Le président guinéen, Mamadi Doumbouya, a fixé au 29 novembre les élections des conseils régionaux et au 20 décembre les élections sénatoriales, selon un décret lu à la télévision nationale. Ces deux scrutins doivent compléter la mise en place des institutions prévues par la nouvelle Constitution et constituer une étape majeure dans le processus de retour à l’ordre constitutionnel.
Les électeurs seront d’abord appelés aux urnes le 29 novembre pour désigner les membres des conseils régionaux dans les différentes régions du pays, ainsi qu’à Conakry. Le 20 décembre, ils participeront à l’élection des deux tiers des membres du Sénat. Le tiers restant sera nommé par le président de la République, conformément au dispositif institutionnel annoncé.
Une nouvelle étape après les législatives
Ces échéances interviennent quelques mois après les élections législatives organisées en mai dernier. À l’issue du scrutin, la coalition présidentielle et ses alliés ont obtenu plus de 80 % des sièges au Parlement. Cette large victoire s’est toutefois dessinée dans un contexte marqué par l’absence de plusieurs grandes formations de l’opposition, notamment l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG) et le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), dissous par les autorités en mars. Ces partis avaient appelé au boycott des élections.
Arrivé au pouvoir à la suite du coup d’État de septembre 2021, Mamadi Doumbouya a été élu président de la République lors du scrutin de décembre 2025. Depuis, sa gouvernance fait l’objet de critiques récurrentes de la part de formations politiques et d’organisations de défense des droits humains. Celles-ci dénoncent notamment les restrictions aux libertés publiques, les mesures visant plusieurs partis politiques et les procédures engagées contre des figures de l’opposition et de la société civile.
Un processus électoral sous tension
Les manifestations sont interdites depuis 2022, tandis que plusieurs opposants ont été arrêtés, condamnés ou contraints à l’exil. Ces restrictions alimentent les inquiétudes sur les conditions d’exercice des libertés politiques et sur la participation des différentes sensibilités au processus institutionnel en cours.
Pour les autorités, les élections régionales et sénatoriales doivent permettre d’achever l’architecture institutionnelle prévue par la nouvelle Constitution. Pour leurs détracteurs, ces scrutins se tiendront dans un environnement politique fragilisé par la réduction de l’espace démocratique et l’absence de plusieurs acteurs majeurs de l’opposition.
Au-delà du calendrier électoral, l’enjeu sera donc aussi celui de la crédibilité du processus et de sa capacité à favoriser une représentation politique suffisamment pluraliste.

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