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FEEM 2026 : l’industrie minière au cœur du débat stratégique en Guinée.

La quatrième édition du Forum Économique d’Émergence Magazine (FEEM) se tiendra du 25 au 27 mars 2026, ont annoncé les organisateurs mardi 17 février. L’événement se déroulera en format hybride, combinant rencontres en présentiel et participation en ligne, avec des activités prévues à Boké et à Conakry.

Placée sous le thème « Industrie minière : défis et opportunités », cette édition entend repositionner le secteur extractif comme un levier central de transformation économique pour la Guinée.

Repenser le rôle du secteur extractif

Selon l’Administration générale du Magazine Emergence, initiateur du forum, le FEEM 2026 ambitionne d’ouvrir un espace de réflexion stratégique sur la valorisation des ressources naturelles. À travers des panels thématiques, des débats techniques et des partages d’expériences, les échanges porteront sur les mécanismes permettant d’ancrer davantage la richesse minière dans l’économie nationale.

Le président du FEEM, Lamine Mognouma Cissé, a souligné la nécessité d’un dialogue approfondi autour des enjeux structurants du secteur : développement du contenu local, gouvernance environnementale, optimisation des recettes fiscales et intégration des mégaprojets dans le tissu économique guinéen. L’objectif affiché est clair : faire du potentiel minier un moteur de prospérité durable et partagée.

Le projet Simandou au centre des attentes

Au cœur des discussions figurera le projet de Simandou, considéré comme l’un des plus importants gisements de minerai de fer au monde. Son développement cristallise de fortes attentes en matière d’industrialisation, de déploiement d’infrastructures ferroviaires et portuaires, ainsi que d’accroissement des recettes publiques.

Au-delà de l’exploitation minière, les débats porteront sur la transformation locale du minerai, les modalités de financement des infrastructures et les effets potentiels du projet sur la trajectoire de croissance à long terme.

Boké et Conakry, deux pôles complémentaires

À Boké, principale zone d’exploitation de la bauxite, deux panels seront consacrés aux dynamiques locales du secteur. Les discussions aborderont notamment l’emploi, l’implication des PME guinéennes dans la chaîne de valeur et les défis environnementaux liés à l’expansion des activités extractives.

À Conakry, un panel analysera les implications macroéconomiques des grands projets miniers, notamment en termes de diversification économique et de soutenabilité de la croissance.

Une dimension continentale affirmée

Cette édition intervient dans un contexte continental marqué par la désignation de la Guinée pour abriter le siège du Centre africain du développement minier (CADM), décision actée lors du 39ᵉ Sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Union africaine.

Ce positionnement stratégique renforce la portée des débats du FEEM et conforte la place de la Guinée dans la gouvernance minière africaine, alors que le continent cherche à mieux capter la valeur ajoutée issue de ses ressources naturelles.

Récompenser les acteurs de la performance économique

Comme lors des éditions précédentes, le forum s’achèvera par la remise des « Émergence Economic Awards 2026 », distinguant entreprises et personnalités ayant contribué de manière significative au développement économique national.

En conjuguant ancrage local et ouverture continentale, le FEEM 2026 entend s’imposer comme un cadre de réflexion stratégique sur l’avenir minier de la Guinée. Face aux impératifs de compétitivité, aux exigences sociales et aux défis environnementaux, le rendez-vous ambitionne de promouvoir un modèle extractif plus intégré, responsable et créateur de valeur durable.

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Industrie minière : le Mali se dote d’une capacité nationale de production d’explosifs civils.

Le Mali franchit une nouvelle étape dans la structuration de son secteur minier avec son entrée directe dans la production d’explosifs civils. L’État malien a acquis une participation majoritaire dans une société spécialisée dans la fabrication d’articles pyrotechniques, marquant ainsi une avancée stratégique vers l’industrialisation locale et la sécurisation des intrants sensibles utilisés dans les mines.

Selon un communiqué publié à l’issue du Conseil des ministres, cette décision s’inscrit dans la mise en œuvre des réformes engagées depuis l’adoption du nouveau Code minier, qui vise à renforcer la souveraineté nationale sur les ressources extractives et les chaînes de valeur associées.

Une prise de contrôle stratégique

L’État détient désormais 51 % du capital de la Société Industrielle du Centre du Mali FARATCHI-CO-SA, une entreprise créée en partenariat avec la société chinoise Auxin, à la suite d’un pacte d’actionnaires signé en novembre 2024. Cette prise de participation majoritaire permet à l’État de jouer un rôle central dans la gouvernance, l’orientation stratégique et le contrôle des activités de la société.

Sécuriser l’approvisionnement et renforcer la surveillance

L’objectif affiché est multiple : améliorer la gestion et la traçabilité des explosifs à usage civil, développer une industrie locale capable de répondre aux besoins nationaux et renforcer les mécanismes de surveillance et de sécurité liés à l’utilisation de ces produits sensibles. Les explosifs civils sont en effet indispensables à l’exploitation aurifère industrielle, aux carrières, ainsi qu’à certains travaux de génie civil.

Dans un contexte sécuritaire marqué par des défis persistants, les autorités entendent également réduire les risques de détournement et mieux encadrer l’utilisation de ces substances à haut potentiel.

Réduire la dépendance aux importations

Pays parmi les premiers producteurs d’or en Afrique, le Mali dépendait jusqu’ici largement des importations pour son approvisionnement en explosifs civils. La création de FARATCHI-CO-SA vise à corriger cette vulnérabilité structurelle, tout en favorisant le transfert de compétences, la création d’emplois qualifiés et l’essor d’un tissu industriel local.

À travers cette initiative, Bamako affirme sa volonté de reprendre la main sur des segments stratégiques de l’activité minière, en cohérence avec sa politique de valorisation nationale des ressources et de sécurisation des chaînes d’approvisionnement.