La Guinée franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation locale des ressources minières. Le président de la République, Mamadi Doumbouya, a procédé, dimanche 1er novembre 2026, à l’inauguration de la Nimba Gold Refinery (NGR), présentée comme la première raffinerie d’or du pays. Implantée à Gbessia, dans le quartier de la Cité de l’Air, à Conakry, cette infrastructure doit permettre de traiter une partie de la production aurifère nationale sur le territoire guinéen, avant sa commercialisation.
La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs responsables de l’État, notamment le Premier ministre Amadou Oury Bah et le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla. Pour les autorités, cette mise en service s’inscrit dans une politique visant à accroître la valeur ajoutée générée par l’exploitation des ressources naturelles et à développer les activités industrielles en Guinée.
Une capacité de raffinage annoncée de 733 tonnes par an
Prenant la parole au nom de la direction et du personnel de Nimba Gold Refinery, Moussa Magassouba a présenté l’ouverture de l’installation comme une étape importante dans le développement industriel du pays. Il a notamment rappelé que le projet s’inscrit dans le cadre du Code minier guinéen et des dispositions ayant conduit l’État à lancer un appel d’offres ouvert et international.
Selon les données communiquées lors de l’inauguration, la raffinerie dispose d’une capacité nominale pouvant atteindre 733 tonnes d’or par an. Des informations publiées antérieurement par Reuters faisaient état d’une capacité initiale de traitement de 530 tonnes annuelles, susceptible d’être portée à 733 tonnes à pleine capacité. L’investissement annoncé pour la construction de l’installation s’élevait alors à environ 30 millions de dollars.
Moussa Magassouba a également évoqué un flux financier annuel potentiel de 4,5 milliards de dollars si l’usine fonctionne à 50 % de sa capacité. Ce montant doit toutefois être compris comme une projection avancée par la direction, et non comme un chiffre d’affaires ou un revenu net déjà constaté.
Emplois, compétences et traçabilité de la filière aurifère
Au-delà de ses capacités industrielles, Nimba Gold Refinery affiche plusieurs objectifs économiques et sociaux. La direction entend notamment favoriser la création d’emplois qualifiés, développer les compétences techniques des jeunes Guinéens et nouer des partenariats avec des acteurs internationaux du secteur.
La mise en place d’une capacité nationale de raffinage doit également contribuer à améliorer la traçabilité de l’or et à renforcer le contrôle de sa commercialisation. Ces enjeux sont particulièrement importants dans un secteur où les circuits artisanaux et informels occupent une place significative.
Le ministre des Mines et de la Géologie, Bouna Sylla, a justement insisté sur la nécessité d’améliorer l’organisation de la filière et de mieux encadrer la production aurifère. Les autorités souhaitent notamment renforcer progressivement la contribution des exploitations industrielles et semi-industrielles à la production nationale.
L’État veut acquérir jusqu’à 30 % de la production aurifère
Parmi les mesures annoncées figure un mécanisme permettant à l’État, à travers la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), d’acquérir en francs guinéens une part pouvant atteindre 30 % de la production des sociétés aurifères industrielles et semi-industrielles.
Cette initiative, qui fait l’objet de concertations avec les entreprises minières, vise notamment à renforcer les réserves de change du pays. Selon le ministère des Mines, les quantités acquises doivent être enregistrées dans le compte métal de la Banque centrale.
Ce dispositif s’inscrit dans une stratégie plus large de meilleure valorisation des ressources aurifères et de renforcement de la souveraineté financière du pays.
Une ambition industrielle inscrite dans Simandou 2040
L’inauguration de Nimba Gold Refinery s’inscrit dans les ambitions du programme Simandou 2040, qui place la transformation locale, l’industrialisation et la création de valeur ajoutée parmi les axes du développement économique guinéen.
Parallèlement au raffinage de l’or, le pays mise sur le développement d’unités de transformation de la bauxite en alumine. Trois projets de raffineries d’alumine sont ainsi présentés par les autorités comme étant en cours de construction.
Avec Nimba Gold Refinery, la Guinée se dote donc d’un nouvel outil industriel pour développer la transformation de ses ressources aurifères. L’impact réel du projet dépendra toutefois de sa montée en puissance, de son approvisionnement régulier, de sa capacité à attirer la production nationale et de la mise en place d’un dispositif efficace de traçabilité et de contrôle.

Burkina Faso
Cameroun
Gambie
Guinée
Mali
Mauritanie
Niger
Nigéria
Sénégal
Tchad

