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Burkina Faso : un remaniement gouvernemental axé sur la continuité et la refonte de l’action publique.

Un remaniement ministériel a été officialisé le 12 janvier au Burkina Faso, à l’issue d’une annonce du secrétaire général du gouvernement et du Conseil des ministres. Cette réorganisation de l’équipe exécutive consacre la continuité au sommet de l’État, avec le maintien du Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, tout en introduisant d’importants ajustements structurels au sein de l’appareil gouvernemental.

La nouvelle équipe gouvernementale est composée de vingt-deux ministres. Elle enregistre quatre départs, deux nouvelles entrées et une série de changements de dénomination et de périmètre visant à adapter l’action publique aux priorités stratégiques des autorités de transition.

Nouvelles nominations et réaménagements sectoriels

Parmi les principaux mouvements, Annick Lydie Djouma Pikbougm Zingue Ouattara a été nommée ministre des Sports, de la Jeunesse et de l’Emploi, en remplacement de Roland Somda. De son côté, Moumouni Zoungrana prend les rênes du ministère de l’Enseignement secondaire et de la Formation technique, succédant à Boubacar Savadogo.

Ces nominations s’inscrivent dans une volonté affichée de renforcer les secteurs jugés prioritaires, notamment l’emploi des jeunes, la formation et le développement du capital humain.

Une profonde refonte des portefeuilles ministériels

Le remaniement se distingue surtout par une restructuration en profondeur de plusieurs ministères. Le ministère de la Défense et des Anciens combattants est rebaptisé ministère de la Guerre et de la défense patriotique, traduisant une orientation assumée vers la mobilisation nationale face aux défis sécuritaires.

Les ministères des Infrastructures et du Désenclavement, ainsi que de l’Habitat et de l’Urbanisme, sont supprimés au profit d’un nouveau département unique : le ministère de la Construction de la patrie, chargé de centraliser les politiques d’aménagement, d’infrastructures et de développement territorial.

Le ministère du Travail et de la Protection sociale devient quant à lui le ministère des Serviteurs du peuple, un intitulé qui marque la volonté des autorités de revaloriser la fonction publique et le service à la Nation.

D’autres ajustements concernent la simplification des intitulés de certains départements stratégiques, notamment ceux de la Justice, de la Santé et des Affaires étrangères, dans un souci de lisibilité et d’efficacité administrative.

Solidarité, agriculture et départs notables

Le ministère de l’Action humanitaire et de la Solidarité nationale est désormais restructuré en ministère de la Famille et de la Solidarité, confié au lieutenant-colonel Passowendé Pélagie Kaboré.

Par ailleurs, les portefeuilles de l’Agriculture et de l’Environnement ont été fusionnés pour donner naissance au ministère de l’Agriculture, de l’Eau, des Ressources animales et halieutiques, illustrant une approche intégrée de la gestion des ressources naturelles et de la souveraineté alimentaire.

Enfin, Luc Adama Sorgho et Roger Baro quittent le gouvernement, tandis que Mikaïlou Sidibé et le commandant Ismaël Sombié voient leurs attributions renforcées.

À travers ce remaniement, les autorités burkinabè entendent resserrer l’action gouvernementale, renforcer la cohérence institutionnelle et adapter l’organisation de l’État aux défis sécuritaires, sociaux et économiques auxquels le pays est confronté.

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Madagascar : Michael Randrianirina forme un nouveau gouvernement pour « sortir le pays de la crise ».

Dix jours après son investiture, le président Michael Randrianirina a dévoilé, ce mardi 28 octobre 2025, la composition de son premier gouvernement. L’équipe, présentée à la mi-journée depuis Antananarivo, marque une volonté de rupture et de renouveau, tout en conservant quelques figures expérimentées de la scène politique malgache.

Composé de 29 ministres, le nouveau gouvernement est placé sous le signe de la reconstruction nationale. Selon la présidence, sa mission principale est de « sortir le pays de la crise économique et sociale » qui secoue Madagascar depuis plusieurs années, aggravée par la flambée des prix, la dégradation des infrastructures et la baisse du pouvoir d’achat.

Un équilibre entre expérience et nouveaux visages

Cette nouvelle équipe mêle à la fois des technocrates issus du secteur privé, des jeunes cadres et quelques anciens ministres ayant déjà exercé sous les précédentes administrations.
Certains postes stratégiques — notamment l’Économie, l’Énergie et la Sécurité intérieure — ont été confiés à des profils jugés « compétents et pragmatiques », selon un communiqué officiel de la présidence.

Michael Randrianirina, élu sur la promesse d’un « renouveau politique et moral », a tenu à rappeler, lors de la cérémonie de présentation, que la priorité du nouveau gouvernement sera la relance économique, la lutte contre la corruption et le renforcement de la souveraineté nationale.

« Nous devons redonner confiance aux Malgaches. Le pays a besoin d’action, de transparence et de résultats concrets », a déclaré le chef de l’État dans un ton ferme.

Des défis majeurs à relever

Le nouveau gouvernement hérite d’un contexte difficile :

  • une économie fragilisée par la dépendance aux exportations minières et agricoles,

  • une pauvreté endémique touchant plus de 70 % de la population,

  • et une méfiance persistante envers les institutions publiques.

Pour inverser la tendance, le président Randrianirina a promis une série de réformes structurelles axées sur la bonne gouvernance, la réforme du système éducatif, la modernisation des infrastructures et la promotion de l’investissement local.

Une attente forte de la population

Dans les rues d’Antananarivo, la nomination du gouvernement a suscité autant d’espoir que de prudence. Beaucoup de citoyens saluent la présence de nouvelles têtes, tout en demandant des résultats rapides et visibles.

« Ce pays a trop souffert des promesses non tenues. Ce qu’on veut maintenant, c’est du concret », confie Hanitra, commerçante au marché d’Analakely.

Alors que Madagascar tente de tourner la page de l’instabilité politique, ce nouveau gouvernement devra prouver qu’il est capable de passer des discours à l’action. Pour Michael Randrianirina, la période de grâce sera courte : la population attend des résultats tangibles dès les premiers mois.