
Secteur spatial : Le Sénégal mise sur la coopération africaine et la maîtrise technologique post-GAINDESAT-1A.
Le Sénégal franchit une nouvelle étape dans sa stratégie spatiale en transformant le succès du satellite GAINDESAT-1A, lancé il y a deux ans, en un levier de coopération continentale. Lors de l’Africa Space Expo 2026, le professeur Gayane Faye, coordonnateur de la SENSAT, a réaffirmé l’ambition de Dakar de structurer un écosystème spatial africain intégré, notamment à travers un partage d’expérience avec la Côte d’Ivoire, qui a officialisé la création de son Agence spatiale en 2025.
Au-delà de l’orbite : bâtir une chaîne de valeur nationale
L’objectif initial du programme sénégalais dépasse la simple présence dans l’espace. GAINDESAT-1A a été conçu comme un catalyseur pour le développement des compétences locales et la création d’une chaîne de valeur nationale complète. Le programme repose sur quatre axes majeurs :
- Le transfert de compétences technologiques dans la fabrication de satellites.
- Le déploiement d’infrastructures terrestres de réception de données.
- L’expérimentation de collectes de données en conditions réelles.
- La démonstration de l’autonomie opérationnelle du pays.
Aujourd’hui, l’exploitation de ces données s’avère stratégique pour la gestion environnementale, notamment le suivi des ressources hydriques, de la couverture forestière et des indicateurs climatiques. Les récentes phases de test de transmission de données vers Dakar se sont révélées concluantes.
Une feuille de route ambitieuse et commerciale
Pour soutenir cette dynamique, la SENSAT a engagé la construction d’un deuxième satellite. Ce nouvel équipement permettra d’étendre le réseau des stations de collecte au niveau régional, ouvrant ainsi des perspectives de commercialisation de services d’observation aux pays tiers. À plus long terme, la feuille de route prévoit la fabrication intégrale de deux autres satellites par des ingénieurs sénégalais, marquant la transition définitive d’une phase d’apprentissage vers une maîtrise technologique totale.
La Côte d’Ivoire et le Sénégal : une synergie stratégique
Cette trajectoire sert désormais de modèle pour la Côte d’Ivoire. Sous la direction de Tidiane Ouattara, l’Agence spatiale ivoirienne privilégie actuellement la mise en place d’un cadre juridique et d’une gouvernance solide avant le déploiement de ses propres outils. S’appuyant sur l’expérience acquise par le Sénégal auprès du Centre spatial universitaire de Montpellier, la SENSAT prône une logique de mutualisation plutôt que de compétition, visant à accélérer la montée en compétences à l’échelle régionale et à éviter la duplication des erreurs passées.
Du spatial au géospatial : l’intégration de l’intelligence artificielle
La concrétisation de cette vision s’est manifestée lors de l’événement ASPEX 2026, où la délégation sénégalaise a exposé le projet de constellation d’observation de la Terre NINKI-NANKA ainsi que le prototype de fusée FUSEX MALAAW. Au-delà des présentations techniques, la signature d’un accord de partenariat avec une start-up ivoirienne spécialisée dans le géospatial et l’intelligence artificielle illustre la volonté de Dakar de dépasser le seul cadre industriel pour bâtir un écosystème d’applications commerciales et de services à haute valeur ajoutée.

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