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Ghana : huit entreprises candidates à la production de cannabis industriel sous contrôle de l’État.

Le Ghana franchit une nouvelle étape dans l’encadrement de la filière du cannabis industriel. Huit entreprises ont officiellement soumis des demandes de licence pour cultiver du cannabis à usage industriel et médical, a annoncé le ministre de l’Intérieur, Alhaji Muntaka Mohammed-Mubarak.

Les autorités ghanéennes rappellent toutefois que cette ouverture demeure strictement réglementée. La culture autorisée concerne uniquement les variétés de cannabis à faible teneur en tétrahydrocannabinol (THC), destinées exclusivement à des applications industrielles et médicales. Toute utilisation récréative reste interdite par la législation nationale.

Un cadre légal limité à une production contrôlée

Intervenant devant la Commission des assurances du Parlement, le ministre de l’Intérieur a précisé que la réglementation ghanéenne permet uniquement la production de cannabis dont le taux de THC ne dépasse pas 0,3 %.

Cette disposition vise à distinguer le cannabis industriel du cannabis destiné à un usage psychoactif. Selon les autorités, l’objectif n’est pas d’ouvrir la voie à une légalisation générale de la culture du cannabis, mais de créer un cadre légal permettant le développement d’une filière encadrée, sous la supervision de la Commission de contrôle des stupéfiants.

Les entreprises souhaitant obtenir une autorisation doivent ainsi se conformer à un processus de licence strict, comprenant des exigences en matière de contrôle, de traçabilité et de respect des normes en vigueur.

Le gouvernement mise sur la sensibilisation et la prévention

Parallèlement au développement de cette nouvelle filière, les autorités ghanéennes renforcent leurs actions de prévention contre l’usage abusif des substances interdites.

Le ministre a indiqué qu’en 2025, son département, en collaboration avec la Commission de contrôle des stupéfiants, a organisé 2 170 campagnes de sensibilisation et émissions radiophoniques, permettant d’informer près de 500 000 personnes sur les règles encadrant les stupéfiants ainsi que sur les risques liés à leur consommation.

Cette stratégie comprend également la mise en place de clubs de prévention contre les drogues dans les établissements scolaires afin de sensibiliser les jeunes aux dangers liés aux substances illicites.

Le gouvernement prévoit par ailleurs le recrutement de spécialistes du renseignement sur les stupéfiants dans les 261 assemblées métropolitaines, municipales et de district du pays, afin de renforcer la surveillance et la prévention au niveau local.

Une extension progressive du dispositif de contrôle

Selon Alhaji Muntaka Mohammed-Mubarak, la Commission de contrôle des stupéfiants dispose actuellement de représentations dans 66 collectivités locales.

L’objectif affiché par les autorités est d’étendre progressivement cette présence à l’ensemble du territoire dans un délai estimé entre cinq et sept ans, afin d’assurer un meilleur suivi des activités liées aux substances réglementées.

Cette expansion doit permettre de renforcer les capacités institutionnelles du pays face aux nouveaux enjeux liés au développement potentiel d’une industrie du cannabis à faible teneur en THC.

Une réforme inscrite dans la réglementation de 2023

La politique ghanéenne sur le cannabis repose principalement sur les réformes introduites en 2023, à travers la modification de la loi relative à la Commission de contrôle des stupéfiants (loi n°1100) ainsi que son règlement d’application (décret législatif n°2475).

Ces textes autorisent la culture contrôlée de cannabis présentant une faible concentration en THC, uniquement pour des usages industriels et médicaux, sous réserve de l’obtention d’une licence officielle.

À travers ce dispositif, le Ghana cherche à concilier deux objectifs : exploiter les opportunités économiques liées à une nouvelle filière agricole et industrielle, tout en maintenant un contrôle strict sur les risques sanitaires et sécuritaires associés aux stupéfiants.

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AFNIS 2026 : Abuja veut transformer les ressources africaines en moteur d’industrialisation.

La cinquième édition du Sommet africain sur les ressources naturelles et l’énergie (AFNIS) s’ouvre à Abuja avec une ambition affirmée : accélérer la transformation économique du continent en faisant des ressources naturelles un levier d’industrialisation, d’investissement et de création de valeur. Prévu du 23 au 25 juin 2026 dans la capitale nigériane, l’événement réunira décideurs publics, investisseurs, institutions financières et acteurs du secteur privé autour des grands défis liés aux secteurs minier et énergétique africains.

À l’approche du sommet, le ministre nigérian du Développement des minéraux solides, Dele Alake, a souligné la volonté des organisateurs de passer des discussions aux actions concrètes. Selon lui, cette édition doit permettre d’accélérer la mise en œuvre des recommandations formulées lors des précédentes rencontres et de favoriser l’émergence de partenariats stratégiques à l’échelle continentale.

De la réflexion à l’action

S’exprimant lors d’une conférence de presse préparatoire, le ministre, représenté par Martins Imonitie, a expliqué que le programme avait été conçu pour créer des interactions directes entre gouvernements, investisseurs, institutions de financement, promoteurs de projets et experts techniques.

L’objectif affiché est de favoriser la conclusion d’accords concrets et de faciliter la mobilisation des capitaux nécessaires à la réalisation de projets structurants dans les domaines des mines, de l’énergie et des infrastructures.

« Les participants doivent repartir avec des opportunités d’investissement tangibles, de nouveaux partenariats et des feuilles de route opérationnelles », a indiqué le ministre.

Des enjeux stratégiques au cœur des débats

Les discussions porteront sur plusieurs thématiques considérées comme déterminantes pour l’avenir économique du continent. Parmi elles figurent la valorisation des minéraux critiques, le financement des infrastructures, le développement de corridors industriels régionaux, l’intégration énergétique ainsi que les nouveaux mécanismes de financement destinés à soutenir les projets de transformation économique.

Le sommet intervient dans un contexte marqué par une forte croissance de la demande mondiale en minerais stratégiques utilisés dans les technologies vertes, les batteries électriques et les infrastructures liées à la transition énergétique.

Pour Dele Alake, cette évolution représente une opportunité majeure pour l’Afrique, à condition que le continent dépasse son rôle traditionnel de simple exportateur de matières premières pour devenir un acteur de la transformation industrielle et de l’innovation.

« Une Afrique, une vision des ressources »

Placée sous le thème « Une Afrique, une vision des ressources », cette édition de l’AFNIS plaide pour une approche continentale fondée sur la coopération régionale, l’intégration des chaînes de valeur et la coordination des politiques publiques.

Les organisateurs estiment qu’une meilleure collaboration entre les États africains permettrait de renforcer le pouvoir de négociation du continent sur les marchés internationaux tout en favorisant l’émergence d’industries locales capables de créer davantage d’emplois et de richesse.

Cette vision s’inscrit dans la dynamique portée par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), qui encourage le développement de chaînes de valeur régionales et l’intensification des échanges intra-africains.

Une mobilisation continentale attendue à Abuja

Le sommet devrait réunir des ministres et représentants gouvernementaux de plusieurs pays africains, notamment la République démocratique du Congo, le Kenya, l’Ouganda et la Mauritanie.

Des institutions financières internationales, des compagnies minières et énergétiques, des fournisseurs de technologies ainsi que de nombreux investisseurs sont également attendus dans la capitale nigériane.

Pour les organisateurs, cette forte participation témoigne d’une prise de conscience croissante : les ressources naturelles africaines ne doivent plus seulement être exploitées, mais devenir un véritable moteur de développement durable, de souveraineté économique et de prospérité partagée pour le continent.

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Diamniadio : le Sénégal relance son ambition textile avec l’inauguration d’Avci Global Textile.

Le Sénégal veut renouer avec son histoire industrielle et reconstruire une filière textile capable de créer de la valeur localement. C’est dans cette perspective que le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a procédé samedi 20 juin 2026 à l’inauguration de l’usine Avci Global Textile, implantée au sein de la Zone économique spéciale (ZES) de Diamniadio.

Fruit d’un investissement de 6 milliards de francs CFA porté par un groupe turc, cette nouvelle unité industrielle marque une étape importante dans la stratégie de souveraineté économique défendue par les autorités sénégalaises. L’ambition affichée est de mettre en place une chaîne de production complète, allant de la culture du coton jusqu’à la confection de vêtements, notamment destinés aux besoins des forces de défense et de sécurité.

Accompagné du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lo et du ministre du Commerce et de l’Industrie Serigne Guèye Diop, le chef de l’État a présenté cette inauguration comme le symbole d’un Sénégal engagé dans une nouvelle phase de transformation industrielle.

Diamniadio, nouveau pôle de production et d’emplois

Installée sur une superficie de 4 680 mètres carrés dans la Plateforme industrielle intégrée de Diamniadio, l’usine Avci Global Textile constitue, selon le président Bassirou Diomaye Faye, la concrétisation d’un engagement pris lors de sa visite officielle en Turquie.

Le chef de l’État a salué le rôle joué par l’Agence de promotion des investissements et des grands travaux (APIX), ainsi que par l’Agence d’aménagement et de promotion des sites industriels (APROSI), dans l’accompagnement et la réalisation du projet.

Pour lui, cette implantation dépasse le cadre d’un simple investissement privé. Elle traduit la volonté du gouvernement de faire des zones économiques spéciales de véritables espaces de transformation productive, de création d’emplois et de développement des compétences nationales.

« Ce ne sont pas des enclaves où des entreprises étrangères viendraient uniquement profiter d’avantages fiscaux. Ce sont des espaces de transformation structurelle, de montée en compétences pour notre jeunesse et d’ancrage industriel durable dans notre territoire », a déclaré le président de la République.

Reconstruire l’héritage textile sénégalais

À travers cette nouvelle usine, les autorités entendent réhabiliter un secteur qui a longtemps occupé une place stratégique dans l’économie nationale. Bassirou Diomaye Faye a notamment évoqué le souvenir de la Société textile du Sénégal (SOTIBA), ancienne référence industrielle dont le déclin a marqué la disparition progressive d’un savoir-faire national.

Selon le chef de l’État, le Sénégal dispose encore d’un important potentiel dans ce domaine, qu’il souhaite désormais remettre au service d’un modèle économique plus intégré.

Cette ambition repose sur la création d’une chaîne de valeur complète : production du coton, transformation en fibre, fabrication du fil, production du tissu et confection des vêtements finis. Un modèle qui permettrait au pays de capter davantage de richesse et de réduire sa dépendance aux importations.

Le coton sénégalais au cœur de la stratégie

Le gouvernement mise notamment sur le renforcement de la production cotonnière, en particulier à travers la Société de développement des fibres textiles (SODEFITEX) implantée à Vélingara.

L’objectif est de connecter davantage l’agriculture et l’industrie afin que le coton produit au Sénégal puisse être transformé localement avant d’être commercialisé sur les marchés nationaux, régionaux et internationaux.

Cette orientation s’inscrit également dans les opportunités offertes p

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Guinée–Dangote : Conakry renforce son offensive économique pour attirer les grands investisseurs africains.

S.E Mamadi Doumbouya reçoit Aliko Dangote pour approfondir les perspectives d’investissement

Le Président de la République de Guinée, le Général Mamadi Doumbouya, a reçu ce vendredi au Palais Mohammed V l’homme d’affaires nigérian Aliko Dangote, à la tête d’une importante délégation du Groupe Dangote. Cette rencontre de haut niveau s’inscrit dans la continuité d’un dialogue stratégique engagé entre les autorités guinéennes et l’un des plus puissants groupes industriels du continent africain.

Au-delà de son caractère diplomatique, cette audience traduit la volonté des deux parties de renforcer leur coopération autour de projets structurants susceptibles de contribuer à la transformation économique de la Guinée.

Une relation de confiance en construction

La visite d’Aliko Dangote à Conakry intervient dans le prolongement des échanges initiés au Palais Mohammed V en janvier 2025, puis poursuivis lors de l’Africa Forward Summit à Nairobi. Ces différentes rencontres ont permis d’établir un cadre de dialogue régulier entre les autorités guinéennes et le groupe industriel nigérian, dont les activités s’étendent aujourd’hui à plusieurs secteurs stratégiques à travers l’Afrique.

Cette nouvelle audience témoigne du maintien de l’intérêt du groupe pour les opportunités offertes par le marché guinéen, dans un contexte où le pays cherche à diversifier son économie et à attirer davantage d’investissements privés.

Hydrocarbures, énergie, agriculture : les secteurs stratégiques au centre des discussions

Les échanges ont porté sur plusieurs domaines considérés comme prioritaires pour le développement économique de la Guinée. Les secteurs des hydrocarbures, de l’agriculture, de l’énergie, des services financiers et de l’industrialisation ont notamment occupé une place centrale dans les discussions.

Ces filières sont au cœur des ambitions économiques du pays, qui entend valoriser davantage ses ressources naturelles tout en développant des capacités locales de transformation et de production.

L’objectif affiché par les autorités est de faire émerger une économie plus diversifiée, moins dépendante de l’exportation brute des matières premières et davantage orientée vers la création de valeur ajoutée sur le territoire national.

Simandou 2040 comme cadre de transformation économique

Les perspectives évoquées lors de cette rencontre s’inscrivent dans la vision stratégique Simandou 2040, qui vise à accélérer la modernisation de l’économie guinéenne à travers des investissements structurants dans les infrastructures, l’industrie, l’énergie et le capital humain.

Pour les autorités, le développement de partenariats avec des acteurs économiques majeurs du continent constitue un levier essentiel pour soutenir cette transformation et renforcer la compétitivité du pays sur la scène africaine et internationale.

Vers des partenariats orientés vers l’investissement productif

Au-delà des déclarations d’intention, cette rencontre traduit une volonté commune de bâtir des partenariats à long terme capables de générer des retombées concrètes pour l’économie nationale. Les enjeux concernent notamment la création d’emplois, le développement des chaînes de valeur locales, le transfert de compétences et le renforcement du tissu industriel.

La présence de plusieurs membres du gouvernement et de responsables sectoriels aux côtés du Chef de l’État souligne l’importance stratégique accordée à ces discussions et la volonté de favoriser une mise en œuvre rapide des projets susceptibles d’émerger de cette coopération.

Une attractivité économique en progression

Cette nouvelle rencontre entre Mamadi Doumbouya et Aliko Dangote illustre les efforts entrepris par la Guinée pour améliorer son attractivité économique et se positionner comme une destination privilégiée pour les investisseurs africains et internationaux.

Dotée d’importantes ressources minières, d’un potentiel agricole significatif et d’ambitions industrielles croissantes, la Guinée cherche désormais à transformer ses atouts naturels en moteurs de croissance durable et de souveraineté économique.

À travers cette stratégie, les autorités entendent faire du pays un pôle économique régional capable de générer davantage de richesse, de favoriser l’industrialisation et de créer les conditions d’une prospérité partagée. Dans cette perspective, les partenariats stratégiques noués aujourd’hui pourraient jouer un rôle déterminant dans la construction de la Guinée de demain.

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Industrialisation en Afrique : le Sénégal s’impose parmi les dix économies les plus performantes du continent.

Avec un score de 0,6368 sur 1, le Sénégal devance désormais la Côte d’Ivoire et s’affirme comme la locomotive industrielle de son espace communautaire. Cette performance témoigne des avancées enregistrées ces dernières années dans les domaines de la transformation industrielle, de la diversification économique et du développement des infrastructures productives.

Un classement qui mesure la transformation industrielle du continent

Présenté à Brazzaville, le rapport de la BAD analyse l’évolution de l’industrialisation dans les 54 pays africains sur la période 2010-2024. L’étude évalue notamment la capacité des États à développer leur tissu manufacturier, à accroître la valeur ajoutée industrielle et à renforcer leur compétitivité sur les marchés régionaux et internationaux.

L’édition 2025 confirme la domination du nord du continent dans ce domaine. Le Maroc conserve la première place africaine avec un score de 0,8415, se rapprochant davantage du niveau maximal fixé par l’indice. Il est suivi de l’Afrique du Sud (0,8396), qui retrouve son meilleur niveau depuis 2020, même si ses performances demeurent légèrement inférieures à celles observées avant la pandémie de Covid-19.

L’Égypte consolide sa troisième position continentale, devant la Tunisie, tandis que Maurice complète le Top 5 africain.

Le Sénégal parmi les dix champions de l’industrialisation

Derrière les quatre leaders continentaux, plusieurs pays se distinguent par leurs performances. Maurice (0,6731), l’Algérie (0,6661), l’Eswatini (0,6509), le Sénégal (0,6368), la Namibie (0,6295) et la Côte d’Ivoire (0,6173) figurent parmi les dix économies africaines les mieux classées en matière d’industrialisation.

Cette progression du Sénégal traduit les effets des investissements réalisés dans les infrastructures, les zones industrielles, l’énergie, ainsi que les politiques visant à encourager la transformation locale des matières premières et le développement du secteur manufacturier.

Au-delà du classement, le pays figure également parmi les États ayant enregistré les avancées les plus significatives ces dernières années. La BAD souligne que le Sénégal fait partie des nations africaines ayant gagné plusieurs places dans le classement, aux côtés de la République démocratique du Congo, du Gabon, du Bénin, de la Mauritanie, du Rwanda, de la Guinée, de Djibouti et de la Somalie.

L’industrialisation, un levier stratégique pour la croissance africaine

Dans son analyse, la Banque africaine de développement rappelle que l’industrialisation demeure l’un des principaux moteurs de la transformation économique du continent. Elle constitue un outil essentiel pour créer des emplois productifs, réduire la dépendance aux exportations de matières premières et renforcer la résilience des économies africaines face aux chocs extérieurs.

L’institution estime que le développement du secteur industriel représente également une condition indispensable pour accélérer la diversification économique et améliorer la compétitivité des pays africains dans les chaînes de valeur mondiales.

Des progrès réels, mais un potentiel encore largement inexploité

Malgré les avancées observées dans plusieurs pays, la BAD souligne que la transformation industrielle du continent reste inachevée. La valeur ajoutée manufacturière africaine est certes passée de 285 milliards de dollars en 2020 à 315 milliards de dollars en 2024, traduisant une progression constante de l’activité industrielle.

Cependant, l’Afrique représente encore moins de 2 % de la production manufacturière mondiale et seulement 1,4 % des exportations mondiales de produits manufacturés.

Ces chiffres illustrent à la fois les progrès accomplis et l’ampleur des défis qui demeurent. Pour les experts de la BAD, le renforcement des capacités industrielles, l’amélioration du climat des affaires, l’innovation technologique et l’intégration régionale seront déterminants pour permettre au continent de franchir une nouvelle étape dans sa transformation économique.

Pour le Sénégal, cette reconnaissance continentale constitue un signal encourageant, mais également une invitation à poursuivre les réformes destinées à consolider son ambition de devenir l’un des principaux pôles industriels d’Afrique de l’Ouest.

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Sénégal : la CSS rassure sur l’approvisionnement en sucre à l’approche du Ramadan et du Carême.

À quelques semaines du Ramadan et du Carême chrétien, périodes marquées par une hausse sensible de la consommation, la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS) se veut rassurante. Son directeur général, Guillaume Ranson, a annoncé la disponibilité immédiate de 74 000 tonnes de sucre, jugées suffisantes pour alimenter le marché national dans les prochains mois.

Dans le détail, 58 000 tonnes sont actuellement stockées à Richard-Toll, principal site de production de l’entreprise, et 16 000 tonnes à Dakar, principal hub de distribution. À ces volumes s’ajouteront 75 000 tonnes supplémentaires d’ici la fin de la campagne sucrière, prévue en mai. « Cette capacité suffit largement pour approvisionner le marché national », a assuré le dirigeant.

Une production en cours et des objectifs ambitieux

Ces déclarations ont été faites à l’issue d’une journée portes ouvertes organisée à l’intention des commerçants partenaires de la CSS. La rencontre, qui s’est tenue en présence du préfet de Dagana, Ibrahima Ismaïl Ndiaye, et du directeur du Commerce intérieur, Ahmadou Bamba Ndaw, visait à renforcer la transparence autour des niveaux de stocks et du processus de production.

La campagne sucrière en cours, entamée en novembre, se poursuivra jusqu’à fin mai. Elle s’inscrit dans le cadre du plan de développement « KT220 », à travers lequel la CSS ambitionne de porter sa production annuelle à 220 000 tonnes, soit l’équivalent de la consommation nationale des ménages sénégalais. Un objectif stratégique dans un contexte où la sécurité alimentaire et la maîtrise des prix des produits de base demeurent des enjeux majeurs pour les autorités.

L’État appelle à une distribution plus flexible

De son côté, le directeur du Commerce intérieur a salué une initiative « transparente » et « pédagogique », estimant que les volumes observés à Richard-Toll et à Dakar sont suffisants pour couvrir les besoins du marché.

S’il a écarté toute inquiétude sur la disponibilité du sucre durant le Ramadan, Ahmadou Bamba Ndaw a toutefois insisté sur un point clé : la distribution. « Le défi réside dans la flexibilité afin d’assurer la disponibilité du sucre sur l’ensemble du territoire, en quantité suffisante, en qualité et à des prix abordables », a-t-il souligné.

Les autorités appellent ainsi à une collaboration renforcée entre l’État, la CSS et les distributeurs pour garantir un approvisionnement régulier et éviter toute tension sur les prix durant ces périodes de forte demande.

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Industrialisation : le Sénégal engage un changement d’échelle avec un ambitieux projet de loi.

L’État prévoit la création d’au moins 45 zones industrielles à l’échelle nationale

Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, a présidé, lundi 2 février, à Diamniadio, les travaux consacrés au projet de loi sur la promotion de l’industrialisation. À cette occasion, il a réaffirmé la volonté du gouvernement d’accélérer la mise en œuvre de sa stratégie industrielle, présentée comme un pilier central du développement économique et du renforcement du patriotisme économique.

À travers le déploiement des agropoles et les programmes portés par l’Agence d’aménagement et de promotion des sites industriels (APROSI), l’État ambitionne de créer au moins 45 zones industrielles sur l’ensemble du territoire national. Pour soutenir cette dynamique, le budget alloué au secteur industriel a été porté à 350 milliards de FCFA, traduisant un changement de dimension par rapport aux dotations précédentes.

Trente zones agro-industrielles et une meilleure couverture territoriale

« Avec les agropoles, nous allons déjà créer 30 zones agro-industrielles sur l’ensemble du territoire », a annoncé le ministre. Cette orientation vise à renforcer la transformation locale des produits agricoles, à réduire la dépendance aux importations et à favoriser la création de valeur ajoutée dans les zones rurales.

Selon Serigne Guèye Diop, les appels d’offres ont d’ores et déjà été lancés, témoignant de la volonté des autorités de passer rapidement de la planification à l’exécution. L’un des objectifs majeurs de cette politique est d’assurer une meilleure répartition territoriale des infrastructures productives. « Chaque département du Sénégal aura sa propre zone industrielle », a-t-il assuré.

À ces projets s’ajoutent les initiatives de l’APROSI, qui prévoit la création de dix zones industrielles supplémentaires, notamment dans les filières du phosphate et de l’agroalimentaire, avec des implantations prévues à Touba, Matam et dans d’autres régions du pays. « Au total, nous aurons au moins 45 sites industriels », a précisé le ministre.

Combler le déficit d’infrastructures industrielles

Le ministre a rappelé que le Sénégal ne compte actuellement que trois zones économiques spéciales, situées à Diass, Diamniadio et Saint-Gérard, soulignant ainsi l’ampleur du retard à combler. Le projet de loi en discussion vise donc à poser un cadre juridique et institutionnel adapté à cette montée en puissance de l’industrie.

Selon lui, cette initiative traduit « la volonté des autorités de faire de l’industrialisation un levier central du développement économique et social », capable de stimuler l’emploi, de renforcer la compétitivité des entreprises nationales et de soutenir la croissance à long terme.

Le patriotisme économique au cœur de la stratégie

Un autre axe structurant de la politique industrielle défendue par le gouvernement repose sur le patriotisme économique. Le ministre a reconnu le caractère extraverti de l’économie sénégalaise, indiquant que « entre 46 et 50 % de l’économie est entre les mains d’acteurs étrangers ». Il a toutefois tenu à préciser que cette orientation ne constitue pas un rejet de l’investissement international.

« On n’a rien contre les étrangers. On veut simplement qu’il y ait un patriotisme économique », a-t-il déclaré, plaidant pour des partenariats plus équilibrés entre investisseurs étrangers, acteurs nationaux et État. « Cela signifie que ceux qui viennent investir au Sénégal puissent s’associer avec des Sénégalais, avec l’État, afin que le pays en tire un bénéfice durable », a-t-il ajouté.

Financement, protection et coordination des politiques publiques

Parmi les défis structurels identifiés figurent en priorité le manque de sites industriels dédiés et la question du financement. « L’un des gros problèmes au Sénégal, c’est l’absence de sites spécifiquement aménagés pour les activités industrielles », a déploré le ministre. Il a également insisté sur le coût élevé des investissements industriels, estimant qu’ils ne peuvent reposer uniquement sur le secteur privé.

« Pour l’industrie, ça coûte cher. On ne peut pas tout laisser au privé. Il faut financer, subventionner et accompagner », a-t-il affirmé, évoquant la nécessité d’un engagement fort de l’État.

Serigne Guèye Diop a enfin souligné l’importance de la protection des industries et de l’agriculture naissantes, afin de leur permettre de gagner en compétitivité. « Il est hors de question de laisser nos petites industries et notre agriculture naissantes sans protection », a-t-il déclaré, justifiant ainsi la convergence des politiques industrielle et commerciale au sein d’un même département ministériel.

Poser les bases d’une industrie compétitive

À travers ce projet de loi, les autorités entendent structurer un cadre favorable à l’émergence d’une industrie nationale plus forte, mieux répartie sur le territoire et capable de jouer un rôle moteur dans la transformation de l’économie sénégalaise. « Avec ce texte, le Sénégal pose les bases d’une industrie compétitive, créatrice de valeur et au service du développement national », a conclu le ministre.