
Sénégal : à Abidjan, Cheikhou Oumar Bâ expose la stratégie agricole au service de la souveraineté alimentaire.
Le Sénégal a réaffirmé son ambition de bâtir une agriculture plus performante, résiliente et souveraine lors de l’Atelier régional de mise en œuvre des projets et du Forum paysan du Fonds international de développement agricole (FIDA), organisé à Abidjan. À cette occasion, le ministre de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage, Dr Cheikhou Oumar Bâ, a présenté les principales réformes engagées par les autorités sénégalaises pour accélérer la transformation durable du secteur agricole.
Intervenant lors d’un panel ministériel de haut niveau consacré aux défis du financement agricole, de la productivité et de l’adaptation au changement climatique, le ministre a mis en avant la volonté du gouvernement de faire de l’agriculture un moteur essentiel de croissance, de création d’emplois et de sécurité alimentaire.
Des réformes pour accélérer les investissements agricoles
Selon Dr Cheikhou Oumar Bâ, les autorités ont engagé une série de réformes destinées à lever les obstacles administratifs et financiers qui freinent l’exécution des projets ruraux. Cette démarche s’inscrit dans les orientations stratégiques de l’Agenda national de transformation « Sénégal 2050 » ainsi que du Plan de redressement économique et social (PRES 2025-2028).
Parmi les mesures mises en œuvre figurent l’introduction d’autorisations d’engagement pluriannuelles dans les lois de finances afin de sécuriser le financement des projets structurants, la modernisation des procédures de passation des marchés publics et la digitalisation progressive de la chaîne de dépense de l’État.
L’objectif est d’améliorer la rapidité d’exécution des programmes agricoles tout en renforçant l’efficacité et la transparence dans l’utilisation des ressources publiques.
Le numérique au cœur de la modernisation du secteur
Le ministre a également souligné l’importance croissante des outils numériques dans la transformation de l’agriculture sénégalaise. Le Système de gestion des intrants (SGI), les registres numériques des producteurs, les mécanismes de subvention via les e-vouchers et les solutions de paiement électronique permettent désormais un meilleur ciblage des bénéficiaires et une gestion plus rigoureuse des aides publiques.
Ces innovations facilitent également le suivi-évaluation des programmes agricoles et contribuent à une meilleure collecte des données nécessaires à la prise de décision.
Dans cette dynamique, les organisations de producteurs jouent un rôle déterminant. Grâce à leur proximité avec les exploitants agricoles, elles participent activement à l’enrôlement numérique des producteurs, à la diffusion des innovations et à la remontée des informations de terrain.
Renforcer la résilience face aux défis climatiques
Face à la multiplication des aléas climatiques, le Sénégal mise sur une approche intégrée de résilience agricole. Le ministre a rappelé que plusieurs instruments stratégiques encadrent désormais cette ambition, notamment la Stratégie nationale de souveraineté alimentaire 2024-2034, la Lettre de politique sectorielle de l’agriculture et de l’élevage 2025-2029, ainsi que le Plan national d’adaptation du secteur agricole.
Les autorités entendent notamment accélérer la diffusion de semences améliorées adaptées aux changements climatiques, développer les systèmes d’irrigation alimentés par l’énergie solaire, restaurer les terres dégradées et promouvoir les pratiques agroécologiques.
L’agriculture de précision occupe également une place grandissante dans cette stratégie. Les technologies basées sur l’intelligence artificielle, l’imagerie satellitaire et les capteurs connectés offrent aujourd’hui des perspectives importantes pour améliorer les rendements tout en réduisant l’impact environnemental des activités agricoles.
Jeunesse et entrepreneuriat rural au centre des priorités
La transformation agricole portée par le gouvernement sénégalais accorde une attention particulière aux jeunes et aux femmes, considérés comme des acteurs essentiels du développement rural.
À travers des programmes tels qu’Agri-Jeunes « Tekki Ndaw Ñi », les autorités encouragent l’entrepreneuriat agricole et accompagnent l’adoption de solutions innovantes dans les domaines de l’énergie solaire, de l’agroécologie et de la valorisation des chaînes de valeur agricoles.
Cette orientation vise à créer davantage d’opportunités économiques en milieu rural tout en limitant l’exode des jeunes vers les centres urbains.
La Banque africaine de développement réaffirme son soutien
En marge de l’atelier, le ministre sénégalais a rencontré le vice-président du Groupe de la Banque africaine de développement (BAD), Dr Martin Fregene, afin de faire le point sur les projets agro-pastoraux financés au Sénégal.
Les échanges ont permis d’évaluer l’état d’avancement des programmes en cours, d’identifier les contraintes qui ralentissent certaines réalisations et de définir des pistes d’amélioration pour renforcer l’efficacité des interventions.
Au terme de cette rencontre, la BAD a renouvelé son engagement à accompagner les nouvelles priorités du gouvernement sénégalais. L’institution panafricaine a notamment annoncé sa disponibilité à mobiliser davantage de ressources financières pour soutenir les projets structurants du secteur agro-pastoral.
Une attention particulière sera accordée aux initiatives destinées aux femmes et aux jeunes, afin de renforcer leur participation à la transformation économique et sociale des territoires ruraux.
À travers ces réformes, le Sénégal entend consolider sa souveraineté alimentaire, moderniser son agriculture et faire du secteur rural un levier majeur de croissance inclusive dans la perspective de la Vision Sénégal 2050.

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