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Cinéma : « Une si longue lettre » de Mariama Bâ porté à l’écran par la réalisatrice sénégalaise Angèle Diabang.

Le chef-d’œuvre littéraire de Mariama Bâ, Une si longue lettre, s’apprête à connaître une nouvelle vie sur grand écran. La réalisatrice sénégalaise Angèle Diabang a entrepris l’adaptation cinématographique de ce roman emblématique, salué comme l’un des piliers de la littérature africaine francophone. Une initiative qui promet de faire résonner à nouveau, à travers l’image, les voix et les luttes des femmes africaines.

Une œuvre féministe intemporelle revisitée

Publié en 1979, Une si longue lettre est un roman épistolaire dans lequel Ramatoulaye, une femme sénégalaise récemment veuve, écrit à son amie Aïssatou pour revenir sur sa vie de couple, sa condition de femme, et ses espoirs déçus. À travers ce récit personnel et poignant, Mariama Bâ interroge les rapports de genre, le poids des traditions, et le rôle de la femme dans la société sénégalaise post-indépendance.

Quarante-cinq ans après sa parution, l’adaptation cinématographique par Angèle Diabang s’annonce comme un hommage puissant et contemporain à cette œuvre fondatrice. La réalisatrice entend restituer l’essence du roman tout en y apportant une lecture visuelle sensible et engagée, fidèle à son propre regard de femme africaine et de cinéaste.

Une adaptation portée par une vision féminine forte

Angèle Diabang n’est pas une inconnue dans le monde du cinéma africain. Formée en Allemagne et en France, elle est l’auteure de plusieurs documentaires et courts-métrages salués pour leur engagement social et leur esthétique soignée. À travers ce projet ambitieux, elle affirme une volonté de redonner une voix aux femmes africaines, dans un secteur encore largement dominé par les regards masculins.

« Une si longue lettre est une œuvre qui a marqué des générations. La porter à l’écran, c’est à la fois honorer Mariama Bâ et inviter les jeunes d’aujourd’hui à se confronter à ces réalités encore très actuelles », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse à Dakar.

Une attente forte dans le monde littéraire et cinématographique

L’annonce de cette adaptation a suscité une grande attente dans les milieux culturels africains et au-delà. Le roman de Mariama Bâ est enseigné dans de nombreuses écoles et universités à travers le monde, et il est reconnu pour avoir donné une voix puissante aux femmes africaines dans la littérature.

La version cinématographique ambitionne ainsi de toucher un public plus large, notamment les jeunes générations, et de faire (re)découvrir ce classique sous un autre angle. Le tournage devrait débuter courant 2025, entre Dakar et Saint-Louis, avec un casting en cours de finalisation.

Un projet symbolique pour le cinéma africain

En portant à l’écran Une si longue lettre, Angèle Diabang s’inscrit dans une dynamique de valorisation du patrimoine littéraire africain à travers le cinéma. Ce projet incarne une alliance entre mémoire, art et militantisme, à un moment où les voix féminines prennent de plus en plus de place dans les industries culturelles du continent.

Le film, très attendu, pourrait devenir un jalon marquant dans l’histoire du cinéma africain, et renforcer la visibilité des œuvres littéraires africaines dans l’univers cinématographique mondial.

International Union of Cinemas Calls for Open Standards in the Cinema Industry 360x320

Cinéma : Vers la création d’un fonds d’investissement panafricain pour soutenir l’industrie audiovisuelle.

L’industrie cinématographique africaine s’apprête à franchir un nouveau cap avec le projet de mise en place d’un fonds d’investissement panafricain dédié au cinéma et à l’audiovisuel. Portée par des acteurs institutionnels, culturels et économiques du continent, cette initiative vise à offrir une réponse durable aux défis de financement qui freinent le développement du secteur, tout en renforçant l’autonomie créative des cinéastes africains.

Un besoin structurel pour un secteur en plein essor

Le cinéma africain connaît depuis plusieurs années un regain d’intérêt, marqué par l’émergence de talents, la diversification des formats, la montée des plateformes numériques et l’ouverture à de nouveaux marchés. Toutefois, le financement demeure l’un des principaux obstacles à la production et à la diffusion de contenus de qualité.

Dans de nombreux pays africains, les cinéastes doivent faire face à un manque d’investisseurs, à l’absence de dispositifs publics de soutien, et à des chaînes de distribution encore trop limitées. Ce contexte limite la capacité du continent à faire émerger une industrie cinématographique structurée, capable de rivaliser à l’échelle mondiale.

Un outil de financement à l’échelle continentale

Le fonds d’investissement envisagé se veut panafricain, multisectoriel et accessible aux professionnels de tous les pays du continent. Il aurait pour mission principale de :

  • Financer la production de films, séries et documentaires africains ;

  • Soutenir la formation, l’innovation et la professionnalisation du secteur ;

  • Encourager la coproduction entre pays africains ;

  • Accompagner la diffusion des œuvres sur les marchés régionaux et internationaux.

La gouvernance du fonds devrait s’appuyer sur des partenaires publics, des organismes régionaux comme l’Union africaine, des banques de développement (telles que la BAD ou Afreximbank), ainsi que des acteurs privés issus du secteur culturel, des télécoms ou des médias.

Une opportunité pour repositionner le récit africain

Au-delà du soutien financier, ce fonds représente une opportunité stratégique pour redonner aux Africains le contrôle de leur image et de leur récit. Il permettrait de soutenir une production locale diversifiée, ancrée dans les réalités africaines, et capable de valoriser les identités culturelles du continent tout en répondant aux attentes du marché global.

Des figures emblématiques du cinéma africain, des festivals de renom et des plateformes de streaming ont déjà exprimé leur soutien à cette démarche, qui pourrait transformer en profondeur la chaîne de valeur de l’audiovisuel africain.

Une dynamique en cours

Des consultations sont actuellement menées dans plusieurs capitales africaines afin d’identifier les modalités de mise en œuvre du fonds, les critères d’éligibilité des projets, et les mécanismes de gestion. Si les discussions aboutissent, le lancement officiel pourrait intervenir dès 2026.