
Épidémie d’Ebola en RDC : l’OMS alerte sur une propagation sans précédent.
L’épidémie de maladie à virus Ebola qui sévit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC) atteint un niveau critique. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), elle est désormais la deuxième plus importante jamais enregistrée et progresse plus rapidement que toutes les précédentes.
Au 12 août 2026, 4 449 cas confirmés et 2 061 décès ont été recensés dans cinq provinces et 53 zones de santé. À son rythme actuel, l’épidémie pourrait dépasser celle qui avait frappé l’Afrique de l’Ouest entre 2014 et 2016, jusque-là la plus importante avec plus de 28 000 cas et 11 000 décès.
L’Ituri au cœur de la crise
La province de l’Ituri concentre l’essentiel des contaminations et des décès. L’OMS s’inquiète particulièrement des transmissions qui échappent encore aux dispositifs de surveillance, notamment lorsque des décès surviennent au sein des communautés sans que les personnes concernées aient été identifiées comme contacts.
L’organisation estime que le suivi des contacts doit passer d’environ 80 % à 95 % afin de mieux identifier et interrompre les chaînes de transmission. Plus de 21 000 agents de santé communautaires ont été formés pour renforcer la surveillance.
Des capacités de prise en charge renforcées
Face à l’accélération de l’épidémie, l’OMS prévoit de tripler les capacités de traitement pour atteindre 3 000 lits dans les prochaines semaines. Les centres de traitement, les laboratoires et les équipes chargées des inhumations sécurisées sont également renforcés.
L’épidémie est liée au virus Ebola Bundibugyo, une souche distincte de celle responsable des grandes épidémies récentes d’Afrique de l’Ouest. Aucun vaccin ni traitement spécifiquement homologué contre cette souche n’est actuellement disponible. Des essais cliniques sont toutefois en cours pour évaluer de nouvelles options thérapeutiques et vaccinales.
Le contexte sécuritaire complique la riposte
La propagation du virus est également favorisée par le conflit persistant dans l’est de la RDC, les déplacements de populations, les difficultés d’accès aux soins et les insuffisances des infrastructures sanitaires.
Pour l’OMS, la priorité reste désormais d’identifier toutes les chaînes de transmission, renforcer la prise en charge précoce des malades et restaurer la confiance des communautés afin de contenir rapidement l’épidémie.

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