Simandou, levier de souveraineté : la vision de Baba Hady Thiam

Baba Hady Thiamivoireceo com

Avocat inscrit aux barreaux de Guinée et de Paris, Baba Hady Thiam s’impose comme l’une des figures montantes du « deal-making » ouest-africain. Habitué aux négociations complexes, il pilote des montages où chaque clause et chaque virgule peuvent changer la donne. Dans un entretien accordé à Jeune Afrique, il revient sur les enjeux du projet Simandou, présenté comme l’un des plus ambitieux de l’histoire minière africaine.

Simandou, un tournant stratégique

Le gisement de fer de Simandou, situé en Guinée, est considéré comme l’un des plus importants au monde. Pour Baba Hady Thiam, ce projet dépasse largement le simple cadre économique :

« Simandou est notre penalty dans le temps additionnel : il faut le tirer sans trembler », affirme-t-il, soulignant l’urgence et la responsabilité historique qui incombent à la Guinée dans la conduite de ce mégaprojet.

Un pari de souveraineté industrielle

Au-delà des retombées financières, l’avocat met en avant la nécessité d’ancrer une véritable souveraineté industrielle. Cela passe par un contenu local crédible, garantissant que les populations et les entreprises guinéennes tirent profit du projet, sans pour autant décourager les investisseurs étrangers.

« L’équilibre est délicat, mais indispensable : il faut attirer les capitaux tout en consolidant les bénéfices pour le pays », précise-t-il.

Les lignes rouges de la négociation

Conscient des attentes immenses, Baba Hady Thiam insiste sur la rigueur des négociations en cours. Pour lui, la réussite de Simandou dépendra de la capacité de la Guinée à poser des lignes rouges claires, notamment sur le transfert de compétences, la création d’emplois et la durabilité des infrastructures associées.

Une vision ancrée dans le long terme

Pour l’avocat, le projet Simandou ne doit pas être réduit à un pari de court terme. Il doit servir de levier de transformation structurelle de l’économie guinéenne, en favorisant l’industrialisation et l’intégration régionale.

« Le succès de Simandou ne se mesurera pas seulement en tonnes de fer exportées, mais en capacités nouvelles pour la Guinée et pour l’Afrique de l’Ouest », conclut-il.