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Fintech : le Sénégal prend la tête de l’UEMOA‎‎‎.

Selon les récents derniers chiffres de la BCEAO, Dakar décroche la première place de la finance inclusive en zone UEMOA. Devancé de justesse en microfinance, le Sénégal creuse l’écart en mobile money et s’impose comme la locomotive de la région.


‎Le Sénégal est officiellement N°1 de la finance inclusive dans l’UEMOA. Les données 2026 de la BCEAO et de la Commission bancaire de l’UEMOA placent Dakar en tête, avec une domination particulièrement marquée sur la monnaie électronique. Le Sénégal pèse 1 234,3 milliards FCFA d’actifs en microfinance. Soit 26,5% du total régional. La Côte d’Ivoire suit de très près avec 26,3%. Le Burkina Faso complète le podium avec 19,1%. L’écart entre Dakar et Abidjan ne tient qu’à 0,2 point. Le pays compte aussi 2,28 millions de comptes de microfinance actifs, en hausse de 15,2% sur un an. 81 structures sont opérationnelles sur le territoire.

‎ C’est sur ce terrain que le Sénégal prend nettement les devants. Avec 29,7% de l’encours régional, le pays domine le marché de la monnaie électronique en UEMOA. L’encours total de la zone atteint 1 923,2 milliards FCFA, en bond de 35,2% sur un an. La Côte d’Ivoire arrive deuxième avec 23,5%, malgré une croissance de 35,2% elle aussi. Portés par Wave et Orange Money, les acteurs sénégalais tirent l’écosystème. Dakar s’impose ainsi comme un hub fintech continental. La zone compte désormais 60,6 millions de comptes de mobile money actifs sur 172,9 millions ouverts. Le taux d’activation atteint 35,1%, en progression de 12% sur un an. La Commission bancaire de l’UEMOA confirme une accélération générale de l’inclusion financière.

‎Au-delà des chiffres, le Sénégal gagne sur deux leviers. En premier lieu, l’innovation low-cost : Wave a cassé les tarifs et forcé tout le marché à baisser. Résultat, l’usage explose même en zone rurale. En second lieu, l’écosystème : Dakar concentre incubateurs, régulateur ouvert et partenaires techniques.


‎Contrairement à d’autres pays, la régulation sénégalaise a rapidement validé les portefeuilles électroniques, permettant aux fintechs de scaler. Avec cet écart de 6,2 points sur la monnaie électronique, le Sénégal ne joue plus seulement la première place. Il installe un modèle que ses voisins tentent de copier. Et si la tendance se confirme en 2027, l’écart avec Abidjan en microfinance pourrait disparaître au profit d’une double domination sénégalaise.

Source : ceuxquifontlafrique.com
‎Marcelle NTONGONO

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Microfinance et fintechs : la BCEAO durcit les règles pour renforcer la confiance et accélérer l’inclusion financière.

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) poursuit son opération d’assainissement du secteur de la microfinance dans l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA). Face aux insuffisances constatées dans la gestion de plusieurs établissements, l’institution monétaire régionale a engagé une réduction significative du nombre d’institutions autorisées à exercer, avec pour priorité la protection de l’épargne des populations et le renforcement de la stabilité du secteur financier.

Selon Assa Sangaré Sèye, adjointe au directeur de la Microfinance et de l’Inclusion financière de la BCEAO, le nombre d’institutions de microfinance dans l’Union est ainsi passé d’environ 1 000 à près de 500. Elle s’exprimait mardi 21 juillet, à l’occasion d’un séminaire de formation destiné aux journalistes économiques de l’UEMOA et organisé par la Banque centrale.

Une opération d’assainissement destinée à protéger les épargnants

Pour la responsable de la BCEAO, le retrait des agréments répond à une exigence fondamentale : garantir la sécurité des fonds confiés par les populations aux institutions financières.

« Lorsqu’on collecte l’argent des populations, il est indispensable que cette activité soit rigoureusement encadrée », a-t-elle expliqué, évoquant des pratiques qui ne respectaient pas toujours les dispositions réglementaires en vigueur.

Les institutions ne répondant pas aux exigences prudentielles, aux règles de gouvernance ou aux normes de gestion ont ainsi fait l’objet de mesures pouvant aller jusqu’au retrait de leur agrément.

Cette politique vise à renforcer la confiance des usagers et à assainir durablement un secteur qui joue un rôle majeur dans l’accès aux services financiers, notamment pour les populations à faibles revenus, les petites entreprises et les acteurs économiques éloignés du système bancaire traditionnel.

La BCEAO entend toutefois accompagner les institutions demeurées conformes aux exigences réglementaires afin qu’elles puissent continuer à contribuer au financement de l’économie et au développement de l’inclusion financière dans la région.

Les fintechs soumises à un contrôle renforcé

L’essor rapide des technologies financières constitue désormais un autre chantier prioritaire pour les autorités monétaires de l’UEMOA.

Face à la multiplication des fintechs et à la diversification des services financiers numériques, la BCEAO entend favoriser l’innovation tout en veillant à la protection des utilisateurs et à la stabilité du système financier.

Les demandes d’autorisation font ainsi l’objet d’un examen approfondi portant notamment sur la gouvernance des entreprises, leur solidité financière, leur niveau de capitalisation, leurs dispositifs de cybersécurité et leurs mécanismes internes de gestion des risques.

L’objectif est de créer un environnement propice à l’innovation sans compromettre la sécurité des transactions ni les intérêts des utilisateurs.

La monnaie électronique, moteur de l’inclusion financière

Cette politique de régulation intervient dans un contexte de profonde transformation du paysage financier ouest-africain. En une décennie, l’UEMOA a enregistré une progression spectaculaire de l’accès aux services financiers, largement portée par le développement de la monnaie électronique.

D’après les données présentées par la BCEAO, le taux d’inclusion financière est passé de 41,7 % en 2015 à 76,1 % en 2025.

Cette progression s’est accompagnée d’une forte expansion des réseaux de distribution. Le nombre de points de services pour 10 000 habitants est passé de 31 à 224 en dix ans. Sur le plan géographique, la densité des points de services a également progressé, passant de 54 à 563 points pour 1 000 km², permettant ainsi de rapprocher les services financiers des populations, y compris dans les zones rurales.

Selon Assa Sangaré Sèye, la monnaie électronique représente désormais plus de 60 % du taux d’inclusion financière enregistré dans l’Union.

Objectif : 90 % d’inclusion financière d’ici 2030

La BCEAO ambitionne désormais de porter le taux d’inclusion financière à 90 % de la population adulte à l’horizon 2030.

Cette ambition ne repose toutefois pas uniquement sur l’augmentation du nombre de personnes ayant accès à un compte ou à un service financier. Elle vise également à garantir des services réellement adaptés aux besoins des populations, accessibles, sécurisés et proposés à des coûts abordables.

Entre l’assainissement du secteur de la microfinance, le renforcement de la supervision des fintechs et l’essor de la monnaie électronique, la BCEAO cherche ainsi à construire un écosystème financier régional plus solide et plus inclusif. Un équilibre qui apparaît désormais essentiel pour soutenir l’activité économique tout en renforçant la confiance des populations dans les services financiers de l’UEMOA.