Le président de la Commission de l’Union africaine (UA), Mahmoud Ali Youssouf, a réuni le 14 octobre, au siège de l’organisation à Addis-Abeba, les représentants permanents de dix pays de la région australe. Au centre des échanges : l’autonomie financière de l’institution, le renforcement de la place de l’Afrique dans les instances internationales et l’amélioration des mécanismes continentaux de paix et de sécurité.
L’Union africaine entend poursuivre sa transformation pour devenir une organisation plus efficace, plus réactive et davantage maîtresse de ses ressources. Lors de cette réunion consultative avec les membres du Comité permanent des représentants (PRC) de la région australe, Mahmoud Ali Youssouf a réaffirmé la nécessité d’aligner les réformes institutionnelles sur les ambitions de l’Agenda 2063 et les aspirations des populations africaines.
Les dix pays représentés étaient l’Angola, le Botswana, l’Eswatini, le Lesotho, le Malawi, le Mozambique, la Namibie, l’Afrique du Sud, la Zambie et le Zimbabwe.
L’autonomie financière, une priorité stratégique
Parmi les principaux chantiers abordés figure le renforcement des ressources propres de l’organisation. Mahmoud Ali Youssouf a notamment insisté sur la nécessité d’améliorer l’application du prélèvement de 0,2 % sur les importations éligibles, un mécanisme destiné à réduire la dépendance de l’UA aux financements extérieurs et à garantir des ressources plus prévisibles pour ses programmes.
Le président de la Commission a appelé les États membres à accélérer la mise en œuvre de leurs engagements financiers collectifs. Cette démarche s’accompagne de réformes portant sur la budgétisation axée sur les résultats, la maîtrise des dépenses et la rationalisation administrative.
L’objectif est d’améliorer la gestion des ressources, de renforcer la responsabilité institutionnelle et de rendre les résultats des politiques menées plus mesurables. Pour l’organisation continentale, la mobilisation de financements durables constitue un levier essentiel pour concrétiser les priorités définies dans l’Agenda 2063.
Accroître l’influence de l’Afrique sur la scène internationale
La réunion a également porté sur la nécessité de renforcer la voix africaine dans les instances mondiales de décision. Mahmoud Ali Youssouf a évoqué plusieurs initiatives visant à améliorer la position du continent, notamment le lancement de l’Agence africaine de notation de crédit et les efforts destinés à corriger les représentations cartographiques mondiales qui déforment les dimensions de l’Afrique.
Sur le volet des partenariats extérieurs, il a appelé à une plus grande transparence et à une évaluation concrète des retombées des investissements. Les projets soutenus dans le cadre d’initiatives telles que la stratégie européenne Global Gateway devraient notamment contribuer au développement des infrastructures, à l’amélioration de la connectivité et au renforcement de l’intégration régionale.
Cette approche vise à favoriser des partenariats dont les résultats peuvent être vérifiés et qui répondent aux priorités de développement définies par les pays africains.
Paix et sécurité : renforcer les réponses portées par l’Afrique
Les enjeux de paix et de sécurité ont constitué un autre volet majeur des discussions. Le président de la Commission a plaidé pour la modernisation de l’Architecture africaine de paix et de sécurité et le renforcement des mécanismes de prévention des conflits et de diplomatie préventive.
Il a notamment souligné les progrès réalisés vers l’opérationnalisation de la Force africaine en attente, à travers l’élaboration d’un cadre juridique accepté par les communautés économiques régionales. Il a également insisté sur la nécessité d’assurer un financement prévisible des opérations de soutien à la paix et de renforcer l’appropriation de ces dispositifs par les États membres.
Sur le règlement des crises, Mahmoud Ali Youssouf a rappelé l’importance du dialogue et de la diplomatie, privilégiant les solutions négociées aux confrontations prolongées. Il a par ailleurs exprimé sa reconnaissance au président kényan William Ruto pour ses efforts en faveur des réformes de l’Union africaine.
Climat, santé et capacités institutionnelles au programme
Les échanges ont également mis en lumière les défis transfrontaliers liés aux changements climatiques, à l’insécurité alimentaire et aux urgences sanitaires. Les participants ont souligné l’importance d’une réponse continentale coordonnée, reposant notamment sur la prévention, la préparation, la surveillance et le renforcement des mécanismes d’intervention d’urgence, en particulier pour protéger les communautés les plus vulnérables.
Le renforcement des capacités de l’Union africaine a également été examiné. Parmi les pistes évoquées figure la mise à disposition d’experts par les États membres afin de combler les déficits de compétences au sein de l’institution. Ces dispositifs devront toutefois éviter les doublons et préserver des responsabilités administratives clairement définies.
À l’issue de la rencontre, les représentants permanents de la région australe ont salué le leadership de Mahmoud Ali Youssouf et réaffirmé leur soutien aux efforts de réforme.
Au-delà des engagements exprimés, le défi pour l’Union africaine sera de traduire ces orientations en résultats concrets : disposer de financements plus autonomes, renforcer ses capacités d’action et accroître l’influence du continent dans la gouvernance mondiale.

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