le terrorisme.

Cette visite, organisée à l’invitation du général Modibo Koné, directeur de l’Agence nationale de la sécurité d’État (ANSE) du Mali, intervient dans un contexte marqué par plusieurs années de tensions diplomatiques entre Bamako et Abidjan.

Elle traduit une volonté de relancer le dialogue sécuritaire entre les deux voisins, alors que la menace jihadiste continue de peser sur plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest. Pour les autorités ivoiriennes comme maliennes, la coordination des services de renseignement constitue un levier essentiel pour anticiper les menaces et limiter les risques d’extension des violences.

La sécurité transfrontalière au cœur des échanges

Au-delà de la portée diplomatique de cette rencontre, les enjeux sont directement liés à la sécurisation de la frontière entre les deux pays. Le partage de renseignements et la coordination des dispositifs de surveillance peuvent contribuer à mieux prévenir les mouvements de groupes armés et à renforcer la capacité de réaction des services compétents.

Ce rapprochement intervient alors que les États de la sous-région sont confrontés à des défis sécuritaires qui dépassent leurs frontières nationales et nécessitent une coopération renforcée.

La visite de Vassiriki Traoré à Bamako pourrait ainsi ouvrir une nouvelle phase dans les relations sécuritaires entre le Mali et la Côte d’Ivoire. Sa portée dépendra toutefois de la concrétisation des échanges en mécanismes opérationnels durables, dans un contexte où les divergences politiques entre les deux pays restent un enjeu de leurs relations bilatérales.

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Technologies numériques en Afrique : à Nairobi, l’appel à une innovation centrée sur les populations.

L’Afrique doit prendre une place centrale dans la conception, la gouvernance et le financement de ses technologies. C’est le message porté lors du Sommet sur les technologies centrées sur les personnes en Afrique, organisé du 5 au 7 octobre 2026 à Nairobi, au Kenya, à l’initiative de la Fondation Open Society, avec l’appui d’Andela, de Code for Africa, d’Ushahidi et de Build Up.

La rencontre a rassemblé 774 délégués issus de 35 pays et représentant 39 nationalités, parmi lesquels des responsables publics, des innovateurs, des chercheurs, des bailleurs de fonds et des organisations communautaires. Les échanges ont porté sur la manière de développer des outils numériques adaptés aux réalités africaines, capables de renforcer la gouvernance démocratique, la paix, la participation citoyenne et la confiance envers les institutions.

Faire de la technologie un levier de développement inclusif

Durant les deux premières journées, les participants ont abordé plusieurs enjeux majeurs : l’appropriation locale des technologies, les garanties éthiques, la démocratie, la responsabilité publique, les minerais critiques et le financement durable de l’innovation.

Un constat s’est dégagé des discussions : la performance technologique ne suffit pas à garantir l’utilité d’un outil. Sa pertinence doit également être évaluée à l’aune de sa capacité à répondre aux besoins des populations et à améliorer concrètement leurs conditions de vie.

Les intervenants ont ainsi défendu une approche dans laquelle les communautés participent à la conception des solutions qui les concernent. Les technologies numériques peuvent notamment contribuer aux systèmes d’alerte précoce, à la prévention des conflits, au dialogue entre communautés et au suivi de l’action publique.

L’intelligence artificielle et les infrastructures numériques ont également occupé une place importante dans les débats. Les participants ont appelé à orienter leur développement vers les priorités du continent, notamment l’emploi, la lutte contre la pauvreté, l’accès à l’énergie, à l’eau et aux services essentiels.

Souveraineté numérique et protection des droits

Au-delà des perspectives offertes par l’innovation, le sommet a mis en lumière les risques associés à un développement technologique insuffisamment encadré. La surveillance abusive, la désinformation, les discriminations algorithmiques et les inégalités d’accès au numérique figurent parmi les préoccupations soulevées.

L’enjeu est donc de concilier innovation, protection des droits fondamentaux et responsabilité des acteurs publics et privés. Les participants ont insisté sur la nécessité de faire progresser conjointement les cadres réglementaires et les solutions technologiques, afin de prévenir les dérives et de préserver la confiance des citoyens.

Cette réflexion concerne également les relations entre les États et les populations. Les outils numériques peuvent améliorer l’accès à l’information, renforcer la transparence et faciliter les mécanismes de contrôle citoyen, à condition que leur utilisation respecte les droits et les libertés.

La question de la propriété des données a également été soulevée. Pour Joshua Ogure, représentant de Map Kibera, la maîtrise communautaire des données produites localement constitue un enjeu essentiel. L’objectif est de permettre aux populations de participer aux décisions concernant les informations qu’elles génèrent et leur utilisation.

Passer de la consommation à la création de solutions africaines

Les discussions ont également mis en évidence la nécessité de renforcer la capacité des acteurs africains à concevoir et à maîtriser leurs propres outils numériques. Christella Igiranez, du programme Tech4Peace du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), a notamment relevé que de nombreuses solutions utilisées sur le continent sont conçues à l’extérieur de l’Afrique.

Des applications destinées à accompagner les survivantes de violences basées sur le genre ou à faciliter l’accès des petits agriculteurs au microcrédit illustrent pourtant le potentiel de technologies développées à partir de besoins locaux.

Pour les participants, les communautés ne doivent plus être considérées comme de simples utilisatrices des innovations, mais comme des partenaires dans leur conception, leur gouvernance et leur développement. Cette approche suppose aussi de tester les solutions auprès des populations concernées avant leur déploiement à grande échelle.

La question du financement reste déterminante. La pérennité des initiatives dépend notamment de la disponibilité de ressources durables, d’infrastructures adaptées et de partenariats capables d’accompagner les innovations au-delà de leur phase initiale.

Des technologies au service de la paix et de la gouvernance

Les applications numériques dans la prévention des conflits, la sécurité publique et la gouvernance ont constitué un autre axe majeur du sommet. L’expérience d’Ushahidi, plateforme née au Kenya à la suite des violences postélectorales de 2007-2008 pour recueillir et cartographier les témoignages des citoyens, a notamment illustré la capacité des technologies développées en Afrique à répondre à des crises concrètes.

Pour Michelle Ndiaye, directrice du programme « Transformative Peace » à Open Society Foundations, les technologies peuvent contribuer au renforcement de la paix, à la participation citoyenne et à la gouvernance démocratique, mais aussi à la prévention de certains conflits.

Les échanges ont également porté sur la gouvernance des ressources naturelles et les minerais critiques, dont l’importance économique et géopolitique ne cesse de croître. Les outils numériques peuvent favoriser la traçabilité, la transparence et le suivi des activités extractives, tout en renforçant la responsabilité des acteurs concernés.

Des initiatives africaines mises à l’honneur

Le sommet a également permis de distinguer plusieurs initiatives innovantes du continent. Cinq organisations ont été récompensées : l’Institute for Multiparty Democracy, Devligence Limited, Factcheck Africa, Map Kibera et Campus Safety Initiative.

Cette reconnaissance vise à valoriser les solutions conçues par des acteurs africains et à favoriser leur visibilité auprès des partenaires, des investisseurs et des organisations susceptibles de soutenir leur développement.

Lors de la clôture, Fiona Asuke a appelé les participants à dépasser le stade des discussions pour transformer les idées en solutions concrètes, puis en résultats mesurables.

Construire un avenir numérique porté par les Africains

Au terme de trois jours de travaux, le sommet a mis en avant une ambition commune : faire de la technologie un instrument de progrès social, de gouvernance responsable et de consolidation de la paix, plutôt qu’un facteur supplémentaire d’exclusion.

La concrétisation de cette ambition reposera sur plusieurs conditions : une participation effective des communautés, une protection rigoureuse des données, des mécanismes de financement durables et une meilleure articulation entre innovation et réglementation.

Pour l’Afrique, l’enjeu dépasse ainsi la seule adoption des nouvelles technologies. Il s’agit de renforcer sa capacité à concevoir, gouverner et financer des solutions correspondant à ses propres priorités. La prochaine étape consistera à traduire les recommandations du sommet en partenariats durables et en initiatives capables de produire des effets tangibles sur le terrain.

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Burkina Faso : Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo appelle à renforcer la souveraineté informationnelle de l’Afrique.

Le Premier ministre burkinabè Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo a appelé, mercredi à Ouagadougou, les pays africains à renforcer leur souveraineté informationnelle en développant leur capacité à produire, vérifier et diffuser leurs propres contenus. Il s’exprimait à l’ouverture de la 15e édition des Universités africaines de la communication de Ouagadougou (UACO).

Représentant le président Ibrahim Traoré à cette rencontre, le chef du gouvernement a fait de la maîtrise du récit national et continental un enjeu majeur dans un environnement médiatique marqué par la multiplication des sources d’information et des stratégies d’influence.

« L’Afrique doit désormais apprendre à parler d’elle-même », a déclaré Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, estimant que les États africains doivent être en mesure de raconter leur histoire, d’expliquer leurs choix et de faire connaître leurs réalités à travers leurs propres productions médiatiques.

Selon lui, la capacité à maîtriser l’information constitue désormais une composante de la souveraineté. Il a notamment insisté sur la nécessité de renforcer les compétences permettant de produire une information fiable, de vérifier les contenus et de lutter contre les manipulations.

Cette réflexion est au cœur de la 15e édition des UACO, placée sous le thème : « Dans un contexte de guerre communicationnelle, quelles attitudes et aptitudes pour les acteurs de l’information et de la communication en Afrique ? » La rencontre réunit des professionnels et acteurs du secteur autour des mutations de l’espace informationnel, de la désinformation et des stratégies d’influence.

Le président de la Commission nationale de la Confédération des États du Sahel (AES) et parrain de l’événement, Bassolma Bazié, a pour sa part dénoncé ce qu’il considère comme une utilisation de l’information à des fins de déstabilisation contre les pays membres de l’organisation sahélienne.

Il a notamment accusé certains acteurs de chercher à « dénigrer, désinformer, manipuler » et à « intoxiquer » l’opinion publique au sujet des États de l’AES.

De son côté, le ministre burkinabè chargé de la Communication, Pingdwendé Gilbert Ouédraogo, a appelé les participants à réfléchir à des réponses adaptées aux transformations du secteur. Il a insisté sur la nécessité de préserver l’intégrité, la crédibilité et la responsabilité des professionnels de l’information et de la communication.

À travers ces échanges, les UACO entendent ainsi nourrir la réflexion sur l’évolution du paysage médiatique africain et sur les moyens dont disposent les professionnels pour répondre aux nouveaux défis liés à la circulation de l’information, à la désinformation et aux rapports de force communicationnels.

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Raffinage : Aliko Dangote prévoit une plus grande autonomie de l’Afrique en carburants d’ici 2030.

Raffinage : Aliko Dangote prévoit une plus grande autonomie de l’Afrique en carburants d’ici 2030

Le milliardaire nigérian Aliko Dangote estime que la majorité des pays africains pourraient couvrir leurs besoins en carburants raffinés à partir de 2030. L’homme d’affaires défend une accélération des investissements dans les capacités de transformation des ressources énergétiques sur le continent.

Cette perspective intervient alors que son groupe prépare le lancement d’un important projet de raffinerie au Kenya. L’infrastructure doit être implantée à Lamu, sur la côte kényane, et représente un investissement annoncé de 16 milliards de dollars.

Une raffinerie de 700 000 barils par jour

La première pierre du projet doit être posée mercredi à Lamu. Selon les informations communiquées par Aliko Dangote, la future installation devrait disposer d’une capacité de raffinage de 700 000 barils de pétrole par jour et être construite sur une période d’environ 30 mois.

S’exprimant mardi devant des journalistes à Nairobi, le président du groupe Dangote a estimé que l’Afrique disposait des capacités nécessaires pour réduire fortement sa dépendance aux importations de produits pétroliers raffinés.

Il considère que l’enjeu principal réside dans le développement du raffinage sur le continent, indépendamment du pays où le pétrole brut est extrait.

Transformer davantage les ressources africaines

Aliko Dangote plaide depuis plusieurs années pour une transformation accrue des matières premières en Afrique. Selon lui, l’exportation de ressources brutes suivie de l’importation de produits finis prive les économies africaines d’une partie de la valeur ajoutée liée à leur transformation.

Il souligne notamment le contraste entre les volumes de pétrole exportés par le continent et les capacités de raffinage encore insuffisantes dans plusieurs pays.

Le développement de nouvelles raffineries pourrait ainsi contribuer à réduire les importations de carburants et à renforcer les chaînes de valeur industrielles locales.

Un projet qui suscite des contestations

Le projet de Lamu fait toutefois l’objet de critiques de la part d’organisations environnementales et de défense des droits fonciers.

La zone d’implantation est située sur la côte de l’océan Indien, dans une région connue pour son environnement et son patrimoine culturel. Des procédures judiciaires liées aux questions foncières sont notamment en cours, tandis que Greenpeace et d’autres organisations environnementales ont exprimé leurs préoccupations concernant les conséquences potentielles du projet.

Aliko Dangote a minimisé ces contestations et défendu la nécessité de poursuivre les investissements industriels en Afrique.

La question de l’approvisionnement en pétrole brut

La disponibilité du pétrole nécessaire au fonctionnement de la future raffinerie constitue également un enjeu. Plusieurs pays d’Afrique de l’Est disposent de ressources importantes, mais leur production demeure encore en développement.

Le groupe Dangote prévoit donc de pouvoir s’approvisionner auprès de plusieurs régions productrices, notamment au Moyen-Orient et aux États-Unis, en attendant une éventuelle montée en puissance de producteurs tels que le Kenya, la Tanzanie ou le Mozambique.

Pour l’homme d’affaires nigérian, le développement des infrastructures de raffinage ne doit pas être retardé dans l’attente d’une augmentation de la production pétrolière africaine.

La sécurité énergétique au cœur du débat

Aliko Dangote présente cette stratégie comme une réponse aux vulnérabilités liées à la dépendance aux importations de carburants. Il estime que les récentes tensions sur les marchés énergétiques internationaux montrent l’importance pour les pays africains de disposer de capacités de transformation et d’approvisionnement plus diversifiées.

La mise en service de nouvelles infrastructures de raffinage pourrait ainsi modifier progressivement la structure du marché énergétique africain, à condition que les projets annoncés parviennent à surmonter les défis financiers, environnementaux, logistiques et liés à l’approvisionnement en pétrole brut.

Avec le projet de Lamu, le groupe Dangote entend en tout cas poursuivre son expansion dans le secteur énergétique africain et contribuer à accroître les capacités de raffinage du continent.

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Santé publique : à Lomé, les professionnels des laboratoires plaident pour mieux préparer l’Afrique de l’Ouest aux épidémies.

La première conférence régionale de la Fédération ouest-africaine des sciences de laboratoire médical s’est ouverte mercredi à Lomé, au Togo. Réunis pendant trois jours, des professionnels de laboratoire médical de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest échangent sur les défis liés aux épidémies et sur les moyens de renforcer les capacités de diagnostic dans la région.

Placée sous le thème « Les biologistes médicaux et la santé publique en Afrique de l’Ouest : enjeux, défis et perspectives », la rencontre vise notamment à tirer les enseignements des grandes crises sanitaires qui ont touché le continent ces dernières années, notamment l’épidémie d’Ebola et la pandémie de Covid-19.

Les laboratoires au cœur de la réponse sanitaire

Pour les participants, les expériences récentes ont démontré l’importance des laboratoires dans la détection précoce des maladies infectieuses et dans l’orientation de la prise en charge des patients.

Les capacités de diagnostic constituent en effet un élément essentiel de la surveillance épidémiologique. Elles permettent d’identifier rapidement les agents pathogènes, de confirmer les cas suspects et d’aider les autorités sanitaires à adapter leur réponse.

Le Dr Arthur Garber, président de l’Association des professionnels de laboratoire médical de Sierra Leone, a notamment évoqué l’épidémie d’Ebola qui avait durement touché son pays en 2014.

Selon lui, cette crise avait mis en évidence plusieurs insuffisances du système de santé, notamment en matière de diagnostic et de disponibilité de professionnels spécialisés. Il estime que l’intervention du personnel médical avait contribué à limiter les conséquences de l’épidémie.

Tirer les leçons d’Ebola et de la Covid-19

Les échanges de Lomé s’inscrivent dans une réflexion plus large sur la préparation des systèmes de santé ouest-africains face à de futures crises sanitaires.

Le Dr Kossi Kabo, président de l’Association des biologistes médicaux du Togo et coprésident du congrès, estime que les épisodes d’Ebola et de Covid-19 ont montré la nécessité de maintenir des capacités de réponse opérationnelles, y compris en dehors des périodes de crise.

Pour les professionnels réunis dans la capitale togolaise, les investissements dans les infrastructures de laboratoire, la formation continue et la disponibilité des équipements doivent donc s’inscrire dans la durée.

Des investissements jugés nécessaires

Les participants souhaitent également attirer l’attention des gouvernements sur les ressources consacrées à la préparation sanitaire. Ils plaident pour un renforcement des équipements de laboratoire, des effectifs qualifiés et des mécanismes de financement permettant de répondre rapidement à l’apparition de nouveaux foyers épidémiques.

Cette démarche repose sur le constat que les épidémies peuvent apparaître de manière imprévisible et se propager rapidement au-delà des frontières. Pour les spécialistes, la préparation ne devrait donc pas être limitée aux périodes où une crise est déjà déclarée.

Des recommandations attendues à l’issue de la conférence

Au terme des trois jours de travaux, les professionnels doivent formuler des recommandations à destination des gouvernements et des acteurs de santé publique d’Afrique de l’Ouest.

Ces propositions devraient notamment porter sur le renforcement des capacités diagnostiques, le développement des compétences professionnelles et l’amélioration des dispositifs de surveillance et de prévention.

À travers cette première conférence régionale, les spécialistes des sciences de laboratoire médical souhaitent ainsi placer le diagnostic et la préparation sanitaire au cœur des stratégies de prévention des futures épidémies en Afrique de l’Ouest.

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Agriculture : la Côte d’Ivoire prépare une assurance pour protéger les récoltes de riz face aux aléas climatiques.

La Côte d’Ivoire avance sur la mise en place d’une assurance récolte fondée sur des indicateurs mesurables. Le riz fait partie des trois premières filières retenues par le PASSIR, aux côtés du coton et du palmier à huile. Pour les producteurs, l’enjeu est de mieux absorber les pertes provoquées par les aléas climatiques, alors que l’État multiplie en parallèle les investissements dans l’irrigation, les semences et la mécanisation.

Une mauvaise saison ne se résume pas à quelques sacs de riz en moins. Pour un exploitant qui a déjà payé ses semences, ses engrais, la préparation de la parcelle ou la main-d’œuvre, une sécheresse prolongée ou des pluies mal réparties peuvent déséquilibrer toute une campagne. La récolte diminue, mais les dépenses engagées restent.

C’est sur ce risque que la Côte d’Ivoire cherche désormais à agir avec le Projet de mise en place d’un mécanisme d’Assurance récolte indicielle en Côte d’Ivoire (PASSIR). Du 2 au 4 septembre, le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières réunissait ainsi à Yamoussoukro producteurs, administrations, experts de l’assurance et acteurs financiers de la filière riz. L’objectif était encore largement pédagogique : expliquer le fonctionnement de l’assurance indicielle, présenter l’avancement du projet et préparer son appropriation par les futurs bénéficiaires. Les études de faisabilité ont retenu trois premières filières : le coton, le palmier à huile et le riz. Le PASSIR bénéficie d’un financement obtenu auprès de la Banque ouest-africaine de développement.

Une assurance au fonctionnement différent

Le principe diffère d’une assurance agricole classique. Après un sinistre, l’indemnisation n’est pas nécessairement calculée à partir d’une expertise individuelle de chaque parcelle. Elle repose sur un indice défini à l’avance. Selon les dispositifs, celui-ci peut être construit autour des précipitations, du rendement constaté dans une zone ou d’autres données permettant d’objectiver un choc agricole.

Lorsque le seuil prévu par le contrat est atteint, le mécanisme peut déclencher un paiement selon les conditions établies. Pour des exploitations nombreuses et dispersées, l’intérêt est évident : limiter le recours systématique aux expertises individuelles et accélérer le traitement des indemnisations.

Toutefois, une assurance de ce type n’est utile que si les données utilisées correspondent suffisamment aux réalités rencontrées sur le terrain. Le montant des cotisations, la nature des contrats et la qualité des indicateurs sont autant d’aspects à expliciter pour générer une plus grande adhésion chez les producteurs.

Alors que la Côte d’Ivoire continue d’affiner ce nouveau mécanisme au sein du secteur du coton, la protection des récoltes de riz est autrement plus pressante au vu des besoins du pays en la matière. Le PND 2026-2030 indique que la production nationale couvrait 63 % des besoins en 2024. La trajectoire inscrite dans le plan vise 76 % en 2026, 95 % en 2028 puis 106 % en 2030. Les efforts à fournir seront considérables et avec eux s’affirmera le besoin grandissant d’en protéger les résultats.

Mieux protéger pour faciliter l’investissement

Le mécanisme peut également agir sur une difficulté moins visible : le financement des exploitations. Accorder un crédit à un agriculteur dont le revenu dépend fortement des conditions météorologiques expose une banque ou une institution de microfinance à une incertitude importante. Une récolte assurée n’élimine pas ce risque, mais elle peut en absorber une partie. Le ministère de l’Agriculture voit ainsi dans l’assurance indicielle un moyen de protéger les investissements des producteurs tout en créant de nouvelles possibilités d’intervention pour les institutions financières.

Cette protection vient compléter d’autres actions déjà engagées dans la riziculture. En juin, des producteurs de Daloa et de Yamoussoukro ont notamment reçu des tracteurs, vingt tonnes de semences améliorées de riz ainsi que des engrais dans le cadre des appuis à la production vivrière. La maîtrise de l’eau constitue un autre volet. Fin août, le ministère s’est intéressé au barrage hydro-agricole de Gbemou, dans la Bagoué. L’ouvrage dispose d’un potentiel aménageable de 600 hectares, dont 214 sont actuellement exploités pour le riz, le maïs et les cultures maraîchères. L’extension des superficies irriguées doit permettre de moins dépendre du calendrier des pluies et de mieux stabiliser les rendements.

Construire une filière plus résistante aux chocs

La politique ivoirienne s’inscrit aussi dans une évolution régionale. En février 2026, la Banque africaine de développement, AfricaRice et la CEDEAO ont lancé à Bouaké le programme REWARD-AfricaRice. Doté de 8,5 millions de dollars et concernant quatorze pays d’Afrique de l’Ouest, il doit renforcer les chaînes de valeur rizicoles à travers l’amélioration des systèmes semenciers, des pratiques agricoles plus durables, de nouvelles technologies de transformation et une meilleure coordination entre les pays.

Les différents outils ne répondent pas au même besoin. Les semences et la recherche peuvent améliorer les rendements. L’irrigation réduit la dépendance aux précipitations. La mécanisation facilite certaines étapes de la production. L’assurance, elle, prend le relais lorsque le risque ne peut pas être totalement évité. Son efficacité devra cependant être mesurée dans la durée. L’un des points sensibles de l’assurance indicielle est le décalage possible entre l’indicateur choisi et la situation réelle d’un exploitant. Une parcelle peut subir des pertes alors que le seuil prévu par le contrat n’est pas franchi. À l’inverse, un indice trop large ou mal calibré risque de mal refléter les différences entre territoires.

La disponibilité de meilleures données agricoles devient donc importante. En 2026, la Côte d’Ivoire a publié pour la première fois les résultats de son Enquête agricole annuelle 2024-2025, menée avec l’appui de la FAO, de la Banque mondiale et de l’initiative 50×2030. Cette publication doit renforcer la connaissance des exploitations et des productions, dans un secteur qui représente plus de 15 % du PIB national.

Si l’étape de Yamoussoukro était celle de la préparation, le mouvement est toutefois engagé. À côté des investissements consacrés à l’eau, aux intrants, à la mécanisation et à la recherche, la gestion du risque commence à trouver sa place dans la politique rizicole ivoirienne : pour donner aux exploitants les moyens de mieux résister aux aléas et augmenter durablement la production.

Source : FinancialAfrika 

Torchage de gaz naturel une pratique au coeur des nouvelles contraintes europeennes sur le methane 1782460668 51c5e215fd3a655c5e215fd3a39c5ev  360x320

Gaz africain : les nouvelles règles européennes sur le méthane inquiètent les exportateurs

La France souhaite reporter au 1er janvier 2028 l’entrée en vigueur des nouvelles règles européennes sur les émissions de méthane liées aux hydrocarbures importés. Dans une lettre adressée à la Commission européenne, Emmanuel Macron estime qu’un délai supplémentaire permettrait de limiter les risques de hausse des prix de l’énergie.

Cette demande intervient dans un contexte marqué par les tensions sur les marchés pétrolier et gazier. Elle rejoint celle déjà formulée par le Nigeria, l’Algérie, les États-Unis et le Qatar, qui évoquent des difficultés de conformité pour leurs exportations vers l’Union européenne à partir de 2027.

Le règlement prévoit notamment la surveillance, la déclaration et la vérification des émissions de méthane, ainsi que le renforcement des obligations relatives à la détection et à la réparation des fuites. Pour les producteurs africains, ces mesures pourraient influencer durablement l’accès au marché européen.

Depuis la baisse des approvisionnements russes, l’Union européenne a diversifié ses fournisseurs et renforcé ses importations de gaz naturel liquéfié. Le Nigeria et l’Algérie occupent désormais une place stratégique dans cette nouvelle configuration.

Au-delà du calendrier, les exportateurs africains devront donc améliorer la traçabilité et la performance environnementale de leurs hydrocarbures. La Commission européenne examine actuellement la proposition française, tout en cherchant à concilier ambition climatique, sécurité énergétique et stabilité des prix.

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Unstoppable Africa 2026 : Aliko Dangote appelle à mobiliser davantage les capitaux africains pour l’industrialisation.

Lors du forum Unstoppable Africa 2026, organisé les 20 et 21 septembre à New York, le président-directeur général du Dangote Group, Aliko Dangote, a appelé les dirigeants et acteurs économiques africains à renforcer la mobilisation des capitaux sur le continent afin d’accélérer son industrialisation et son développement.

Réuni au Marriott Marquis de New York, le forum a rassemblé des dirigeants politiques, économiques et financiers autour des perspectives de croissance et de transformation de l’Afrique. Dans ce cadre, Aliko Dangote a insisté sur la nécessité de créer davantage de mécanismes permettant aux ressources financières africaines de soutenir directement les projets du continent.

Retenir davantage de capitaux en Afrique

Dans son intervention, l’homme d’affaires nigérian a estimé que l’Afrique disposait de ressources financières et économiques importantes, mais qu’une partie de ces capitaux était encore orientée vers l’extérieur.

Pour lui, une mobilisation accrue de ces ressources pourrait contribuer au financement des infrastructures, de l’industrie et des chaînes de valeur locales.

Cette approche repose notamment sur le développement d’un environnement économique capable d’encourager l’investissement local et de favoriser la réorientation de l’épargne africaine vers des projets productifs.

L’industrialisation au cœur des priorités

Aliko Dangote a également mis l’accent sur la nécessité pour les pays africains de renforcer leurs capacités de production. La transformation locale des matières premières figure parmi les enjeux évoqués dans les discussions consacrées à l’avenir économique du continent.

Le développement d’industries locales doit notamment permettre de créer davantage de valeur ajoutée, de développer les emplois et de réduire la dépendance à l’égard des importations de produits transformés.

Cette question est particulièrement importante pour les économies africaines exportatrices de matières premières, qui cherchent à développer des chaînes de valeur plus intégrées sur leurs propres territoires.

Un rôle accru pour le secteur privé

À travers son intervention, le dirigeant du Dangote Group a également mis en avant le rôle que peuvent jouer les entreprises africaines dans la transformation économique du continent.

Le secteur privé peut notamment contribuer au financement et à la réalisation de grands projets dans des domaines tels que l’énergie, les infrastructures, l’industrie manufacturière et l’agro-industrie.

Le développement de partenariats entre les gouvernements, les institutions financières et les entreprises apparaît ainsi comme l’un des moyens de mobiliser davantage de ressources en faveur des investissements productifs.

Unstoppable Africa, plateforme de réflexion sur l’avenir du continent

Organisé à New York, Unstoppable Africa 2026 a réuni des responsables politiques, dirigeants d’entreprises, investisseurs et représentants d’organisations internationales autour des enjeux liés à la transformation économique de l’Afrique.

Les échanges ont notamment porté sur l’investissement, l’industrialisation, les infrastructures, l’énergie, l’innovation et le financement du développement.

L’intervention d’Aliko Dangote s’inscrit dans ce débat plus large sur les moyens de renforcer la capacité du continent à financer sa propre transformation économique et à tirer davantage de valeur de ses ressources et de ses marchés.

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Guterres relance le débat sur la représentation de l’Afrique au Conseil de sécurité de l’ONU

Le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a une nouvelle fois appelé à une réforme du Conseil de sécurité afin de mieux refléter les réalités géopolitiques contemporaines. Lors de l’ouverture du débat général de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale de l’ONU, mardi 22 septembre 2026 à New York, il a particulièrement insisté sur la sous-représentation de l’Afrique au sein de cet organe.

António Guterres a notamment souligné qu’après huit décennies d’existence de l’Organisation, l’Afrique, qui constitue la région comptant le plus grand nombre d’États membres de l’ONU et qui joue un rôle important dans les opérations de maintien de la paix, demeure absente de la catégorie des membres permanents du Conseil de sécurité. Il a qualifié cette situation d’« injuste et indéfendable ».

Un Conseil créé dans un contexte géopolitique différent

Dans son intervention, le secrétaire général a replacé cette question dans le contexte historique de la création de l’ONU. Le Conseil de sécurité a été institué après la Seconde Guerre mondiale, à une époque où une grande partie du continent africain était encore sous domination coloniale.

Pour Guterres, l’évolution du poids politique, économique et démographique des différentes régions du monde justifie aujourd’hui une adaptation de la composition du Conseil. Il a indiqué soutenir les négociations intergouvernementales menées sous l’égide de l’Assemblée générale afin de rendre cet organe « plus représentatif, transparent et conforme aux réalités géopolitiques » actuelles.

Le secrétaire général a également estimé que la question de la représentation des régions actuellement sous-représentées devait rester une priorité, en particulier pour l’Afrique.

La revendication africaine au cœur des discussions

La réforme du Conseil de sécurité constitue depuis plusieurs années un dossier majeur des négociations intergouvernementales de l’ONU. La position commune de l’Union africaine, notamment à travers le Consensus d’Ezulwini et la Déclaration de Syrte, demande deux sièges permanents pour l’Afrique, avec les mêmes prérogatives que les autres membres permanents, ainsi que cinq sièges non permanents.

Cette revendication est régulièrement défendue par les États africains dans les discussions consacrées à la réforme du Conseil. Elle porte notamment sur la nécessité de corriger ce que les pays africains considèrent comme une sous-représentation historique du continent dans les instances internationales de décision.

Une réforme liée à la crédibilité du multilatéralisme

Dans son discours, Guterres a également lié la réforme du Conseil de sécurité à la crédibilité du système multilatéral. Il a estimé qu’un Conseil capable de fonctionner efficacement devait également bénéficier d’une représentation correspondant davantage aux réalités internationales actuelles.

Son intervention intervient alors que l’ONU est confrontée à plusieurs crises majeures, notamment au Moyen-Orient, en Ukraine, au Soudan et au Myanmar. Le secrétaire général a appelé les États membres à renforcer la coopération internationale et à appliquer les principes de la Charte des Nations unies de manière cohérente.

Le débat sur la réforme du Conseil de sécurité reste toutefois soumis aux négociations entre les États membres et aucune modification de sa composition permanente n’a été arrêtée à ce stade. L’appel de Guterres s’inscrit donc dans un processus diplomatique plus large, au sein duquel les différentes propositions de réforme continuent d’être discutées.

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Intelligence artificielle : Dakar au cœur des réflexions sur sa régulation en Afrique francophone.

Comment encadrer les nouvelles technologies sans freiner l’innovation ? Cette question est au cœur d’un atelier régional consacré à la régulation de l’intelligence artificielle en Afrique francophone, ouvert mercredi 16 septembre à l’Assemblée nationale du Sénégal, à Dakar.

Prévue jusqu’au 18 septembre, la rencontre réunit des parlementaires du Sénégal, du Bénin, du Burkina Faso et de la Côte d’Ivoire, ainsi que des experts et des acteurs du numérique et de l’innovation.

Organisé en partenariat avec NIYEL, l’atelier intervient alors que ces technologies occupent une place croissante dans les administrations publiques, les services aux citoyens et les activités économiques. Cette évolution pose de nouveaux défis aux législateurs, appelés à adapter les cadres juridiques aux transformations en cours.

Protéger les droits tout en favorisant l’innovation

Présidant la cérémonie d’ouverture au nom du président de l’Assemblée nationale, la quatrième vice-présidente, Mbéne Faye, a mis en avant le potentiel de ces outils pour accompagner le développement. Elle a toutefois souligné les enjeux liés à la protection des droits, des données personnelles et à la souveraineté numérique.

Elle a ainsi appelé à une implication accrue des parlementaires afin de mettre en place des règles capables de protéger l’intérêt général tout en créant un environnement favorable à l’innovation.

L’objectif est notamment de prévenir les risques liés aux nouveaux usages sans imposer des contraintes susceptibles de limiter le développement des solutions technologiques.

Les Parlements africains appelés à renforcer leur expertise

Le président de la Commission de la Culture et de la Communication, Aliou Sène, a insisté sur la nécessité pour les Parlements africains de mieux maîtriser les enjeux liés à ces évolutions technologiques.

Cette expertise doit permettre aux législateurs d’anticiper les mutations à venir et de concevoir des réglementations adaptées aux réalités économiques, sociales et institutionnelles du continent.

Il a également plaidé pour une approche africaine fondée sur la coopération régionale, la protection des citoyens et le soutien à l’innovation.

Comparer les expériences pour mieux légiférer

Les travaux permettent aux participants de confronter les dispositifs existants dans leurs différents pays. Les échanges portent notamment sur les points de convergence, les insuffisances des cadres actuels et les besoins en matière de législation.

Des recommandations et des feuilles de route sont attendues à l’issue de la rencontre. Elles devraient contribuer à renforcer les capacités des Parlements à accompagner la gouvernance des technologies émergentes.

Au-delà des législations nationales, cette rencontre de Dakar traduit la volonté de renforcer le dialogue parlementaire africain face à des innovations appelées à transformer durablement les économies, les administrations et les sociétés.