
Souveraineté alimentaire : lancement d’un ambitieux programme de stockage horticole.
Le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, procédera ce mardi 17 février 2026 à la pose de la première pierre du Projet d’infrastructures de stockage et de conservation des produits horticoles. La cérémonie se tiendra à Ngomène, dans la commune de Keur Moussa, région de Thiès, au cœur d’une zone agricole stratégique.
Cette initiative s’inscrit dans la politique de souveraineté alimentaire engagée par les autorités sénégalaises. Elle vise à renforcer les capacités nationales de conservation afin de réduire significativement les pertes post-récolte, un problème structurel qui fragilise les revenus des producteurs et pèse sur la stabilité des prix.
Réduire des pertes estimées jusqu’à 40 %
Selon les estimations officielles, entre 30 % et 40 % de la production horticole nationale se perd chaque année faute de solutions adaptées de stockage et de conservation. Les filières les plus touchées sont l’oignon, la pomme de terre, la tomate, la carotte ainsi que divers fruits issus de la zone des Niayes, principal bassin horticole du pays.
Le futur complexe comprendra des infrastructures de stockage frigorifique et de conservation à sec, destinées à prolonger la durée de vie des produits et à limiter le pourrissement en période de forte production. Au-delà de la simple conservation, le projet ambitionne de structurer le marché en régulant l’offre sur l’année.
Stabiliser les prix et sécuriser l’approvisionnement
En permettant un stockage plus long et mieux maîtrisé, les autorités entendent lisser l’approvisionnement des marchés, éviter les pénuries saisonnières et réduire les fluctuations brutales des prix. L’objectif est double : protéger le pouvoir d’achat des consommateurs tout en sécurisant les revenus des agriculteurs.
Le gouvernement, à travers le ministère de l’Industrie et du Commerce, vise une capacité nationale de stockage horticole de 300 000 tonnes à l’horizon 2027. Un cap ambitieux qui traduirait une montée en puissance significative des infrastructures logistiques agricoles du pays.
Un levier stratégique pour l’agriculture sénégalaise
La pose de cette première pierre marque une étape structurante dans la modernisation de la chaîne de valeur horticole. En renforçant les capacités de conservation, l’État entend réduire la dépendance aux importations saisonnières, soutenir la compétitivité des producteurs locaux et consolider les bases d’une agriculture plus résiliente.
Dans un contexte régional marqué par les tensions sur les marchés alimentaires, l’investissement dans le stockage apparaît comme un levier stratégique pour transformer la production nationale en véritable moteur de sécurité alimentaire et de développement économique durable.

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