Le Niger franchit une nouvelle étape dans la relance de son secteur uranifère. Les autorités ont conclu une nouvelle convention avec le groupe australien Atomic Eagle pour permettre la reprise du projet d’exploitation d’uranium de Madaouela, situé dans la région d’Agadez, dans le nord du pays.
La convention, signée en septembre 2026, prévoit une participation de 60 % pour Atomic Eagle et de 40 % pour l’État nigérien à travers Madaouela Mining Company (MAMICO). Cette répartition renforce la participation de l’État, qui détenait auparavant 20 % dans le projet. Atomic Eagle conserve, pour sa part, le contrôle opérationnel.
Une redevance initiale de 10 millions de dollars
Selon le gouvernement nigérien, le nouvel accord prévoit notamment le versement d’une redevance initiale forfaitaire de 10 millions de dollars à l’État.
La convention comprend également des engagements en matière de développement local et de renforcement des capacités de l’administration minière. Elle prévoit par ailleurs la création d’environ 1 000 emplois destinés à de jeunes Nigériens, ainsi qu’une priorité accordée aux entreprises locales pour certaines prestations et fournitures liées au projet.
Le gisement de Madaouela figure parmi les importants projets uranifères du Niger. Atomic Eagle fait état d’une ressource minérale estimée à 116,5 millions de livres d’U₃O₈, soit environ 52 800 tonnes, selon une estimation héritée de l’ancien détenteur du projet. La société précise toutefois que cette estimation doit encore être convertie en ressource conforme au référentiel JORC australien.
Un projet réattribué après le retrait du permis
Le projet avait été attribué auparavant au groupe canadien GoviEx Uranium. Les autorités nigériennes avaient retiré le permis d’exploitation de Madaouela en juillet 2024, avant que le site ne revienne dans le domaine public de l’État.
La nouvelle convention intervient ainsi après une période de discussions techniques, juridiques et économiques visant à rétablir le projet sous une nouvelle configuration.
Le secteur de l’uranium au cœur des relations avec Orano
Cette relance intervient également dans un contexte de tensions entre Niamey et le groupe français Orano autour de ses activités minières au Niger.
Orano a engagé plusieurs procédures d’arbitrage contre l’État nigérien après avoir annoncé la perte du contrôle opérationnel de ses filiales dans le pays. Le groupe conteste notamment les mesures prises concernant la SOMAÏR et le permis d’Imouraren.
En septembre 2025, un tribunal arbitral constitué sous l’égide du CIRDI avait notamment ordonné au Niger de ne pas vendre ou transférer à des tiers de l’uranium produit par la SOMAÏR et concerné par le litige.
Avec la relance de Madaouela, les autorités nigériennes poursuivent donc la réorganisation du secteur minier et la diversification de leurs partenariats. Le projet doit désormais entrer dans une nouvelle phase de développement, avec des travaux techniques et financiers destinés à préciser les conditions de sa mise en exploitation.

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