
Décès d’Abdoulaye Bâ à l’UCAD : une perte tragique qui bouleverse la communauté universitaire.
La communauté universitaire sénégalaise est sous le choc après le décès d’Abdoulaye Bâ, étudiant en deuxième année de Chirurgie dentaire à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD). Le jeune homme a perdu la vie le lundi 9 février 2026, à la suite des violences survenues au Campus social de l’université, un drame qui a profondément ému étudiants, enseignants et acteurs de la société civile.
Un étudiant prometteur, symbole d’espoir familial
Âgé d’une vingtaine d’années, Abdoulaye Bâ était inscrit à la Faculté de Médecine, de Pharmacie et d’Odontostomatologie. Apprécié pour son sérieux, sa discipline et son engagement académique, il incarnait l’excellence et l’espoir d’une réussite construite par le travail. Une photographie largement relayée sur les réseaux sociaux le montre concentré sur un mannequin d’entraînement, vêtu de sa blouse blanche et de gants bleus, image devenue le symbole d’un parcours brutalement interrompu.
Orphelin de père, Abdoulaye Bâ portait sur ses épaules les espoirs de toute une famille. À un camarade, il confiait avec émotion : « Copain, ma mère n’a d’autre espoir que moi ». Ces mots résonnent aujourd’hui avec une intensité particulière, soulignant la dimension humaine et sociale de cette perte.
Une prise en charge médicale tardive et des zones d’ombre
Selon Cheikh Atab Sagna, président de l’Amicale des étudiants de la Faculté de Médecine, Abdoulaye Bâ a été admis dans l’après-midi au service médical du Centre des œuvres universitaires de Dakar (COUD) dans un état jugé critique. Il présentait de graves difficultés respiratoires, nécessitant une évacuation urgente vers l’Hôpital Principal de Dakar.
Le transfert n’a toutefois pas pu être effectué à temps. L’étudiant a succombé avant son évacuation, soulevant de nombreuses interrogations sur les conditions de sa prise en charge. La gestion de sa dépouille a également été source de confusion et d’inquiétude, son corps ayant été conduit à l’Hôpital Idrissa Pouye de Grand-Yoff, sans communication claire dans l’immédiat.
Une onde de choc à l’UCAD et au-delà
La mort d’Abdoulaye Bâ a provoqué une vive émotion sur le campus de l’UCAD, déjà marqué par des tensions récurrentes liées aux conditions de vie et de sécurité des étudiants. Elle ravive le débat sur la gestion des crises au sein des établissements universitaires, la sécurisation des campus et l’efficacité des dispositifs de prise en charge médicale en situation d’urgence.
Au-delà du drame individuel, ce décès pose une fois de plus la question de la protection des étudiants et de la responsabilité des autorités académiques et administratives dans la prévention et la gestion des violences universitaires. Pour beaucoup, Abdoulaye Bâ restera le visage d’une jeunesse studieuse et déterminée, emportée trop tôt par un contexte de violences qui continue d’interpeller la conscience nationale.

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