
Crise du carburant : Royal Air Maroc suspend 12 lignes internationales, l’Afrique centrale durement touchée
Face à une hausse vertigineuse des prix du kérosène et à un ralentissement de la demande, la compagnie nationale marocaine a pris la décision radicale de geler temporairement douze liaisons aériennes majeures reliant le hub de Casablanca et Marrakech à l’Afrique et à l’Europe.
Le secteur aérien subit de plein fouet les secousses de la conjoncture géopolitique et économique mondiale. Ce week-end, la Royal Air Maroc (RAM) a officiellement annoncé un ajustement drastique de son réseau international. En cause : la flambée incontrôlable du prix du carburant. Le kérosène, qui représentait traditionnellement environ 25 % des charges d’exploitation des transporteurs, pèse désormais jusqu’à 45 % du budget opérationnel de la compagnie. Une équation financière devenue intenable sur les liaisons les moins rentables.
L’Afrique centrale au cœur des coupures
Parmi les douze routes rayées provisoirement du programme de vols de la RAM, les liaisons vers l’Afrique centrale paient le plus lourd tribut. Les dessertes ultra-stratégiques reliant Casablanca à de grandes capitales économiques et politiques africaines sont gelées jusqu’à nouvel ordre. Sont notamment concernées :
- Casablanca – Kinshasa (République démocratique du Congo)
- Casablanca – Brazzaville (République du Congo)
- Casablanca – Bangui (République centrafricaine)
- Casablanca – Douala (Cameroun)
Ces suspensions risquent de compliquer sérieusement la connectivité pour de nombreux passagers d’Afrique centrale et de l’Ouest, qui utilisaient le hub de l’aéroport Mohammed V de Casablanca comme point de transit majeur vers l’Europe et l’Amérique du Nord.
Le réseau européen également impacté
L’Afrique n’est pas la seule touchée par ce plan d’urgence. Soucieuse d’endiguer ses pertes financières sur les axes où la demande montre des signes d’essoufflement, la RAM a également suspendu plusieurs liaisons européennes, notamment au départ des pôles touristiques marocains.
Les lignes reliant Marrakech à des villes clés comme Bruxelles, Marseille ou Bordeaux, ainsi que des vols vers Barcelone et Lyon, ont vu leurs réservations immédiatement bloquées sur les plateformes de la compagnie.
Un œil sur la situation internationale
La direction de la Royal Air Maroc a assuré mettre en œuvre toutes les dispositions nécessaires pour accompagner les clients lésés et limiter au maximum les désagréments (remboursements, réacheminements).
Dans son communiqué, la compagnie souligne qu’elle suit « avec une grande attention l’évolution de la situation internationale ». La reprise de ces lignes dépendra exclusivement d’un éventuel reflux des prix du pétrole et d’une amélioration des conditions économiques globales. En attendant, le ciel africain s’apprête à connaître des semaines de turbulences logistiques.

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