
Violences lors de la CAN 2025 : lourdes condamnations pour des supporters sénégalais à Rabat.
Le tribunal de première instance de Rabat a rendu, ce jeudi, son verdict dans l’affaire des supporters sénégalais interpellés à la suite des incidents survenus lors de la finale de la Coupe d’Afrique des nations 2025. Dix-huit prévenus, détenus depuis le 19 janvier, ont été condamnés à des peines de prison ferme allant de trois mois à un an.
Un procès sous haute tension
L’audience, qui s’est ouverte à 13 heures, s’est déroulée en présence de représentants diplomatiques et consulaires du Sénégal, ainsi que de l’avocat de la défense, Me Patrick Kabou. Dans une atmosphère marquée par une forte tension, les débats ont opposé les arguments du ministère public et ceux de la défense, sous le regard attentif des familles et proches des accusés.
Les faits reprochés remontent à la finale opposant le Maroc au Sénégal, une rencontre marquée par des incidents survenus en fin de match. Un penalty accordé au Maroc dans le temps additionnel, peu après un but refusé au Sénégal, avait déclenché des troubles dans les tribunes. Des tentatives d’envahissement du terrain et des jets de projectiles avaient conduit à une interruption prolongée de la rencontre.
Des peines différenciées selon les responsabilités
À l’issue du procès, le tribunal a reconnu les dix-huit supporters coupables de violences. Les peines ont été prononcées de manière graduée :
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Neuf prévenus ont été condamnés à un an de prison ferme, assorti d’une amende de 5 000 dirhams ;
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Six autres ont écopé de six mois d’emprisonnement et d’une amende de 2 000 dirhams ;
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Trois supporters ont été condamnés à trois mois de prison, avec une amende de 1 500 dirhams.
Selon le ministère public, les accusés auraient « délibérément cherché à perturber le bon déroulement du match » et se seraient rendus responsables d’actes de violence, largement relayés par les images diffusées en direct.
Une décision contestée par la défense
Si le tribunal n’a pas retenu les peines les plus lourdes requises par le parquet — qui avait demandé jusqu’à deux ans de prison —, le verdict a néanmoins été jugé sévère par la défense et les proches des condamnés.
D’après l’avocat, l’annonce de la décision a suscité une vive émotion dans la salle d’audience, provoquant notamment le malaise de l’un des détenus. Les familles, présentes lors du procès, ont exprimé leur incompréhension face à la sévérité des sanctions.
Des recours encore possibles
La question d’un éventuel appel reste désormais posée. La défense pourrait engager des voies de recours dans les prochains jours, tandis que les familles tentent d’évaluer les conséquences de cette décision judiciaire.
Au-delà de ce dossier, cette affaire relance le débat sur la gestion des violences dans les enceintes sportives en Afrique et sur les responsabilités individuelles en contexte de fortes tensions lors des grandes compétitions continentales.

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