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Pollution plastique : le navire Plastic Odyssey fait escale à Dakar pour renforcer les solutions locales.

Après plusieurs étapes en Méditerranée et en Afrique du Nord, notamment au Liban, en Égypte, en Tunisie et au Maroc, le navire-laboratoire Plastic Odyssey a accosté à Dakar le 26 janvier. Cette escale sénégalaise, particulièrement symbolique, marque l’un des temps forts de l’expédition mondiale entamée il y a trois ans pour lutter concrètement contre la pollution plastique. Une conférence de lancement s’est tenue à l’Institut français de Dakar, en présence d’acteurs institutionnels, diplomatiques et de la société civile.

Dakar, cœur stratégique de l’aventure Plastic Odyssey

Si Dakar figure parmi les étapes majeures de cette tournée internationale, c’est parce que la capitale sénégalaise occupe une place centrale dans l’histoire du projet. C’est en effet à Dakar qu’a été implantée Plastic Odyssey Factories, la filiale opérationnelle du programme. À partir de cette base, des unités locales de recyclage sont conçues, adaptées aux réalités des territoires et déployées dans plusieurs pays, faisant du Sénégal un hub régional de l’innovation environnementale.

Cette escale vise ainsi à partager les enseignements accumulés au fil du tour du monde, à renforcer les partenariats locaux et à amplifier les actions de terrain au profit de la jeunesse, des entrepreneurs et des organisations de la société civile.

Trois semaines de sensibilisation, de formation et d’actions concrètes

Du 26 janvier au 16 février, Plastic Odyssey déploiera à Dakar un programme dense mêlant ateliers de sensibilisation, formations techniques, tables rondes avec des experts, rencontres avec des élèves et échanges avec l’écosystème sénégalais engagé dans la lutte contre la pollution plastique. À bord du navire, des machines de recyclage « low-tech » seront également construites et présentées, illustrant des solutions accessibles, reproductibles et adaptées aux contextes locaux.

Malgré les efforts consentis par l’État sénégalais, notamment à travers la loi n°2020-04 du 8 janvier 2020 relative à la prévention et à la réduction de l’incidence des plastiques sur l’environnement, la pollution plastique demeure une problématique majeure. « Le Sénégal produit plus de 250 000 tonnes de déchets plastiques par an, dont à peine 30 000 tonnes sont recyclées, soit environ 10 % », a rappelé Ibrahima Diagne, conseiller technique en hydraulique, assainissement et environnement auprès du Premier ministre.

De la gestion des déchets à l’économie circulaire

Selon M. Diagne, la loi repose sur deux piliers : l’interdiction de certains plastiques et la promotion de l’économie circulaire. « Mais il reste encore beaucoup à faire pour garantir une véritable économie circulaire et réduire durablement les déchets plastiques », a-t-il reconnu, saluant la contribution de Plastic Odyssey et de sa filiale Plastic Odyssey Factories. Il a également souligné la volonté des autorités, sous l’impulsion du président Bassirou Diomaye Faye, de changer de paradigme en passant « de la gestion des déchets à l’économie des déchets », dans la perspective d’un Sénégal zéro déchet.

Des micro-usines de recyclage au service des territoires

Pour la France, partenaire clé du projet, cette escale consacre le Sénégal comme un acteur majeur de la lutte contre la pollution plastique. « Sensibiliser ne suffit plus. Il faut agir, structurer, former et créer des solutions pérennes. C’est exactement ce que propose Plastic Odyssey », a déclaré Christine Fages, ambassadrice de France au Sénégal.

Elle a rappelé que le projet Sunu Plastic, soutenu par l’ambassade de France à hauteur d’environ 656 millions de FCFA, a permis le déploiement de micro-usines de recyclage low-tech exploitées par des entrepreneurs sénégalais. Installées dans des conteneurs, ces unités transforment les déchets plastiques en produits utiles tels que pavés, tuiles, poubelles ou tuyaux, répondant aux besoins des collectivités locales. Quatre micro-usines sont déjà opérationnelles à Saint-Louis, Kédougou, Kidira et Gandon, avec d’autres en perspective.

Une prise de conscience née à Dakar

Pour Simon Bernard, cofondateur de Plastic Odyssey, le projet trouve ses racines à Dakar. « Tout est parti d’ici, en 2016, lorsque j’ai découvert, depuis mon bateau, des montagnes de déchets plastiques sur une plage autrefois parmi les plus belles du pays », a-t-il confié. Une image fondatrice qui a donné naissance à une initiative aujourd’hui internationale, mais dont le Sénégal demeure l’un des piliers stratégiques.

Avec cette escale, Dakar s’affirme plus que jamais comme un laboratoire d’innovations environnementales et un acteur clé dans la construction de solutions durables face à un défi mondial.