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Mali : le Trésor mobilise 43,6 milliards de FCFA sur le marché financier de l’UMOA

Le Mali a mobilisé 43,648 milliards de francs CFA, soit environ 78,6 millions de dollars, sur le marché financier de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA). L’opération a été réalisée mercredi 16 septembre 2026 par la Direction générale du Trésor et de la Comptabilité publique (DGTCP).

Cette levée de fonds vise à contribuer à la couverture des besoins de financement du budget de l’État malien.

Une opération destinée au financement du budget

À travers cette mobilisation, les autorités maliennes sollicitent les ressources disponibles sur le marché financier régional afin de soutenir l’exécution des dépenses prévues dans le cadre budgétaire de l’État.

Le recours à ce marché constitue pour les États membres de l’UMOA un mécanisme permettant de mobiliser des ressources auprès des investisseurs régionaux pour financer leurs besoins publics.

Le marché financier régional sollicité

L’opération menée par le Trésor malien intervient dans un contexte où les États de l’espace UMOA utilisent régulièrement les émissions de titres publics pour assurer le financement de leurs budgets et la gestion de leur trésorerie.

La mobilisation de 43,648 milliards de FCFA permet ainsi au Mali de renforcer ses ressources financières disponibles pour répondre à ses engagements budgétaires.

Cette opération s’inscrit plus largement dans la dynamique de mobilisation des ressources sur le marché financier régional, qui joue un rôle important dans le financement des économies de l’Union.

Un levier pour les finances publiques

Pour les autorités maliennes, le recours aux émissions sur le marché régional permet de diversifier les sources de financement de l’État et de mobiliser des ressources en fonction des besoins identifiés.

Le montant levé le 16 septembre vient ainsi participer au financement du budget national, dans le respect du cadre des opérations réalisées sur le marché financier de l’UMOA.

Siege de la BCEAO a Dakar ©DR 360x320

UMOA : la BCEAO alerte sur les risques inflationnistes liés aux tensions au Moyen-Orient.

La Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) a mis en garde contre les conséquences économiques des tensions géopolitiques persistantes au Moyen-Orient, qui pourraient raviver les pressions inflationnistes au sein de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA) dans les prochains mois.

Cette alerte a été lancée mercredi à Dakar par le gouverneur de la BCEAO, Jean-Claude Kassi Brou, à l’ouverture de la deuxième session ordinaire du Comité de politique monétaire (CPM) de l’année 2026.

Si l’inflation demeure actuellement sous contrôle grâce à une campagne agricole favorable dans les pays de l’Union, la Banque centrale estime que l’environnement international reste particulièrement incertain et susceptible de peser sur les équilibres économiques régionaux.

La crise au Moyen-Orient pèse sur les marchés énergétiques

Pour le gouverneur de la BCEAO, les tensions géopolitiques observées depuis plusieurs mois au Moyen-Orient continuent de perturber les marchés mondiaux et les chaînes d’approvisionnement internationales.

« Plus de trois mois après, cette crise a déjà induit des pressions notables sur les prix des produits énergétiques et des perturbations des circuits d’approvisionnement, consécutives à la fermeture du détroit d’Ormuz », a-t-il déclaré.

Le détroit d’Ormuz constitue l’un des principaux corridors maritimes du commerce mondial des hydrocarbures. Toute perturbation de son fonctionnement a des répercussions directes sur les prix du pétrole, du gaz et du transport maritime à l’échelle internationale.

Dans les pays de l’UMOA, les premiers effets de cette situation se sont déjà manifestés à travers plusieurs ajustements à la hausse des prix des carburants enregistrés entre mars et mai 2026.

Une hausse des prix atténuée par les performances agricoles

Malgré ces tensions extérieures, l’inflation reste relativement contenue au sein de l’Union grâce à l’abondance de certaines productions agricoles.

Selon les données présentées par la BCEAO, le taux d’inflation s’est établi à -0,2 % au premier trimestre 2026, après -0,8 % au trimestre précédent.

Cette évolution traduit une stabilité globale des prix, largement soutenue par la bonne disponibilité des produits alimentaires sur les marchés régionaux.

Toutefois, Jean-Claude Kassi Brou estime que cette situation pourrait évoluer au cours des prochains mois.

« Pour le reste de l’année 2026, la dynamique haussière de l’inflation pourrait se poursuivre, soutenue par les effets négatifs de la crise au Moyen-Orient », a-t-il averti.

Une économie régionale qui conserve sa résilience

Malgré les incertitudes internationales, les économies de l’Union continuent d’afficher des performances relativement solides.

La croissance du produit intérieur brut (PIB) réel de l’UMOA a atteint 6,1 % au premier trimestre 2026, après 6,5 % enregistrés au trimestre précédent, confirmant le maintien d’un rythme d’expansion supérieur à la moyenne mondiale.

Les finances publiques poursuivent également leur amélioration progressive. Le déficit budgétaire global des États membres est ressorti à 4,1 % du PIB contre 4,3 % un an plus tôt, traduisant les efforts de consolidation budgétaire engagés dans plusieurs pays de l’Union.

Des exportations dynamiques soutiennent les comptes extérieurs

Le gouverneur de la BCEAO a également souligné l’amélioration continue de la situation extérieure de l’Union.

Cette évolution favorable est notamment portée par la progression des exportations d’or et d’hydrocarbures, ainsi que par les ressources mobilisées sur les marchés financiers par les États membres.

Cependant, la Banque centrale reste prudente. Une hausse prolongée des coûts énergétiques et logistiques pourrait dégrader les termes de l’échange et accroître la facture des importations dans les mois à venir.

Des conditions de financement plus favorables

Sur le plan monétaire, les conditions de financement se sont améliorées au premier trimestre 2026.

La liquidité bancaire s’est renforcée et les récentes mesures d’assouplissement prises par la BCEAO ont permis une détente progressive des taux d’intérêt.

Le taux à une semaine sur le marché interbancaire a ainsi reculé de 68 points de base pour s’établir à 4,26 %, favorisant un accès plus fluide au financement pour les banques et, indirectement, pour les acteurs économiques.

Des décisions attendues pour préserver la stabilité économique

Réunis à Dakar, les membres du Comité de politique monétaire examineront les dernières évolutions économiques et financières de l’Union afin de définir les orientations monétaires à venir.

Le rapport sur la politique monétaire, qui sera analysé au cours de cette session, servira de base aux décisions futures de la BCEAO dans un contexte marqué à la fois par la résilience des économies ouest-africaines et par les risques croissants liés aux tensions géopolitiques mondiales.

Pour l’institution monétaire régionale, l’enjeu consiste désormais à préserver la stabilité des prix tout en soutenant la dynamique de croissance qui continue de caractériser les économies de l’UMOA.