Mine Senegal

Le Sénégal mise sur sa stabilité, l’organisation efficace et la bonne gouvernance de l’industrie minière

Pilier du Plan Sénégal Émergent (PSE), le secteur minier représente près de 84,6 % de l’industrie extractive, selon l’ITIE. Par son nouveau code minier, le pays tente à la fois d’attirer les investisseurs, de satisfaire les revendications des communautés locales et de générer plus de valeur de l’exploitation de ses minerais. Un exercice périlleux décortiqué par Rokhaya Samba Diène, directrice générale de la Prospection et de la promotion minière du Sénégal (DPPM).

Quels selon les changements majeurs institués par le nouveau code minier du Sénégal, la loi 2016-32 adoptée il y a trois ans ?

Rokhaya Samba Diène – Parmi les innovations majeures de cette législation, nous pouvons citer la réduction de la durée de validité du permis de recherche. [Elle est fixée à 4 ans renouvelables deux fois au maximum à 3 ans pour chaque renouvellement, soit 10 ans au total, contre 12 ans dans la loi de 2003]. C’est un avantage pour le pays sachant qu’il permet de réduire le gel des permis. Auparavant, des entreprises avaient l’habitude de conserver les permis sans les exploiter à titres spéculatifs, la réduction de la durée vise à empêcher ces pratiques. Le Sénégal a aussi institué dans son nouveau code le fonds d’appui au secteur minier tiré du reversement par l’État d’un montant issu de l’exploitation pour la recherche et le développement. Le fonds devrait permettre à l’administration minière sénégalaise de procéder à des recherches pour mieux évaluer et cartographier les ressources minières disponibles. Une meilleure connaissance des ressources minières permettra à l’État sénégalais de renégocier éventuellement ses contrats et de définir des zones promotionnelles à mettre à la disposition des sociétés minières et au moment des accords de réclamer un partage de production sur ces sites. Auparavant, ce type de procédés était surtout appliqué au secteur pétrolier.

Le Sénégal a été positivement apprécié par l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). Concrètement, quelles sont les dispositions prises par le pays pour créer de la valeur sur les produits d’exportation miniers ?

L’État sénégalais a essayé de réguler les redevances, en fonction du degré de transformation faite sur place, une réduction est appliquée sur la redevance de l’entreprise minière. Lorsque le minerai de fer subit par exemple une transformation au niveau local, l’État révise à la baisse la redevance appliquée. Ce sont les politiques incitatives de la nouvelle loi minière 2016-32 dont la mise en œuvre devrait s’achever d’ici une à deux années. Nous allons ensuite procéder à une évaluation de son efficacité. L’ambition du Sénégal est de créer de la valeur ajoutée sur les produits issus de l’exploitation minière. Nous voulons créer les conditions nécessaires pour la transformation locale des minerais avant l’exportation.

Dans la loi 2016-32, le Sénégal octroie un quota de la production minière aux acteurs de la bijouterie locale qui a avaient rejeté la proposition à cause de la TVA appliquée. Comment les négociations ont-elles évoluées ?

L’État avait décidé qu’une partie de l’or produit par les entreprises minières devait revenir aux acteurs de la bijouterie locale. Mais les bijoutiers ont refusé de s’acquitter de la TVA et nous sommes dans l’impasse sur ce dossier. Aujourd’hui, le Sénégal a néanmoins mis en place les comptoirs d’achats de minerais. Des entreprises ou personnes viennent s’implanter pour vendre de l’or et des substances précieuses. Leurs activités sont strictement régies par des cahiers de charges. C’est dire que les exploitants ont l’obligation de venir à ce comptoir pour vendre leurs produits et les acheteurs sont tenus acquérir l’or sur place.

De combien de comptoirs d’or le Sénégal dispose-t-il aujourd’hui ?

Actuellement, nous avons un comptoir autorisé, après l’examen de 6 à 7 demandes. Mais les artisans bijoutiers se plaignent de la longue distance à parcourir pour atteindre Kédougou [740 km de Dakar, ndlr ] la zone d’exploitation aurifère. Ils évoquent  aussi des problèmes de sécurité au cours du transport du minerai. Nous nous étudions donc  la possibilité de rapprocher les comptoirs d’or des grands centres urbains. Nous essayons aussi de voir ce qui se fait dans la sous-région africaine à ce niveau. Le ministère échange avec d’autres entités de la sous-région pour partage son expérience et étudier les modèles existants afin d’adapter au niveau local des modèles qui marchent ailleurs, si nécessaire.

Kédougou, principale région aurifère du Sénégal, a été le théâtre de troubles, de tensions entre les autorités et les communautés locales. Comment l’État sénégalais a-t-il procédé pour calmer ou satisfaire les revendications ?

Dans toutes les zones d’activités minières, nous avons le programme social minier qui est une forme de RSE que l’État avait développé en collaboration avec les sociétés minières, les communautés, les administrations concernées. Il a nécessité le recueil de l’avis des communautés locales quant à leurs besoins prioritaires. Par la suite, nous avons développé notamment des activités génératrices de revenus pour les femmes, installé des moulins, et développé des infrastructures sociales de base et offert des bourses. Un plan quinquennal financé par les entreprises minières qui a bien marché. D’ailleurs quand l’exploitation du Zircon a commencé à Diogo [région de Thiès, à 70 km de Dakar, ndlr], ils se sont inspirés de ce plan social minier. L’État dans son code minier a aussi institué le fonds de péréquation et d’appui aux collectivités locales équivalant à 20% des redevances qui vont dans les budgets des collectivités sous forme d’équipements. La loi de 2016 stipule également que 0,5% du chiffre des sociétés ira à la collectivité directement impactée.

D’autres pays de la sous-région comme le Niger ont pris des dispositions similaires dans leurs codes miniers. Mais dans la réalité, les communautés locales peinent à bénéficier de ces montants. Qu’en est-il du Sénégal ?

Les redevances sont reversées au ministère des Finances. L’arrêté est pris pour instituer le montant et c’est au ministère des Finances de faire le reversement. Nous avions rencontré des problèmes dans la répartition du fonds de péréquation qui doit être réparti au prorata des populations. Au niveau du département, nous réfléchissons sur une révision de ce décret. Selon le texte actuel, une communauté directement impactée peut être faiblement dédommagée, car compensée au même titre que le reste des populations. Cela a été institué par la loi de 2003.  Le fonds de péréquation est destiné à l’équipement des collectivités, mais il ne s’agit pas des sommes d’argent à distribuer. Pour le cas de la région aurifère de Kédougou, le dernier rapport ITIE a d’ailleurs détaillé les sommes distribuées en matière d’appuis sociaux.

Le Plan Sénégal Émergent (PSE) a consacré une bonne partie de ses projets aux industries extractives. Quelle est la stratégie mise en place par le pays pour attirer les investisseurs de l’industrie minière ?

Le Sénégal a déjà l’avantage d’être un pays stable. Ensuite, nous avons mis en place trois nouvelles Directions, notamment la Direction des mines et de géologie chargée de l’instruction des dossiers et de la délivrance des titres miniers. Puis la Direction du contrôle et de surveillance des opérations minières s’occupe du suivi et du contrôle de terrain et nous avons une Direction de la prospection et de la promotion minière qui représente le pays dans des événements promotionnels et fait valoir les atouts de la destination. Nous travaillons sur les outils de promotions et organisons un salon international des mines tous les deux ans qui attire un public considérable. La prochaine édition est attendue en 2020 et nous assistons à des salons internationaux et de la sous-région notamment en Mauritanie, au Mali, en Guinée, au Burkina Faso où nous faisons la promotion du secteur. Le Sénégal a aussi mis en place un cadastre minier pour délimiter et consigner les différents titres miniers qui entre dans le cadre de la bonne gouvernance de ce secteur. Globalement, le Sénégal mise sur la stabilité, l’organisation efficace et la bonne gouvernance de l’industrie minière.

Maimouna Dia

Mines

Le Mali octroie un permis minier de 10 ans pour la mine d’or Sadiola

Le permis d’exploitation octroyée en 1994 pour la mine d’or Sadiola est arrivé à expiration le 1er août 2024. Après 171 007 onces livrées en 2023, la mine peut produire en moyenne 200 000 onces d’or par an jusqu’en 2028 et 300 à 400 000 onces par an à long terme.

Au Mali, le Conseil des ministres du 9 octobre a adopté un projet de décret portant renouvellement du permis d’exploitation de la mine d’or Sadiola. Valable 10 ans, la licence autorise une filiale du canadien Allied Gold à poursuivre la production sur cette mine qui a livré 171 007 onces en 2023.

L’octroi du permis minier intervient après la signature en septembre d’une nouvelle convention de partenariat entre le gouvernement et la compagnie canadienne. Le mois dernier, Allied Gold a indiqué dans un communiqué que la collaboration est désormais régie par le nouveau code minier malien. Cela implique notamment une participation maximale de 30 % pour le gouvernement et la possibilité pour les investisseurs locaux de prendre jusqu’à 5 % d’intérêts dans Sadiola.

« Le gouvernement a entamé des réformes du secteur minier qui ont conduit à une revue de toutes les conventions minières en phase d’exploitation pour un meilleur partage de la rente minière. Cette revue a concerné également les pratiques opérationnelles […] de Sadiola et leur conformité à la règlementation en vigueur en matière de transaction financière », indique le communiqué du Conseil des ministres.

Avec les mines d’or Nampala appartenant à Robex Resources et Fekola de B2Gold, le gouvernement prévoit que Sadiola devrait rapporter 245 milliards FCFA (410 millions $) de revenus annuels supplémentaires au Mali. Exploitée depuis 1997, la mine devrait également contribuer à la production d’or sur les 10 prochaines années. En 2024, Allied Gold prévoit produire 195 000 à 205 000 onces à Sadiola, 200 000 onces en moyenne par an jusqu’en 2028 et 300 à 400 000 onces en moyenne par an à long terme. Sa durée de vie actuelle atteint 19 ans.

Emiliano Tossou

Politique opposition 1  scaled

Coups d’État, pandémie et guerre en Ukraine : quels impacts sur la gouvernance en Afrique  ?

Le 25 janvier dernier, la Fondation éponyme du tycoon soudano-britannique Mo Ibrahim révélait l’indice de la gouvernance africaine 2022 (IIAG). Le continent enregistre un recul démocratique, sur fond de défis sécuritaires, d’insécurité alimentaire et de crispations énergétiques. Les crises successives menacent dix ans de progrès en matière de gouvernance africaine.

« L’IIAG 2022 souligne que la gouvernance africaine a stagné depuis 2019. Si nous ne remédions pas rapidement à cette tendance inquiétante, les années de progrès dont nous avons été témoins pourraient être perdues, et l’Afrique ne sera pas en mesure d’atteindre en temps voulu les Objectifs de développement durable (des Nations unies) ou ceux de l’Agenda 2063 (de l’Union africaine). Notre continent est exposé de manière unique aux conséquences convergentes du changement climatique, plus récemment de la Covid-19, et maintenant de l’impact indirect de la guerre Russie-Ukraine », déclarait Nathalie Delapalme, directrice exécutive de la fondation Mo Ibrahim en conférence de presse, le 24 janvier dernier.

En substance, la gouvernance africaine s’est améliorée au cours de la décennie (2012-2021). Cependant, il n’y a eu aucun progrès notable en matière de gouvernance globale depuis 2019. Au Burkina Faso, en Eswatini, en Guinée, en Guinée Bissau, au Libéria, à Madagascar, en Namibie et au Rwanda, les progrès de gouvernance ont même été interrompus à partir de la pandémie de Covid-19. L’île Maurice campe la première place des pays africains dotés de la meilleure gouvernance selon l’IIAG, en dépit d’un faible recul l’an dernier (-2,2 points), devant les Seychelles, la Tunisie, le Cap-Vert et le Botswana. Le Soudan du Sud occupe le bas du classement devant la Somalie, l’Érythrée, la Somalie, la Guinée équatoriale et la République centrafricaine.

Des coups d’État qui impactent les progrès enregistrés

La progression de l’insécurité sur le continent qui concerne 70 % de la population africaine menace les progrès enregistrés sur la dernière décennie. Entre 2012 et 2022, il y a eu 29 coups d’État à travers le monde (tentés ou réussis), dont 23 en Afrique, en particulier dans la région du Sahel. En 2012, le président Amadou Toumani Touré dit « ATT », était évincé du pouvoir suite à un putsch militaire. En mai 2012, un contrecoup d’État échouait au Mali.

En août 2018, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) était réélu avant d’être finalement renversé en août 2020 à la suite d’un coup d’État militaire. En 2021, le président Bah NDaw est renversé à son tour et Assimi Goïta devient le Président du Mali par intérim. « L’intégrité des élections et le pluralisme politique ont reculé au Mali en dix ans -qui a connu- trois coups d’État et deux élections depuis 2012 », souligne le rapport Mo Ibrahim.

Au Burkina Faso aussi, la sécurité et la sûreté se sont singulièrement détériorées pendant la dernière décennie. Depuis le départ de Blaise Compaoré en 2014 (qui quitta le pouvoir à l’issue de soulèvements populaires), le pays des Hommes intègres a lui aussi, été traversé par plusieurs coups d’État. En 2015, un coup d’État est suivi d’un contre coup d’État. Fin 2015, ont Roch Marc Christian Kaboré devient le président du Faso. Réélu en novembre 2020, il sera renversé par Paul-Henri Sandaogo Damiba en 2022, lui-même évincé et remplacé par le capitaine Ibrahim Traoré quelques mois plus tard.

Depuis l’apparition de la pandémie de Covid-19 (2019-2022), le continent africain a été traversé par treize coups d’État, dont huit réussis. En Afrique de l’Est, les deux coups d’état survenus au Soudan ont alimenté l’instabilité politique et renforcé les tensions entre civils et militaires. « Cette situation d’attentats terroristes et de coups d’État par l’armée, compromet la paix, la sécurité et la stabilité de la sous-région », déclare Aïcha Bah Diallo, l’ancienne ministre de l’Éducation nationale de Guinée et membre du Comité du Prix MIF (Mo Ibrahim Foundation).

Quelle gouvernance après 20 ans de pouvoir ?

A ce jour, trois des cinq pays africains les moins bien notés en matière de responsabilité et de transparence sont dirigés par des Chefs d’Etat au pouvoir depuis plus de 20 ans. 
« Les pays qui ont destitué leurs dirigeants de longue date ont montré une amélioration en matière de transparence et de responsabilité, y compris l’Angola, la Gambie et Zimbabwe », indique le rapport de la fondation Mo Ibrahim 2022.

Le Zimbabwe a enregistré une progression de +5,7 points, suite au renversement du président Robert Mugabe (2017) qui avait passé près de 40 ans au pouvoir. L’Angola a progressé de +5,3, suite au départ de l’ancien président Eduardo dos Santos après 39 ans au pouvoir, et la Gambie de 5 points après le départ de Yahya Jammeh qui avait présidé le pays pendant 21 ans. La Guinée équatoriale dirigée par Teodoro Obiang Nguema Mbasogo depuis 44 ans, obtient le deuxième score le plus bas en termes de transparence et de responsabilité. Alors qu’elle bénéficie du 4e PIB africain le plus élevé par habitant, elle ne se classe que 4e en bas du classement, en matière de gouvernance globale, par l’IIAG 2022.

Enfin, l’indice de la gouvernance africaine 2022 (IIAG) indique que la pandémie de Covid-19 a accéléré les perturbations dans les pratiques démocratiques en Afrique, car elle fut maintes fois utilisée pour « justifier des violations de normes démocratiques tandis que les tendances antidémocratiques préexistantes se sont accélérées par l’introduction de mesures excessives ou en maintenant des dispositions d’urgence ».

Insécurité alimentaire et circonvolutions géopolitiques

Quelque 20,2 % de la population africaine était sous-alimentée en 2021, soit une augmentation de 3,8 % par rapport à 2017. Selon les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la prévalence de l’insécurité alimentaire modérée ou sévère sur le continent s’élevait à 57,9 % en 2021, contre 44,4 % en 2014. L’année dernière, l’indicateur IIAG Sécurité alimentaire enregistrait son score le plus bas depuis 2012. La sécurité alimentaire a décliné dans 32 pays depuis 2012, et ce, à un rythme accéléré depuis 2017, dans une vingtaine de pays africains.

En dépit d’un tableau assez sombre, plusieurs indicateurs reflètent néanmoins des avancées significatives sur le continent. Ainsi, 43 pays africains sur 54 ont vu leur situation économique globalement s’améliorer depuis 10 ans. C’est notamment le cas pour les économies ivoirienne, angolaise, gambienne ou ghanéenne. Par ailleurs, la quasi-intégralité des pays africains a enregistré des progrès significatifs en matière d’accès à la santé et à l’éducation. Pour Nathalie Delapalme, directrice exécutive de la fondation Mo Ibrahim, « le renforcement de la gouvernance est indispensable » pour répondre aux défis exogènes liés au climat, à la pandémie de Covid-19 ou à la guerre en Ukraine, que rencontrent l’Afrique.

Marie-France Réveillard

Economie

An I de la 4e République au Mali : les signaux au vert

22 Juillet 2023 – 22 Juillet 2024. Cela fait exactement une année que le Président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta, a promulgué la nouvelle Constitution du Mali, suite à une consultation référendaire le 18 juin 2023, acceptée par les Maliens avec un taux sans appel de 96,91%. Une année après, le constat est clair : les grandes réformes sont en cours et le pays renaît de ses cendres.

 Gouverner, c’est servir » non se servir. Fort de cette pensée de l’universitaire et historien médiéviste français, Jacques Dalarun, le Président de la Transition, le Colonel Assimi Goïta, s’efforce depuis la rectification de la transition, en mai 2021, d’assurer une paix durable au Mali et de redonner au pays son lustre d’antan. C’est pourquoi il a initié diverses initiatives, certes complexes mais nécessaires, pour réorienter la gestion du pays, instaurer la bonne gouvernance et la redevabilité. Ainsi, les Maliens ont été appelés aux urnes le 18 juin 2023 pour un scrutin référendaire. Cette décision n’était pas une « imposition » d’un autre État ou une décision non souveraine. En effet, c’était une exigence formulée par les Maliens eux-mêmes, au cours des Assises nationales de la refondation, tenues en décembre 2021.

« C’est avec beaucoup de fierté et d’espoir, que je viens de signer le texte de la Constitution adoptée par le peuple lors du référendum du 18 juin 2023, dont la Cour Constitutionnelle a proclamé les résultats définitifs le 21 juillet », avait déclaré le président Goïta dans une adresse au peuple malien, le 22 juillet 2023 après avoir promulgué ladite Constitution, avant d’ajouter que « l’acte de promulgation de la Constitution (…) ouvre ainsi la voie à la naissance de la 4e République du Mali ». « À l’issue du référendum, le peuple s’est exprimé pour la nouvelle Constitution avec une majorité significative de 96,91% des suffrages exprimés. Ceci est la preuve indiscutable de la soif des Maliens de se donner une nouvelle chance pour un nouveau départ », avait-il rappelé. Par ailleurs, il avait aussi expliqué que « la nouvelle Constitution pose les bases d’un système démocratique qui se nourrit d’une vision endogène et sociale tout en s’enrichissant des apports extérieurs. Nous avons fait la preuve que nous pouvons moderniser notre État sans nous renier ».

La Renaissance

« Avec cette nouvelle Constitution, le Mali prend ainsi un nouveau départ, celui du Mali Kura, dans lequel nous bâtirons ensemble une économie forte au service de la satisfaction des besoins des citoyens. Il s’agira, comme nous l’avons déjà commencé, de mettre en place les conditions d’une croissance économique interne qui se fondera sur les nouvelles technologies ainsi que sur une industrie de transformation de nos ressources naturelles en tenant compte des opportunités de la transition énergétique », avait-il annoncé. Et une année après, le constat est là. Les résultats sont éloquents. Le Mali sous la quatrième République fait des prouesses sur le plan national et pèse aujourd’hui à l’international.

La promulgation de la nouvelle Constitution par le décret N°2023-401/PT-RM du 22 juillet 2023, permet aujourd’hui aux autorités de la Transition de mettre en œuvre des réformes salvatrices. Parmi celles-ci, le renforcement des Forces Armées Maliennes (FAMa) conformément à l’article 93 de la nouvelle Constitution, déjà visible sur le terrain. De plus, la reconnaissance des autorités traditionnelles, qui ont été honorées par le Président de la Transition, renforce la gouvernance et la décentralisation.

Les mesures de souveraineté incluent également la promotion des langues nationales comme langues officielles, reléguant le français au rang de langue de travail, un changement déjà perceptible dans les discours officiels des autorités de la Transition. Désormais, c’est le président de la République qui détermine la politique de la Nation, conduite par le gouvernement, contrairement à l’ancienne Constitution où c’était le gouvernement qui déterminait la politique de la Nation.

Enfin, la nouvelle Constitution stipule que l’exploitation des richesses naturelles doit respecter les normes de protection de l’environnement et servir les intérêts des générations présentes et futures. Cela se reflète dans les nouveaux contrats d’exploitation et la révision des anciens, assurant ainsi une gestion plus équitable et durable de nos ressources naturelles.

Des réformes majeures en gestation

Ce n’est pas tout. D’autres réformes majeures sont prévues dans les jours à venir. Il s’agit de l’ajout de la Cour des comptes à la liste des institutions de la République ; le Conseil économique et social devient le Conseil économique, social, culturel et environnemental alors que la Haute cour de justice et le Haut conseil des collectivités territoriales disparaissent de la liste des institutions de la République. En plus, dans la nouvelle Constitution, le président de la République, déterminant la politique de la Nation, le Parlement ne pourra plus voter de motion de censure contre le gouvernement et le président de la République, et ce dernier ne pourra plus dissoudre le Parlement.

Malgré les pronostics sceptiques de bon nombre d’hommes politiques, face à la dynamique patriotique des autorités de la transition, il est loisible de constater que l’avènement de la quatrième République demeure une prouesse historique pour peu que l’on considère les échecs successifs avant 2020. Car, un an après la promulgation de la nouvelle Constitution, les signaux sont au vert pour le Mali. Les réformes en cours et à venir promettent de transformer le pays en une nation plus forte, plus juste et plus prospère.

SOURCE : CROISSANCEAFRIK

Agro 1st

Le Sénégal va lancer la construction d’une usine d’engrais pour un montant de 985 millions de $ basé à Ndayane dans la région de Thiès

Au Sénégal, le niveau d’utilisation des engrais est encore faible par rapport à la moyenne africaine. Alors que le pays dépend principalement des importations pour ses besoins de l’intrant, les efforts publics sont orientés vers le développement d’une industrie locale.

La Société des pétroles du Sénégal (Petrosen) a signé le 19 février, une convention de partenariat avec le Bureau opérationnel de suivi du Plan Sénégal émergent (BOS/PSE) portant sur la construction d’une usine d’engrais.

D’un coût total de 600 milliards Fcfa (985 millions $) cofinancé par le gouvernement et des partenaires privés, cette nouvelle usine sera installée sur un site basé à Ndayane dans la région de Thiès.

Selon les informations relayées par l’Agence de presse sénégalaise (h), elle sera équipée pour produire 1,2 million de tonnes d’engrais par an pour la satisfaction des besoins du marché local ainsi que l’exportation. Ce nouveau projet est prévu pour entrer dans sa phase de production entre 2028 et 2029.

« L’usine va surtout fabriquer de l’urée, un engrais entièrement importé au Sénégal et important pour l’amélioration des rendements agricoles. Nous prévoyons également d’exporter notre excédent de production vers plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Mali, le Burkina Faso, la Guinée et la Gambie. Une fois opérationnelle, l’usine devrait également permettre de générer des revenus commerciaux nets évalués à plus de 175 milliards Fcfa (287 millions $) par an », a déclaré Fary Ndao, responsable du projet pétrochimie chez Petrosen.

Au Sénégal, la consommation apparente en engrais a été estimée à 204 000 tonnes en 2020 par le Centre international de développement des engrais (IFDC). 

Selon les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), la valeur des importations a plus que triplé à 89 milliards Fcfa (146 millions $) en 2022 alors que le volume s’est inscrit en hausse de 81 % à 159 000 tonnes.

Agence Ecofin

Energie 5th

Le Mali lance sa 3ème Centrale Solaire pour environ 74,48 millions USD (50mwc), à Tiakadougou-Dialakoro

Le samedi 1er juin 2024 marque un tournant historique pour le Mali, avec le lancement par le Président de la Transition, le Colonel Assimi GOÏTA, des travaux de construction de la troisième centrale solaire du pays. Cette réalisation va durer 12 mois pour un coût d’environ 45 milliards de FCFA, soit (74,48 millions USD), pour les premiers 50 Mégawatts-crêtes.

Située à Tiakadougou-Dialakoro, près de Selingué, cette centrale illustre l’engagement du Mali vers une transition énergétique durable. Le projet, d’une capacité de 100 MW crête, souligne la volonté politique de soutenir les solutions énergétiques vertes et de réduire la dépendance aux combustibles fossiles. Ce projet est le fruit d’une coopération entre le Mali et les Émirats Arabes Unis via la compagnie Amea-Power, spécialisée dans les projets d’énergie renouvelable.

La nouvelle centrale solaire ne représente pas seulement un progrès en matière de production d’énergie propre; elle est aussi un catalyseur d’opportunités économiques pour la population locale. La construction et l’exploitation de la centrale devraient créer environ 200 emplois annuels, fournissant ainsi de nouveaux horizons professionnels et stimulant l’économie de la région.

Le Mali, comme de nombreux autres pays, fait face à une crise énergétique qui requiert des solutions innovantes et durables. L’intégration de l’énergie solaire dans le mix énergétique national à travers la construction de centrales solaires telles que celle de Tiakadougou-Dialakoro, Safo et Sanankoroba, marque une étape significative vers l’indépendance énergétique.

Le président GOÏTA a souligné que l’achèvement de cette série de projets solaires est un pas important pour sortir de cette crise. Les réalisations du Mali en matière d’énergie renouvelable n’auraient pas été possibles sans le soutien robuste des partenaires internationaux.

Des collaborations, notamment avec les Émirats arabes unis, ont joué un rôle crucial dans la mise en œuvre de ces projets ambitieux. Le soutien international aligne la trajectoire du Mali avec les objectifs globaux de développement durable et de lutte contre le changement climatique.

Le lancement de la troisième centrale solaire est une manifestation de la vision à long terme du Président GOÏTA pour un Mali prospère et respectueux de l’environnement. Cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large visant à augmenter la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique du pays. L’objectif est de promouvoir une croissance économique inclusive tout en garantissant la sécurité énergétique nationale.

Notons que l’engagement du Mali vers le développement des énergies renouvelables, illustré par la construction de sa troisième centrale solaire, est un signal fort de la transformation énergétique en cours dans le pays. Ce projet, au-delà de ses bénéfices immédiats en termes de production d’énergie propre et de création d’emplois, symbolise un pas de plus vers l’autonomie énergétique.

Pour rappel, il reflète également l’esprit de coopération internationale et la détermination du Mali à jouer un rôle actif dans la lutte contre le changement climatique. La vision d’avenir du Président GOÏTA dessine un Mali énergétiquement durable et économiquement dynamique.

Daouda Bakary KONE