
Nigéria : la Banque de l’Industrie injecte plus de 164 milliards de nairas pour accélérer la transformation agroalimentaire.
La Banque de l’Industrie (BOI) du Nigéria intensifie son soutien au développement de l’industrie agroalimentaire. L’institution financière a annoncé avoir décaissé, en 2025, plus de 164 milliards de nairas au profit de plus de 3 500 entreprises opérant dans le secteur, dans le cadre d’une stratégie visant à accélérer la transformation locale des produits agricoles, renforcer la compétitivité des chaînes de valeur et stimuler la création d’emplois.
L’annonce a été faite par le directeur général de la BOI, Olasupo Olusi, à l’occasion du Sommet africain du cacao, organisé à Abuja par le ministère fédéral de l’Industrie, du Commerce et de l’Investissement.
Des investissements ciblés sur les infrastructures de transformation
Selon Olasupo Olusi, les financements mobilisés ont permis de soutenir un large éventail d’infrastructures essentielles à la modernisation de l’agro-industrie nigériane, notamment des usines de transformation, des moulins, des stations de conditionnement et des installations de chaîne du froid.
Au-delà des infrastructures, ce programme a également favorisé l’intégration de près de 48 000 petits producteurs agricoles dans les chaînes de valeur industrielles, avec l’objectif de renforcer les liens entre la production agricole et les unités de transformation.
Cette approche vise à accroître les revenus des producteurs tout en développant une industrie locale capable de mieux valoriser les ressources agricoles du pays.
60 millions d’euros pour le cacao et les produits laitiers
Le directeur général de la BOI a également annoncé la mobilisation de 60 millions d’euros destinés au financement des filières du cacao et des produits laitiers.
Cette enveloppe s’inscrit dans un programme global de 85 millions d’euros, financé conjointement par la Banque européenne d’investissement (BEI) et la Banque de l’Industrie, avec le soutien de l’Union européenne dans le cadre de l’initiative Global Gateway.
Près de 70 % de ces ressources seront consacrés au développement des chaînes de valeur du cacao et des produits laitiers, deux secteurs considérés comme stratégiques pour l’industrialisation, la création d’emplois et la réduction de la dépendance aux importations.
« Cet accord réaffirme l’engagement de la Banque de l’Industrie à fournir des financements abordables et de long terme aux secteurs prioritaires, moteurs d’une croissance inclusive », a déclaré Olasupo Olusi.
Mettre fin à l’exportation de matières premières brutes
À travers cette stratégie, la BOI entend privilégier les entreprises qui investissent dans la transformation locale plutôt que celles qui se limitent à exporter des matières premières.
Les prêts seront ainsi prioritairement orientés vers les transformateurs, les coopératives agricoles et les petites et moyennes entreprises engagées dans la création de valeur sur le territoire nigérian.
Pour Olasupo Olusi, le Nigéria doit progressivement rompre avec un modèle économique consistant à exporter des fèves de cacao ou d’autres produits agricoles bruts avant de réimporter des produits transformés à forte valeur ajoutée.
L’institution souhaite également encourager l’implantation d’unités industrielles à proximité des bassins de production afin que les emplois, les recettes fiscales et les bénéfices économiques profitent directement aux communautés locales.
Des financements accompagnés d’une assistance technique
Au-delà des ressources financières, la Banque de l’Industrie prévoit un accompagnement technique destiné aux entreprises bénéficiaires.
Cet appui portera notamment sur le respect des normes internationales, la conformité au règlement européen sur la déforestation, les exigences liées à la transition climatique ainsi que l’amélioration de l’accès aux marchés internationaux, en particulier celui de l’Union européenne.
Cette démarche vise à renforcer la compétitivité des entreprises nigérianes tout en leur permettant de répondre aux nouvelles exigences du commerce mondial.
L’Alliance pour une meilleure valorisation du cacao africain
Placé sous le thème « De la fève à la marque », le Sommet africain du cacao a réuni des représentants du Nigéria, du Ghana, de la Côte d’Ivoire et du Cameroun, principaux producteurs de cacao du continent.
Les travaux ont débouché sur l’adoption de la Déclaration d’Abuja, qui prévoit la création de l’Alliance pour la valorisation du cacao (CVAA). Cette nouvelle plateforme vise à promouvoir une transformation accrue du cacao en Afrique, afin d’augmenter la valeur ajoutée locale, de renforcer les industries nationales et d’améliorer les revenus des producteurs.
À travers cette initiative, les pays producteurs affichent leur volonté commune de faire évoluer le modèle économique du secteur, en privilégiant davantage la transformation industrielle sur le continent plutôt que l’exportation de matières premières brutes.

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