Cameroun : Le Conseil constitutionnel confirme le rejet de la candidature de Maurice Kamto à la présidentielle 2025

Maurice Kamto

Le paysage politique camerounais vient de connaître un tournant majeur à quelques mois de l’élection présidentielle prévue le 12 octobre 2025. Le Conseil constitutionnel a confirmé ce lundi le rejet de la candidature de Maurice Kamto, leader du Mouvement pour la Renaissance du Cameroun (MRC) et principal opposant au président sortant Paul Biya. Une décision qui suscite une vive polémique dans le pays et bien au-delà.

Rejet fondé sur des motifs administratifs

La candidature de Maurice Kamto avait été jugée irrecevable pour vice de forme, notamment en raison d’irrégularités dans la constitution du dossier, selon les arguments avancés par l’organe en charge du contentieux électoral. Des pièces manquantes ou non conformes auraient été relevées, ce que les avocats du MRC contestent vivement, dénonçant un « acharnement politique » destiné à écarter une opposition crédible.

Une décision à forte portée politique

Le rejet de la candidature de Kamto, déjà en butte à une forte pression politique depuis sa percée lors de la présidentielle de 2018, est perçu par de nombreux observateurs comme un signe de verrouillage du processus électoral. Plusieurs organisations de la société civile et partenaires internationaux expriment leurs inquiétudes quant à la transparence et l’inclusivité du scrutin à venir.

L’homme politique, qui avait déjà été emprisonné en 2019 après avoir contesté les résultats de la présidentielle précédente, reste une figure emblématique de l’opposition au régime de Paul Biya, au pouvoir depuis 1982.

Réactions et tensions sur le terrain

À Yaoundé, Douala et dans d’autres grandes villes, des militants du MRC ont tenté de manifester pacifiquement pour dénoncer ce qu’ils qualifient de « coup d’État électoral institutionnalisé ». Des rassemblements ont été dispersés par les forces de sécurité et plusieurs arrestations ont été signalées.

Sur les réseaux sociaux, de nombreux Camerounais expriment colère et frustration, tandis que d’autres appellent au calme et à la poursuite du combat démocratique par des voies légales.

Et maintenant ?

Avec Maurice Kamto écarté de la course, le président Paul Biya, âgé de 92 ans, reste le favori pour un huitième mandat, malgré une santé déclinante et un contexte socio-politique fragile. Le scrutin d’octobre s’annonce tendu, avec des opposants historiques affaiblis, un climat sécuritaire instable dans les régions anglophones, et une jeunesse de plus en plus désabusée.

Le rejet de la candidature de Maurice Kamto pourrait être le déclencheur d’une nouvelle phase de contestation au Cameroun, ravivant les débats sur l’alternance démocratique, l’indépendance des institutions et l’avenir du pays.