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Guinée : le ministère des Mines se réorganise autour de « Simandou 2040 ».

n décret présidentiel publié le 10 février 2026 redéfinit en profondeur l’architecture du ministère des Mines et de la Géologie. Cette restructuration, qui intervient dans la continuité du maintien de Bouna Sylla à la tête du département, consacre le programme « Simandou 2040 » et la transformation locale des ressources comme axes centraux de l’action publique.

Dans un contexte où la Guinée détient certaines des plus importantes réserves mondiales de bauxite et de fer, les autorités entendent désormais faire du secteur minier un moteur structurant de développement économique et industriel.

Simandou, pivot stratégique de la nouvelle organisation

La principale innovation du nouvel organigramme réside dans la création de la Cellule d’exécution des projets du programme Simandou 2040 (CEP-PS 2040), rattachée directement au cabinet du ministre. Cette entité traduit une volonté claire : faire du gisement de Simandou, l’un des plus vastes au monde en minerai de fer à haute teneur, un levier de transformation durable et non un simple projet extractif.

Le programme « Simandou 2040 » vise à inscrire l’exploitation du fer dans une stratégie de diversification économique, intégrant infrastructures, transformation locale et retombées sociales sur le long terme.

Pour accompagner cette ambition, le cabinet ministériel est renforcé par des conseillers spécialisés dans les infrastructures minières, le développement stratégique et les affaires juridiques. Le Service de coopération et d’investissement ainsi que le Bureau de stratégie et de développement viennent compléter le dispositif, avec pour mission d’attirer et de sécuriser les investissements, tout en veillant à leur cohérence avec les priorités nationales.

Contrôle accru et exigence de conformité

Le décret met également l’accent sur la transparence et la rigueur. La Brigade antifraude des matières précieuses et le Service des affaires juridiques et de la conformité voient leurs attributions consolidées. L’objectif est de mieux sécuriser les recettes publiques et de garantir le respect du Code minier par les opérateurs.

Dans un secteur régulièrement exposé aux risques de fraude, d’évasion fiscale et de tensions sociales, ce renforcement des mécanismes de contrôle s’inscrit dans une logique de gouvernance plus exigeante.

La dimension environnementale et sociale est également intégrée dans la nouvelle organisation. Des services dédiés à la protection de l’environnement minier, au suivi du contenu local et aux relations communautaires sont chargés de promouvoir une exploitation responsable, de favoriser l’accès des entreprises et travailleurs guinéens aux marchés miniers et de prévenir les conflits autour des sites d’extraction.

Modernisation administrative et ouverture

La réforme introduit par ailleurs un service chargé de la modernisation des systèmes d’information, dans une optique d’amélioration de la performance administrative et de traçabilité des opérations.

Autre évolution notable : la création d’un service Genre et Équité, signe d’une volonté d’encourager une participation plus inclusive dans un secteur historiquement dominé par les hommes.

Les directions techniques — Géologie, Mines et Carrières, Projets miniers — demeurent les piliers opérationnels du ministère. Elles sont appuyées par des organismes spécialisés, tels que le Laboratoire national de géologie et l’Office guinéen d’expertise de l’or et du diamant, qui assurent respectivement l’expertise scientifique et la régulation commerciale.

Une ambition de gouvernance exemplaire

Le dispositif institutionnel intègre également l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE) et un Comité d’éthique parmi les organes consultatifs, renforçant ainsi l’orientation vers une gouvernance plus responsable.

À travers cette réorganisation, le ministère des Mines et de la Géologie se dote d’une architecture adaptée aux enjeux d’un secteur stratégique. L’ambition affichée est de convertir le potentiel géologique exceptionnel de la Guinée en prospérité durable, en cohérence avec la vision économique portée par les autorités de la transition.

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Mali : la présidence se dote d’un ministère stratégique pour reprendre la main sur le secteur minier.

Le président de la Transition malienne, Assimi Goïta, a franchi une nouvelle étape dans la restructuration de la gouvernance économique du pays avec la création d’un poste ministériel spécifiquement chargé de la supervision du secteur minier. Cette décision, annoncée par décret, marque un renforcement significatif du contrôle direct de la présidence sur une industrie clé, au premier rang desquelles figure l’or, pilier central de l’économie malienne.

Pour occuper cette fonction stratégique, le chef de l’État a nommé Hilaire Bebian Diarra, un expert reconnu des sciences de la terre, ancien cadre de la société minière canadienne Barrick Mining. Ce choix illustre la volonté des autorités de s’appuyer sur un profil technique aguerri, à la fois familier des standards internationaux et des réalités du secteur aurifère malien.

Des prérogatives élargies, jusque-là dévolues au ministère des Mines

Le nouveau ministre aura pour mission de superviser la mise en œuvre de la politique minière nationale, de veiller au respect du code minier, et d’examiner les rapports d’activités transmis par les titulaires de titres miniers. Ces attributions, auparavant du ressort du ministère des Mines, traduisent une recentralisation du pouvoir décisionnel autour de la présidence, dans un contexte de redéfinition des relations entre l’État et les compagnies extractives.

Un acteur clé des négociations minières récentes

Hilaire Bebian Diarra n’est pas un inconnu dans les cercles du pouvoir. Il a rejoint l’équipe gouvernementale l’an dernier alors qu’il était directement impliqué, pour le compte de Barrick Mining, dans les négociations autour du contrôle du complexe aurifère stratégique de Loulo-Gounkoto, l’un des plus importants du pays.

Au cœur d’un bras de fer intense entre Bamako et la compagnie canadienne, le spécialiste malien avait été nommé conseiller spécial à la présidence, à un moment où le gouvernement de transition exigeait une hausse substantielle des taxes minières et une participation accrue de l’État dans les projets d’exploitation.

Un signal fort adressé aux compagnies étrangères

La création de ce ministère et la nomination de Hilaire Bebian Diarra ont été largement interprétées par les observateurs comme un coup stratégique porté aux grands groupes miniers internationaux, en particulier aux opérateurs historiques. Elles s’inscrivent dans une dynamique plus large de souveraineté économique revendiquée par les autorités de transition, déterminées à maximiser les retombées nationales de l’exploitation des ressources naturelles.

À travers cette réforme institutionnelle, le pouvoir malien affiche clairement son ambition : reprendre la maîtrise d’un secteur vital, renforcer la part de l’État dans la rente aurifère et rééquilibrer les rapports de force avec les multinationales opérant sur son sol.

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Guinée : Le président Mamadou Doumbouya nomme de nouveaux cadres aux postes d’inspecteurs régionaux et directeurs préfectoraux des mines.

Le président de la Transition, Mamadou Doumbouya, a procédé dans la soirée du mercredi 3 décembre 2025 à une série de nominations stratégiques au sein du ministère des Mines et de la Géologie. Ces décisions, rendues publiques par décret, portent sur la désignation de nouveaux inspecteurs régionaux et directeurs préfectoraux des mines, en remplacement ou renforcement des équipes existantes.

Une nouvelle étape dans la structuration de la gouvernance minière

Ces nominations s’inscrivent dans la dynamique engagée depuis plusieurs mois par les autorités de la Transition :

  • renforcer la présence de l’État dans les zones minières,

  • améliorer le contrôle des activités extractives,

  • assurer une meilleure transparence dans la gestion des ressources,

  • et répondre à l’extension rapide des projets industriels à travers le pays.

La montée en puissance des infrastructures minières notamment dans le cadre du projet Simandou, de l’exploitation bauxitière et aurifère, ainsi que des réformes sur le contenu local exige une administration territoriale présente, compétente et capable de réguler efficacement le secteur.

Les nouveaux responsables nommés

Selon le décret rendu public, les cadres dont les noms suivent ont été affectés aux fonctions ci-après :

-Inspecteur régional des mines et de la géologie de Kankan, Jeannot Kolié précédemment inspecteur régional des mines et de la géologie de N’Zérékoré.

-Directeur préfectoral des mines et de la géologie et de l’exploitation artisanale de Kankan, Jocet Goumou, précédemment, directeur préfectoral des mines et de la géologie et de l’exploitation artisanale de N’Zérékoré.

-Directeur préfectoral des mines et de la géologie et de l’exploitation artisanale de Siguiri, Amoé Kovogui Précédemment, directeur préfectoral des mines et de la géologie et de l’exploitation artisanale de Lola.

-Directeur préfectoral des mines et de la géologie et de l’exploitation artisanale de Kouroussa David Oye Gilavogui, précédemment directeur préfectoral par intérim des mines, de la géologie et de l’exploitation artisanale de Massanta.

-Directeur préfectoral des mines, de la géologie et de l’exploitation artisanale de Mandiana Mory Kourouma, précédemment directeur préfectoral des mines, de la géologie et de l’exploitation artisanale de Beyla.

-Directeur préfectoral des mines, de la géologie et de l’exploitation artisanale de Kerouane Tamba Félix Kamassadounou, précédemment directeur préfectoral par intérim des mines, de la géologie et de l’exploitation artisanale de Gueckedou.

-Inspecteur régional des mines, de la géologie de N’Zérékoré Lancet Kourouma, précédemment inspecteur régional des mines et de la géologie de Kankan.

-Directeur préfectoral des mines, de la géologie et de l’exploitation artisanale de N’Zérékoré Yacouba Diakité, précédemment directeur préfectoral par intérim des mines, de la géologie et de l’exploitation artisanale de Mandiana.

-Directeur préfectoral des mines, de la géologie et de l’exploitation artisanale de Beyla Lancinet Mariama Condé, précédemment directeur préfectoral par intérim des mines de la géologie de l’exploitation artisanale de siguiri.

-Directeur préfectoral des mines la géologie de l’exploitation artisanale de Macenta Daraba Kaba précédemment directeur préfectoral des mines de la géologie de l’exploitation artisanale de Kouroussa.

-Directeur préfectoral des mines de la géologie de l’exploitation artisanale de Guékédou Jacques Tambada Tounkara précédemment directeur préfectoral par intérim des mines de la géologie de l’exploitation artisanale de Yomou.

-Directeur préfectoral des mines de la géologie de l’exploitation artisanale de Yomou Saran Moussa Sidibé précédemment chargé d’études à la direction préfectorale des mines de la géologie et de l’exploitation artisanale de Kankan.

-Directeur préfectoral des mines de la géologie de l’exploitation artisanale de Lola Mamadi Traoré précédemment directeur préfectoral par intérim des mines de la géologie de l’exploitation artisanale de Kérouané.

 Objectif : surveillance, conformité et développement local

En renforçant l’encadrement administratif à l’échelle régionale et préfectorale, le gouvernement entend :

  • assurer un meilleur suivi des opérations minières,

  • limiter l’exploitation clandestine,

  • favoriser la conformité des entreprises aux réglementations nationales,

  • et garantir une meilleure redistribution des retombées économiques au profit des collectivités.

 Un signal fort pour la gouvernance du secteur

Le président Doumbouya continue ainsi de mettre l’accent sur la régulation du secteur extractif, considéré comme le pilier stratégique de la croissance économique et un levier majeur de développement pour la Guinée.

Ces nominations viennent compléter les réformes engagées en 2024 et 2025 pour professionnaliser les services déconcentrés du ministère des Mines, restructurer le contrôle technique et améliorer la transparence des opérations minières à travers le pays.

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Mali : Accord trouvé entre l’État et Barrick sur les mines d’or de Loulo et Gounkoto.

Le gouvernement malien et la compagnie minière canadienne Barrick ont annoncé, lundi, la conclusion d’un accord mettant fin à deux années de tensions autour de l’exploitation des mines d’or de Loulo et Gounkoto, l’un des complexes aurifères les plus importants du pays.

Selon les termes du document signé, Barrick s’engage à verser 430 millions de dollars à l’État malien. Un premier acompte devra être transféré six jours après la signature de l’accord. En contrepartie, les autorités maliennes renoncent à toutes les accusations visant la compagnie, ses filiales et ses employés.

L’accord prévoit également la restitution complète du complexe Loulo–Gounkoto à la société canadienne, après plusieurs mesures prises par Bamako entre 2023 et 2024, dont la saisie d’environ trois tonnes d’or, estimées à 250 millions de dollars, ainsi que la suspension temporaire de certaines activités de production.

Cette entente marque une désescalade significative dans un dossier qui avait profondément crispé les relations entre l’entreprise et l’État malien. Elle ouvre la voie à une reprise normale des opérations minières et à un climat de coopération renouvelé dans un secteur clé pour l’économie du pays.

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Guinée : les premiers chargements du minerai de fer de Simandou vers la Chine marquent une étape historique.

Après plus de vingt ans de retards et de complexité, le projet Simandou en Guinée franchit une étape majeure : les premiers chargements de minerai de fer très haut de gamme ont été expédiés vers la Chine. Ce lancement symbolise non seulement le démarrage de la production commerciale, mais aussi l’entrée de la Guinée dans une nouvelle ère de transformation économique et d’influence stratégique.

Une infrastructure d’envergure

Le projet Simandou ne se limite pas à une simple mine : il englobe la construction d’une ligne ferroviaire trans-guinéenne de plus de 600 kilomètres, ainsi qu’un port en eau profonde. Ces infrastructures, massives et coûteuses, témoignent des ambitions à long terme du projet.

Une production ambitieuse

À pleine capacité, le gisement pourrait produire jusqu’à 120 millions de tonnes de minerai par an. Le minerai extrait à Simandou est particulièrement riche en fer, ce qui le rend très recherché pour la production d’acier de haute qualité, y compris des aciers “plus verts”.

Le lancement des exportations vers la Chine

Les premiers envois visent le marché chinois, un partenaire clé du consortium qui opère la mine. Avant ce départ, plusieurs millions de tonnes avaient été stockées en Guinée afin de sécuriser les flux d’exportation. La cérémonie de lancement des opérations a rassemblé les principaux partenaires du projet, dont des géants miniers et des sociétés chinoises.

Enjeux pour la Guinée

Pour la Guinée, Simandou représente une opportunité stratégique majeure. Les revenus générés pourront être réinvestis dans les infrastructures, l’éducation et l’industrialisation. Le gouvernement guinéen ambitionne également de transformer localement le minerai : des usines de raffinage pour produire de l’alumine et du fer traité sont à l’étude, afin de limiter les exportations de matière première brute et d’augmenter la valeur ajoutée.

Risques et défis

Malgré les promesses, le projet comporte des risques : la dépendance à la Chine pour une part importante des exportations soulève des questions de souveraineté économique. Par ailleurs, les coûts d’infrastructure élevés, les fluctuations possibles des prix du minerai et les défis environnementaux liés à l’extraction et au transport restent des facteurs de vulnérabilité.

Perspectives d’avenir

Si Simandou atteint les objectifs de production, la Guinée pourrait devenir un acteur central dans le marché mondial du fer. Le minerai de haute qualité issu du gisement offre un potentiel de développement d’« acier vert », ce qui pourrait séduire des marchés internationaux soucieux de durabilité. À plus long terme, une gouvernance rigoureuse et des partenariats équilibrés seront essentiels pour que les bénéfices de Simandou profitent pleinement à l’économie guinéenne.

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Clôture du Salon interministériel des Mines : L’ambition d’une souveraineté minière africaine affirmée.

Trois jours d’intenses échanges, des milliers de participants venus des quatre coins du monde et un mot d’ordre unanime : souveraineté.
Le Salon international des mines du Sénégal (SIM 2025) a pris fin ce jeudi 6 novembre à Diamniadio, sur un sentiment d’unité et une vision claire d’un secteur extractif africain plus autonome, plus inclusif et tourné vers la transformation locale des ressources.

Cette huitième édition, organisée du 4 au 6 novembre, s’est clôturée dans une atmosphère solennelle et empreinte d’optimisme. Représentant le ministre de l’Énergie, du Pétrole et des Mines, le directeur général des Mines et de la Géologie, Ibrahima Gassama, a salué « une réussite éclatante » et exprimé « une immense satisfaction » au regard de la qualité des débats et de la participation internationale.

Avec plus de 3 500 visiteurs professionnels, 250 exposants, 450 délégués et près d’une trentaine de pays représentés, le SIM 2025 confirme son statut de plateforme de référence pour la coopération minière en Afrique de l’Ouest.
Une mobilisation record qui témoigne à la fois de l’intérêt croissant pour le potentiel géologique et énergétique du Sénégal, et de la volonté des États africains de renforcer leurs synergies pour bâtir une souveraineté minière continentale.

À travers cette édition, le Sénégal réaffirme sa place au cœur du dialogue africain sur la valorisation durable des ressources naturelles, en phase avec la vision du président Bassirou Diomaye Faye, pour une Afrique qui transforme ses richesses et maîtrise son destin économique.