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Eau et assainissement : le Sénégal désigné hôte du Congrès africain de 2028.

Le Sénégal a officiellement été investi pays hôte du Congrès africain de l’eau 2028, au terme d’un processus salué comme une réussite diplomatique et institutionnelle. L’annonce, relayée par la Société nationale des eaux du Sénégal (SONES), consacre le retour de ce rendez-vous continental à Dakar, 32 ans après l’édition de 1994.

Les symboles traditionnels de transmission — la pirogue et la pagaie — ont été remis au ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Cheikh Tidiane Dièye, marquant officiellement le passage de témoin et l’ouverture d’un nouveau cycle pour la gouvernance de l’eau en Afrique.

Une passation symbolique entre Yaoundé et Diamniadio

La cérémonie de remise s’est tenue à Yaoundé, au Palais des Congrès, avant une transmission officielle organisée en marge d’une rencontre à Diamniadio. Ce double temps fort illustre à la fois la dimension continentale de l’événement et l’ancrage national de sa préparation.

Le directeur général de la SONES, Abdoul Niang, également président du Comité Sénégal, a salué l’implication du ministre, soulignant le rôle déterminant joué par ce dernier dans le repositionnement stratégique du pays. Présent à Yaoundé, Cheikh Tidiane Dièye y participait également en sa qualité de président du Conseil des ministres africains en charge de l’eau, renforçant la portée institutionnelle de la candidature sénégalaise.

Une mise en scène artistique porteuse de sens

Parmi les temps forts de cette investiture, la présentation d’une fresque réalisée par le Cameroun a retenu l’attention. L’œuvre illustre un itinéraire symbolique « de Douala à Dakar », mettant en scène une pirogue voguant vers le Monument de la Renaissance africaine, en passant par le monument « J’aime mon pays le Cameroun » à Yaoundé.

Cette représentation artistique, accompagnée d’une performance de l’Ensemble lyrique traditionnel, met en avant la pirogue et la pagaie comme des symboles de continuité, de leadership et de coopération. Elle traduit une ambition partagée : naviguer collectivement vers des solutions durables en matière d’eau et d’assainissement sur le continent.

Dakar 2028 en ligne de mire

 

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Au-delà de l’organisation logistique, les autorités sénégalaises entendent faire de ce congrès une plateforme stratégique pour débattre des défis liés à l’accès à l’eau, au financement des infrastructures et à la résilience face aux changements climatiques.

Avec cette désignation officielle, le Sénégal se projette vers 2028 avec l’ambition de positionner Dakar comme un hub africain de réflexion, d’innovation et de décisions autour des enjeux hydriques. Un rendez-vous continental qui s’annonce déterminant pour l’avenir de « l’Afrique de l’eau ».

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Pollution plastique : le navire Plastic Odyssey fait escale à Dakar pour renforcer les solutions locales.

Après plusieurs étapes en Méditerranée et en Afrique du Nord, notamment au Liban, en Égypte, en Tunisie et au Maroc, le navire-laboratoire Plastic Odyssey a accosté à Dakar le 26 janvier. Cette escale sénégalaise, particulièrement symbolique, marque l’un des temps forts de l’expédition mondiale entamée il y a trois ans pour lutter concrètement contre la pollution plastique. Une conférence de lancement s’est tenue à l’Institut français de Dakar, en présence d’acteurs institutionnels, diplomatiques et de la société civile.

Dakar, cœur stratégique de l’aventure Plastic Odyssey

Si Dakar figure parmi les étapes majeures de cette tournée internationale, c’est parce que la capitale sénégalaise occupe une place centrale dans l’histoire du projet. C’est en effet à Dakar qu’a été implantée Plastic Odyssey Factories, la filiale opérationnelle du programme. À partir de cette base, des unités locales de recyclage sont conçues, adaptées aux réalités des territoires et déployées dans plusieurs pays, faisant du Sénégal un hub régional de l’innovation environnementale.

Cette escale vise ainsi à partager les enseignements accumulés au fil du tour du monde, à renforcer les partenariats locaux et à amplifier les actions de terrain au profit de la jeunesse, des entrepreneurs et des organisations de la société civile.

Trois semaines de sensibilisation, de formation et d’actions concrètes

Du 26 janvier au 16 février, Plastic Odyssey déploiera à Dakar un programme dense mêlant ateliers de sensibilisation, formations techniques, tables rondes avec des experts, rencontres avec des élèves et échanges avec l’écosystème sénégalais engagé dans la lutte contre la pollution plastique. À bord du navire, des machines de recyclage « low-tech » seront également construites et présentées, illustrant des solutions accessibles, reproductibles et adaptées aux contextes locaux.

Malgré les efforts consentis par l’État sénégalais, notamment à travers la loi n°2020-04 du 8 janvier 2020 relative à la prévention et à la réduction de l’incidence des plastiques sur l’environnement, la pollution plastique demeure une problématique majeure. « Le Sénégal produit plus de 250 000 tonnes de déchets plastiques par an, dont à peine 30 000 tonnes sont recyclées, soit environ 10 % », a rappelé Ibrahima Diagne, conseiller technique en hydraulique, assainissement et environnement auprès du Premier ministre.

De la gestion des déchets à l’économie circulaire

Selon M. Diagne, la loi repose sur deux piliers : l’interdiction de certains plastiques et la promotion de l’économie circulaire. « Mais il reste encore beaucoup à faire pour garantir une véritable économie circulaire et réduire durablement les déchets plastiques », a-t-il reconnu, saluant la contribution de Plastic Odyssey et de sa filiale Plastic Odyssey Factories. Il a également souligné la volonté des autorités, sous l’impulsion du président Bassirou Diomaye Faye, de changer de paradigme en passant « de la gestion des déchets à l’économie des déchets », dans la perspective d’un Sénégal zéro déchet.

Des micro-usines de recyclage au service des territoires

Pour la France, partenaire clé du projet, cette escale consacre le Sénégal comme un acteur majeur de la lutte contre la pollution plastique. « Sensibiliser ne suffit plus. Il faut agir, structurer, former et créer des solutions pérennes. C’est exactement ce que propose Plastic Odyssey », a déclaré Christine Fages, ambassadrice de France au Sénégal.

Elle a rappelé que le projet Sunu Plastic, soutenu par l’ambassade de France à hauteur d’environ 656 millions de FCFA, a permis le déploiement de micro-usines de recyclage low-tech exploitées par des entrepreneurs sénégalais. Installées dans des conteneurs, ces unités transforment les déchets plastiques en produits utiles tels que pavés, tuiles, poubelles ou tuyaux, répondant aux besoins des collectivités locales. Quatre micro-usines sont déjà opérationnelles à Saint-Louis, Kédougou, Kidira et Gandon, avec d’autres en perspective.

Une prise de conscience née à Dakar

Pour Simon Bernard, cofondateur de Plastic Odyssey, le projet trouve ses racines à Dakar. « Tout est parti d’ici, en 2016, lorsque j’ai découvert, depuis mon bateau, des montagnes de déchets plastiques sur une plage autrefois parmi les plus belles du pays », a-t-il confié. Une image fondatrice qui a donné naissance à une initiative aujourd’hui internationale, mais dont le Sénégal demeure l’un des piliers stratégiques.

Avec cette escale, Dakar s’affirme plus que jamais comme un laboratoire d’innovations environnementales et un acteur clé dans la construction de solutions durables face à un défi mondial.

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COP30 : de nouveaux États rejoignent la coalition pour une taxe sur les jets privés et les classes premium

La dynamique internationale autour d’une taxation des classes premium et des jets privés continue de s’amplifier. Djibouti, le Nigeria et le Soudan du Sud ont officiellement rejoint la coalition de huit pays créée fin juin pour instaurer ce mécanisme fiscal destiné à soutenir le financement de l’adaptation au changement climatique.

Ils rejoignent ainsi des États déjà engagés comme la France, l’Espagne et le Kenya, qui figurent parmi les initiateurs du projet.
Dans le même temps, le Brésil, pays hôte de la COP30, a intégré la coalition en tant qu’observateur, aux côtés des Fidji et du Vanuatu, deux États insulaires particulièrement vulnérables à la montée des eaux.

Une réponse à l’urgence climatique

L’objectif central de cette initiative est de proposer une solution innovante et équitable au défi du financement de l’adaptation climatique, notamment pour les pays les plus exposés.
La mesure vise à faire contribuer davantage les catégories de voyageurs et les modes de transport générant les plus fortes émissions de CO₂.

Certains pays ayant déjà mis en place une taxe similaire, à l’image de la France, plaident désormais pour une fiscalité plus ambitieuse et progressive. Cependant, le gouvernement français a récemment indiqué qu’aucune nouvelle hausse n’est envisagée à court terme.

Une mobilisation populaire à Belém

En parallèle des négociations officielles, des milliers de personnes ont défilé samedi 15 novembre 2025 à Belém, dans une atmosphère festive mais déterminée.
Associations, militants et citoyens avaient un objectif commun : accentuer la pression sur les négociateurs de la COP30 et rappeler l’urgence d’actions concrètes contre le réchauffement climatique.

Les manifestants ont plaidé pour des mesures fortes, une justice climatique accrue et une responsabilité partagée à l’échelle mondiale.

Un enjeu symbolique avant les décisions finales

Avec l’élargissement de la coalition et la mobilisation citoyenne croissante, le débat sur la taxation des transports les plus polluants s’impose comme l’un des sujets majeurs de cette COP30.
Les prochaines semaines seront décisives pour déterminer si cette initiative pourra rallier un plus grand nombre de pays et s’inscrire comme un levier durable de financement climatique.

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Cameroun : cap sur un cacao durable pour protéger les forêts.

Le Cameroun, quatrième producteur africain de cacao, s’engage dans une transition vers une production plus respectueuse de l’environnement. Objectif : préserver ses forêts tout en maintenant la compétitivité de sa filière cacao, essentielle pour l’économie nationale.

Un secteur clé sous pression environnementale

Le cacao représente une source majeure de revenus pour des centaines de milliers de familles camerounaises. Mais l’extension des plantations, souvent au détriment des forêts, a accéléré la déforestation dans plusieurs régions du pays, notamment dans le Sud et l’Est.
Face à cette réalité, les autorités et les acteurs de la filière veulent instaurer des pratiques agricoles durables, conciliant rendement, protection de la biodiversité et amélioration des conditions de vie des producteurs.

Des engagements concrets

Le gouvernement, en collaboration avec des partenaires techniques et financiers, prévoit la mise en place de programmes visant à :

  • Encourager l’agroforesterie, en intégrant des arbres d’ombrage dans les plantations.

  • Améliorer la traçabilité du cacao pour garantir qu’il provient de zones non déboisées.

  • Former les producteurs à des techniques culturales respectueuses des sols et de la biodiversité.

Des initiatives pilotes sont déjà en cours dans certaines localités, avec des résultats jugés prometteurs, tant en termes de préservation de l’environnement que d’augmentation de la qualité des fèves.

Vers une reconnaissance internationale

En adoptant un modèle de production plus durable, le Cameroun espère se positionner favorablement sur les marchés internationaux, où la demande pour un cacao « éthique » et « zéro déforestation » est en forte croissance.
Cette orientation pourrait également ouvrir la voie à des labels de qualité et à des primes financières pour les producteurs respectant les standards environnementaux.

Pour les autorités, la transition vers un cacao durable n’est pas seulement une réponse aux pressions environnementales : c’est aussi une opportunité économique et sociale, capable de renforcer la résilience des communautés rurales tout en protégeant le patrimoine forestier national.

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Inondations meurtrières à Conakry : l’État en alerte face aux risques accrus de pluies diluviennes

La capitale guinéenne est de nouveau confrontée à un drame climatique. De fortes pluies survenues dans la nuit du 30 au 31 juillet ont provoqué des inondations meurtrières, faisant au moins sept morts dans différents quartiers de Conakry, selon un bilan provisoire communiqué par les autorités.

Ces pluies diluviennes ont engendré la montée rapide des eaux, piégeant plusieurs habitations dans les communes de Matoto, Ratoma et Matam. Des glissements de terrain ont également été signalés dans certaines zones à flanc de colline, aggravant les dégâts matériels et mettant en danger la vie des habitants.

Alerte météo pour les prochaines 72 heures

Face à cette situation, l’Agence nationale de la météorologie a lancé une alerte rouge pour de fortes précipitations dans les régions de Conakry, Kindia, Dubréka, Coyah, Mamou, Boffa et Boké, appelant les populations à la vigilance. Des inondations supplémentaires, des débordements de cours d’eau et des éboulements sont à craindre dans les zones les plus exposées.

Mobilisation des secours et actions d’urgence

Le ministère de la Sécurité et de la Protection Civile a annoncé le déploiement d’unités d’intervention dans les zones sinistrées pour venir en aide aux victimes et évacuer les habitations à haut risque. Plusieurs familles ont déjà été relogées temporairement dans des écoles et centres communautaires.

Le Premier ministre Amadou Oury Bah, en concertation avec les ministères concernés, a promis une réponse rapide et coordonnée :

« Nous mettons tout en œuvre pour secourir les sinistrés, prévenir de nouveaux drames et renforcer les infrastructures vulnérables. »

Un défi croissant dans le contexte du changement climatique

Les inondations récurrentes à Conakry soulignent l’urgence d’un plan d’adaptation climatique et d’assainissement durable. L’urbanisation anarchique, le manque de canalisations adéquates et l’obstruction des drains continuent d’exposer la capitale à des catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes et meurtrières.