
Au CNT, Bah Oury défend la vision stratégique du programme Simandou 2040.
Une intervention clé avant l’adoption d’un plan structurant
Devant les membres du Conseil national de la Transition réunis en séance plénière au Palais du Peuple, le Premier ministre Amadou Oury Bah a prononcé, jeudi 5 mars 2026, une intervention remarquée peu avant l’adoption du projet de loi relatif au Programme Simandou 2040.
Présenté comme l’un des piliers de la transformation économique et institutionnelle de la Guinée, ce plan stratégique vise à structurer le développement du pays sur les quinze prochaines années, en s’appuyant notamment sur la valorisation de ses ressources naturelles et sur des réformes institutionnelles profondes.
Une réponse aux défis hérités du passé
Dans son discours, le chef du gouvernement a replacé l’élaboration de ce programme dans le contexte particulier de la transition politique que traverse actuellement le pays. Selon lui, la Guinée doit rompre avec les déséquilibres structurels et les injustices héritées du passé qui ont longtemps freiné son développement.
Pour Amadou Oury Bah, la concrétisation du projet minier de Simandou marque l’aboutissement d’une ambition nourrie par plusieurs générations de Guinéens. Il a salué à cette occasion l’engagement du président de la République, Mamadi Doumbouya, qu’il considère comme un acteur déterminant dans la relance de ce projet stratégique et dans la conception du programme de transformation qui en découle.
Le Premier ministre a également insisté sur la nécessité pour la Guinée d’éviter le piège du « syndrome hollandais », phénomène économique observé dans certains pays riches en ressources naturelles où la dépendance à l’exploitation minière freine la diversification de l’économie.
Un projet de société fondé sur cinq piliers
Selon le chef du gouvernement, l’architecture du Programme Simandou 2040 repose sur cinq piliers destinés à soutenir un développement équilibré de l’ensemble des secteurs stratégiques du pays.
Au-delà de la transformation économique, le programme vise également à renforcer le capital humain, à consolider la cohésion sociale et à bâtir une société plus stable et prospère. L’objectif affiché est de réduire durablement la pauvreté et de mettre fin aux cycles d’instabilité qui ont marqué l’histoire politique et économique de la Guinée.
La Constitution comme boussole de l’action publique
Au cours de son intervention, le Premier ministre a également rendu hommage aux membres du Conseil national de la Transition pour leur contribution à l’élaboration et à la vulgarisation du projet de Constitution en cours d’adoption.
Selon lui, ce texte fondamental doit constituer la référence durable de l’action publique. Il a insisté sur le caractère impersonnel de la Constitution, qui doit être conçue pour servir l’intérêt général et l’avenir du pays plutôt que des ambitions individuelles.
Cette nouvelle architecture institutionnelle consacre notamment plusieurs droits fondamentaux pour les citoyens, dont l’accès à la santé et à l’éducation. Toutefois, a-t-il souligné, la concrétisation de ces droits dépendra de la capacité de l’État à mobiliser les ressources nécessaires pour financer les politiques publiques correspondantes.
Dans cette perspective, le programme Simandou 2040 est présenté comme un levier stratégique destiné à transformer ces principes constitutionnels en réalités tangibles pour les populations.
Un cadre institutionnel à consolider
Le chef du gouvernement a par ailleurs insisté sur la nécessité de mettre en place un cadre juridique et administratif solide pour accompagner la mise en œuvre d’un programme d’une telle envergure.
Selon lui, la réussite d’une stratégie nationale repose autant sur la qualité de la planification que sur la cohérence des mécanismes institutionnels qui encadrent son exécution.
Il a rappelé que la Constitution consacre une organisation claire de l’action exécutive, fondée sur la responsabilité collective du gouvernement et la coordination des politiques publiques par le Premier ministre. Une architecture qui doit, selon lui, garantir la continuité de l’État.
« Aujourd’hui je suis Premier ministre, demain il y en aura un autre, mais l’architecture gouvernementale doit rester stable afin d’éviter toute improvisation », a-t-il déclaré devant les conseillers.
L’exemple des trajectoires asiatiques
Pour illustrer son propos, le Premier ministre a évoqué les trajectoires de pays comme Singapour et Chine, qui ont réussi à transformer leurs économies en quelques décennies grâce à une vision stratégique claire, une discipline institutionnelle rigoureuse et la continuité des politiques publiques.
Selon lui, la Guinée dispose aujourd’hui d’opportunités comparables, à condition de maintenir la même détermination et de garantir une mise en œuvre rigoureuse des réformes engagées.
Un appel à la mobilisation nationale
Concluant son intervention, Amadou Oury Bah a appelé à une mobilisation collective de l’ensemble des institutions, des administrations et des citoyens afin d’assurer la réussite du programme.
Il a notamment insisté sur la nécessité d’éviter les chevauchements de compétences entre les différents départements ministériels et de clarifier les responsabilités dans la chaîne administrative chargée de piloter le programme.
Pour le chef du gouvernement, la réussite du programme Simandou 2040 pourrait permettre à la Guinée de devenir, dans les prochaines années, une référence sur le continent africain en matière de gouvernance des ressources naturelles et de transformation économique durable.

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