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Guinée : lancement de la campagne agricole 2026-2027 sous le signe de la souveraineté alimentaire.

La campagne agricole 2026-2027 a été officiellement lancée le 8 avril 2026 dans la sous-préfecture de Koba, à l’initiative du ministère de l’Agriculture. Placée sous le thème « Nourrir la Guinée avec nos propres ressources », cette cérémonie marque le début d’une nouvelle dynamique visant à renforcer la production nationale et à consolider la souveraineté alimentaire.

Koba, un choix stratégique et symbolique

Située dans la préfecture de Boffa, dans la région de Boké, la plaine de Koba dispose d’un potentiel estimé à plus de 17 000 hectares de terres cultivables. Le choix de ce site traduit la volonté des autorités de réhabiliter cette zone agricole majeure, en écho à l’héritage du programme « Sènè Samo » initié sous Lansana Conté.

Pour cette campagne, l’État ambitionne de valoriser 7 000 hectares sur un potentiel de 12 000 hectares identifiés, à travers d’importants aménagements hydro-agricoles, notamment pour améliorer la maîtrise de l’eau.

Une mobilisation institutionnelle de haut niveau

La cérémonie a été présidée par le Premier ministre Amadou Oury Bah, en présence de la ministre de l’Agriculture Aminata Kaba, du ministre de la Pêche Fassou Théa, ainsi que de partenaires techniques et financiers, dont le Programme alimentaire mondial et la Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture.

Dans son discours, la ministre de l’Agriculture a insisté sur l’ambition nationale portée par cette campagne : produire davantage, transformer localement et réduire la dépendance aux importations, afin de garantir une alimentation durable à l’ensemble de la population.

Des moyens importants pour soutenir la production

Pour atteindre ces objectifs, l’État prévoit d’accompagner près de 1,5 million de producteurs familiaux, considérés comme le socle de la souveraineté alimentaire, ainsi que 100 agriculteurs « champions » chargés d’impulser la modernisation du secteur.

D’importants intrants ont été mobilisés, notamment :

  • 3 000 tonnes de semences de riz
  • 1 500 tonnes de semences de maïs
  • 34 000 tonnes d’engrais NPK
  • 10 000 tonnes d’urée
  • plus de 785 000 litres d’herbicides

La politique agricole met également l’accent sur la valorisation des semences locales, combinée à l’introduction de variétés améliorées.

Femmes et jeunes au cœur de la stratégie

La campagne 2026-2027 accorde une place centrale aux femmes et aux jeunes, avec des programmes spécifiques d’insertion et de promotion de l’entrepreneuriat agricole. Cette approche intègre également des enjeux de durabilité, de mécanisation raisonnée et de préservation des sols.

Parallèlement, plusieurs réformes sont en cours, notamment une nouvelle loi d’orientation agricole, une politique foncière adaptée et un renforcement du rôle du secteur privé.

Une exigence de résultats

Prenant la parole, le Premier ministre Amadou Oury Bah a insisté sur la nécessité de résultats concrets, appelant à une mobilisation rapide des moyens de l’État pour rendre pleinement exploitables les plaines agricoles.

Il a dénoncé le paradoxe d’un pays riche en ressources naturelles mais encore dépendant des importations alimentaires, affirmant que des avancées rapides sont possibles au regard des réalisations récentes dans d’autres secteurs, notamment les infrastructures.

Une ambition nationale assumée

La cérémonie, marquée par des prestations culturelles et des expositions de produits agricoles, symbolise la volonté des autorités de faire de cette campagne un tournant décisif pour l’agriculture guinéenne.

Au-delà de la saison agricole, il s’agit d’un projet structurant visant à renforcer la résilience du pays, à dynamiser les territoires ruraux et à asseoir durablement la souveraineté alimentaire de la Guinée.

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Souveraineté alimentaire : lancement d’un ambitieux programme de stockage horticole.

Le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, procédera ce mardi 17 février 2026 à la pose de la première pierre du Projet d’infrastructures de stockage et de conservation des produits horticoles. La cérémonie se tiendra à Ngomène, dans la commune de Keur Moussa, région de Thiès, au cœur d’une zone agricole stratégique.

Cette initiative s’inscrit dans la politique de souveraineté alimentaire engagée par les autorités sénégalaises. Elle vise à renforcer les capacités nationales de conservation afin de réduire significativement les pertes post-récolte, un problème structurel qui fragilise les revenus des producteurs et pèse sur la stabilité des prix.

Réduire des pertes estimées jusqu’à 40 %

Selon les estimations officielles, entre 30 % et 40 % de la production horticole nationale se perd chaque année faute de solutions adaptées de stockage et de conservation. Les filières les plus touchées sont l’oignon, la pomme de terre, la tomate, la carotte ainsi que divers fruits issus de la zone des Niayes, principal bassin horticole du pays.

Le futur complexe comprendra des infrastructures de stockage frigorifique et de conservation à sec, destinées à prolonger la durée de vie des produits et à limiter le pourrissement en période de forte production. Au-delà de la simple conservation, le projet ambitionne de structurer le marché en régulant l’offre sur l’année.

Stabiliser les prix et sécuriser l’approvisionnement

En permettant un stockage plus long et mieux maîtrisé, les autorités entendent lisser l’approvisionnement des marchés, éviter les pénuries saisonnières et réduire les fluctuations brutales des prix. L’objectif est double : protéger le pouvoir d’achat des consommateurs tout en sécurisant les revenus des agriculteurs.

Le gouvernement, à travers le ministère de l’Industrie et du Commerce, vise une capacité nationale de stockage horticole de 300 000 tonnes à l’horizon 2027. Un cap ambitieux qui traduirait une montée en puissance significative des infrastructures logistiques agricoles du pays.

Un levier stratégique pour l’agriculture sénégalaise

La pose de cette première pierre marque une étape structurante dans la modernisation de la chaîne de valeur horticole. En renforçant les capacités de conservation, l’État entend réduire la dépendance aux importations saisonnières, soutenir la compétitivité des producteurs locaux et consolider les bases d’une agriculture plus résiliente.

Dans un contexte régional marqué par les tensions sur les marchés alimentaires, l’investissement dans le stockage apparaît comme un levier stratégique pour transformer la production nationale en véritable moteur de sécurité alimentaire et de développement économique durable.

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Souveraineté alimentaire : le Sénégal chiffre ses ambitions à 2 500 milliards FCFA.

Le Sénégal devra mobiliser près de 2 500 milliards de francs CFA pour atteindre l’autosuffisance alimentaire, réduire la pauvreté rurale et générer des centaines de milliers d’emplois, a déclaré le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Mabouba Diagne.

S’exprimant mardi à Dakar lors du lancement du Pacte AgriConnect, en présence de responsables du Groupe de la Banque mondiale, le ministre a plaidé pour un engagement financier massif en faveur du secteur agricole. « Donnez-nous la moitié et testez-nous sur dix ans », a-t-il lancé, estimant qu’un investissement d’au moins 1 250 milliards de FCFA constituerait un signal fort pour enclencher une transformation structurelle du secteur.

Le Pacte AgriConnect vise à accélérer la modernisation des systèmes agroalimentaires sénégalais et à renforcer durablement la sécurité alimentaire. L’initiative s’inscrit dans la dynamique de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 » ainsi que dans la Stratégie nationale de souveraineté alimentaire (2024-2028).

Pour Mabouba Diagne, l’enjeu ne réside pas uniquement dans le volume des financements mobilisés, mais aussi dans leur structuration. « La manière de syndiquer ce financement est vitale », a-t-il souligné, appelant à une meilleure coordination entre partenaires publics, privés et techniques. Il a insisté sur le rôle central de l’agriculture et de l’élevage, qu’il considère comme les secteurs les plus à même d’absorber la pression démographique et de créer massivement des emplois, notamment pour les jeunes.

Le ministre a également mis en avant la nécessité d’intégrer davantage les technologies numériques, la mécanisation et l’innovation agricole afin d’améliorer la productivité et la compétitivité des filières. « La jeunesse africaine et le monde rural demandent la modernisation et les moyens d’agir », a-t-il affirmé.

La Banque mondiale mise sur un effet catalytique

En réponse, le vice-président du Groupe de la Banque mondiale, Ousmane Diagana, a rappelé l’engagement de l’institution à doubler ses financements annuels en faveur de l’agrobusiness pour atteindre 9 milliards de dollars, tout en mobilisant 5 milliards de dollars supplémentaires auprès du secteur privé et des partenaires d’ici 2030.

Reconnaissant que ces montants demeurent en deçà des besoins exprimés par les autorités sénégalaises, il a insisté sur le rôle catalytique que peut jouer la Banque mondiale pour attirer davantage d’investissements.

Selon lui, la transformation agricole ne peut reposer exclusivement sur l’État ou les bailleurs. « Elle se bâtit collectivement sur le terrain », a-t-il souligné, évoquant la nécessité d’impliquer producteurs, coopératives, PME, agro-industries, institutions financières, assureurs, start-up et diaspora.

Un pari décisif pour l’économie nationale

Dans un contexte marqué par la volatilité des marchés agricoles mondiaux et les défis climatiques croissants, la quête de souveraineté alimentaire apparaît comme un enjeu stratégique pour le Sénégal. Au-delà de la sécurité alimentaire, il s’agit d’un levier majeur de stabilité sociale, de création d’emplois et de croissance inclusive.

Le Pacte AgriConnect se positionne ainsi comme un instrument central pour traduire cette ambition en actions concrètes, à condition que les engagements financiers et les réformes structurelles annoncés se matérialisent sur le terrain.