A1 caire egypt 360x320

Égypte : Le Caire accélère sa transformation numérique et vise 6 milliards de dollars d’exportations dans l’externalisation.

Une ambition renforcée pour faire du numérique un moteur de croissance

L’Égypte poursuit son offensive dans l’économie numérique avec des objectifs de plus en plus ambitieux. Les autorités égyptiennes visent désormais 6 milliards de dollars de revenus issus des activités d’externalisation à l’horizon 2026, une nouvelle étape dans la stratégie nationale destinée à faire du pays l’un des principaux centres technologiques du continent africain et du Moyen-Orient.

Cette ambition a été réaffirmée par le ministre des Télécommunications et des Technologies de l’information, Raafat Hendy, lors d’une réunion de travail avec le Premier ministre Mostafa Madbouly consacrée aux performances et aux perspectives du secteur numérique.

L’externalisation, un secteur en pleine expansion

L’externalisation est devenue l’un des piliers de la croissance numérique égyptienne. Ce secteur regroupe notamment les centres d’appels, les services d’assistance technique, la gestion de processus externalisés ainsi que les prestations informatiques fournies à des entreprises étrangères.

Selon les chiffres présentés par le gouvernement, ces activités ont généré près de 5,2 milliards de dollars de recettes en 2025. La progression constante du secteur s’explique par la compétitivité de la main-d’œuvre locale, le développement des compétences numériques et la position géographique stratégique de l’Égypte entre l’Afrique, l’Europe et le Moyen-Orient.

L’objectif fixé pour 2026 traduit la volonté des autorités de consolider davantage cette dynamique et d’accroître la présence du pays sur le marché mondial des services numériques.

Des exportations numériques en forte croissance

Au-delà de l’externalisation, l’Égypte entend renforcer l’ensemble de ses exportations numériques. Celles-ci ont atteint 7,4 milliards de dollars en 2025 et couvrent un large éventail d’activités à forte valeur ajoutée.

Le développement de logiciels, les solutions de cloud computing, les plateformes numériques, les applications technologiques ainsi que les services liés à l’intelligence artificielle figurent parmi les principaux segments soutenus par les pouvoirs publics.

Cette stratégie s’inscrit dans une vision plus globale visant à diversifier l’économie nationale et à réduire la dépendance aux secteurs traditionnels.

Les semi-conducteurs et l’électronique au cœur de la nouvelle stratégie industrielle

Afin d’accompagner cette montée en gamme technologique, le gouvernement prévoit d’intégrer les activités de conception électronique et de semi-conducteurs dans son programme national de promotion des exportations.

Un accord est en préparation entre le ministère des Télécommunications et le ministère de l’Investissement afin de stimuler le développement de ces filières stratégiques, considérées aujourd’hui comme essentielles à la compétitivité des économies numériques modernes.

Cette orientation reflète la volonté de l’Égypte de s’insérer davantage dans les chaînes de valeur mondiales des technologies avancées.

Un secteur numérique de plus en plus important dans l’économie nationale

Les technologies de l’information et de la communication occupent désormais une place centrale dans l’économie égyptienne. Selon les données gouvernementales, le secteur représente actuellement 5,8 % du produit intérieur brut du pays.

Les autorités ambitionnent de porter cette contribution à 8 % d’ici 2030, grâce à l’essor des services numériques, à l’innovation technologique et à l’attraction de nouveaux investissements internationaux.

Cette progression témoigne de l’importance croissante du numérique dans la stratégie de développement économique du pays.

Une industrie électronique en plein essor

Parallèlement à l’expansion des services numériques, l’Égypte renforce ses capacités de production industrielle dans le domaine électronique.

Le pays compte désormais quinze marques produisant localement des téléphones mobiles. La production nationale a connu une croissance spectaculaire, passant d’environ 3 millions d’unités en 2024 à près de 10 millions en 2025.

Les autorités visent désormais un niveau de production supérieur à 15 millions de téléphones par an dans les années à venir, avec l’objectif de faire de l’Égypte un centre régional de fabrication électronique.

Des investissements massifs dans les infrastructures numériques

Pour soutenir cette transformation, le gouvernement poursuit un vaste programme de modernisation des infrastructures de télécommunications.

Le déploiement de la technologie 5G, l’extension du réseau national de fibre optique et l’amélioration de la couverture mobile figurent parmi les principales priorités.

Près de 3 000 nouvelles antennes relais doivent être installées au cours de l’année, tandis que plus de 9 000 autres infrastructures sont prévues dans les trois prochaines années afin de répondre à la croissance rapide des besoins numériques.

Depuis 2019, plus de 6 milliards de dollars ont déjà été investis dans la modernisation des réseaux fixes et mobiles du pays.

À cela s’ajoute l’attribution récente de nouvelles fréquences aux quatre opérateurs de télécommunications égyptiens, représentant un investissement global estimé à 3,5 milliards de dollars.

Miser sur les centres de données et l’intelligence artificielle

L’Égypte prépare également une stratégie nationale dédiée aux centres de données, un secteur considéré comme essentiel pour l’avenir du numérique mondial.

Les autorités souhaitent tirer parti de la position géographique du pays pour attirer des investissements dans les infrastructures de cloud computing, d’intelligence artificielle et de stockage de données.

Le projet prévoit notamment le développement de centres de données alimentés par des sources d’énergie renouvelable, répondant ainsi aux exigences croissantes de durabilité et d’efficacité énergétique.

L’ambition de devenir un hub technologique régional

À travers l’ensemble de ces initiatives, l’Égypte cherche à consolider sa place parmi les principaux pôles numériques de la région.

Entre développement des exportations technologiques, montée en puissance de l’industrie électronique, modernisation des infrastructures et soutien à l’innovation, Le Caire mise sur le numérique comme levier stratégique de croissance, de compétitivité et de création d’emplois.

Cette vision s’inscrit dans une ambition plus large : faire de l’Égypte une plateforme régionale incontournable pour les services numériques, les technologies émergentes et les investissements de pointe au cours de la prochaine décennie.

SEYDOU SOW 2 360x320

Commerce extérieur : une fin d’année 2025 marquée par un rebond spectaculaire des exportations.

Le Sénégal a enregistré, au cours des derniers mois de 2025, une nette amélioration de ses performances commerciales, portée par une forte progression des exportations. Selon les données publiées par Agence nationale de la statistique et de la démographie, cette dynamique a permis un redressement significatif de la balance commerciale en décembre.

Des exportations en hausse de 155 % en un mois

En décembre 2025, les exportations sénégalaises se sont élevées à 825,3 milliards de FCFA, contre 323,6 milliards de FCFA le mois précédent, soit une progression remarquable de 155 %. Cette performance s’explique principalement par la hausse des ventes d’or non monétaire, qui ont atteint 206,8 milliards de FCFA, contre 95,9 milliards en novembre.

Les expéditions d’huiles brutes de pétrole ont également fortement progressé, passant de 45,5 à 106,3 milliards de FCFA, tandis que celles de produits pétroliers raffinés ont atteint 90,4 milliards de FCFA, contre 49,7 milliards un mois plus tôt.

Cette tendance haussière a toutefois été partiellement atténuée par le recul des exportations de phosphates, en baisse à 2,2 milliards de FCFA contre 4,9 milliards, ainsi que par la diminution des ventes de produits halieutiques, notamment les crustacés et mollusques.

Sur une base annuelle, les exportations affichent également une forte progression de 104,1 % par rapport à décembre 2024. En cumul, elles s’établissent à 5 935,2 milliards de FCFA à fin 2025, contre 3 909,1 milliards un an auparavant, soit une hausse de 51,8 %.

Des partenaires commerciaux dominés par l’Europe et la sous-région

Les principaux produits exportés en décembre 2025 restent dominés par les ressources extractives et énergétiques, notamment l’or, le pétrole brut, les produits pétroliers raffinés et les acides phosphoriques.

Du côté des destinations, Suisse arrive en tête avec 19 % des parts de marché, suivie de la Belgique (16,1 %), du Mali (9,9 %), de l’Espagne (8,8 %) et du Royaume-Uni (7,0 %).

Un recul marqué des importations

Dans le même temps, les importations ont connu une baisse significative en décembre 2025, s’établissant à 544,8 milliards de FCFA contre 713,3 milliards le mois précédent, soit un recul de 23,6 %.

Cette diminution est principalement liée à la chute des achats de matériels de transport, passés de 195,9 milliards à seulement 7,3 milliards de FCFA. Les importations de produits pharmaceutiques et de sucres ont également reculé.

En revanche, certains postes ont enregistré une hausse, notamment les produits pétroliers raffinés (105,5 milliards de FCFA contre 77,0 milliards) et les métaux communs (45,0 milliards contre 18,6 milliards), limitant ainsi l’ampleur de la baisse globale.

Sur un an, les importations enregistrent une diminution de 24,6 % en décembre. Toutefois, en cumul annuel, elles progressent légèrement de 1,6 %, atteignant 7 279,1 milliards de FCFA à fin 2025.

Les principaux fournisseurs du Sénégal restent dominés par la Chine (21,4 %), suivie de la France (10,6 %), de la Russie (7,5 %), de l’Inde (5,1 %) et des Pays-Bas (4,4 %).

Une balance commerciale redevenue excédentaire

Portée par la forte hausse des exportations et la contraction des importations, la balance commerciale du Sénégal s’est nettement redressée en décembre 2025. Le solde est ainsi passé d’un déficit de 389,7 milliards de FCFA en novembre à un excédent de 280,5 milliards de FCFA.

Cette amélioration s’explique notamment par la résorption du déficit vis-à-vis de la Belgique et de l’Espagne, mais aussi par le renforcement des excédents commerciaux avec la Suisse, le Mali et le Royaume-Uni.

Dans un contexte marqué par le développement des secteurs extractifs et énergétiques, ces résultats traduisent une transformation progressive de la structure des échanges extérieurs du Sénégal, désormais davantage tirée par ses ressources naturelles et ses exportations à forte valeur.

2025 06 30T113752Z 1 LYNXMPEL5T0HQ RTROPTP 4 CHINA ECONOMY 360x320

Guinée : croissance exceptionnelle des exportations de bauxite soutenue par la demande chinoise.

La Guinée confirme sa position de leader mondial dans l’exportation de bauxite avec une progression spectaculaire de ses volumes au premier semestre 2025. Selon les derniers chiffres officiels, les exportations ont augmenté de 36 %, atteignant près de 100 millions de tonnes. Cette performance remarquable est principalement soutenue par la forte demande industrielle en provenance de la Chine, qui reste le principal partenaire commercial du pays dans ce secteur.

Une ressource stratégique dans l’économie mondiale

La bauxite est la matière première indispensable à la production d’aluminium, métal largement utilisé dans de nombreux secteurs, allant de la construction à l’aéronautique, en passant par l’automobile et l’électronique. La demande mondiale en aluminium ne cesse de croître, notamment sous l’impulsion des pays en forte industrialisation comme la Chine. La Guinée, avec ses vastes gisements de bauxite de haute qualité, occupe une place stratégique dans cette chaîne d’approvisionnement.

La Société Minière de Boké (SMB) demeure un acteur majeur, assurant à elle seule près d’un tiers des exportations guinéennes. Ce succès contribue significativement aux recettes d’exportation et aux revenus fiscaux du pays, essentiels pour le financement des services publics et des infrastructures.

Des défis persistants pour un secteur en pleine expansion

Malgré ces résultats encourageants, le secteur minier guinéen doit composer avec plusieurs défis. D’une part, les autorités ont renforcé la régulation du secteur afin d’assurer une meilleure gouvernance des ressources naturelles et une répartition plus équitable des bénéfices. Cette régulation a conduit certaines entreprises à suspendre temporairement leurs opérations, affectant la production.

D’autre part, les infrastructures de transport restent un maillon faible, avec des routes et des voies ferrées parfois insuffisantes pour supporter les volumes croissants. Le développement du corridor minier, notamment autour du projet Simandou, est essentiel pour fluidifier l’exportation et réduire les coûts logistiques.

Enfin, la Guinée cherche à dépasser le simple rôle de fournisseur de matières premières brutes. La valorisation locale des ressources par le développement de capacités de raffinage et de production d’aluminium est un objectif stratégique à moyen terme, qui permettrait de créer davantage d’emplois et d’augmenter la valeur ajoutée nationale.

Perspectives économiques et sociales

La croissance des exportations de bauxite est une opportunité majeure pour la Guinée, mais elle nécessite un cadre politique et économique stable pour maximiser ses retombées. Le gouvernement doit continuer à travailler sur la sécurité juridique, la transparence et le dialogue avec les communautés locales pour prévenir les conflits sociaux.

Par ailleurs, une diversification de l’économie reste primordiale pour réduire la dépendance aux matières premières et favoriser un développement inclusif. Le secteur minier, tout en restant un pilier, doit s’intégrer dans une stratégie plus large de croissance durable.