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Industrialisation en Afrique : le Sénégal s’impose parmi les dix économies les plus performantes du continent.

Avec un score de 0,6368 sur 1, le Sénégal devance désormais la Côte d’Ivoire et s’affirme comme la locomotive industrielle de son espace communautaire. Cette performance témoigne des avancées enregistrées ces dernières années dans les domaines de la transformation industrielle, de la diversification économique et du développement des infrastructures productives.

Un classement qui mesure la transformation industrielle du continent

Présenté à Brazzaville, le rapport de la BAD analyse l’évolution de l’industrialisation dans les 54 pays africains sur la période 2010-2024. L’étude évalue notamment la capacité des États à développer leur tissu manufacturier, à accroître la valeur ajoutée industrielle et à renforcer leur compétitivité sur les marchés régionaux et internationaux.

L’édition 2025 confirme la domination du nord du continent dans ce domaine. Le Maroc conserve la première place africaine avec un score de 0,8415, se rapprochant davantage du niveau maximal fixé par l’indice. Il est suivi de l’Afrique du Sud (0,8396), qui retrouve son meilleur niveau depuis 2020, même si ses performances demeurent légèrement inférieures à celles observées avant la pandémie de Covid-19.

L’Égypte consolide sa troisième position continentale, devant la Tunisie, tandis que Maurice complète le Top 5 africain.

Le Sénégal parmi les dix champions de l’industrialisation

Derrière les quatre leaders continentaux, plusieurs pays se distinguent par leurs performances. Maurice (0,6731), l’Algérie (0,6661), l’Eswatini (0,6509), le Sénégal (0,6368), la Namibie (0,6295) et la Côte d’Ivoire (0,6173) figurent parmi les dix économies africaines les mieux classées en matière d’industrialisation.

Cette progression du Sénégal traduit les effets des investissements réalisés dans les infrastructures, les zones industrielles, l’énergie, ainsi que les politiques visant à encourager la transformation locale des matières premières et le développement du secteur manufacturier.

Au-delà du classement, le pays figure également parmi les États ayant enregistré les avancées les plus significatives ces dernières années. La BAD souligne que le Sénégal fait partie des nations africaines ayant gagné plusieurs places dans le classement, aux côtés de la République démocratique du Congo, du Gabon, du Bénin, de la Mauritanie, du Rwanda, de la Guinée, de Djibouti et de la Somalie.

L’industrialisation, un levier stratégique pour la croissance africaine

Dans son analyse, la Banque africaine de développement rappelle que l’industrialisation demeure l’un des principaux moteurs de la transformation économique du continent. Elle constitue un outil essentiel pour créer des emplois productifs, réduire la dépendance aux exportations de matières premières et renforcer la résilience des économies africaines face aux chocs extérieurs.

L’institution estime que le développement du secteur industriel représente également une condition indispensable pour accélérer la diversification économique et améliorer la compétitivité des pays africains dans les chaînes de valeur mondiales.

Des progrès réels, mais un potentiel encore largement inexploité

Malgré les avancées observées dans plusieurs pays, la BAD souligne que la transformation industrielle du continent reste inachevée. La valeur ajoutée manufacturière africaine est certes passée de 285 milliards de dollars en 2020 à 315 milliards de dollars en 2024, traduisant une progression constante de l’activité industrielle.

Cependant, l’Afrique représente encore moins de 2 % de la production manufacturière mondiale et seulement 1,4 % des exportations mondiales de produits manufacturés.

Ces chiffres illustrent à la fois les progrès accomplis et l’ampleur des défis qui demeurent. Pour les experts de la BAD, le renforcement des capacités industrielles, l’amélioration du climat des affaires, l’innovation technologique et l’intégration régionale seront déterminants pour permettre au continent de franchir une nouvelle étape dans sa transformation économique.

Pour le Sénégal, cette reconnaissance continentale constitue un signal encourageant, mais également une invitation à poursuivre les réformes destinées à consolider son ambition de devenir l’un des principaux pôles industriels d’Afrique de l’Ouest.

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Sénégal : la CSS rassure sur l’approvisionnement en sucre à l’approche du Ramadan et du Carême.

À quelques semaines du Ramadan et du Carême chrétien, périodes marquées par une hausse sensible de la consommation, la Compagnie sucrière sénégalaise (CSS) se veut rassurante. Son directeur général, Guillaume Ranson, a annoncé la disponibilité immédiate de 74 000 tonnes de sucre, jugées suffisantes pour alimenter le marché national dans les prochains mois.

Dans le détail, 58 000 tonnes sont actuellement stockées à Richard-Toll, principal site de production de l’entreprise, et 16 000 tonnes à Dakar, principal hub de distribution. À ces volumes s’ajouteront 75 000 tonnes supplémentaires d’ici la fin de la campagne sucrière, prévue en mai. « Cette capacité suffit largement pour approvisionner le marché national », a assuré le dirigeant.

Une production en cours et des objectifs ambitieux

Ces déclarations ont été faites à l’issue d’une journée portes ouvertes organisée à l’intention des commerçants partenaires de la CSS. La rencontre, qui s’est tenue en présence du préfet de Dagana, Ibrahima Ismaïl Ndiaye, et du directeur du Commerce intérieur, Ahmadou Bamba Ndaw, visait à renforcer la transparence autour des niveaux de stocks et du processus de production.

La campagne sucrière en cours, entamée en novembre, se poursuivra jusqu’à fin mai. Elle s’inscrit dans le cadre du plan de développement « KT220 », à travers lequel la CSS ambitionne de porter sa production annuelle à 220 000 tonnes, soit l’équivalent de la consommation nationale des ménages sénégalais. Un objectif stratégique dans un contexte où la sécurité alimentaire et la maîtrise des prix des produits de base demeurent des enjeux majeurs pour les autorités.

L’État appelle à une distribution plus flexible

De son côté, le directeur du Commerce intérieur a salué une initiative « transparente » et « pédagogique », estimant que les volumes observés à Richard-Toll et à Dakar sont suffisants pour couvrir les besoins du marché.

S’il a écarté toute inquiétude sur la disponibilité du sucre durant le Ramadan, Ahmadou Bamba Ndaw a toutefois insisté sur un point clé : la distribution. « Le défi réside dans la flexibilité afin d’assurer la disponibilité du sucre sur l’ensemble du territoire, en quantité suffisante, en qualité et à des prix abordables », a-t-il souligné.

Les autorités appellent ainsi à une collaboration renforcée entre l’État, la CSS et les distributeurs pour garantir un approvisionnement régulier et éviter toute tension sur les prix durant ces périodes de forte demande.

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Industrialisation : le Sénégal engage un changement d’échelle avec un ambitieux projet de loi.

L’État prévoit la création d’au moins 45 zones industrielles à l’échelle nationale

Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, a présidé, lundi 2 février, à Diamniadio, les travaux consacrés au projet de loi sur la promotion de l’industrialisation. À cette occasion, il a réaffirmé la volonté du gouvernement d’accélérer la mise en œuvre de sa stratégie industrielle, présentée comme un pilier central du développement économique et du renforcement du patriotisme économique.

À travers le déploiement des agropoles et les programmes portés par l’Agence d’aménagement et de promotion des sites industriels (APROSI), l’État ambitionne de créer au moins 45 zones industrielles sur l’ensemble du territoire national. Pour soutenir cette dynamique, le budget alloué au secteur industriel a été porté à 350 milliards de FCFA, traduisant un changement de dimension par rapport aux dotations précédentes.

Trente zones agro-industrielles et une meilleure couverture territoriale

« Avec les agropoles, nous allons déjà créer 30 zones agro-industrielles sur l’ensemble du territoire », a annoncé le ministre. Cette orientation vise à renforcer la transformation locale des produits agricoles, à réduire la dépendance aux importations et à favoriser la création de valeur ajoutée dans les zones rurales.

Selon Serigne Guèye Diop, les appels d’offres ont d’ores et déjà été lancés, témoignant de la volonté des autorités de passer rapidement de la planification à l’exécution. L’un des objectifs majeurs de cette politique est d’assurer une meilleure répartition territoriale des infrastructures productives. « Chaque département du Sénégal aura sa propre zone industrielle », a-t-il assuré.

À ces projets s’ajoutent les initiatives de l’APROSI, qui prévoit la création de dix zones industrielles supplémentaires, notamment dans les filières du phosphate et de l’agroalimentaire, avec des implantations prévues à Touba, Matam et dans d’autres régions du pays. « Au total, nous aurons au moins 45 sites industriels », a précisé le ministre.

Combler le déficit d’infrastructures industrielles

Le ministre a rappelé que le Sénégal ne compte actuellement que trois zones économiques spéciales, situées à Diass, Diamniadio et Saint-Gérard, soulignant ainsi l’ampleur du retard à combler. Le projet de loi en discussion vise donc à poser un cadre juridique et institutionnel adapté à cette montée en puissance de l’industrie.

Selon lui, cette initiative traduit « la volonté des autorités de faire de l’industrialisation un levier central du développement économique et social », capable de stimuler l’emploi, de renforcer la compétitivité des entreprises nationales et de soutenir la croissance à long terme.

Le patriotisme économique au cœur de la stratégie

Un autre axe structurant de la politique industrielle défendue par le gouvernement repose sur le patriotisme économique. Le ministre a reconnu le caractère extraverti de l’économie sénégalaise, indiquant que « entre 46 et 50 % de l’économie est entre les mains d’acteurs étrangers ». Il a toutefois tenu à préciser que cette orientation ne constitue pas un rejet de l’investissement international.

« On n’a rien contre les étrangers. On veut simplement qu’il y ait un patriotisme économique », a-t-il déclaré, plaidant pour des partenariats plus équilibrés entre investisseurs étrangers, acteurs nationaux et État. « Cela signifie que ceux qui viennent investir au Sénégal puissent s’associer avec des Sénégalais, avec l’État, afin que le pays en tire un bénéfice durable », a-t-il ajouté.

Financement, protection et coordination des politiques publiques

Parmi les défis structurels identifiés figurent en priorité le manque de sites industriels dédiés et la question du financement. « L’un des gros problèmes au Sénégal, c’est l’absence de sites spécifiquement aménagés pour les activités industrielles », a déploré le ministre. Il a également insisté sur le coût élevé des investissements industriels, estimant qu’ils ne peuvent reposer uniquement sur le secteur privé.

« Pour l’industrie, ça coûte cher. On ne peut pas tout laisser au privé. Il faut financer, subventionner et accompagner », a-t-il affirmé, évoquant la nécessité d’un engagement fort de l’État.

Serigne Guèye Diop a enfin souligné l’importance de la protection des industries et de l’agriculture naissantes, afin de leur permettre de gagner en compétitivité. « Il est hors de question de laisser nos petites industries et notre agriculture naissantes sans protection », a-t-il déclaré, justifiant ainsi la convergence des politiques industrielle et commerciale au sein d’un même département ministériel.

Poser les bases d’une industrie compétitive

À travers ce projet de loi, les autorités entendent structurer un cadre favorable à l’émergence d’une industrie nationale plus forte, mieux répartie sur le territoire et capable de jouer un rôle moteur dans la transformation de l’économie sénégalaise. « Avec ce texte, le Sénégal pose les bases d’une industrie compétitive, créatrice de valeur et au service du développement national », a conclu le ministre.