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Niger : le retrait de la Cour pénale internationale acté.

Le Niger a officiellement engagé son retrait de la Cour pénale internationale (CPI), marquant une nouvelle étape dans la redéfinition de sa politique extérieure et de ses relations avec les institutions internationales. Les autorités nigériennes reprochent à la juridiction basée à La Haye de s’être éloignée de sa mission initiale et de pratiquer une justice jugée inéquitable à l’égard de certains États.

Une rupture officialisée auprès des Nations unies

Lundi, le gouvernement nigérien a transmis aux Nations unies une notification formelle de retrait du Statut de Rome, le traité fondateur de la CPI. Cette démarche enclenche la procédure prévue par les textes et ouvre un délai de douze mois avant que la décision ne devienne pleinement effective.

Dans sa correspondance, Niamey estime que la Cour n’a pas répondu aux attentes placées en elle lors de sa création. Les autorités considèrent que l’institution, censée lutter contre l’impunité des crimes les plus graves, aurait progressivement perdu sa neutralité au profit d’une application sélective de la justice internationale.

Une position partagée au sein de l’Alliance des États du Sahel

Cette décision s’inscrit dans une dynamique déjà amorcée par les autres membres de la Confédération des États du Sahel (AES). Le Mali et le Burkina Faso avaient en effet annoncé, dès l’année précédente, leur intention de quitter également la juridiction internationale.

Depuis le changement de régime intervenu au Niger en juillet 2023, les autorités militaires ont multiplié les prises de distance avec plusieurs partenaires occidentaux et engagé un repositionnement stratégique de leurs alliances diplomatiques et sécuritaires. Cette réorientation s’est traduite par un rapprochement avec de nouveaux partenaires internationaux, notamment la Russie, dans un contexte de recomposition géopolitique au Sahel.

La CPI regrette une décision contraire à la lutte contre l’impunité

La Cour pénale internationale a rapidement réagi à l’annonce nigérienne en exprimant son regret. Dans un communiqué, l’institution a rappelé que son mandat repose sur la coopération des États afin de poursuivre les auteurs de génocides, crimes contre l’humanité, crimes de guerre et crimes d’agression.

La CPI estime que les retraits successifs d’États parties risquent d’affaiblir les mécanismes internationaux destinés à lutter contre l’impunité et à garantir la justice pour les victimes des crimes les plus graves.

Malgré la notification de retrait, la juridiction conserve sa compétence sur les crimes éventuellement commis sur le territoire nigérien avant la date effective de sortie du Statut de Rome.

Un contexte sécuritaire toujours préoccupant

L’annonce intervient alors que le Niger demeure confronté à une dégradation persistante de la situation sécuritaire. Début juin, une attaque armée contre l’aéroport international de Niamey a causé la mort de plus d’une trentaine de personnes. Il s’agissait de la deuxième offensive visant cette infrastructure stratégique depuis le début de l’année.

Considéré comme un centre névralgique pour les opérations militaires et la coordination régionale de l’AES, l’aéroport de Niamey symbolise l’extension des violences vers les centres urbains, une évolution qui inquiète de plus en plus les observateurs de la crise sahélienne.

Un mouvement encore limité à l’échelle mondiale

Avec cette décision, le Niger devient le troisième État à engager son retrait effectif de la CPI après le Burundi et les Philippines. Malgré les critiques récurrentes adressées à la Cour par plusieurs gouvernements, la majorité des États parties continue toutefois de soutenir le système judiciaire international mis en place par le Statut de Rome.

Cette nouvelle étape illustre les tensions croissantes entre certaines capitales africaines et les institutions internationales, dans un contexte où les questions de souveraineté, de sécurité et de gouvernance occupent une place centrale dans les débats politiques du continent.

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Diplomatie : Le Niger et le Bénin scellent un accord de principe pour rouvrir leur frontière

Après près de trois ans d’impasse et de tensions diplomatiques, le Niger et le Bénin viennent de franchir une étape historique vers la normalisation de leurs relations. Au terme de 48 heures de négociations intensives à Cotonou, les deux pays voisins sont parvenus à un accord de principe majeur, ouvrant concrètement la voie à la réouverture de leur frontière commune.
Cette avancée décisive est le fruit d’une mission de haut niveau entamée dans la capitale économique béninoise par une importante délégation nigérienne. À sa tête, le général de division Mohamed Toumba, ministre d’État nigérien chargé de l’Intérieur, de la Sécurité publique et de l’Administration du territoire, est venu concrétiser la volonté de rapprochement affichée par les deux États depuis le début du mois.

Un compromis global : Sécurité, économie et justice

Les discussions, qualifiées de franches et constructives, ont permis de débloquer plusieurs dossiers sensibles qui empoisonnaient les relations bilatérales. Les deux parties se sont accordées sur des principes clés articulés autour de trois grands piliers :

  1. Le verrou sécuritaire : Priorité absolue des deux nations, un cadre de coopération renforcé a été défini pour sécuriser les zones frontalières et coordonner la lutte contre le terrorisme et le grand banditisme.
  2. La normalisation économique : Les délégations se sont entendues sur des mesures de facilitation du commerce, incluant l’exonération de certaines taxes sur le transit, la révision de diverses charges douanières et logistiques, ainsi que l’interdiction de mise en consommation de catégories spécifiques de marchandises.
  3. Le volet juridique : Un terrain d’entente a été trouvé pour solder les contentieux en suspens qui freinaient la reprise économique.

« Nous avons verrouillé la priorité sécuritaire. Nous avons également jeté les bases d’une normalisation économique et juridique », s’est félicité le général Mohamed Toumba, insistant sur le fait que le choix du dialogue était le seul moyen de créer « de la valeur pour nos économies, de la sécurité pour nos populations et de l’espoir pour notre jeunesse ».

Le retour de la confiance mutuelle

Du côté béninois, l’heure est également au soulagement et à l’optimisme. Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Oleshegun Adjadi Bakari, a salué le rétablissement d’un climat de confiance mutuelle indispensable. « Après 48 heures passées ensemble, nous formons une seule délégation avec un seul objectif : refaire naître cet amour et ce lien séculaire entre nos deux peuples », a-t-il déclaré avec émotion.
Ces conclusions encourageantes doivent désormais être soumises à la validation formelle des plus hautes autorités de Niamey et de Cotonou avant leur mise en œuvre effective sur le terrain.

L’aboutissement d’un processus progressif

Ce dénouement n’est pas le fruit du hasard. Il s’inscrit dans la continuité d’un dégel amorcé le 2 juin dernier à Niamey lors d’un tête-à-tête crucial entre le président béninois Romuald Wadagni et le chef de l’État nigérien, le général Abdourahamane Tiani. Les travaux récents d’un comité d’experts bilatéraux avaient déjà balisé le terrain en annonçant des résultats jugés « fructueux ».
Au-delà de la réouverture prochaine des barrières frontalières, les deux voisins prévoient déjà de relancer la grande commission mixte de coopération Niger-Bénin. Preuve que le rapprochement est pris très au sérieux, les canaux diplomatiques étudient d’ores et déjà les modalités d’une future visite officielle de réciprocité du général Tiani sur le sol béninois.
Après des mois d’asphyxie économique pour les commerçants et les transporteurs des deux bords, le corridor Niger-Bénin s’apprête enfin à revivre.

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Niger : une attaque contre l’aéroport international de Niamey rapidement neutralisée.

L’aéroport international Diori Hamani de Niamey a été la cible d’une attaque armée dans les premières heures de la journée du jeudi 18 juin 2026. L’assaut, attribué par les autorités nigériennes à des éléments qualifiés de terroristes, a brièvement perturbé les activités de cette infrastructure essentielle avant d’être rapidement maîtrisé par les forces de défense et de sécurité.

Selon plusieurs sources locales, les assaillants auraient tenté de pénétrer dans l’enceinte aéroportuaire en s’approchant notamment à bord de véhicules civils, dont certains taxis. Leur objectif présumé était de franchir le dispositif de sécurité déployé à l’entrée principale de l’aéroport, principal point d’accès aérien du pays et site stratégique pour les activités civiles et sécuritaires du Niger.

Une intervention rapide des forces nigériennes

Face à cette menace, les forces de défense et de sécurité ont été immédiatement mobilisées. Leur intervention a permis de repousser les assaillants et de reprendre rapidement le contrôle de la zone concernée.

À l’issue de l’opération, le périmètre de l’aéroport a été entièrement sécurisé afin de garantir la reprise normale des activités. Aucun bilan officiel détaillé n’avait encore été communiqué au moment de la rédaction de cet article. Toutefois, plusieurs sources évoquent la neutralisation de plusieurs assaillants lors de l’intervention.

Les autorités poursuivent leurs investigations afin de déterminer les circonstances exactes de l’attaque, l’identité des auteurs et leurs éventuels réseaux de soutien.

L’Union africaine condamne fermement l’attaque

La réaction de l’Union africaine n’a pas tardé. Dans un communiqué officiel publié à la suite des événements, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a condamné avec fermeté cette attaque visant une infrastructure civile stratégique.

Le responsable continental a exprimé sa solidarité envers les autorités nigériennes ainsi qu’envers les populations affectées par cet acte de violence. Il a également adressé ses condoléances aux familles des victimes et formulé ses vœux de prompt rétablissement aux personnes blessées.

Le président de la Commission a par ailleurs salué la réactivité des forces de sécurité nigériennes, soulignant que leur intervention rapide a permis de contenir l’attaque et d’éviter des conséquences potentiellement plus graves.

Un contexte sécuritaire toujours préoccupant

Cette nouvelle attaque intervient dans un contexte de forte pression sécuritaire au Niger, confronté depuis plusieurs années à l’activisme de groupes armés opérant dans différentes régions du pays, notamment dans les zones frontalières du Sahel.

Les infrastructures stratégiques figurent régulièrement parmi les cibles potentielles de ces groupes, qui cherchent à déstabiliser les institutions et à perturber les activités économiques et administratives.

En janvier 2026, la base aérienne 101 de Niamey, située à proximité immédiate de l’aéroport international Diori Hamani, avait déjà fait l’objet d’une attaque. Cet épisode avait alimenté les tensions diplomatiques régionales après des déclarations du président nigérien, le général Abdourahamane Tiani, mettant en cause certains acteurs étrangers dans les tentatives de déstabilisation du pays.

La lutte contre le terrorisme au cœur des priorités régionales

Au-delà de l’incident de Niamey, cette attaque rappelle la persistance des défis sécuritaires auxquels sont confrontés plusieurs États du Sahel. Face à l’évolution des menaces terroristes et à leur capacité d’adaptation, les organisations régionales et les gouvernements africains multiplient les initiatives visant à renforcer la coopération sécuritaire, le partage du renseignement et la protection des infrastructures critiques.

L’Union africaine a réaffirmé, à cette occasion, son engagement à soutenir les efforts des États membres dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, considérés comme des obstacles majeurs à la stabilité, au développement économique et à la paix durable sur le continent.

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Bénin–Niger : vers une réouverture de la frontière et une relance durable de la coopération bilatérale.

Le Bénin et le Niger poursuivent leur processus de normalisation diplomatique. Les deux pays ont officialisé, le 16 juin 2026, les conclusions d’un premier cycle de concertations techniques à travers un communiqué conjoint marquant une avancée significative vers la réouverture de leur frontière commune et la relance de leur coopération bilatérale.

Cette démarche s’inscrit dans le prolongement de la visite effectuée à Niamey, le 2 juin dernier, par le président béninois Romuald Wadagni, quelques jours seulement après son investiture. Cette rencontre avec le président nigérien, le général Abdourahamane Tiani, avait ouvert une nouvelle séquence diplomatique entre les deux pays, après plusieurs mois de tensions liées à la fermeture de la frontière consécutive aux événements politiques survenus au Niger en juillet 2023.

Des travaux techniques jugés encourageants

Selon le communiqué conjoint, les experts béninois et nigériens ont achevé une première phase de consultations consacrée à l’examen des différents dossiers liés à la normalisation des relations entre les deux États.

Les autorités des deux pays saluent des résultats qualifiés de « fructueux », fruits de quinze jours d’échanges techniques approfondis. Les conclusions de ces travaux ont été transmises aux gouvernements respectifs et serviront de base aux prochaines décisions politiques.

Les délégations ont également convenu de poursuivre leurs discussions dans les prochains jours afin de finaliser un rapport commun destiné aux chefs d’État des deux pays. Cette étape est considérée comme essentielle pour concrétiser les engagements pris au plus haut niveau.

La réouverture de la frontière au cœur des priorités

Parmi les principaux objectifs poursuivis figure la réouverture de la frontière entre le Bénin et le Niger, un enjeu majeur pour les populations, les opérateurs économiques et les échanges commerciaux régionaux.

La fermeture de cet axe stratégique a eu des répercussions importantes sur les activités économiques des deux pays, notamment sur le transit des marchandises et les flux commerciaux dans le corridor reliant le port de Cotonou au Niger.

À travers ce dialogue renouvelé, Niamey et Cotonou affichent leur volonté commune de lever progressivement les obstacles qui entravent leurs relations et de restaurer un climat de confiance propice à une coopération renforcée.

Sécurité et lutte contre le terrorisme : une préoccupation partagée

Au-delà des questions économiques, les discussions ont également porté sur les défis sécuritaires auxquels sont confrontés les deux pays.

Le communiqué souligne la détermination des gouvernements béninois et nigérien à renforcer leur coordination dans la lutte contre le terrorisme, le banditisme transfrontalier et les différentes formes de criminalité qui affectent la sous-région.

Cette orientation reflète une prise de conscience commune face à l’expansion des menaces sécuritaires dans l’espace sahélien et ouest-africain, où la coopération entre États apparaît de plus en plus indispensable pour préserver la stabilité régionale.

Une volonté de relancer les mécanismes de coopération

Les deux pays ont également convenu de redynamiser la commission mixte de coopération nigéro-béninoise, principal cadre institutionnel chargé de piloter les projets communs et de favoriser le dialogue entre les administrations des deux États.

Cette relance devrait permettre d’aborder de manière structurée les questions économiques, commerciales, sécuritaires et sociales qui lient les deux voisins.

Un signal positif pour la stabilité régionale

La dynamique engagée entre le Bénin et le Niger intervient dans un contexte régional marqué par de profondes recompositions politiques et sécuritaires. En privilégiant le dialogue et la concertation, les deux capitales affichent leur volonté de reconstruire une relation fondée sur la confiance mutuelle et les intérêts partagés.

Les autorités ont par ailleurs confirmé le principe d’une future visite du président Abdourahamane Tiani au Bénin, dont les modalités restent à définir. Cette perspective constitue un nouveau signal de rapprochement et pourrait contribuer à consolider davantage le processus de normalisation engagé entre les deux pays.

À travers cette démarche, Cotonou et Niamey cherchent à ouvrir une nouvelle page de leurs relations bilatérales, avec l’ambition de renforcer la coopération, de faciliter les échanges et de répondre ensemble aux défis communs qui se posent à la sous-région.

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Niger : le nouveau Code pénal criminalise explicitement les relations entre personnes de même sexe.

Des peines de prison prévues par la nouvelle législation

Au Niger, le nouveau Code pénal promulgué par les autorités de transition introduit des dispositions répressives visant les relations entre personnes de même sexe. Le texte prévoit des peines d’emprisonnement allant de cinq à dix ans ainsi que des sanctions financières à l’encontre des personnes reconnues coupables de tels actes.

Selon les dispositions adoptées, les poursuites concernent également toute personne qui commet, tente de commettre ou participe à des actes qualifiés par la loi d’« indécents » ou « contre nature ». Le texte fait notamment référence aux pratiques impliquant des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres ou appartenant à d’autres minorités sexuelles.

Les associations et organisations également concernées

Au-delà des individus, la nouvelle législation cible également les structures associatives ou les organisations liées aux communautés LGBTQIA+.

Le Code pénal prévoit ainsi des sanctions contre toute personne impliquée dans l’exploitation, la gestion ou l’animation de clubs, associations, sociétés ou organisations considérés comme promouvant l’homosexualité ou les droits des personnes LGBTQIA+.

Cette disposition élargit considérablement le champ d’application de la loi en intégrant non seulement les comportements individuels, mais également les activités collectives liées à ces communautés.

Une mesure justifiée par les autorités au nom des valeurs nationales

Les autorités nigériennes présentent cette réforme comme une mesure destinée à préserver les valeurs sociales, culturelles et morales du pays. Elles estiment que l’homosexualité est incompatible avec les normes traditionnellement défendues au sein de la société nigérienne.

Cette orientation s’inscrit dans une dynamique plus large observée ces dernières années. En 2024, certaines séquences liées à l’éducation sexuelle avaient déjà été retirées ou révisées dans les programmes scolaires, les autorités invoquant la nécessité d’adapter les contenus éducatifs aux réalités socioculturelles nationales.

Une adoption restée relativement discrète

Bien que ces nouvelles dispositions soient en vigueur depuis leur adoption en février dernier, elles n’ont pas fait l’objet d’une communication publique d’envergure. Leur contenu n’a été que progressivement porté à la connaissance du grand public, suscitant depuis plusieurs réactions et débats dans les milieux juridiques, associatifs et de défense des droits humains.

Cette réforme place désormais le Niger parmi les pays africains ayant adopté ou renforcé des législations pénalisant les relations entre personnes de même sexe, dans un contexte continental marqué par des approches très diverses sur les questions liées à l’orientation sexuelle et aux droits des minorités.

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Diplomatie régionale : Romuald Wadagni amorce un rapprochement avec le Niger et le Burkina Faso.

Diplomatie régionale : Romuald Wadagni amorce un rapprochement avec le Niger et le Burkina Faso

Quelques jours seulement après son investiture, le nouveau président béninois, Romuald Wadagni, a entrepris une tournée diplomatique significative au Sahel. Mardi, il s’est successivement rendu au Niger puis au Burkina Faso, affichant sa volonté de renforcer le dialogue et de relancer la coopération avec deux pays voisins confrontés à d’importants défis sécuritaires et économiques.

Cette initiative intervient dans un contexte régional marqué par des tensions diplomatiques récentes, mais aussi par une dégradation persistante de la situation sécuritaire dans plusieurs zones d’Afrique de l’Ouest.

À Niamey, un signal fort en faveur de la normalisation des relations

Première étape de cette tournée : le Niger. À son arrivée à Niamey, Romuald Wadagni a été accueilli par le président nigérien, le général Abdourahamane Tiani. Cette rencontre revêt une portée particulière alors que les relations entre le Bénin et le Niger ont traversé plusieurs périodes de crispation ces dernières années, notamment autour des questions politiques, économiques et frontalières.

Les deux dirigeants ont affiché leur volonté de tourner la page des incompréhensions et de redynamiser les liens historiques qui unissent leurs pays. Les échanges ont porté sur plusieurs domaines stratégiques, notamment le commerce, la coopération économique, la sécurité et la lutte contre les menaces transfrontalières.

La lutte contre le terrorisme au cœur des discussions

Face à l’expansion des groupes armés dans le Sahel et à la multiplication des attaques dans certaines zones frontalières, la coopération sécuritaire a occupé une place centrale lors des entretiens.

Le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, a souligné la convergence de vues entre les deux chefs d’État sur cette question majeure.

« Sur le plan sécuritaire, les deux présidents ont évoqué la menace terroriste au Sahel et en Afrique de l’Ouest. Ils ont réaffirmé leur engagement à unir leurs forces pour combattre le fléau du terrorisme et du banditisme qui sévit depuis plusieurs années dans la sous-région et qui compromet la mise en œuvre effective de tous les programmes de développement initiés par le gouvernement de leur pays », a-t-il déclaré.

Cette coopération apparaît d’autant plus essentielle que le Niger comme le Bénin font face à une pression sécuritaire croissante dans certaines régions frontalières, où les groupes extrémistes cherchent à étendre leur influence.

Une escale stratégique à Ouagadougou

Après sa visite à Niamey, le président béninois a poursuivi son déplacement vers le Burkina Faso. Son avion s’est posé dans la capitale burkinabè où il a été accueilli par le capitaine Ibrahim Traoré, président de la transition.

Les deux dirigeants se sont ensuite entretenus au palais présidentiel de Koulouba afin d’explorer les perspectives de renforcement des relations bilatérales.

Au-delà des questions sécuritaires, les discussions ont porté sur plusieurs secteurs clés susceptibles de favoriser l’intégration régionale et le développement économique, notamment les transports, la logistique, les investissements et les échanges commerciaux.

Vers la création d’un cadre permanent de coopération

Parmi les projets évoqués figure la mise en place prochaine d’une commission mixte entre le Bénin et le Burkina Faso. Cette structure devrait permettre d’institutionnaliser le dialogue entre les deux États et de suivre la mise en œuvre des différents projets de coopération.

À travers cette tournée régionale, Romuald Wadagni envoie un signal clair : celui d’une diplomatie axée sur le dialogue, le rapprochement et la recherche de solutions communes aux défis qui touchent l’Afrique de l’Ouest. Dans une région confrontée à l’insécurité, aux enjeux de développement et aux recompositions géopolitiques, la coopération entre États apparaît plus que jamais comme un levier essentiel de stabilité et de prospérité.

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Niger : de nouvelles déchéances de nationalité au nom de la sécurité intérieure.

Les autorités nigériennes poursuivent leur politique de fermeté en matière de sécurité. Le général Abdourahamane Tiani a signé, mercredi 1er avril 2026, un décret ordonnant le retrait provisoire de la nationalité nigérienne à deux nouvelles personnes, portant à une vingtaine le nombre de cas enregistrés depuis octobre 2024.

Deux nouveaux noms inscrits sur la liste

Selon l’Agence nigérienne de presse, les personnes concernées sont Aminata Takoubakoye Boureima et Djibo Yaya. Les autorités leur reprochent des activités jugées de nature à « perturber la paix et la sécurité publiques », ainsi que la diffusion de contenus susceptibles de troubler l’ordre public.

Le communiqué officiel évoque également des faits de diffamation et d’injures via des moyens de communication électronique, ainsi que des accusations d’apologie du terrorisme.

Un dispositif juridique renforcé depuis 2024

Cette décision s’inscrit dans le cadre de l’ordonnance du 27 août 2024, révisée le 7 octobre de la même année. Ce texte prévoit notamment la création d’un fichier national recensant les personnes impliquées dans des activités terroristes ou portant atteinte aux intérêts fondamentaux de l’État.

Depuis son entrée en vigueur, ce mécanisme a conduit à des mesures similaires visant plusieurs figures publiques, parmi lesquelles Rhissa Ag Boulla, Hassoumi Massoudou et Abou Mahamadou Tarka.

Une stratégie sécuritaire assumée

À travers ces décisions, le Conseil national pour la sauvegarde de la patrie entend consolider son dispositif de lutte contre les menaces sécuritaires, dans un contexte marqué par des défis persistants en matière de stabilité et de lutte contre le terrorisme.

Les personnes visées sont désormais inscrites dans un registre officiel, dont les modalités d’inscription, de radiation ainsi que les conséquences juridiques sont encadrées par les textes en vigueur.

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Le Niger renforce le contrôle de son uranium stratégique.

Le Niger poursuit sa stratégie de souveraineté sur l’uranium, ressource clé pour son économie, en mettant en place un comité d’experts chargé de réviser les mécanismes de fixation des prix. Selon le ministre de la Justice, Alio Daouda, cette initiative vise à garantir une valorisation juste, transparente et scientifiquement fondée, alignée sur les standards internationaux.

Un contexte de tensions et de nationalisation

Cette démarche intervient dans un contexte sensible :

  • Les relations avec le groupe français Orano sont tendues, après des accusations de vol d’uranium ;

  • Quelques mois seulement après la nationalisation de la Société des mines de l’Aïr (SOMAÏR) à Agadez.

L’objectif est multiple : sécuriser l’exploitation, protéger l’emploi local et assurer la préservation de l’intérêt général, tout en affirmant auprès des partenaires internationaux le rôle actif et légitime du Niger dans la gestion de ses ressources naturelles.

Un secteur stratégique à défendre

L’initiative illustre la volonté du Niger de défendre ses intérêts économiques et stratégiques dans un secteur longtemps considéré comme un pilier de son économie. Elle souligne également la capacité du pays à naviguer dans un environnement de pressions juridiques et diplomatiques internationales, tout en réaffirmant sa souveraineté sur ses ressources.

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Niger : la junte nationalise la Somaïr et ouvre l’uranium au marché international

Le gouvernement militaire nigérien a franchi une nouvelle étape stratégique dans la gestion de ses ressources naturelles. Après la nationalisation en juin 2025 de la Société des mines de l’Aïr (Somaïr), autrefois contrôlée majoritairement par le groupe français Orano, Niamey a annoncé la mise sur le marché international de l’uranium issu de ce site emblématique d’Arlit.

Cette décision marque un tournant majeur dans la politique minière du pays depuis le coup d’État de juillet 2023, qui avait déjà révélé la volonté de la junte de revoir en profondeur les partenariats économiques jugés « déséquilibrés ».

Un gisement stratégique désormais sous contrôle national

La Somaïr, créée en 1968, est l’une des principales mines d’uranium du Niger et un pilier historique de la présence française dans la région d’Arlit. En prenant le contrôle total de l’entreprise, les autorités nigériennes entendent renforcer leur souveraineté sur un secteur stratégique qui assure près de 5 % de la production mondiale d’uranium.

Selon les déclarations officielles, la nationalisation vise à garantir une meilleure valorisation des ressources du sous-sol et à permettre à l’État d’accroître ses revenus miniers, dans un contexte de réorientation diplomatique et économique.

Vers de nouveaux partenariats internationaux

En annonçant la mise sur le marché international de l’uranium nigérien, Niamey signale son intention de diversifier ses partenaires. Le pays, traditionnellement lié à la France pour l’exportation de ce métal essentiel au secteur nucléaire, pourrait désormais s’ouvrir à d’autres acteurs, notamment asiatiques, moyen-orientaux ou issus du bloc des BRICS.

Les autorités évoquent la possibilité de conclure des contrats bilatéraux plus avantageux, tout en réaffirmant que cette démarche s’inscrit dans la volonté de rompre avec ce qu’elles considèrent comme des relations économiques héritées d’une époque révolue.

Orano dénonce une opération “illégale”

Le groupe français Orano a rapidement réagi en condamnant ce qu’il qualifie de « transport illégal d’uranium entreposé sur le site de la Somaïr ». Depuis la rupture progressive de coopération avec Niamey, l’entreprise française déplore un manque de cadre réglementaire et rappelle que des produits stratégiques ne peuvent être commercialisés sans garanties de traçabilité et de sécurité.

Cette position laisse présager de nouvelles tensions juridiques et diplomatiques entre Niamey et Paris.

Un enjeu majeur pour l’économie nigérienne

Pour le Niger, l’uranium reste une ressource clé : malgré la baisse de ses cours au début des années 2020, la demande mondiale repart à la hausse grâce au regain d’intérêt pour l’énergie nucléaire. La junte voit dans cette conjoncture une occasion de renforcer les finances publiques tout en affirmant la souveraineté du pays.

Reste à savoir si les nouveaux partenaires potentiels répondront favorablement à l’appel d’offres nigérien, dans un contexte où la stabilité politique et la sécurité restent des enjeux cruciaux.

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Niger : la Banque mondiale salue une économie résiliente et prépare un nouveau partenariat quinquennal.

En visite officielle au Niger, le Vice-président de la Banque mondiale pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, Ousmane Diagana, a salué la résilience de l’économie nigérienne et annoncé la préparation d’un nouveau partenariat quinquennal entre l’institution et les autorités du pays. Cette visite marque une étape importante dans la relance de la coopération entre Niamey et la Banque mondiale, dans un contexte de reprise progressive après une période de fortes turbulences politiques et économiques.

Une économie en reprise malgré les défis

Selon les données de la Banque mondiale, le Niger a enregistré en 2024 une croissance estimée à 8,4 %, portée par la montée en puissance des exportations pétrolières et une bonne performance agricole. Une évolution saluée par l’institution, qui y voit le signe d’une économie capable de s’adapter aux chocs internes et externes, malgré les pressions sécuritaires, climatiques et régionales.

« Le Niger a démontré une remarquable capacité de résilience. Cette performance est le résultat d’une vision économique claire et d’un engagement fort des autorités à maintenir les fondamentaux macroéconomiques », a déclaré Ousmane Diagana à l’issue de sa rencontre avec le président du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP), le général Abdourahamane Tiani.

L’émissaire de la Banque mondiale a également rencontré plusieurs membres du gouvernement pour faire le point sur les projets en cours et discuter des orientations futures du partenariat.

Un nouveau cadre stratégique en préparation

L’un des principaux objectifs de cette mission était de poser les bases d’un nouveau cadre de partenariat pays (CPF), qui couvrira la période 2025-2030. Ce document stratégique orientera les interventions de la Banque mondiale au Niger pour les cinq prochaines années.

D’après les premières discussions, ce futur partenariat devrait s’articuler autour de quatre priorités majeures :

  1. Diversification économique : réduire la dépendance vis-à-vis du pétrole et de l’agriculture pluviale, en stimulant les secteurs productifs tels que l’agro-industrie, les services et les énergies renouvelables.

  2. Renforcement du capital humain : investir dans l’éducation, la santé et la formation professionnelle afin de mieux préparer la jeunesse aux défis du marché du travail.

  3. Amélioration des infrastructures : développer les routes, l’accès à l’énergie et les réseaux hydrauliques pour désenclaver les régions et soutenir le commerce.

  4. Résilience climatique et sécurité alimentaire : renforcer la gestion des ressources naturelles et soutenir des projets structurants comme le Programme Kandaji, un vaste projet hydro-agricole et énergétique sur le fleuve Niger.

Le portefeuille actuel de la Banque mondiale au Niger dépasse 4,4 milliards de dollars US, répartis sur plus de 25 projets actifs couvrant l’agriculture, l’énergie, le transport, l’eau, la gouvernance et le développement social.

Une reprise prudente après une période d’incertitude

Depuis la suspension partielle de la coopération internationale à la suite du changement de régime en juillet 2023, le Niger a entrepris des efforts pour rétablir la confiance avec ses partenaires.
La Banque mondiale, qui avait temporairement gelé certains décaissements, a progressivement repris ses activités, saluant la continuité de plusieurs projets jugés essentiels pour les populations.

Cette reprise s’inscrit dans un contexte régional marqué par des tensions diplomatiques et économiques, notamment au sein de la CEDEAO. Malgré cela, le pays a su maintenir sa stabilité financière et éviter un effondrement de son économie.

« Nous travaillons main dans la main avec le Niger pour que les projets financés profitent directement aux citoyens et contribuent à la transformation du pays. L’objectif est d’aller au-delà de la résilience pour construire une croissance inclusive et durable », a souligné M. Diagana.

Des vulnérabilités à surveiller

La Banque mondiale reste toutefois prudente. Dans son dernier rapport économique, elle avertit que le Niger demeure exposé à plusieurs risques structurels : dépendance à l’agriculture pluviale, vulnérabilité aux chocs climatiques, inflation persistante et situation sécuritaire instable dans certaines zones rurales.

Le pays fait également face à un niveau élevé de risque d’endettement, conséquence de la baisse des recettes publiques et de la hausse des dépenses de sécurité.
Pour préserver la viabilité de ses finances publiques, le gouvernement devra poursuivre ses efforts en matière de mobilisation des ressources internes, de bonne gouvernance et d’efficacité dans l’exécution des projets publics.

Vers un partenariat fondé sur la performance et la durabilité

Avec ce nouveau cadre de coopération, la Banque mondiale entend renforcer son engagement auprès du Niger et améliorer la qualité de son portefeuille.
Il s’agira, selon ses responsables, de mieux aligner les projets sur les priorités nationales, d’en accélérer la mise en œuvre et de renforcer les capacités institutionnelles pour garantir des résultats concrets.

Le gouvernement nigérien, de son côté, espère que ce partenariat quinquennal permettra d’accélérer la transformation économique du pays, en tirant parti de son potentiel énergétique, agricole et démographique.

Une économie sur le chemin de la consolidation

En dépit d’un environnement régional incertain, le Niger semble amorcer une phase de stabilisation et de consolidation.
Le soutien renouvelé de la Banque mondiale, combiné à la volonté affichée des autorités d’assurer une gestion rigoureuse et inclusive, pourrait contribuer à poser les fondations d’un développement durable et partagé.

Le défi, désormais, sera de transformer cette résilience en un véritable moteur de prospérité à long terme — un objectif que Niamey et ses partenaires semblent décidés à poursuivre ensemble.