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Justice : Mouhamadou Ngom dit Farba et Tahirou Sarr obtiennent la liberté provisoire

Dakar, le 12 janvier 2026 – Coup de théâtre dans l’un des dossiers les plus suivis du Pool judiciaire financier (PJF). La deuxième chambre pénale de la Cour suprême a accordé, ce lundi, la liberté provisoire à l’ancien député-maire des Agnams, Mouhamadou Ngom dit Farba, ainsi qu’à l’homme d’affaires Tahirou Sarr.

Placés sous mandat de dépôt depuis le 27 février 2025, les deux hommes respirent enfin l’air de la liberté, bien que celle-ci soit assortie d’un contrôle judiciaire strict. Cette décision intervient après plusieurs mois de batailles procédurales et de demandes répétées de mise en liberté, systématiquement rejetées jusqu’ici par les instances inférieures.

Une affaire de milliards au cœur du débat

Pour rappel, Farba Ngom et Tahirou Sarr sont poursuivis dans le cadre d’une enquête complexe portant sur des soupçons de détournement de deniers publics, d’escroquerie et de blanchiment de capitaux. Les montants évoqués par l’accusation ont évolué au fil de l’instruction, passant de 31 milliards à près de 125 milliards de francs CFA, sur la base de rapports de la Cellule nationale de traitement des informations financières (CENTIF).

La défense, portée par une équipe d’avocats tenaces, a toujours clamé l’innocence de ses clients, arguant que les flux financiers incriminés correspondaient à des transactions foncières licites et documentées. Lors de sa dernière audition au fond en décembre dernier, Tahirou Sarr avait notamment affirmé avoir agi en toute transparence par voie de chèques et de virements bancaires traçables.

Des raisons de santé mises en avant

Outre les arguments juridiques, l’état de santé de Farba Ngom a pesé lourdement dans ce dossier. Hospitalisé à plusieurs reprises au Pavillon spécial de l’Hôpital Principal de Dakar, l’édile des Agnams présentait, selon ses conseils, une pathologie incompatible avec le milieu carcéral. Ses proches et partisans, restés mobilisés tout au long de sa détention, avaient d’ailleurs multiplié les appels pour une « justice humaine ».

Un contrôle judiciaire strict

Si les deux prévenus quittent la prison, ils ne sont pas pour autant totalement libres de leurs mouvements. La Cour suprême a assorti leur élargissement d’un placement sous contrôle judiciaire. Cette mesure implique généralement l’interdiction de quitter le territoire national sans autorisation préalable et l’obligation de se présenter régulièrement au cabinet du juge d’instruction.

Cette décision de la Cour suprême marque un tournant décisif dans cette affaire. Elle intervient également alors que d’autres collaborateurs dans le même dossier, notamment Demba Ngom et Abdou Aziz Kane, ont récemment bénéficié d’une mise en liberté sous bracelet électronique.

L’instruction se poursuit, mais cette étape symbolise une victoire importante pour les conseils de Farba Ngom et Tahirou Sarr, qui ont réussi à convaincre la haute juridiction de la nécessité d’un apaisement judiciaire.