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Rwanda – Mozambique : un partenariat sécuritaire renouvelé face aux défis persistants.

Le Rwanda et le Mozambique ont franchi une nouvelle étape dans leur coopération bilatérale en matière de sécurité. Les deux pays ont officiellement renouvelé leur partenariat militaire, visant à consolider les acquis enregistrés depuis l’intervention des forces rwandaises dans la province de Cabo Delgado, au nord du Mozambique, en 2021. Cette région, riche en ressources gazières, a été le théâtre d’attaques répétées menées par des groupes armés affiliés à l’État islamique, plongeant des milliers de civils dans une situation d’extrême vulnérabilité.

Une alliance née de l’urgence sécuritaire

En juillet 2021, à la demande du président mozambicain Filipe Nyusi, Kigali avait déployé un contingent de plusieurs centaines de militaires et policiers rwandais. Leur mission : appuyer les forces armées mozambicaines dans la lutte contre l’insurrection djihadiste, sécuriser les zones stratégiques et permettre le retour des populations déplacées. Ce déploiement inédit avait marqué un tournant dans la diplomatie militaire africaine, faisant du Rwanda un acteur majeur de la sécurité régionale.

Des résultats tangibles sur le terrain

Trois ans après l’arrivée des forces rwandaises, les autorités des deux pays se félicitent des avancées obtenues. Plusieurs localités autrefois sous le contrôle des insurgés ont été reprises, permettant la reprise progressive de la vie économique et sociale dans Cabo Delgado. Les opérations conjointes ont également permis de réduire l’ampleur et la fréquence des attaques, même si la menace reste persistante et nécessite une vigilance accrue.

Un partenariat élargi et renforcé

Le renouvellement de la coopération sécuritaire ne se limite pas au seul volet militaire. Il s’accompagne de programmes de formation, de partage de renseignements, ainsi que d’initiatives en faveur de la stabilisation communautaire. Les deux pays insistent sur l’importance de renforcer la confiance entre populations locales et forces de défense, afin d’éviter que les failles sociales et économiques ne soient exploitées par les groupes extrémistes.

Par ailleurs, Kigali et Maputo envisagent de développer une collaboration plus large incluant la protection des infrastructures stratégiques, en particulier les installations gazières de la société française TotalEnergies, dont le projet de liquéfaction du gaz est l’un des plus importants investissements en Afrique.

Un symbole de solidarité africaine

Ce partenariat renouvelé illustre une nouvelle approche de la sécurité sur le continent : des solutions africaines aux défis africains. Le Rwanda, déjà engagé dans plusieurs missions de maintien de la paix à travers l’Afrique, renforce son rôle de partenaire fiable en matière de sécurité régionale. De son côté, le Mozambique y voit une garantie de stabilité indispensable pour relancer ses projets économiques majeurs et rétablir la confiance des investisseurs.

Perspectives et défis

Malgré les succès enregistrés, les défis demeurent. Les groupes insurgés, bien que fragilisés, continuent de mener des attaques sporadiques dans certaines zones reculées. Le renouvellement de la coopération sécuritaire entre Kigali et Maputo s’inscrit donc dans une logique de long terme, où la victoire militaire devra impérativement être consolidée par des politiques de développement, de réinsertion et de cohésion sociale.

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RDC–Rwanda : Un accord historique pour la paix signé à Washington sous l’égide des États-Unis et du Qatar

Le 27 juin 2025, un moment jugé décisif s’est joué à Washington, où la République démocratique du Congo (RDC) et le Rwanda ont officiellement signé un accord de paix visant à mettre un terme aux violences persistantes dans l’est congolais. Cette signature s’est déroulée sous l’égide des États-Unis, avec le soutien actif du Qatar, deux médiateurs qui ont joué un rôle central dans la facilitation des négociations.

Cet accord, présenté comme une avancée historique, intervient après des décennies de tensions armées, de déplacements massifs de populations et de crise humanitaire dans les provinces congolaises frontalières du Rwanda. Il repose sur plusieurs engagements clés, notamment le retrait des groupes armés soutenus ou tolérés par des puissances étrangères, le renforcement de la coopération sécuritaire régionale, et l’établissement de mécanismes conjoints de suivi.

L’administration américaine a salué cette entente comme une « étape majeure vers une stabilité durable dans les Grands Lacs ». De son côté, le Qatar a insisté sur l’importance du dialogue et de la diplomatie multilatérale pour résoudre les conflits complexes.

Kinshasa et Kigali, souvent en désaccord sur les responsabilités dans la persistance des violences, se sont engagés à œuvrer pour une nouvelle ère de relations bilatérales fondées sur le respect mutuel, la coopération économique et la paix régionale.

Cet accord suscite de nombreux espoirs, mais son succès dépendra de sa mise en œuvre effective sur le terrain, de la sincérité des parties, et de l’engagement des partenaires internationaux à en accompagner les étapes concrètes.