
Paris rend hommage aux tirailleurs sénégalais lors de la 9ᵉ édition des Journées de mémoire.
La 9ᵉ édition des Journées des Tirailleurs sénégalais s’est tenue dimanche 10 mai 2026 à Paris, en présence de nombreuses personnalités politiques, diplomatiques, culturelles et religieuses venues honorer la mémoire des soldats africains engagés aux côtés de la France durant les grands conflits du XXᵉ siècle.
Cette cérémonie de commémoration a une nouvelle fois rappelé le rôle majeur joué par les tirailleurs africains dans l’histoire militaire française, mais aussi les sacrifices consentis par des milliers d’hommes venus d’Afrique de l’Ouest pour combattre loin de leurs terres.
La figure de Mame Cheikh Sidy Makhtar Kounta mise à l’honneur
Parmi les personnalités célébrées cette année, celle de Mame Cheikh Sidy Makhtar Kounta a particulièrement marqué les esprits.
Tirailleur sénégalais, fils du vénérable Cheikh Bou Kounta de Ndiassane et père de l’actuel Khalife général des Khadres du Sénégal, il symbolise à la fois l’héritage spirituel de la confrérie Qadiriyya et l’engagement des soldats africains dans les conflits mondiaux.
Son parcours illustre cette génération d’hommes issus des grandes familles religieuses sénégalaises qui ont participé aux guerres au nom de valeurs qu’ils associaient à la justice, à la dignité et à la paix.
Un hommage porté par la famille Kounta
En marge de la cérémonie, Cheikhal Khalifa Kounta, représentant de la famille Kounta à Paris et porte-parole d’Ahlul Kountiyou, a rendu un vibrant hommage à Mame Cheikh Sidy Makhtar Kounta.
Dans son intervention, il a décrit le tirailleur sénégalais comme une figure incarnant la foi, le courage et la dignité.
Il a rappelé que ces soldats africains avaient quitté leurs terres, leurs familles et leurs traditions pour participer à une guerre qui n’était pas la leur à l’origine, mais qu’ils avaient fini par considérer comme un combat pour la paix et la liberté entre les peuples.
Entre héritage spirituel et mémoire militaire
Cheikhal Khalifa Kounta a également insisté sur la dimension spirituelle de l’engagement de Mame Cheikh Sidy Makhtar Kounta.
Selon lui, ce dernier appartenait à une lignée de guides religieux profondément enracinée dans l’histoire de l’islam ouest-africain et portait en lui l’héritage moral et spirituel de plusieurs générations.
Le représentant de la famille Kounta a aussi rappelé l’engagement massif des tirailleurs sénégalais issus des différentes confréries religieuses du Sénégal, notamment mourides et tidjanes, qui avaient rejoint les fronts européens malgré les conditions extrêmement difficiles des combats.
Une mémoire longtemps marginalisée
Au cours de son allocution, Cheikhal Khalifa Kounta a également évoqué les injustices historiques subies par de nombreux anciens tirailleurs africains après les guerres.
Il a notamment rappelé les longues années de revendications autour des pensions gelées, des inégalités de traitement et de l’effacement progressif de la mémoire des soldats africains dans certains récits historiques officiels.
Selon lui, les cérémonies de mémoire organisées aujourd’hui permettent non seulement d’honorer ces hommes, mais aussi de réhabiliter leur place dans l’histoire collective.
Préserver la mémoire des tirailleurs pour les générations futures
Clôturant son intervention, le porte-parole d’Ahlul Kountiyou a appelé à transmettre cette mémoire aux jeunes générations, aussi bien en France qu’au Sénégal.
Il a insisté sur l’importance de préserver l’héritage des tirailleurs africains afin de rappeler que les combats pour la liberté et la dignité ont également été portés par des milliers d’Africains.
À travers cette nouvelle édition des Journées des Tirailleurs sénégalais, les organisateurs entendent ainsi poursuivre le travail de mémoire autour de ces anciens combattants dont l’histoire reste profondément liée à celle de la France et de l’Afrique de l’Ouest.

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