
Denis Sassou Nguesso face à l’échéance électorale : entre promesse de départ et volonté de durer.
À quelques jours de l’élection présidentielle du 15 mars, le chef de l’État congolais, au pouvoir depuis plus de quarante ans cumulés, affiche une position paradoxale : préparer l’avenir tout en sollicitant un nouveau mandat, présenté comme le dernier. À 82 ans, Denis Sassou Nguesso affirme ne pas vouloir « rester une éternité » à la tête du pays, sans pour autant esquisser clairement les contours de sa succession.
Une campagne sous tension dans un paysage politique verrouillé
Dans un contexte marqué par les critiques récurrentes sur la transparence du processus électoral, le président sortant tente de reprendre l’initiative. Dans un entretien accordé à l’Agence France-Presse depuis Dolisie, il revendique un large soutien populaire et balaie les accusations de scrutin verrouillé, qu’il attribue à des « voix extérieures ».
Sur le terrain, l’opposition apparaît fragmentée et affaiblie, peinant à rivaliser avec l’appareil du Parti congolais du travail (PCT), solidement implanté. Plusieurs figures critiques dénoncent un espace politique restreint, où la compétition électorale se joue dans un cadre jugé déséquilibré.
Un bilan revendiqué, des inégalités persistantes
Denis Sassou Nguesso défend son action à la tête du pays en mettant en avant les investissements réalisés dans les infrastructures, notamment les routes, les établissements scolaires et certains projets agricoles. Il justifie ainsi l’utilisation des revenus pétroliers, principale ressource du pays.
Cependant, ces arguments se heurtent à une réalité socio-économique contrastée : près de la moitié de la population congolaise vit encore dans la pauvreté, alimentant les critiques sur la redistribution des richesses et la gouvernance économique. Les accusations liées aux affaires de « biens mal acquis » sont, de son côté, rejetées comme des tentatives de déstabilisation.
La question sensible des détenus politiques
Interrogé sur le sort de figures emblématiques de l’opposition, notamment Jean-Marie Michel Mokoko et André Okombi Salissa, le chef de l’État adopte une position prudente. Il minimise leur statut d’opposants, les présentant comme d’anciens collaborateurs impliqués, selon lui, dans un projet insurrectionnel.
S’il affirme qu’ils « ne mourront pas en prison », cette déclaration ne s’accompagne d’aucune annonce concrète sur une éventuelle libération, laissant en suspens l’une des principales préoccupations des organisations de défense des droits humains.
Une succession évoquée, mais jamais datée
Alors que ses partisans redoutent les incertitudes d’une alternance politique, Denis Sassou Nguesso se veut rassurant sur la capacité du pays à préserver sa stabilité après son départ. Il affirme préparer les conditions d’une continuité institutionnelle.
Reste une zone d’ombre majeure : le calendrier. En l’absence de perspective clairement définie pour l’après-Sassou, la question de la transition demeure au cœur des interrogations, dans un pays où le pouvoir s’inscrit depuis des décennies dans une forte continuité politique.

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