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Guinée : plus de 17,5 millions d’habitants selon les résultats provisoires du RGPH-4.

La population guinéenne est désormais estimée à 17 521 167 habitants, selon les résultats provisoires du quatrième Recensement général de la population et de l’habitation (RGPH-4), rendus publics ce mercredi lors d’une cérémonie officielle. Ces premières données confirment les grandes tendances démographiques observées au cours des dernières années.

Une population majoritairement féminine

Parmi les enseignements majeurs de ce recensement figure la prédominance des femmes, qui représentent 51,8 % de la population, contre 48,2 % pour les hommes. Cette configuration s’inscrit dans la continuité des précédentes opérations statistiques et reflète les dynamiques démographiques du pays.

Un ancrage rural toujours dominant

Le profil territorial de la Guinée demeure largement rural. Environ 61,3 % des habitants vivent en milieu rural, contre 38,7 % en zone urbaine. Cette répartition met en évidence les défis persistants liés à l’accès aux services sociaux de base, aux infrastructures et à un développement équilibré du territoire.

Des pôles démographiques structurants : Kankan et Conakry

La distribution régionale de la population révèle également des zones de forte concentration. Les régions de Kankan et de Conakry totalisent à elles seules plus de 4,1 millions d’habitants, traduisant à la fois le poids démographique de l’intérieur du pays et l’attractivité continue de la capitale.

Un outil stratégique pour les politiques publiques

Au-delà de leur portée statistique, ces résultats provisoires constituent un instrument essentiel d’aide à la décision. Ils serviront de base à l’élaboration et à l’ajustement des politiques publiques dans des secteurs clés tels que l’éducation, la santé, l’emploi ou encore l’aménagement du territoire, en attendant la publication des données définitives.

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Croissance soutenue malgré les vents contraires : l’Uemoa résiste au ralentissement mondial.

Dans un contexte international marqué par le ralentissement économique, la montée du protectionnisme et les incertitudes géopolitiques, l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) affiche une trajectoire macroéconomique nettement plus favorable que la moyenne mondiale. Portée par la vigueur de la demande intérieure, de bonnes performances agricoles et l’entrée en production de nouveaux gisements d’hydrocarbures, la région confirme sa résilience, avec le Sénégal comme l’un de ses principaux moteurs.

Une croissance régionale parmi les plus élevées au monde

Alors que le Fonds monétaire international (FMI) anticipe un ralentissement de la croissance mondiale à 3,2 % en 2025, l’espace Uemoa se distingue par une dynamique nettement plus soutenue. Selon la note de conjoncture publiée mercredi par l’institution régionale, la croissance devrait atteindre 6,7 % en 2025, contre 6,2 % en 2024.

Cette performance, l’une des plus élevées à l’échelle mondiale, s’explique par une combinaison de facteurs structurels et conjoncturels : une consommation intérieure robuste, des récoltes agricoles globalement satisfaisantes et, surtout, la mise en exploitation de nouveaux gisements pétroliers et gaziers, notamment au Niger et au Sénégal.

Le Sénégal, pilier de la dynamique industrielle régionale

Au sein de l’Union, le Sénégal apparaît comme un pivot central de cette embellie. Son activité industrielle a enregistré une progression spectaculaire de 25,3 % au troisième trimestre 2025, en glissement annuel. Cette performance est principalement portée par le sous-secteur extractif, dont la valeur ajoutée a bondi de 61 %, marquant les premières retombées concrètes de l’exploitation pétrolière et gazière offshore.

Cette nouvelle manne énergétique modifie en profondeur les perspectives économiques du pays et renforce son poids dans la dynamique régionale. Toutefois, la note de conjoncture invite à la prudence : cette embellie sectorielle ne saurait masquer certaines fragilités persistantes.

Commerce extérieur : des déséquilibres persistants

Sur le plan du commerce extérieur, les signaux sont plus contrastés. Au troisième trimestre 2025, les exportations sénégalaises ont reculé de 11,4 % en variation trimestrielle, contribuant au retour d’un déficit commercial au niveau de l’Uemoa, estimé à 261,4 milliards de FCFA.

Cette contreperformance souligne la vulnérabilité des économies de la zone face aux chocs externes et la nécessité de renforcer la diversification des exportations, encore largement concentrées sur un nombre limité de produits de base.

Inflation maîtrisée, mais des disparités entre États membres

Sur le front des prix, la situation demeure globalement favorable. L’inflation annuelle dans l’Uemoa est attendue à 0,8 % en 2025, un niveau largement inférieur au seuil communautaire de 3 %, grâce notamment à la détente des prix alimentaires et énergétiques.

Le Sénégal affiche toutefois un profil spécifique. L’inflation y est ressortie à 2,2 % en 2025, principalement tirée par les produits alimentaires. Si ce niveau reste maîtrisé, il contraste avec les performances de certains partenaires, comme le Niger (-9,2 %) ou la Côte d’Ivoire (-0,6 %), selon la note.

Finances publiques : assainissement en cours, dette sous surveillance

La discipline budgétaire s’est renforcée à l’échelle régionale. Les recettes publiques de l’Uemoa ont progressé de 19,7 % sur un an, grâce à une meilleure mobilisation fiscale. Le Sénégal se distingue par un effort marqué de rationalisation des dépenses, qui ont reculé de 28,1 % au troisième trimestre 2025, contribuant à une amélioration notable de son solde budgétaire.

Cet assainissement demeure toutefois insuffisant face à un niveau d’endettement jugé préoccupant. La dette publique sénégalaise, réévaluée à 119 % du PIB pour 2024, place le pays parmi les plus endettés du continent et appelle, selon l’Uemoa, à une vigilance accrue.

Tensions monétaires et perspectives à moyen terme

Sur le plan monétaire, les évolutions sont contrastées. Si la masse monétaire de l’Union a légèrement progressé (+0,8 %), les actifs extérieurs nets ont reculé, particulièrement au Sénégal (-13,4 %), traduisant des pressions persistantes sur les réserves de change.

Malgré ces contraintes, les perspectives pour l’Uemoa restent globalement positives en 2025. L’Union démontre sa capacité à naviguer dans un environnement mondial volatil, en s’appuyant sur ses ressources naturelles et la solidité de sa demande intérieure.

Une croissance à consolider par des réformes structurelles

Pour l’Uemoa, et en particulier pour le Sénégal désormais entré dans le cercle des pays producteurs d’hydrocarbures, l’enjeu est désormais qualitatif. La pérennité de la croissance passera par la poursuite de l’assainissement des finances publiques, la diversification des économies, le renforcement des exportations hors hydrocarbures et la maîtrise des pressions inflationnistes.

À ces conditions, la manne énergétique pourrait devenir un véritable levier de transformation structurelle et de prospérité partagée, plutôt qu’un facteur de vulnérabilité supplémentaire, conclut la note de conjoncture de l’Uemoa.