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Agriculture : la Côte d’Ivoire prépare une assurance pour protéger les récoltes de riz face aux aléas climatiques.

La Côte d’Ivoire avance sur la mise en place d’une assurance récolte fondée sur des indicateurs mesurables. Le riz fait partie des trois premières filières retenues par le PASSIR, aux côtés du coton et du palmier à huile. Pour les producteurs, l’enjeu est de mieux absorber les pertes provoquées par les aléas climatiques, alors que l’État multiplie en parallèle les investissements dans l’irrigation, les semences et la mécanisation.

Une mauvaise saison ne se résume pas à quelques sacs de riz en moins. Pour un exploitant qui a déjà payé ses semences, ses engrais, la préparation de la parcelle ou la main-d’œuvre, une sécheresse prolongée ou des pluies mal réparties peuvent déséquilibrer toute une campagne. La récolte diminue, mais les dépenses engagées restent.

C’est sur ce risque que la Côte d’Ivoire cherche désormais à agir avec le Projet de mise en place d’un mécanisme d’Assurance récolte indicielle en Côte d’Ivoire (PASSIR). Du 2 au 4 septembre, le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières réunissait ainsi à Yamoussoukro producteurs, administrations, experts de l’assurance et acteurs financiers de la filière riz. L’objectif était encore largement pédagogique : expliquer le fonctionnement de l’assurance indicielle, présenter l’avancement du projet et préparer son appropriation par les futurs bénéficiaires. Les études de faisabilité ont retenu trois premières filières : le coton, le palmier à huile et le riz. Le PASSIR bénéficie d’un financement obtenu auprès de la Banque ouest-africaine de développement.

Une assurance au fonctionnement différent

Le principe diffère d’une assurance agricole classique. Après un sinistre, l’indemnisation n’est pas nécessairement calculée à partir d’une expertise individuelle de chaque parcelle. Elle repose sur un indice défini à l’avance. Selon les dispositifs, celui-ci peut être construit autour des précipitations, du rendement constaté dans une zone ou d’autres données permettant d’objectiver un choc agricole.

Lorsque le seuil prévu par le contrat est atteint, le mécanisme peut déclencher un paiement selon les conditions établies. Pour des exploitations nombreuses et dispersées, l’intérêt est évident : limiter le recours systématique aux expertises individuelles et accélérer le traitement des indemnisations.

Toutefois, une assurance de ce type n’est utile que si les données utilisées correspondent suffisamment aux réalités rencontrées sur le terrain. Le montant des cotisations, la nature des contrats et la qualité des indicateurs sont autant d’aspects à expliciter pour générer une plus grande adhésion chez les producteurs.

Alors que la Côte d’Ivoire continue d’affiner ce nouveau mécanisme au sein du secteur du coton, la protection des récoltes de riz est autrement plus pressante au vu des besoins du pays en la matière. Le PND 2026-2030 indique que la production nationale couvrait 63 % des besoins en 2024. La trajectoire inscrite dans le plan vise 76 % en 2026, 95 % en 2028 puis 106 % en 2030. Les efforts à fournir seront considérables et avec eux s’affirmera le besoin grandissant d’en protéger les résultats.

Mieux protéger pour faciliter l’investissement

Le mécanisme peut également agir sur une difficulté moins visible : le financement des exploitations. Accorder un crédit à un agriculteur dont le revenu dépend fortement des conditions météorologiques expose une banque ou une institution de microfinance à une incertitude importante. Une récolte assurée n’élimine pas ce risque, mais elle peut en absorber une partie. Le ministère de l’Agriculture voit ainsi dans l’assurance indicielle un moyen de protéger les investissements des producteurs tout en créant de nouvelles possibilités d’intervention pour les institutions financières.

Cette protection vient compléter d’autres actions déjà engagées dans la riziculture. En juin, des producteurs de Daloa et de Yamoussoukro ont notamment reçu des tracteurs, vingt tonnes de semences améliorées de riz ainsi que des engrais dans le cadre des appuis à la production vivrière. La maîtrise de l’eau constitue un autre volet. Fin août, le ministère s’est intéressé au barrage hydro-agricole de Gbemou, dans la Bagoué. L’ouvrage dispose d’un potentiel aménageable de 600 hectares, dont 214 sont actuellement exploités pour le riz, le maïs et les cultures maraîchères. L’extension des superficies irriguées doit permettre de moins dépendre du calendrier des pluies et de mieux stabiliser les rendements.

Construire une filière plus résistante aux chocs

La politique ivoirienne s’inscrit aussi dans une évolution régionale. En février 2026, la Banque africaine de développement, AfricaRice et la CEDEAO ont lancé à Bouaké le programme REWARD-AfricaRice. Doté de 8,5 millions de dollars et concernant quatorze pays d’Afrique de l’Ouest, il doit renforcer les chaînes de valeur rizicoles à travers l’amélioration des systèmes semenciers, des pratiques agricoles plus durables, de nouvelles technologies de transformation et une meilleure coordination entre les pays.

Les différents outils ne répondent pas au même besoin. Les semences et la recherche peuvent améliorer les rendements. L’irrigation réduit la dépendance aux précipitations. La mécanisation facilite certaines étapes de la production. L’assurance, elle, prend le relais lorsque le risque ne peut pas être totalement évité. Son efficacité devra cependant être mesurée dans la durée. L’un des points sensibles de l’assurance indicielle est le décalage possible entre l’indicateur choisi et la situation réelle d’un exploitant. Une parcelle peut subir des pertes alors que le seuil prévu par le contrat n’est pas franchi. À l’inverse, un indice trop large ou mal calibré risque de mal refléter les différences entre territoires.

La disponibilité de meilleures données agricoles devient donc importante. En 2026, la Côte d’Ivoire a publié pour la première fois les résultats de son Enquête agricole annuelle 2024-2025, menée avec l’appui de la FAO, de la Banque mondiale et de l’initiative 50×2030. Cette publication doit renforcer la connaissance des exploitations et des productions, dans un secteur qui représente plus de 15 % du PIB national.

Si l’étape de Yamoussoukro était celle de la préparation, le mouvement est toutefois engagé. À côté des investissements consacrés à l’eau, aux intrants, à la mécanisation et à la recherche, la gestion du risque commence à trouver sa place dans la politique rizicole ivoirienne : pour donner aux exploitants les moyens de mieux résister aux aléas et augmenter durablement la production.

Source : FinancialAfrika 

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Aflatoxines dans le riz : le ministère de l’Industrie et du Commerce dément une contamination généralisée au Sénégal.

Le ministère de l’Industrie et du Commerce a formellement démenti les informations faisant état d’une contamination généralisée du riz par les aflatoxines au Sénégal. Dans un communiqué rendu public dimanche 26 juillet, le département ministériel assure que les produits alimentaires destinés à la consommation font l’objet de contrôles sanitaires réguliers et invite les populations à ne pas céder à la psychose.

Plus de 2 000 analyses réalisées au premier semestre 2026

Selon le ministère, les informations relayées ces derniers jours ne reflètent pas la réalité du système national de surveillance de la qualité des denrées alimentaires. Les autorités rappellent que les produits alimentaires, qu’ils soient importés ou issus de la production locale, sont soumis à des contrôles de conformité avant leur mise sur le marché, puis à des inspections régulières effectuées par les services compétents et les laboratoires de référence.

Entre janvier et juin 2026, plus de 2 000 analyses auraient ainsi été réalisées par plusieurs structures spécialisées, parmi lesquelles le Laboratoire national d’analyse et de contrôle (Lanac), l’Institut de technologie alimentaire (Ita), l’Institut Pasteur de Dakar (Ipd), l’École supérieure polytechnique (Esp) et le Centre de recherche en écotoxicologie (Ceres-Locustox).

Pour le ministère, ces dispositifs visent à garantir la conformité des denrées alimentaires aux normes sanitaires en vigueur et à protéger la santé des consommateurs.

Un débat sur la méthodologie de l’étude à l’origine des inquiétudes

Le département de l’Industrie et du Commerce conteste également la portée des résultats d’une étude récemment relayée dans l’espace public. Selon les autorités, celle-ci repose sur un échantillon de 200 prélèvements effectués dans seulement trois localités : Dakar, Thiès et Kaolack.

Une base d’échantillonnage que le ministère juge insuffisante pour permettre d’étendre les conclusions à l’ensemble du territoire national. Les autorités estiment ainsi que les résultats obtenus ne peuvent être considérés comme représentatifs de la situation globale du riz commercialisé ou produit au Sénégal.

Le ministère met également en avant une différence dans les seuils réglementaires utilisés pour évaluer la présence d’aflatoxines. D’après son communiqué, l’étude aurait retenu le seuil fixé par la réglementation européenne, soit 4 microgrammes par kilogramme, tandis que le Sénégal se réfère à la norme internationale du Codex Alimentarius, qui établit la limite maximale à 20 microgrammes par kilogramme.

Le ministère conteste les affirmations sur le riz produit localement

Sur cette base, le département ministériel souligne que la concentration la plus élevée relevée dans l’étude, estimée à 18,6 microgrammes par kilogramme, reste inférieure au seuil de 20 microgrammes par kilogramme retenu par la réglementation à laquelle le Sénégal se conforme.

Le ministère réfute par ailleurs l’affirmation selon laquelle la moitié du riz produit localement serait contaminée par les aflatoxines. Il souligne qu’aucun des échantillons analysés dans l’étude ne proviendrait de la vallée du fleuve Sénégal, principale zone de production rizicole du pays.

Pour les autorités, cette absence d’échantillons provenant de cette importante zone agricole ne permet donc pas d’extrapoler les résultats de l’étude à l’ensemble du riz produit localement.

Les autorités veulent rassurer les consommateurs

Alors que les informations sur une éventuelle contamination ont suscité des inquiétudes parmi les consommateurs, le ministère de l’Industrie et du Commerce entend ainsi rassurer l’opinion publique sur la qualité des denrées disponibles sur le marché.

Tout en réaffirmant l’importance du contrôle sanitaire et de la vigilance des autorités, le département appelle les populations à se fier aux résultats des dispositifs officiels de surveillance et à éviter toute conclusion générale fondée sur des données jugées limitées.

Le débat met néanmoins en lumière l’importance d’un suivi scientifique régulier et transparent de la qualité des produits alimentaires, notamment du riz, qui occupe une place centrale dans l’alimentation des Sénégalais.