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Sénégal : Lancement de la Phase 2 du Projet d’Approvisionnement en Eau Potable pour 2 Millions de Personnes

Le Premier ministre Ousmane Sonko a officiellement lancé, ce matin à Fass Touré, dans le département de Kébémer, la deuxième phase du Projet d’approvisionnement en eau potable. Cette initiative vise à améliorer durablement l’accès à l’eau potable pour plus de deux millions de Sénégalais vivant en milieu rural.

Un engagement pour l’équité et la transparence

Lors de son discours, le Premier ministre a mis en avant l’importance d’une gestion optimisée et transparente des investissements publics. Il a rappelé que ce projet s’inscrit dans une politique nationale visant à réduire les disparités entre zones urbaines et rurales en matière d’accès à l’eau.

« Notre ambition est de garantir que chaque citoyen, où qu’il se trouve, puisse bénéficier d’un accès équitable à l’eau potable. Ce projet reflète notre engagement à assurer une distribution plus juste et efficace des ressources », a déclaré Ousmane Sonko.

Un projet structurant pour le développement durable

Alignée sur l’Agenda National de Transformation Sénégal 2050, cette phase du projet répond à un impératif de justice sociale et de développement durable. L’accès sécurisé à l’eau, reconnu comme un droit fondamental par les Nations Unies, est une priorité absolue pour le gouvernement.

Avec un budget de 64 milliards FCFA, cette seconde phase prévoit la construction de 85 forages, 89 châteaux d’eau et l’installation de 5250 compteurs. De plus, un réseau de 1450 km de conduites et plus de 18 000 branchements particuliers seront déployés dans toutes les régions du pays, à l’exception de Dakar.

Un impact significatif sur les populations

Grâce à ces infrastructures, plus de 2 millions de personnes bénéficieront directement d’un accès amélioré à l’eau potable. Ce projet marque ainsi une avancée cruciale dans la lutte contre les inégalités et contribue à une amélioration significative des conditions de vie en milieu rural.

Le gouvernement entend poursuivre ces efforts pour faire de l’accès à l’eau une réalité pour tous, renforçant ainsi la résilience des populations face aux défis environnementaux et sanitaires.

CAN 2025

CAN 2025 : Analyse complète du tirage au sort

Le tirage au sort de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, qui se tiendra au Maroc, a livré ses verdicts ! Avec des groupes équilibrés et des duels explosifs dès la phase de poules, cette édition promet d’être passionnante. Décryptage de chaque groupe et des forces en présence.

Groupe A : Le Maroc en favori, attention au piège malien

Pays hôte et demi-finaliste du Mondial 2022, le Maroc sera l’équipe à battre dans ce groupe. Les Lions de l’Atlas évolueront devant leur public, un avantage de taille. Mais attention au Mali, une équipe en constante progression et dotée d’un effectif talentueux. La Zambie, championne surprise en 2012, voudra créer un nouvel exploit. Quant aux Comores, leur qualification pour la CAN 2021 avait déjà marqué les esprits : peuvent-ils récidiver ?

Groupe B : L’Égypte et l’Afrique du Sud, un duel prometteur

L’Égypte, recordman des sacres continentaux (7 titres), devra batailler face à une solide équipe d’Afrique du Sud, qui monte en puissance ces dernières années. L’Angola, habitué aux compétitions africaines, pourrait surprendre. Le Zimbabwe, quant à lui, tentera de jouer les trouble-fêtes.

Groupe C : Nigeria – Tunisie, un choc au sommet

Ce groupe propose l’un des duels les plus excitants de la phase de poules : le Nigeria et la Tunisie, deux habitués des phases finales, devraient se disputer la première place. Mais attention à l’Ouganda et la Tanzanie, qui progressent et chercheront à bousculer la hiérarchie.

Groupe D : Le Sénégal dans un groupe abordable

Finaliste malheureux de la CAN 2023 et champion d’Afrique en 2021, le Sénégal vise un retour au sommet. Les Lions de la Teranga devront se méfier de la RD Congo, équipe talentueuse mais irrégulière. Le Bénin, toujours difficile à manœuvrer, et le Botswana, outsider du groupe, complètent cette poule.

Groupe E : L’Algérie doit réagir

Après une CAN 2023 décevante, l’Algérie doit se racheter. Mais la tâche ne sera pas facile face à un Burkina Faso solide et souvent dangereux en compétition. La Guinée équatoriale, qui a déjà surpris par le passé, et le Soudan, qui cherchera à retrouver son lustre d’antan, tenteront de jouer les trouble-fêtes.

Groupe F : Côte d’Ivoire – Cameroun, le groupe de la mort ?

Tenante du titre, la Côte d’Ivoire a hérité d’un groupe compliqué. Le Cameroun, quintuple champion d’Afrique, sera un adversaire redoutable. Le Gabon, emmené par ses talents offensifs, peut surprendre. Quant au Mozambique, il cherchera à déjouer les pronostics.

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Sénégal : La suspension des exportations d’arachides fragilise la filière

La campagne arachidière 2024/2025 au Sénégal traverse une période difficile, plus de deux mois après la décision gouvernementale de suspendre les exportations. Cette mesure, destinée à protéger le marché local, génère des tensions tant chez les producteurs que chez les transformateurs.

La Sonacos, premier huilier du pays, fait face à des difficultés majeures. Selon le bulletin du service commercial N’kalô du 25 janvier, ses quatre établissements n’ont collecté que 76 424 tonnes d’arachides, bien loin de l’objectif fixé à 300 000 tonnes. Le prix plancher fixé par le gouvernement à 305 FCFA le kilogramme, contre 280 FCFA l’année précédente, complique la situation. L’entreprise doit débourser 335 FCFA le kilogramme auprès des opérateurs privés stockeurs (OPS), ce qui fragilise sa trésorerie et ralentit ses achats dans le bassin arachidier.

Les producteurs expriment leur mécontentement face à cette situation. Habitués à vendre leurs récoltes à l’export à des prix pouvant atteindre 500 FCFA le kilogramme, ils se retrouvent contraints de se tourner vers la Sonacos ou de céder leur production à des commerçants en dessous du prix plancher, entre 280 et 290 FCFA le kilogramme. Comme l’explique Cheikh Tidiane Cissé, Secrétaire général des agriculteurs du Bassin arachidier : « Nous espérions au moins 500 FCFA pour récompenser nos efforts, mais le Gouvernement nous a déçus. »

Les exportateurs, quant à eux, restent dans l’expectative. Bien que le gouvernement ait promis de nouvelles autorisations d’exportation une fois les huiliers locaux approvisionnés, la situation demeure bloquée. Le service N’kalô souligne l’urgence d’une « bonne réactivité des autorités » pour éviter des pertes importantes aux producteurs, d’autant que les capacités de transformation locales ne peuvent absorber que la moitié de la production nationale, estimée à un million de tonnes. Cette situation est d’autant plus regrettable que la demande chinoise s’intensifie, en raison d’une mauvaise récolte, poussant les importateurs à se tourner vers le Soudan et l’Inde.

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Transformation Agricole en Casamance : Un Partenariat Stratégique

Le Ministère de l’Agriculture, de la Souveraineté Alimentaire et de l’Élevage (MASAE) vient de conclure un accord majeur avec Bonifiche Ferraresi International, traçant une nouvelle voie pour le développement agricole sénégalais.

Ce partenariat public-privé, soutenu par le Plan Mattei du gouvernement italien et intégré au Plan Diomaye, vise à métamorphoser la région de Sédhiou en un pôle agricole moderne et intégré. Sur un vaste domaine de 10 000 hectares, le projet ambitionne de révolutionner simultanément l’agriculture, l’élevage et la pisciculture.

L’enjeu est crucial : réduire drastiquement la dépendance alimentaire du Sénégal. Actuellement, le pays dépense annuellement 1070 milliards de FCFA en importations alimentaires, une hémorragie économique que ce projet entend endiguer.

Les retombées attendues sont multiples et prometteuses. Au-delà de la production agricole, le projet générera des milliers d’emplois pour les jeunes et les femmes, favorisera l’émergence de coopératives agricoles communautaires et développera des infrastructures socio-économiques structurantes.

« Un pays qui importe autant de nourriture, exporte des emplois », a déclaré le Ministre Dr Mabouba Diagne, martelant la nécessité d’une approche nouvelle de souveraineté alimentaire.

Le MASAE s’engage dans une stratégie ambitieuse à moyen et long terme, visant à atteindre une autosuffisance alimentaire durable. L’objectif est clair : construire une agriculture résiliente, source de prospérité nationale.

Cette initiative symbolise plus qu’un simple projet agricole. C’est une vision transformatrice pour un Sénégal maître de son destin alimentaire, économique et social.

BTP Senegal

Les défis actuels du BTP au Sénégal : Une analyse

Le secteur du Bâtiment et des Travaux Publics (BTP) au Sénégal traverse une période de turbulences sans précédent, mettant en péril l’économie nationale. Depuis mai dernier, les mesures d’arrêt des chantiers ont entraîné la perte de plus de 10 000 emplois, sans qu’aucune mesure d’accompagnement ne soit mise en place. Cette situation a été dénoncée par les présidents des syndicats SNBTP et SPEBTPS, Abdel Kader Ndiaye et Oumar Ndir, lors de l’émission « Graînes de l’Eco » sur Sudfm.

Le BTP, représentant plus de 4% du PIB national et employant plus de 80 millions de personnes en Afrique, est un pilier essentiel de l’économie. Cependant, la pandémie de Covid-19 et les perturbations politiques de 2021 ont gravement affecté ce secteur, entraînant des arrêts d’activité et des impacts négatifs sur l’économie.

Les entreprises locales souffrent également de la concurrence étrangère et de la sous-traitance défavorable. De nombreux contrats de marchés publics ont été attribués à des entreprises étrangères, privant les entreprises sénégalaises de revenus importants. Les dirigeants du BTP appellent à des politiques publiques favorisant les entreprises sénégalaises et à une révision du régime de sous-traitance pour privilégier la co-traitance.

« Il est impératif de réajuster nos politiques publiques et de rompre avec le caractère extraverti de notre économie, qui tue nos entreprises, notamment les petites entreprises », a déclaré Abdel Kader Ndiaye. Oumar Ndir a ajouté que « la commande publique doit échoir aux entreprises de BTP sénégalaises, qui ont toutes les qualités et qualifications pour exécuter tous types de travaux publics au Sénégal et même ailleurs ».

Les patrons du BTP espèrent que des mesures seront prises pour soutenir le secteur et permettre aux entreprises sénégalaises de prospérer, contribuant ainsi à la souveraineté économique du pays.

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Le Sénégal lève 43,5 milliards FCFA sur le marché financier régional

Le Sénégal poursuit sa dynamique de mobilisation de ressources avec une nouvelle émission réussie sur le marché financier de l’UEMOA (Union économique et monétaire ouest-africaine) en janvier 2025. Cette opération a permis au pays de lever 43,529 milliards de francs CFA à travers l’émission de bons et d’obligations du Trésor.

Structuration de l’opération

Les titres émis se déclinent en deux catégories :

  • Des bons du Trésor arrivant à échéance le 18 janvier 2026
  • Des obligations remboursables en deux tranches : le 20 janvier 2028 et le 20 janvier 2030

Les taux d’intérêt attractifs, oscillant entre 7,38% et 7,77%, témoignent de la confiance des investisseurs dans l’économie sénégalaise. Cette confiance s’est également manifestée par une demande dépassant significativement l’offre initiale.

Une stratégie de financement éprouvée

Cette nouvelle opération s’inscrit dans la continuité des précédentes levées réussies en 2024, notamment :

  • 29,520 milliards FCFA en octobre
  • 40,139 milliards FCFA en juin

Les fonds mobilisés sont destinés à financer les projets de développement prioritaires, particulièrement dans les secteurs de l’éducation, de la santé et des infrastructures.

Contexte régional dynamique

Cette émission contribue au dynamisme du marché financier régional de l’UEMOA, qui a enregistré un volume total d’émissions de 8.746 milliards FCFA en 2023, maintenant ainsi le niveau élevé de 2022 (8.806,7 milliards FCFA).

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Loi d’Amnistie Sénégalaise de 2024

Le Rapport d’AfrikaJom et de l’Université de Stanford Dénonce une « violation des Droits Internationaux »

L’ONG sénégalaise AfrikaJom et le Rule of Law Impact Lab de l’Université de Stanford ont publié le 15 Janvier 2025 un rapport critique sur la loi d’amnistie sénégalaise adoptée en mars 2024. Intitulé « La loi d’amnistie au Sénégal : Un déni de justice ». Ce rapport renseigne que la loi d’amnistie adoptée sous la présidence de Macky Sall ne respecte pas les standards du droit international et empêche les victimes de violations des droits humains d’accéder à la justice.

La loi d’amnistie, qui couvre les événements politiques entre février 2021 et février 2024, accorde une immunité inconditionnelle à un large éventail de personnes impliquées dans des crimes liés à des manifestations politiques, y compris des responsables d’actes de torture et de meurtres. Si cette amnistie a permis d’organiser les élections présidentielles de 2024 dans un climat de paix, elle a, selon Stanford Law School et l’Afrikajom Center auteurs du rapport, ignoré les profondes souffrances des victimes et favorisé l’impunité.

Une Loi Qui Consacre l’Impunité

« La loi d’amnistie a permis aux élections présidentielles de se dérouler pacifiquement, mais elle ne pense pas les blessures causées par les violations des droits humains. Il est temps que les victimes obtiennent la justice qu’elles méritent », a-t-il déclaré Alioune Tine, fondateur du Centre Afrikajom, q. Ce dernier exprime son inquiétude quant à la normalisation de l’impunité que cette loi pourrait engendrer.

Selon ledit rapport, la loi va à l’encontre des obligations du Sénégal de mener des enquêtes et de poursuivre les responsables de violations graves des droits humains, comme en témoignent les traités internationaux ratifiés par le pays et la jurisprudence de la Cour africaine des droits de l’homme.

Environ 40 manifestants ont perdu la vie pendant la période concernée par la loi, tandis que près de 1 000 personnes ont été arbitrairement détenues et maltraitées, selon des organisations internationales de défense des droits de l’homme. Le rapport de l’ONG et de l’Université de Stanford argue que cette législation pourrait nuire à la démocratie sénégalaise en consolidant un système d’impunité.

Le rapport propose dès lors trois (3) recommandations pour sortir de cette impasse : offrir des recours aux victimes des violations des droits de l’homme, garantir le droit à la vérité pour la société sénégalaise, et engager des poursuites pénales contre les responsables de ces violations. Ces mesures visent à tourner la page de l’impunité et à restaurer la confiance des citoyens dans l’état de droit et la démocratie du Sénégal.

Bien que la loi d’amnistie ait servi de solution temporaire à une période de crise politique au senegal, le rapport souligne qu’elle présente un danger à long terme pour les principes de justice et de droits humains au Sénégal. Il est désormais crucial que le pays rétablisse les mécanismes juridiques permettant de tenir responsables les auteurs de violations graves, tout en offrant justice et réparation aux victimes.

A noté que la publication de ce rapport survient après l’adoption en novembre 2024 d’une majorité parlementaire favorable au président Bassirou Diomaye Faye et au Premier ministre Ousmane Sonko, deux bénéficiaires de la loi d’amnistie.             Toutefois ce dernier s’exprimant dans le cadre de sa déclaration de politique générale devant une Assemblée nationale totalement acquise, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé le 27 décembre leur soumettre prochainement un projet de loi abrogeant le texte voté en mars par l’ancienne majorité parlementaire.

Teranga : le mot qui définit le Sénégal

Teranga : le mot qui définit le Sénégal

Légende image, Les habitants de la ville sénégalaise de Saint-Louis, classée patrimoine mondial de l’Unesco, sont particulièrement connus pour leur culture de la teraanga.

 

Alors que j’attendais d’embarquer sur un vol pour Dakar en provenance de New York, une femme drapée dans un tissu coloré et un foulard lumineux me demande si elle pouvait utiliser mon téléphone portable. Hésitante, je m’interrogeais sur cette étrange familiarité, qui l’a poussée à demander pareil service à une inconnue. Alors que j’hésitais, une voyageuse habillée de la même manière qu’elle lui tend son téléphone, sans la moindre hésitation. Des anecdotes comme celle-ci ont eu lieu tout au long de mon voyage au Sénégal… C’était ma rencontre avec la teranga.

 

Le Sénégal est connu comme le « Pays de la teranga ». Les guides de voyage traduisent souvent ce mot wolof (également écrit « teraanga ») par « hospitalité », mais c’est « vague de le traduire » comme tel, explique Pierre Thiam, un chef sénégalais et cofondateur du restaurant « Teranga », à New York. « C’est vraiment beaucoup plus complexe que cela. C’est un mode de vie. »

 

Légende image, La teraanga est une combinaison typiquement sénégalaise de générosité, d’hospitalité et de partage, qui imprègne la vie quotidienne.

En tant que visiteur, j’ai rapidement remarqué que cette valeur imprègne de nombreux aspects de la vie quotidienne au Sénégal. La teranga met l’accent sur la générosité d’esprit et le partage des biens matériels dans toutes les rencontres, même avec les étrangers. Cela construit une culture dans laquelle il n’y a pas d’autre ».

 

Mon mur occidental s’est effondré

 

Pendant l’été que j’ai passé à faire du bénévolat dans un centre éducatif de Yoff, une commune de 90 000 habitants située au bord de l’océan, au nord du centre-ville de Dakar, la teranga m’a permis de découvrir et d’adopter la culture sénégalaise.

J’ai été invitée à séjourner auprès d’une famille de Yoff, et j’ai accepté la proposition de visiter quotidiennement les maisons des voisins et de boire du thé chez eux.

En m’immergeant dans cette façon d’être sénégalaise, mon mur occidental s’est effondré. L’ouverture, la générosité, la chaleur et la familiarité – les éléments clés de la teranga – ont pris leur place.

J’avais constamment l’impression que la population sénégalaise, qui comprend 16 millions de personnes, m’accueillait chez elle.

Pendant le déjeuner au travail, sept d’entre nous s’asseyaient par terre, autour d’une énorme assiette de riz, de poisson frais et de légumes.

Sachant que j’étais végétarienne, mes voisins me proposaient des légumes et je leur proposais du poisson.

Comment le Sénégal a inventé le riz Joloff que le Ghana et le Nigeria n’arrêtent pas de se disputer

Lorsque nous allions à la plage, des enfants qui me connaissaient à peine se jetaient dans mes bras pour échapper aux vagues.

J’étais impressionnée par l’aisance dont ils font preuve envers moi, jusqu’à ce que je me rappelle qu’ils ont été élevés dans la croyance que les membres de la communauté – même les étrangers – doivent s’entraider.

 

Des enfants de quatre ans rentraient seuls à pied du centre-ville où je travaillais, et personne ne s’inquiétait.

J’ai souvent vu des adultes prendre le temps d’éduquer et de guider les enfants du quartier, comme le feraient leurs propres parents.

Selon Dr Ibra Sène, historien sénégalais et enseignant au College of Wooster, dans l’État américain de l’Ohio, cela fait partie de la teranga, où  » on est prêt à (…) conseiller les gens, comme s’ils étaient des membres de la famille ».

Malgré l’omniprésence de la teranga au Sénégal aujourd’hui, ses origines restent quelque peu mystérieuses. Mais les historiens s’accordent à dire qu’elle est partie intégrante de la culture sénégalaise depuis des siècles, bien avant les trois cents ans de domination coloniale néerlandaise, britannique et française, de 1659 à 1960.

Spécificités culturelles

 

« Cet état d’esprit d’interaction, d’échange et d’ouverture envers l’autre remonte probablement à l’époque des grands empires d’Afrique de l’Ouest », a déclaré M. Sène, faisant allusion aux grands empires du Mali, du Ghana et du Songhai qui ont jadis prospéré dans la région.

Pendant plus de mille ans, cette région a fondé son économie sur le commerce. Et l’échange de biens et d’idées sur lequel ces empires se sont construits a prospéré grâce à cet esprit de générosité et d’ouverture, a-t-il ajouté. « Même s’il [n’était] pas appelé teranga, vous le voyez sous différentes formes à travers l’histoire de l’Afrique de l’Ouest. »

Bien qu’une première forme de teraanga ait probablement existé dans toute l’Afrique de l’Ouest, certains pensent que le concept actuel est né dans la ville de Saint-Louis (Ndar, en wolof), dans le nord-ouest du Sénégal. Les spécialistes affirment toutefois que cette affirmation n’est pas fondée, bien qu’ils aient des théories sur l’origine de cette idée.

Classée au patrimoine mondial de l’Unesco, la ville de Saint-Louis a joué un rôle important durant la colonisation française en Afrique de l’Ouest. C’est là que les colons ont construit leur première colonie en Afrique de l’Ouest, en 1659. C’est là également qu’ils ont établi la capitale. y

Mais M. Sène explique que si Saint-Louis a servi de « premier point d’ancrage et de tremplin à l’expansion coloniale française en Afrique de l’Ouest », parallèlement, « la ville est progressivement devenue le lieu d’une résistance subtile mais multiforme au colonialisme ».

« La communauté africaine de la ville a célébré avec audace ses spécificités culturelles dans cet espace colonial », ajoute l’historien. Au fil du temps, les habitants de Saint-Louis ont acquis une grande réputation et se sont fait connaître pour leurs manières, leur cuisine et leurs connaissances religieuses.

La teranga a permis de façonner l’identité du Sénégal

 

Que la teranga soit née ou non à Saint-Louis, elle y reste particulièrement forte aujourd’hui.

Astou Fall Guèye, doctorante au département d’études culturelles africaines de l’université du Wisconsin, explique que Saint-Louis « représente l’épitomé » de cette valeur.

« Chaque fois que l’on pense à la teranga au Sénégal, on pense aussi à la ‘teranga Ndar' », a-t-elle déclaré. « C’est très important dans la culture de cette ville. Les habitants de cette ville se vantent en quelque sorte d’être ceux qui savent le mieux comment pratiquer la teranga. »

Lorsque le Sénégal est devenu indépendant en 1960, le mot « teranga » a été utilisé pour façonner l’identité du pays naissant.

Rendre la teranga plus visible, par exemple en baptisant l’équipe nationale de football « Lions de la teranga », a permis à la nation de se rallier à cette vertu et de la présenter au monde comme une valeur sénégalaise distincte.

Aujourd’hui, une variété d’entreprises – des sociétés minières aux maisons d’hôtes – portent le nom de « teranga », et les visiteurs voient et ressentent ce concept dans tout le pays.

De nombreuses familles sénégalaises préparent souvent une assiette supplémentaire pour que tout visiteur qui arrive à l’improviste ait quelque chose à manger.

 

La teranga est particulièrement visible dans la culture alimentaire sénégalaise.

Marie Corréa Fernandes, conférencière de langue wolof à l’université du Kansas, explique comment l’hospitalité est intégrée à chaque repas. « Dans de nombreuses familles, lorsqu’on cuisine, on garde à l’esprit que quelqu’un peut arriver à tout moment ; il peut s’agir de quelqu’un que vous connaissez, ou que vous ne connaissez pas. » Pour préparer l’accueil des visiteurs, même imprévus, avec de la teranga, il y a souvent une assiette supplémentaire prête, « juste au cas où ».

Nous croyons vraiment que plus vous donnez, plus vous recevez. La teranga, c’est vraiment cela.

 

Et pour les invités qui se présentent à l’heure du repas, la façon de manger sénégalaise incarne l’esprit de partage de la teranga.

Traditionnellement, tous les convives mangent ensemble dans une grande assiette ou un bol.

 

« Mais la meilleure partie [du plat] revient toujours aux invités », explique M. Thiam. « On vous donne les meilleurs morceaux de viande et de poisson, ainsi que les légumes. » Selon M. Thiam, la raison de cette pratique est simple. « Nous croyons vraiment que plus vous donnez, plus vous recevez. La teranga, c’est vraiment cela. »

 

Selon Astou Fall Guèye, le rôle de la nourriture dans la teranga ne s’arrête pas aux repas.

Elle unifie également les membres de différentes religions. Le Sénégal est une nation majoritairement musulmane et, à l’approche de Pâques, « les chrétiens préparent un repas qu’ils appellent ngalax, composé de mil, de beurre de cacahuètes et de poudre de baobab », explique-t-elle. « Vous verrez des familles chrétiennes apporter cette nourriture à des familles musulmanes. »

Le partage de la nourriture pendant les fêtes va dans les deux sens : pendant la fête de l’Aïd al-Adha, les musulmans offrent des repas aux voisins qui sont chrétiens.

Lors des fêtes religieuses, les populations musulmanes et chrétiennes du Sénégal offrent des repas les uns aux autres.

 

, Lors des fêtes religieuses, les populations musulmanes et chrétiennes du Sénégal offrent des repas les uns aux autres.

« Nous célébrons les deux religions, et cela nous permet de nous sentir bien dans la communauté », a ajouté Marie Corréa Fernandes. « En teraanga, nous avons de la tolérance pour l’autre. Nous sommes une culture très diversifiée. »

Le Sénégal est composé de plusieurs groupes ethniques, notamment les Wolofs, les Pulars, les Sérères, les Mandingues, les Diolas et les Soninkés. Contrairement à la Guinée-Bissau et au Mali voisins, qui ont connu des coups d’État et des violences ethniques, la diversité du Sénégal n’a jamais été à l’origine de conflits. Et la Banque mondiale classe le Sénégal parmi les « pays les plus stables d’Afrique ». Et, selon M. Sène, la teraanga a contribué à unir les Sénégalais, quelles que soient leurs origines.

« La chose que les Sénégalais partagent le plus, c’est l’idée de la teranga »

 

Selon Marie Corréa Fernandes, l’accueil est l’un des aspects les plus importants de la teranga. « Vous ne pouvez pas venir et dire : ‘Où est le bureau de poste ?’. Bonjour… saluez-moi d’abord ! » dit-elle. « Les salutations sont très importantes. C’est très impoli d’arriver et de commencer à parler sans saluer l’autre. »

Le Sénégal est un pilier de la stabilité, en partie parce que chacun de ses groupes ethniques croit fermement à l’idée de la teraanga.

 

Le Sénégal est un pilier de la stabilité, en partie parce que chacun de ses groupes ethniques croit fermement à l’idée de la teraanga.

Cet état d’esprit permet de maintenir une vie de quartier harmonieuse. « Il y a ce fameux dicton [sénégalais] qui dit que vos voisins constituent votre famille, parce que si quelque chose vous arrive, avant même que votre famille naturelle ne vienne vous secourir, ce sont d’abord vos voisins qui vous viennent en aide », a déclaré Astou Fall Guèye.

Les célébrations communautaires illustrent également le principe d’accueil de la teraanga. Les événements marquants sont généralement ouverts et participatifs. « Vous ne pouvez pas dire à l’un, ‘tu peux venir’, ou à l’autre, ‘non, tu ne peux pas venir' », a expliqué Marie Corréa Fernandes, précisant que « tout le monde est invité ».

Lorsque Marie Correa Fernandes s’est mariée dans son village, il n’y avait pas d’invitations. Ses parents ont communiqué aux voisins la date du mariage, et « ce jour-là, tout le monde s’est présenté ».

La réputation du Sénégal en matière d’hospitalité a le don d’attirer les visiteurs.

Légende image, La réputation du Sénégal en matière d’hospitalité a le don d’attirer les visiteurs.

Cette ouverture envers les voisins s’étend également aux étrangers de passage dans la communauté.

La famille de Sène, qui a grandi dans une région rurale, accueillait souvent les voyageurs dans sa maison pour une nuit ou deux, parfois même plus. Il pense que cet esprit d’hospitalité est toujours d’actualité.

« À Dakar, même avec l’anonymat croissant pour lequel les grandes villes sont connues, les gens sont prêts à partager ce qu’ils ont », dit-il.

Les étrangers qui demandaient un endroit pour se reposer, une salle de bain, un téléphone ou de l’eau se voyaient répondre par la teraanga. « Vous pouvez vous promener dans Dakar, frapper à la porte et dire : ‘Pourriez-vous me donner de l’eau ?’ Les gens vous donneront de l’eau sans aucun problème. »

Youssou N’Dour, l’un des chanteurs les plus célèbres du pays, a une chanson sur la teranga qui résume bien le concept. « Nit ki ñew ci sa reew, bu yegsee teeru ko, sargal ko ba bu demee bëgg dellusi », chante-t-il. Selon Marie Corréa Fernandes, cela signifie : « Lorsque quelqu’un arrive dans votre pays, accueillez-le, honorez-le de telle sorte qu’il ait envie, lorsqu’il repartira, de revenir. »

Ce n’est pas étonnant que nous, visiteurs du pays, ayons hâte d’y retourner.

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Dak’Art 2024 : Dakar capitale de l’Art Africain contemporain pendant un mois

La quinzième édition de la biennale de l’Art Africain contemporain démarre ce jeudi 07 novembre 2024 au 7 décembre prochain à Dakar la capitale Sénégalaise. Elle est placée sous le théme « The Wake » ou « L’éveil ».

 

Cette édition fait ressortir les défis auxquels les artistes africains font face, tels que les questions de justice sociale, d’environnement et d’identité culturelle.

Dans sa note conceptuelle, la directrice artistique de l’événement, Salimata Diop explique qu’il s’agit, dans ce thème, de lier le passé et l’avenir en leur conférant une importance égale.

Cette thématique est partiellement inspirée de l’ouvrage In the Wake : On Blackness and Black Being de la professeure Christina Sharpe qui examine la condition noire, ses représentations littéraires, visuelles et artistiques, en rapport avec les notions d’exhumation, de deuil et d’arrachement.

 

« On naviguera au fil de ce qu’évoque le terme wake (éveil, sillage, veillée mortuaire, gindiku), qui déploie un riche éventail sémantique offrant finalement un pont culturel et métaphorique entre art et société. »

À travers leurs œuvres, les créateurs abordent divers sujets, allant des réalités économiques et sociales du continent aux aspirations spirituelles et esthétiques. Ce thème vise également à célébrer la capacité des artistes africains à surmonter les obstacles pour se faire une place sur la scène internationale.

Au chapitre des innovations, pour cette 15e édition le « Grand Témoin », porté par l’artiste Kenyane, 𝐖𝐚𝐧𝐠𝐞𝐜𝐡𝐢 𝐌𝐮𝐭𝐮, propose une installation à grande échelle. Si l’on en croit la directrice artistique de la biennale Madame Salimata Diop :  » Il s’agit d’une installation à grande échelle, quelque chose d’inédit et de pertinent »

 

La Dak’Art a été conçue en 1989 comme une biennale alternant littérature et art. La biennale a été créée grâce à la volonté conjointe de l’Etat sénégalais qui en assume la tutelle, et des artistes locaux qui organisent depuis les années 1970 des expositions annuelles régulières.

Ces dernières mettent en lumière les différentes formes d’évolution de la création artistique contemporaine. L’objectif était d’en faire une vitrine de l’art et de la littérature en Afrique.

La première édition, en 1990, était consacrée à la littérature et celle de 1992 aux arts visuels. Après deux éditions, la décision fut prise de concentrer exclusivement la manifestation sur les arts visuels et le design avec une exposition à petite échelle consacrée aux textiles et à la tapisserie. Aujourd’hui, les arts numériques prennent leur place dans DAK’ART.

 

La Biennale de Dakar s’inscrit ainsi dans les mêmes traditions que Venise (1895), Sao Paulo (1951), La Havane (1984) Dak’Art tient sa quatorzième édition du 19 mai au 21 juin 2022.

Elle a permis de révéler de nombreux artistes africains.

Dak’Art a suscité des vocations et a aussi participé à renforcer la crédibilité et la notoriété de différents intervenants : curateurs, critiques d’art, journalistes culturels, responsables de galerie, scénographes, etc.

De nombreux événements sur l’art contemporain en Afrique comme en dehors du continent s’inspirent aussi de l’expérience de Dak’Art.

 

L’Etat du Sénégal s’engage pour une biennale réussie et inclusive

Avec un budget d’1 milliard 800 millions de francs CFA mobilisé par l’Etat, la Biennale de Dakar, l’un des plus grands événements du monde de l’art moderne africain, est « une affaire de l’Etat du Sénégal et elle le restera, car c’est lui qui devra décider s’il faut la tenir ou pas. C’est aussi lui qui a la possibilité d’en définir les modalités et le contenu », a dit Khady Diène Gaye, la ministre de la Culture.

Le secteur privé, également a contribué autour de 291 millions de F Cfa. La ministre de la Culture signale également que certains de ses homologues, comme les ministres en charge de la Culture de la Guinée-Bissau et du Mali, sont aussi attendus au Dak’art 2024.

Pour cette édition, souligne Khady Diène Gaye, une orientation a été donnée de pouvoir « démocratiser » la biennale et faire en sorte que l’événement ne soit plus perçu comme une affaire réservée à une certaine élite, une affaire de luxe. Ainsi, un coin des tout-petits a été aménagé à l’ancien Palais de justice du Cap Manuel afin d’imprégner très tôt les enfants aux œuvres d’art et à la création artistique.

 

Le IN et le « OFF » parties intégrantes de l’événement culturel

Depuis 2002, le OFF est une caractéristique phare de cet événement. Outre l’exposition officielle avec la participation d’artistes sélectionnés, le OFF de Dak’Art donne l’opportunité à tous les acteurs de l’art et de la culture de présenter leur travail sans limite de qualité, de nationalité ou de critère de genre.

Le OFF de la Biennale d’Art Africain Contemporain de Dakar est constitué d’événements artistiques autonomes organisés autour de l’événement central et capitalise en moyenne deux cent cinquante (250) projets.

Et le volet  »IN » de cette 15e édition avec ses 58 artistes sélectionnés. De même, la section design, qui n’a plus été en lice depuis plusieurs années, marque son retour avec le commissaire Ousmane Mbaye et l’hommage à la plasticienne sous-verre Anta Ger­maine Gaye et au défunt Ndoye Douts.

Le volet IN de la Biennale de Dakar revêt plus un statut pédagogique et joint l’utile à l’agréable avec des activités pour les élèves des ateliers et tables rondes avec les acteurs d’ici et d’ailleurs, des concerts entre autres.

Toujours dans le cadre du programme IN de cette 15e édition, environ 70 artistes d’Afrique et de la diaspora exposeront leurs œuvres dans les espaces les plus emblématiques de Dakar, comme le Musée des Civilisations noires et la Galerie nationale d’art. Cette sélection comprend aussi bien des artistes confirmés que de nouveaux talents. Ce qui témoigne de la diversité des approches et des médiums explorés par les créateurs africains contemporains.

 

Evolutions, et tendances de la Dak’Art

 

Si l’on en croit Idrissa DIALLO commissaire d’exposition à l’espace biennale,  »L’espace biennale propose des Parcours variés qui célèbrent la créativité africaine et internationale sous de multiples formes. Le programme OFF permet de mettre en avant des artistes émergents et confirmés ».

Et malgré qu’elle fut reportée cette 15e édition de la biennale de Dakar promet en termes d’innovation avec la digitalisation. Idrissa DIALLO estime que cette année, le programme OFF de la Biennale est particulièrement riche, avec plus de 450 expositions réparties dans toute la ville, offrant un large éventail d’expressions artistiques contemporaines. Ces expositions incluent non seulement des peintures, mais aussi des installations, des photographies, des sculptures, des performances et des œuvres multimédia, permettant aux visiteurs de découvrir la diversité des talents et des pratiques artistiques actuelles.

Et pour faciliter l’accès et la découverte de ces multiples expositions, une application a été développée cette année.  »Elle centralise toutes les informations sur les événements OFF et fournit des descriptions des expositions, des cartes interactives, des horaires, ainsi que des informations pratiques pour permettre aux visiteurs de s’orienter plus facilement et de ne rien manquer de cette édition riche et foisonnante ».

 

Dakar capitale de l’Art Africain Contemporain?

 

Dakar est aujourd’hui une capitale majeure de l’art contemporain en Afrique, notamment grâce à sa Biennale d’Art Contemporain, qui existe depuis plus de 30 ans. Cette longévité confère à Dakar une place incontournable dans le paysage artistique africain, attirant un large éventail de créateurs, de collectionneurs, de commissaires d’exposition et d’amateurs d’art du monde entier. La Biennale, mais aussi le dynamisme des institutions locales, des galeries et des espaces alternatifs, a permis de consolider Dakar comme un véritable pôle artistique en Afrique de l’Ouest, où se tissent des liens solides entre les cultures africaines et internationales.

Idrissa DIALLO souligne  »qu’en termes de positionnement, Dakar est non seulement un lieu de visibilité pour les artistes africains, mais aussi un carrefour d’échanges et de réflexion. La ville a su jouer un rôle pionnier en offrant une plateforme de premier plan pour des expressions artistiques contemporaines africaines tout en permettant aux artistes de s’inscrire dans un dialogue global. Les expositions à la Biennale abordent souvent des enjeux contemporains de la migration aux questions d’identité, en passant par la mondialisation ce qui inscrit Dakar dans une réflexion esthétique, sociale et politique.

Au fil des années, Dakar a également favorisé l’émergence d’un écosystème artistique plus structuré, avec des résidences d’artistes, des projets éducatifs, et un soutien croissant aux jeunes talents. Ce rayonnement de Dakar dans les arts visuels positionne la ville comme une métropole culturelle qui non seulement reflète les aspirations de l’art africain contemporain, mais contribue aussi à façonner le futur de cet art dans le monde entier.

 

Quel est le statut actuel de l’Art africain contemporain?

 

L’art contemporain en Afrique est en pleine effervescence, avec des perspectives de croissance et de reconnaissance de plus en plus prometteuses. Sur le continent, l’essor de nouvelles galeries, musées et biennales, ainsi que le soutien accru de collectionneurs et de mécènes locaux, renforce les réseaux artistiques et crée des opportunités pour les artistes africains de s’exprimer à une échelle internationale.

À l’échelle mondiale, l’ancien directeur du village des Arts explique que l’art contemporain africain  »suscite un intérêt croissant, notamment dans les grandes foires et expositions internationales. Les artistes africains sont de plus en plus présents sur la scène mondiale, et leur travail est reconnu pour sa richesse conceptuelle et esthétique. Les perspectives d’avenir incluent une intégration encore plus forte des artistes africains dans le marché de l’art global » .

De plus, les technologies numériques et les réseaux sociaux permettent aux artistes de partager leur travail directement avec un public global, élargissant les possibilités de visibilité et d’échange culturel. Cette transformation numérique, couplée à une scène artistique dynamique sur le continent, promet de faire de l’Afrique un acteur majeur dans l’art contemporain du XXIe siècle, avec des expressions qui influencent, enrichissent et diversifient l’art à l’échelle mondiale.

 

BBC NEWS AFRIQUE

CULTURE 1

Au Sénégal, une quinzième biennale de l’art contemporain africain sous le signe de l’éveil

A Dakar, l’événement culturel rassemble cinquante-quatre artistes venus du continent, des diasporas et des espaces afrocaribéens. Temps forts avec cinq femmes puissantes et résilientes.

La 15e biennale de l’art contemporain africain de Dakar, qui se tient du 7 novembre au 7 décembre, est placée sous le sceau de « L’Eveil » et du « Xall wi » (le sillage, en wolof).

 

Quarante-cinq ans après sa création, celle-ci rassemble cinquante-quatre artistes venus du continent, des diasporas et des espaces afrocaribéens, dans l’enceinte de l’ancien palais de justice de la capitale où les maîtresses de cérémonies et l’équipe curatrice – exclusivement des femmes ! – ont repoussé et détruit des murs pour redonner vie à une partie de cet édifice brutaliste abandonné durant des décennies.

Dans la salle des pas perdus se déploie désormais une flore fantastique, comme un symbole de l’appel poétique de ce Dak’art à un réveil collectif face à l’écocide de notre civilisation et aux désastres de la colonisation. Revue des temps forts avec cinq artistes puissantes et résilientes.