
L’Union africaine propulse Macky Sall pour la tête de l’ONU.
La représentation du Burundi auprès des Nations Unies a officiellement transmis une lettre de nomination au Président de l’Assemblée générale et au Président du Conseil de sécurité, actant la candidature de Macky Sall au poste de Secrétaire général de l’ONU. Cette démarche est portée par l’Union africaine, dont le Burundi assure actuellement la présidence tournante.
Signée par l’ambassadeur Zéphyrin Maniratanga, la lettre souligne clairement la dimension continentale de cette candidature. En se présentant comme « Chair of the African Union », le Burundi inscrit cette initiative dans une logique collective, traduisant la volonté de l’Afrique de peser davantage dans la gouvernance mondiale.
Le courrier a été adressé à Annalena Baerbock, présidente de la 80e session de l’Assemblée générale, ainsi qu’à Michael G. Waltz, président du Conseil de sécurité pour mars 2026. Ces deux instances jouent un rôle central dans le processus de désignation du successeur de António Guterres, dont le mandat arrive à échéance fin 2026.
Une vision pour « refonder le multilatéralisme »
Dans sa déclaration de vision intitulée Refonder le multilatéralisme pour un monde meilleur, Macky Sall dresse un constat critique de l’état actuel du système onusien. Il évoque une organisation confrontée à une défiance croissante, à des limites d’efficacité et à un risque d’affaiblissement inédit.
Pour y répondre, l’ancien président sénégalais propose une réforme structurée autour de trois axes majeurs. Le premier vise à renforcer le lien entre paix, sécurité et développement, notamment à travers des mécanismes d’alerte précoce plus performants et une meilleure coordination entre opérations de maintien de la paix et actions humanitaires, avec une attention particulière aux États fragiles.
Le deuxième pilier ambitionne de revitaliser le multilatéralisme. Macky Sall y voit un Secrétaire général jouant un rôle de facilitateur entre États membres, société civile et secteur privé, tout en intégrant des enjeux transversaux comme l’intelligence artificielle, les migrations ou encore les violences faites aux femmes.
Enfin, le troisième axe concerne la gouvernance interne de l’Organisation. Il plaide pour une rationalisation des structures, une simplification des प्रक्रés et une optimisation des ressources, notamment grâce à un financement plus prévisible et à un recours accru aux outils numériques.
Un profil politique et international expérimenté
Macky Sall met en avant un parcours de plus de quatre décennies au sommet de l’État et des institutions. Ancien directeur général de PETROSEN, il a occupé plusieurs fonctions clés au Sénégal, dont celles de ministre des Mines, Premier ministre, président de l’Assemblée nationale et chef de l’État entre 2012 et 2024.
Sur la scène internationale, il a également exercé des responsabilités majeures, notamment à la tête de l’Union africaine (2022–2023), de la CEDEAO (2015–2016) et du NEPAD (2013–2019). Il a notamment contribué à l’intégration de l’Afrique au G20, renforçant ainsi la visibilité du continent dans les instances économiques mondiales.
Une stratégie continentale assumée
Le choix d’une présentation portée par l’Union africaine, plutôt que par le seul Sénégal, traduit une stratégie diplomatique assumée. En faisant de Macky Sall le candidat des 55 États membres, l’organisation continentale entend maximiser son poids au sein de l’Assemblée générale des Nations Unies.
Cette approche collective vise à renforcer la crédibilité de la candidature africaine et à inscrire la démarche dans une dynamique d’unité, à un moment où les équilibres du multilatéralisme sont en pleine recomposition.
« Mon objectif stratégique consiste à restaurer la confiance dans le multilatéralisme », affirme Macky Sall dans sa déclaration. Une ambition qui s’accompagne d’un appel à l’action, invitant les États membres à faire preuve de clarté, de courage et de discipline pour permettre à l’ONU de se réinventer face aux défis contemporains.

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