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Microfinance et fintechs : la BCEAO durcit les règles pour renforcer la confiance et accélérer l’inclusion financière.

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) poursuit son opération d’assainissement du secteur de la microfinance dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Face aux insuffisances constatées dans la gestion de plusieurs établissements, l’institution monétaire régionale a engagé une réduction significative du nombre d’institutions autorisées à exercer, avec pour priorité la protection de l’épargne des populations et le renforcement de la stabilité du secteur financier.

Selon Assa Sangaré Sèye, adjointe au directeur de la Microfinance et de l’Inclusion financière de la BCEAO, le nombre d’institutions de microfinance dans l’Union est ainsi passé d’environ 1 000 à près de 500. Elle s’exprimait mardi 21 juillet, à l’occasion d’un séminaire de formation destiné aux journalistes économiques de l’UEMOA et organisé par la Banque centrale.

Une opération d’assainissement destinée à protéger les épargnants

Pour la responsable de la BCEAO, le retrait des agréments répond à une exigence fondamentale : garantir la sécurité des fonds confiés par les populations aux institutions financières.

« Lorsqu’on collecte l’argent des populations, il est indispensable que cette activité soit rigoureusement encadrée », a-t-elle expliqué, évoquant des pratiques qui ne respectaient pas toujours les dispositions réglementaires en vigueur.

Les institutions ne répondant pas aux exigences prudentielles, aux règles de gouvernance ou aux normes de gestion ont ainsi fait l’objet de mesures pouvant aller jusqu’au retrait de leur agrément.

Cette politique vise à renforcer la confiance des usagers et à assainir durablement un secteur qui joue un rôle majeur dans l’accès aux services financiers, notamment pour les populations à faibles revenus, les petites entreprises et les acteurs économiques éloignés du système bancaire traditionnel.

La BCEAO entend toutefois accompagner les institutions demeurées conformes aux exigences réglementaires afin qu’elles puissent continuer à contribuer au financement de l’économie et au développement de l’inclusion financière dans la région.

Les fintechs soumises à un contrôle renforcé

L’essor rapide des technologies financières constitue désormais un autre chantier prioritaire pour les autorités monétaires de l’UEMOA.

Face à la multiplication des fintechs et à la diversification des services financiers numériques, la BCEAO entend favoriser l’innovation tout en veillant à la protection des utilisateurs et à la stabilité du système financier.

Les demandes d’autorisation font ainsi l’objet d’un examen approfondi portant notamment sur la gouvernance des entreprises, leur solidité financière, leur niveau de capitalisation, leurs dispositifs de cybersécurité et leurs mécanismes internes de gestion des risques.

L’objectif est de créer un environnement propice à l’innovation sans compromettre la sécurité des transactions ni les intérêts des utilisateurs.

La monnaie électronique, moteur de l’inclusion financière

Cette politique de régulation intervient dans un contexte de profonde transformation du paysage financier ouest-africain. En une décennie, l’UEMOA a enregistré une progression spectaculaire de l’accès aux services financiers, largement portée par le développement de la monnaie électronique.

D’après les données présentées par la BCEAO, le taux d’inclusion financière est passé de 41,7 % en 2015 à 76,1 % en 2025.

Cette progression s’est accompagnée d’une forte expansion des réseaux de distribution. Le nombre de points de services pour 10 000 habitants est passé de 31 à 224 en dix ans. Sur le plan géographique, la densité des points de services a également progressé, passant de 54 à 563 points pour 1 000 km², permettant ainsi de rapprocher les services financiers des populations, y compris dans les zones rurales.

Selon Assa Sangaré Sèye, la monnaie électronique représente désormais plus de 60 % du taux d’inclusion financière enregistré dans l’Union.

Objectif : 90 % d’inclusion financière d’ici 2030

La BCEAO ambitionne désormais de porter le taux d’inclusion financière à 90 % de la population adulte à l’horizon 2030.

Cette ambition ne repose toutefois pas uniquement sur l’augmentation du nombre de personnes ayant accès à un compte ou à un service financier. Elle vise également à garantir des services réellement adaptés aux besoins des populations, accessibles, sécurisés et proposés à des coûts abordables.

Entre l’assainissement du secteur de la microfinance, le renforcement de la supervision des fintechs et l’essor de la monnaie électronique, la BCEAO cherche ainsi à construire un écosystème financier régional plus solide et plus inclusif. Un équilibre qui apparaît désormais essentiel pour soutenir l’activité économique tout en renforçant la confiance des populations dans les services financiers de l’UEMOA.

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Inclusion financière: La BCRG définit le cap de la prochaine décennie à Luanda.

Les 9 et 10 juillet 2026, l’élite des banques centrales africaines s’est réunie à Luanda pour la 15e Table ronde annuelle de l’Initiative africaine pour les politiques d’inclusion financière (AfPI). La Banque Centrale de la République de Guinée (BCRG), représentée par son Premier Vice-Gouverneur, Elhadj Mohamed Lamine CONTE, a joué un rôle moteur dans ces travaux consacrés à l’avenir financier du continent.

Heure et calendriers

Le thème de cette édition, « Autonomiser l’avenir financier de l’Afrique : réfléchir, renforcer et avancer », marquait un tournant décisif. Pour les dirigeants présents, l’ère de la simple expansion du nombre de comptes bancaires touche à sa fin. Désormais, l’objectif est l’usage réel.

Ouvrant la session stratégique sur le passage de l’accès à l’impact, Elhadj Mohamed Lamine CONTE a rappelé une vérité fondamentale :

Actualités régionales

« L’inclusion financière ne doit plus être appréciée uniquement à travers le nombre de comptes ouverts, mais à travers l’usage réel des services financiers, la confiance des citoyens et l’impact concret sur les ménages, les PME, les femmes et les jeunes. »

La Guinée, un modèle de progression dynamique

La BCRG a fait état d’un parcours probant : le taux d’accès aux comptes en Guinée est passé de 4 % en 2011 à environ 36 % en 2024.

Forte de cette dynamique, l’institution guinéenne place désormais la barre plus haut. La priorité est à la transformation économique durable, articulée autour de trois piliers :

  • Le numérique : levier principal de bancarisation.
  • L’interopérabilité : pour fluidifier les paiements.
  • La protection des utilisateurs : socle indispensable de la confiance.
  • BCRG Luanda

Une vision alignée sur le Programme Simandou 2040

La participation de la BCRG à Luanda s’inscrit dans une stratégie nationale ambitieuse. En pleine mise à jour de sa Stratégie Nationale d’Inclusion Financière (SNIF) sous l’égide du projet WARDIP, la Guinée se prépare à passer à la vitesse supérieure.

Parcs et jardins régionaux

L’institution intègre pleinement ces objectifs au sein du Programme Simandou 2040. Cette vision vise à créer une synergie entre les grandes infrastructures du pays et le quotidien des citoyens, notamment via :

  • L’intégration des travailleurs informels dans le circuit formel.
  • Le déploiement massif des QR codes marchands.
  • La mise en place de fonds de garantie et de lignes de crédit ciblées pour les PME et les entrepreneures.

Vers une finance africaine résiliente

Les travaux de l’AfPI ont abouti à un engagement collectif fort. Les dirigeants se sont accordés sur une nouvelle feuille de route : privilégier la santé financière des populations, renforcer la cybersécurité et orienter les systèmes financiers vers les secteurs productifs, particulièrement l’agriculture.

Avec cette participation, la BCRG confirme son rôle de leader institutionnel. Elle réaffirme sa volonté de transformer l’inclusion financière en un levier de croissance inclusive, garantissant à chaque Guinéen des services utiles, sûrs et durables.

Source : Guinéenews

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Dakar accueille un atelier régional sur la lutte contre les ransomwares et la criminalité liée aux cryptomonnaies.

Les travaux de l’Atelier régional sur les ransomwares et les cryptomonnaies ont officiellement débuté le 16 juin 2026 à Dakar, au Sénégal. Cette rencontre de haut niveau est organisée par l’Office des Nations unies contre la drogue et le crime (ONUDC), à travers son Programme mondial de lutte contre la cybercriminalité, avec le soutien du Bureau des affaires internationales de stupéfiants et d’application de la loi du Département d’État des États-Unis.

Prévu du 16 au 18 juin, cet atelier réunit des experts, magistrats, enquêteurs, régulateurs financiers et spécialistes de la cybersécurité de plusieurs pays africains autour d’un objectif commun : renforcer les capacités nationales et régionales de prévention, de détection et de répression de la cybercriminalité.

Renforcer les capacités face aux nouvelles formes de criminalité numérique

Dans un contexte marqué par la multiplication des cyberattaques à l’échelle mondiale, les échanges portent principalement sur les ransomwares, ces logiciels malveillants utilisés pour bloquer l’accès à des systèmes informatiques en échange d’une rançon, ainsi que sur l’utilisation croissante des cryptomonnaies dans les circuits financiers illicites.

À travers des panels techniques, des études de cas, des exercices pratiques et des simulations multi-agences inspirées de scénarios réels, les participants travaillent à l’amélioration des mécanismes de coopération et des réponses opérationnelles face à ces menaces transnationales.

L’objectif est de permettre aux États africains de développer des stratégies coordonnées et durables afin de mieux protéger leurs institutions, leurs infrastructures critiques et leurs systèmes financiers.

Une forte représentation guinéenne

La Guinée participe activement à cette rencontre régionale à travers une délégation composée de représentants de plusieurs institutions stratégiques impliquées dans la lutte contre la criminalité économique et numérique.

La délégation comprend notamment Francis Kova Zomanigui, président de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), Mamadou Dian Diallo, conseiller à la CRIEF, Ibrahima Barry, inspecteur à la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), Boubacar Sidy Keïta, conseiller juridique de l’Agence nationale de la défense économique (ANDE), ainsi que Lansana Traoré, responsable de la communication au ministère de la Justice et des Droits de l’Homme.

Leur participation s’inscrit dans la continuité des formations spécialisées organisées à Conakry en 2024 et 2025 dans le cadre du Programme mondial de lutte contre la cybercriminalité.

Une coopération régionale renforcée

Outre la Guinée, l’atelier rassemble des délégations venues du Sénégal, du Cameroun, du Togo et du Bénin. Les travaux visent à favoriser le partage d’expériences, l’harmonisation des pratiques et le renforcement de la coopération judiciaire et technique entre les pays participants.

Face à des cybercriminels qui opèrent désormais sans frontières, les organisateurs estiment que seule une approche collective permettra de répondre efficacement aux défis posés par les attaques numériques et les flux financiers illicites liés aux nouvelles technologies.

Cette rencontre illustre ainsi la volonté croissante des États africains de faire de la cybersécurité un pilier essentiel de la gouvernance, de la stabilité économique et de la protection des citoyens dans un environnement numérique en constante évolution.

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Sénégal : paiement d’eurobonds, la confiance des marchés au cœur d’un mois de juin décisif.

Le Sénégal aborde un mois de juin crucial pour sa crédibilité financière internationale. Derrière plusieurs échéances obligataires relativement limitées en volume se joue une question plus profonde : la capacité du pays à restaurer durablement la confiance des investisseurs après une période marquée par des tensions budgétaires et une forte dégradation de sa perception sur les marchés financiers.

Des spreads qui traduisent une montée du risque

Selon une note d’analyse publiée début juin par Oxford Economics, les écarts de rendement exigés sur les obligations sénégalaises se situent désormais à des niveaux généralement observés pour des pays confrontés à de graves difficultés de financement. Cette situation reflète les préoccupations persistantes des investisseurs concernant la soutenabilité de la dette publique, les besoins de financement élevés de l’État et l’incertitude entourant la reprise du programme avec le Fonds monétaire international (FMI).

Pour les marchés, les spreads souverains constituent un indicateur clé de la perception du risque. Plus ils augmentent, plus le coût de financement du pays devient élevé et plus l’accès aux capitaux internationaux se complique.

Une pression financière malgré le respect des échéances

Malgré les inquiétudes exprimées par certains observateurs ces derniers mois, le Sénégal a jusqu’à présent honoré ses engagements financiers. Le pays est notamment parvenu à mobiliser d’importantes ressources sur le marché régional de l’UEMOA, ce qui lui a permis de faire face à plusieurs échéances de dette et de maintenir sa liquidité.

Toutefois, cette stratégie repose en grande partie sur un recours accru au marché régional, dans un contexte où les financements internationaux restent coûteux et où les agences de notation ont revu à la baisse leur appréciation du risque souverain sénégalais.

Le défi de la crédibilité budgétaire

Au-delà des échéances immédiates, les analystes estiment que l’enjeu principal réside dans la capacité du gouvernement à présenter une trajectoire budgétaire crédible. Les investisseurs attendent notamment des mesures permettant de réduire progressivement les déficits, de maîtriser l’endettement et de renforcer la transparence des finances publiques.

La publication du rapport de la Cour des comptes sur la dette publique et les discussions en cours avec les partenaires financiers internationaux ont profondément modifié l’évaluation du risque sénégalais. Depuis lors, les marchés scrutent avec attention chaque décision budgétaire et chaque signal envoyé par les autorités.

Entre ressources énergétiques et contraintes financières

Les perspectives économiques du Sénégal demeurent néanmoins soutenues par le développement de la production pétrolière et gazière, qui pourrait contribuer à améliorer les recettes publiques et les équilibres extérieurs à moyen terme. Mais pour les analystes, ces perspectives ne suffisent pas à elles seules à dissiper les inquiétudes actuelles.

Le pays doit encore convaincre qu’il est capable de transformer ces nouvelles ressources en un levier durable de redressement financier, tout en poursuivant les réformes attendues par les bailleurs et les investisseurs.

Un test pour la réputation financière du Sénégal

Dans ce contexte, le mois de juin apparaît comme un moment charnière. Plus que le remboursement de quelques obligations, c’est la réputation financière du Sénégal qui est observée par les marchés. La capacité des autorités à rassurer sur la gestion de la dette, à relancer le dialogue avec les institutions financières internationales et à maintenir l’accès aux financements déterminera en grande partie l’évolution du risque souverain du pays dans les prochains mois.

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Enquête : Les racines coloniales du surendettement africain

Alors que les crises de la dette se succèdent sur le continent africain, la pensée économique contemporaine interroge de plus en plus les causes structurelles de ce phénomène. Derrière les chiffres des institutions de Bretton Woods, l’analyse des mécanismes historiques révèle que les fondations du surendettement actuel ont été coulées dès l’époque coloniale.

Aujourd’hui, la dette publique africaine est souvent analysée à travers le prisme exclusif de la gouvernance contemporaine : déficits budgétaires, chocs climatiques, ou volatilité des cours des matières premières. Pourtant, une enquête historique approfondie montre que la dépendance financière de l’Afrique n’est pas née avec les indépendances. Elle est le produit d’un système économique extraverti, pensé et imposé dès la fin du XIXe siècle, dont le continent n’a jamais totalement réussi à s’émanciper.

1. La « dette coloniale » primitive ou le coût de la soumission

Le premier paradoxe historique de la dette africaine réside dans son origine : ce sont les métropoles qui ont endetté les territoires conquis pour financer leur propre domination. Au tournant du XXe siècle, les puissances coloniales françaises et britanniques adoptent le principe de l’autonomie financière des colonies. En clair : la colonisation ne doit rien coûter au contribuable européen.
Pour bâtir les infrastructures lourdes nécessaires à l’extraction des richesses (chemins de fer, ports, routes), les administrations coloniales ont contracté des emprunts massifs sur les places financières de Paris ou de Londres. Ces dettes n’ont pas été souscrites par les populations locales, mais ce sont elles qui ont dû les rembourser à travers l’impôt de capitation (impôt par tête) et le travail forcé. Au moment des indépendances, dans les années 1960, plusieurs nouveaux États souverains ont hérité de ces « dettes odieuses », contractées sans le consentement des peuples et utilisées contre leurs propres intérêts.

2. Le piège de l’économie de rente et la spécialisation forcée

La racine la plus profonde du surendettement réside dans la structure même des économies coloniales, conçues pour être « extraverties ». Le pacte colonial interdisait aux colonies de transformer leurs matières premières ou d’industrialiser leurs territoires, réservant ce rôle exclusif à la métropole.
Cette division internationale du travail a enfermé l’Afrique dans le rôle de fournisseur de produits bruts (café, cacao, cuivre, coton) et d’importateur de produits manufacturés.

  • Le mécanisme du piège : À l’indépendance, pour construire des usines, des hôpitaux et des écoles, les nouveaux États ont dû importer massivement des technologies et des biens d’équipement occidentaux. N’ayant pour seules ressources financières que l’exportation de leurs matières premières, ils sont devenus ultra-dépendants des cours mondiaux.
  • Le choc : Dès que les cours des matières premières s’effondraient (comme lors du choc de 1980), les recettes de l’État s’écroulaient, rendant le recours à l’emprunt extérieur obligatoire pour maintenir le fonctionnement minimal des services publics.
3. Le pacte monétaire et la continuité de la dépendance

L’enquête sur les racines coloniales ne peut faire l’impasse sur l’outil monétaire. Dans les anciennes colonies françaises, la création du Franc CFA en 1945 a institutionnalisé un mécanisme financier rigide.
La parité fixe avec le franc français (puis l’euro) et l’obligation historique de déposer une partie des réserves de change auprès du Trésor français ont garanti une stabilité monétaire et repoussé l’inflation. Cependant, les économistes critiques soulignent que cette monnaie forte a agi comme un frein à l’industrialisation locale en rendant les importations européennes moins chères et les exportations africaines moins compétitives. Pour compenser ce manque de compétitivité structurelle, le recours aux flux financiers extérieurs et à l’endettement est devenu une béquille permanente.

4. De la colonisation aux Plans d’Ajustement Structurel (PAS)

Lorsque la crise de la dette éclate dans les années 1980, le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque mondiale imposent les Plans d’Ajustement Structurel. Sous prétexte d’assainir les finances, ces institutions exigent des privatisations massives, la réduction des budgets de santé et d’éducation, et l’ouverture totale des marchés.
Pour de nombreux historiens de l’économie, les PAS ont fonctionné comme une réactualisation du logiciel colonial. En démantelant les tentatives d’États-providence africains et en interdisant le protectionnisme nécessaire à l’émergence de toute industrie nationale, ces plans ont maintenu le continent dans son rôle historique de réservoir de ressources, perpétuant le cycle vicieux : absence d’industrialisation ‭$\rightarrow$‬ faiblesse des revenus internes ‭$\rightarrow$‬ besoin d’emprunter à l’étranger.

Décoloniser la finance africaine

L’analyse des racines coloniales du surendettement n’exonère pas les dirigeants africains post-indépendance de leurs responsabilités en matière de gestion publique. Elle démontre en revanche que les remèdes classiques proposés par la finance internationale attaquent les symptômes et non la maladie.
Tant que l’Afrique sera confinée dans une architecture économique mondiale héritée de Berlin (1885) — caractérisée par l’absence de transformation locale des ressources et une dépendance aux devises étrangères —, la dette restera un outil de domination géopolitique plutôt qu’un levier de développement. Pour sortir du surendettement, le continent doit achever sa décolonisation économique par l’intégration régionale, la souveraineté monétaire et l’industrialisation.

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Finance Week 2026 : la CEMAC en quête d’un nouveau moteur de croissance.

La quatrième édition de la Finance Week s’ouvre ce 30 avril 2026 au Starland Hôtel, à l’initiative du média Eco Matin, dirigé par Émile Fidieck. Placée sous le thème « Investissement privé : bâtir la nouvelle puissance économique de la CEMAC », cette rencontre de deux jours ambitionne de repositionner le rôle du secteur privé dans la transformation économique de la sous-région.

Une mobilisation de haut niveau autour des enjeux de financement

L’événement réunit plus de 300 décideurs issus des sphères publique et privée, parmi lesquels des ministres, des régulateurs, des dirigeants d’institutions financières et des investisseurs. Parmi les figures attendues figurent notamment Louis Banga Ntolo, directeur général de la Bourse des valeurs mobilières de l’Afrique centrale, Yvon Sana Bangui, gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale, ainsi que plusieurs dirigeants du secteur bancaire et industriel de la région.

Les échanges porteront sur des thématiques centrales telles que le développement des marchés financiers, l’attractivité des investissements et les mécanismes de financement des économies hors secteur extractif, dans un contexte marqué par des marges budgétaires limitées pour les États de la CEMAC.

Le défi de la mobilisation de l’épargne et de la diversification économique

Dans un environnement international caractérisé par la volatilité des flux de capitaux et un durcissement des conditions financières, la question de la mobilisation de l’épargne locale apparaît plus stratégique que jamais.

Longtemps considérée comme peu dynamique, la BVMAC amorce aujourd’hui une phase de repositionnement, notamment à travers des opérations structurantes comme l’introduction en Bourse de BGFI Holding, qui contribue à renforcer la crédibilité du marché financier régional.

Vers une intégration financière plus aboutie

Sous la supervision de la BEAC, garante de la stabilité monétaire, l’intégration financière régionale s’impose comme un enjeu clé. Le développement de marchés de capitaux plus profonds, liquides et interconnectés apparaît indispensable pour orienter efficacement les ressources vers des investissements productifs.

Au-delà des discussions techniques, la Finance Week 2026 met en lumière un enjeu de fond : la capacité de la CEMAC à accélérer sa transition vers une économie davantage structurée, portée par le secteur privé et moins dépendante des ressources naturelles.

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Sénégal : lancement du Fonds de développement de la microfinance islamique, un nouvel outil pour l’inclusion financière.

La cérémonie officielle de lancement du Fonds de développement de la microfinance islamique (FDMI) s’est tenue mardi 21 avril 2026 à Dakar. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie du ministère de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire visant à renforcer la place de la finance islamique dans l’architecture financière nationale et à accroître son rayonnement international.

Un instrument stratégique pour la période 2026-2030

Le FDMI entend déployer son action sur la période 2026-2030, conformément à son plan stratégique de développement. Selon son administrateur général, Abdou Diaw, sa mise en place constitue une étape structurante dans l’évolution de la microfinance islamique au Sénégal.

Doté désormais d’une personnalité juridique et d’une autonomie de gestion, le Fonds bénéficie d’une plus grande flexibilité opérationnelle. Cette configuration doit lui permettre de mobiliser, structurer et orienter des ressources conformes aux principes de la finance islamique vers les institutions de microfinance partenaires, chargées de les redistribuer aux bénéficiaires finaux, notamment les petites et moyennes entreprises, les micro-entrepreneurs et les acteurs de l’économie sociale et solidaire.

Un levier d’innovation financière et d’inclusion

Le FDMI se veut également un cadre de développement de produits financiers innovants adaptés aux besoins des populations exclues du système bancaire classique. L’approche repose sur une coopération renforcée avec les institutions financières islamiques, afin de promouvoir des mécanismes de financement conformes aux principes de partage des risques et d’ancrage dans l’économie réelle.

Cette orientation est présentée comme une réponse aux limites du système financier traditionnel, qui exclut encore une partie importante des populations rurales, périurbaines et urbaines.

Une vision politique axée sur une croissance inclusive

Prenant la parole lors de la cérémonie, le ministre de la Microfinance et de l’Économie sociale et solidaire, Alioune Dione, a inscrit ce lancement dans une vision politique plus large de transformation économique. Il a rappelé l’ambition du Sénégal d’atteindre une croissance comprise entre 6 et 7 % du PIB à l’horizon 2050 et de tripler le revenu par habitant.

Selon lui, cette dynamique ne peut être durable que si elle est inclusive et repose sur des mécanismes permettant une meilleure redistribution des richesses. Dans cette perspective, la microfinance islamique est appelée à jouer un rôle de catalyseur, en complément des dispositifs classiques de financement.

Une architecture institutionnelle renforcée

Le ministre a également souligné la transformation du FDMI, issu du Programme de microfinance islamique (PROMISE), désormais restructuré et doté d’une gouvernance renforcée. L’objectif est de garantir davantage de transparence, d’efficacité et de crédibilité dans la gestion des ressources.

Il a insisté sur la nécessité d’une synergie entre les acteurs publics et les institutions de microfinance afin de maximiser l’impact des financements sur l’économie réelle, notamment dans les secteurs agricoles et industriels.

Un instrument contre l’exclusion financière

Au-delà de l’aspect économique, la finance islamique est présentée comme un levier d’inclusion sociale. En excluant les mécanismes d’intérêt et de spéculation, elle repose sur une logique de partage des risques et de financement adossé à des actifs réels, ce qui la rend accessible à une partie de la population souvent exclue des circuits bancaires traditionnels.

Une ambition de transformation économique et sociale

En conclusion, le ministre a appelé les institutions de microfinance à saisir les opportunités offertes par ce nouveau cadre juridique afin de diversifier leurs offres et de répondre à une demande sociale croissante. Il a également souligné que cette dynamique vise à créer de la valeur ajoutée locale, à soutenir l’industrialisation des chaînes de valeur agricoles et à contribuer à la réduction de l’exode rural et de l’émigration irrégulière.

Le lancement du FDMI est ainsi présenté comme un instrument au service d’une transformation économique fondée sur l’éthique, la solidarité et la performance.

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La RDC réussit son entrée sur les marchés internationaux avec un eurobond largement sursouscrit.

La République démocratique du Congo a signé une première remarquée sur les marchés financiers internationaux. Le 9 avril, pour son tout premier eurobond souverain, le pays a suscité un fort engouement des investisseurs, avec une demande largement supérieure aux montants initialement proposés.

Une opération sursouscrite plusieurs fois

Kinshasa visait une levée de 600 millions de dollars sur une maturité de cinq ans, assortie d’un rendement de 8,75 %, ainsi que 650 millions de dollars sur dix ans à un taux de 9,50 %. Mais l’intérêt des marchés a largement dépassé ces prévisions : les offres ont atteint plus de 2 milliards de dollars pour la première tranche et 2,8 milliards pour la seconde.

Au final, la RDC a mobilisé un total de 1,25 milliard de dollars, une fois pris en compte les frais liés aux banques arrangeuses.

Un signal fort de confiance des investisseurs

Cette sursouscription, estimée entre trois et quatre fois les montants proposés, traduit un niveau de confiance significatif des investisseurs internationaux à l’égard de l’économie congolaise.

Pour les autorités, cette opération constitue une étape majeure dans la diversification des sources de financement du pays et dans son intégration accrue aux marchés financiers mondiaux.

Une « entrée historique » saluée par les autorités

Le ministère des Finances, dirigé par Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, n’a pas tardé à saluer cette performance. Dans une réaction publiée sur les réseaux sociaux, il a qualifié l’opération d’« entrée historique » sur les marchés internationaux, marquant selon lui un tournant dans la stratégie de financement de la RDC.

Au-delà de l’aspect financier, cette émission réussie positionne désormais la RDC comme un acteur crédible sur les marchés de capitaux, ouvrant la voie à de futures opérations dans un contexte de besoins croissants en investissements.

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Guinée : vers une émission de sukuk pour financer les projets structurants.

La Guinée envisage de recourir à un instrument financier innovant pour soutenir ses ambitions de développement. Le ministère de l’Économie, des Finances et du Budget a annoncé, samedi 21 mars, l’étude d’une émission de sukuk souverains d’un montant de 500 millions de dollars, destinée à financer des projets structurants.

Une piste explorée avec des partenaires spécialisés

Dans cette perspective, une réunion exploratoire s’est tenue avec des représentants du cabinet d’intermédiation financière NOMAD AFIIP. Cette rencontre visait à examiner les modalités de mise en œuvre de cette opération, qui pourrait constituer une première d’envergure pour le pays sur le marché de la finance islamique.

Les sukuk, instruments conformes aux principes de la finance islamique, permettent de lever des fonds en s’appuyant sur des actifs tangibles, offrant ainsi une alternative aux obligations classiques.

Un levier pour diversifier les sources de financement

Selon les autorités, cette initiative s’inscrit dans une stratégie de diversification des mécanismes de financement de l’économie. Elle capitalise notamment sur la notation souveraine de la Guinée, actuellement évaluée à « B+ » avec perspectives positives, un élément jugé favorable pour attirer les investisseurs.

L’objectif est également de renforcer l’implication du secteur privé dans le financement des grands projets, dans un contexte où les besoins en infrastructures et en investissements productifs restent importants.

Un soutien au programme Simandou 2040

Les ressources mobilisées à travers cette éventuelle émission de sukuk devraient contribuer au financement des projets inscrits dans le programme Simandou 2040, feuille de route stratégique visant un développement socio-économique souverain, inclusif et durable.

À travers cette démarche, les autorités guinéennes entendent élargir leur accès aux marchés financiers internationaux tout en consolidant les bases d’une croissance soutenue et diversifiée.

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Guinée : une nouvelle équipe dirigeante au ministère de l’Économie et des Finances.

Le président de la transition, Mamadi Doumbouya, a procédé à une série de nominations stratégiques au sein du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget. Ces décrets, lus à la télévision nationale le lundi 16 mars 2026, s’inscrivent dans une dynamique de renforcement de la gouvernance économique et de modernisation de l’administration publique en Guinée.

Un nouveau socle administratif pour piloter les réformes

Au cœur de cette réorganisation figure la nomination de Mamadou Touré au poste de secrétaire général. Économiste de formation, il aura la responsabilité de coordonner l’ensemble des services du département ministériel, dans un contexte marqué par des enjeux de réformes structurelles et de consolidation budgétaire.

À ses côtés, Nana Youssef Tèninké Diaré est désignée cheffe de cabinet. Spécialiste en gestion des ressources humaines, elle devra assurer la coordination stratégique du cabinet et accompagner la mise en œuvre des priorités ministérielles.

Un collège de conseillers aux profils diversifiés

Le dispositif est complété par une équipe de conseillers couvrant des domaines clés des politiques publiques. Thierno Amadou Bah est nommé conseiller principal, avec une expertise reconnue en finances publiques. Le volet juridique est confié à Abou Dioumessy, tandis qu’Ibrahima Camara prend en charge les questions de finances publiques.

La qualité de la dépense publique, enjeu central dans un contexte de rationalisation budgétaire, sera suivie par Émilie Bernadette Léno. Les questions fiscales reviennent à Adama Souaré, juriste fiscaliste, tandis que Kadiatou Dinah Sampil est nommée conseillère chargée de mission.

Des nominations clés dans les directions stratégiques

Au-delà du cabinet, plusieurs postes de direction ont été renouvelés afin de renforcer l’efficacité de l’appareil économique et financier de l’État.

Le Bureau de Stratégie et de Développement sera dirigé par le Dr Mamadou Saliou Diallo, assisté d’Ibrahima Lincoln Camara comme directeur général adjoint. Aboubacar Diakité est nommé directeur national des Financements, un poste crucial pour la mobilisation des ressources.

La direction générale du Budget est confiée à Mamadi Mariam Traoré, épaulée par Soua Doré en qualité de directrice générale adjointe. Le contrôle des marchés publics, levier essentiel de transparence, est placé sous la responsabilité de Mamy Traoré.

En matière de gestion du patrimoine de l’État et de promotion des investissements privés, Djénabou Boiro Diallo est appelée à diriger la structure dédiée. Le Fonds spécial d’investissement est désormais piloté par Ibrahima Kalil Gueye.

Par ailleurs, Aissatou Yariatou Camara prend la tête de la direction générale des Investissements publics et du système intégré de gestion, tandis que le suivi des programmes et des réformes des finances publiques est confié au Dr Mamadou Barry, nommé secrétaire exécutif de la cellule technique dédiée.

Une volonté affichée de renforcer la gouvernance économique

À travers ces nominations, les autorités guinéennes entendent structurer davantage l’action publique dans un secteur clé pour la stabilité macroéconomique. Le renforcement des équipes techniques et la diversification des profils témoignent d’une volonté de professionnalisation de l’administration financière.

Dans un contexte de transition, marqué par des attentes fortes en matière de transparence, de mobilisation des ressources et de maîtrise des dépenses publiques, cette nouvelle équipe est appelée à jouer un rôle déterminant dans la mise en œuvre des réformes économiques du pays.