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Guinée : un nouveau cadre de suivi pour viser l’accès universel à l’électricité d’ici 2030.

Le président guinéen, Mamadi Doumbouya, a institué par décret, rendu public le 23 octobre 2026, le Cadre national de suivi et d’évaluation du Pacte national de l’énergie, dénommé « Cadre SE-Pacte M300 ». Cette structure est chargée de coordonner, de superviser et d’évaluer la mise en œuvre des engagements pris par la Guinée pour élargir l’accès à l’électricité à l’ensemble de la population à l’horizon 2030.

Présidé par le Premier ministre, Amadou Oury Bah, ce mécanisme doit renforcer le pilotage des réformes et des investissements dans le secteur énergétique. Il vise notamment à améliorer la coordination entre les institutions publiques, les opérateurs du secteur et les partenaires techniques et financiers.

Un dispositif de pilotage des réformes énergétiques

Le Pacte national de l’énergie constitue la feuille de route de la Guinée dans le cadre de la Mission 300, une initiative portée par le Groupe de la Banque mondiale et la Banque africaine de développement. Celle-ci ambitionne de donner accès à l’électricité à 300 millions de personnes en Afrique d’ici 2030.

Pour la Guinée, les engagements couvrent l’extension de l’accès à l’électricité, le développement des infrastructures énergétiques, l’amélioration de la qualité du service et la mobilisation des financements nécessaires. Le nouveau cadre de suivi doit permettre de mesurer les progrès réalisés, d’identifier les difficultés d’exécution et de faciliter les décisions correctives.

Il devra également veiller à la cohérence entre les projets énergétiques et les orientations du programme de développement socio-économique Simandou 2040, notamment en matière d’infrastructures et de soutien à l’industrialisation.

Production, transport, distribution et électrification rurale

Le champ d’action du Pacte M300 couvre l’ensemble de la chaîne énergétique : production, transport et distribution de l’électricité, mais aussi électrification rurale et solutions de cuisson propre. Le dispositif prend également en compte les mécanismes de financement, la viabilité financière du secteur, la digitalisation, la transparence, le renforcement des compétences ainsi que les exigences environnementales et sociales.

L’objectif est de mieux articuler les investissements et les réformes afin d’améliorer durablement l’accès à l’énergie, y compris dans les zones rurales et les localités encore insuffisamment desservies.

Un comité de pilotage placé sous l’autorité du Premier ministre

Le Cadre SE-Pacte M300 s’appuie sur plusieurs structures : un comité de pilotage, un secrétariat technique national, des points focaux institutionnels et des équipes de travail thématiques. Il prévoit également un système national d’information et de suivi énergétique, ainsi que des mécanismes d’audit et d’évaluation indépendants.

Le comité de pilotage, organe de décision stratégique, est présidé par le Premier ministre, Amadou Oury Bah. Le ministre chargé de l’Énergie en assure la vice-présidence. Plusieurs responsables gouvernementaux et institutionnels y siègent, notamment les représentants des départements chargés des Finances, du Plan et de l’Environnement, le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée et le directeur général de l’autorité de régulation du secteur de l’électricité et de l’eau potable.

Un représentant du secteur privé et deux représentants des partenaires techniques et financiers participent également à cette instance. Les dirigeants d’Électricité de Guinée (EDG-SA) et de l’Agence guinéenne d’électrification rurale (AGER) peuvent prendre part aux travaux à titre consultatif, sur invitation.

La mise en place de ce cadre établit ainsi un mécanisme institutionnel de suivi des engagements énergétiques du pays. La réalisation de l’objectif fixé à 2030 dépendra toutefois de l’exécution effective des projets, de la mobilisation des financements et de la capacité des institutions à traduire les engagements en nouveaux raccordements et en une alimentation électrique fiable.

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Gambie : Adama Barrow promet une amélioration de l’approvisionnement en électricité d’ici fin octobre.

Le président gambien Adama Barrow a annoncé une amélioration attendue de l’approvisionnement en électricité d’ici à la fin octobre 2026, alors que le pays traverse depuis plusieurs mois une importante crise énergétique. Les coupures, parfois prolongées jusqu’à 48 heures, ont provoqué la colère de la population et donné lieu à de nouvelles manifestations à Banjul et dans plusieurs localités voisines.

Une crise énergétique devenue une urgence nationale

Lors d’une visite mardi dans une installation de la National Water and Electricity Corporation (NAWEC) à Brikama, près de Banjul, Adama Barrow a qualifié la situation d’urgence et de problème de sécurité nationale.

Depuis le mois de juin, les délestages se multiplient à travers le pays. Dans certaines zones, les interruptions peuvent durer jusqu’à deux jours consécutifs, aggravant les difficultés des ménages et des entreprises, notamment en pleine saison chaude.

La situation a également provoqué des tensions dans plusieurs quartiers de la capitale et des villes environnantes. Dans la nuit de lundi à mardi, des manifestations contre les coupures d’électricité ont dégénéré, témoignant du mécontentement croissant face à la dégradation du service.

Une nouvelle capacité de 24 MW attendue en octobre

Pour répondre à la crise, le gouvernement mise notamment sur l’augmentation des capacités de production. Adama Barrow a indiqué qu’une nouvelle unité de production d’une capacité de 24 mégawatts était dans sa phase finale d’installation.

Sa mise en service est annoncée d’ici à la fin du mois d’octobre. Le chef de l’État a assuré que cette nouvelle capacité devrait contribuer à améliorer sensiblement la fourniture d’électricité dans le pays.

Le président gambien a également annoncé l’attribution d’un contrat pour la construction d’une centrale solaire de 50 mégawatts à Soma. L’entreprise retenue doit prochainement mobiliser les ressources nécessaires au démarrage du projet.

Une pression politique à l’approche de la présidentielle

Cette crise énergétique intervient à quelques mois de l’élection présidentielle prévue en décembre 2026, à laquelle Adama Barrow entend briguer un troisième mandat.

Face au mécontentement populaire, les autorités sont donc confrontées à une double exigence : rétablir rapidement un approvisionnement électrique plus régulier et apporter des réponses durables aux difficultés structurelles du secteur.

Reconnaissant l’impact des délestages sur la vie quotidienne, le président a évoqué les difficultés rencontrées par les familles, notamment les fortes chaleurs, les enfants contraints d’étudier dans l’obscurité et les pertes de denrées alimentaires.

Avec l’installation de la nouvelle unité de production et le lancement annoncé de la centrale solaire de Soma, le gouvernement gambien entend ainsi renforcer les capacités énergétiques du pays et réduire les effets d’une crise devenue l’un des principaux sujets de préoccupation de la population.