Le Kenya, l’Ouganda et la Tanzanie étudient la mise en place d’un visa régional commun à l’occasion de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2027, qu’ils coorganiseront. Cette initiative vise à simplifier les déplacements des supporters, des délégations officielles, des équipes et des visiteurs entre les trois pays, tout en faisant de la compétition un levier d’intégration régionale et de développement touristique.
Soutenu par le président ougandais Yoweri Museveni, le projet prévoit la création d’un permis de voyage unique permettant d’entrer et de circuler librement au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie sans avoir à solliciter plusieurs visas. Le chef de l’État ougandais a appelé les autorités de Nairobi et de Dodoma à accélérer les discussions afin que ce dispositif soit opérationnel avant le coup d’envoi du tournoi.
Une CAN placée sous le signe de l’unité régionale
Prévue sous le slogan « Pamoja » (« Ensemble » en swahili), la CAN 2027 constituera une première historique pour l’Afrique de l’Est, les trois pays de la Communauté d’Afrique de l’Est (CAE) accueillant conjointement la plus prestigieuse compétition de football du continent.
Au-delà de l’aspect sportif, les autorités souhaitent faire de cet événement une vitrine de la coopération régionale. L’instauration d’un visa commun permettrait de fluidifier les passages aux frontières, d’améliorer l’expérience des visiteurs et de favoriser les échanges touristiques, économiques et culturels entre les États partenaires.
Selon les estimations de la Confédération africaine de football (CAF), la compétition devrait attirer plus de 1,5 million de supporters en déplacement, tandis que son audience télévisée mondiale pourrait atteindre 3,2 milliards de téléspectateurs. Dans cette perspective, l’Ouganda a déjà mobilisé 43 millions de dollars pour accélérer les préparatifs liés à l’organisation.
Un projet inspiré du visa touristique d’Afrique de l’Est
Le futur « visa CAN » s’inspire du visa touristique pour l’Afrique de l’Est, lancé en 2014 par le Kenya, l’Ouganda et le Rwanda. Ce document, valable 90 jours et proposé au tarif de 100 dollars, permet aux voyageurs de circuler librement entre les pays participants.
La Tanzanie n’avait toutefois pas adhéré à ce mécanisme. Le nouveau dispositif envisagé pour la CAN 2027 marquerait donc une évolution majeure en intégrant les trois pays hôtes dans un système commun, avec l’ambition de tester un modèle susceptible d’être pérennisé après la compétition.
Des infrastructures à finaliser avant fin 2026
Parallèlement aux discussions sur la mobilité, les trois États poursuivent leurs investissements dans les infrastructures sportives et de transport. Ils disposent jusqu’au 31 décembre 2026 pour achever la modernisation des stades, des routes, des aéroports et des autres équipements nécessaires au bon déroulement du tournoi.
Les autorités estiment que la réussite de cette CAN passera autant par la qualité des infrastructures que par une coordination efficace des procédures d’entrée, des contrôles frontaliers et des services de transport.
Au-delà de l’événement sportif, le projet de visa commun pourrait constituer un tournant pour la Communauté d’Afrique de l’Est, en renforçant durablement la libre circulation, le tourisme régional et l’intégration économique entre les trois pays.

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