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Sénégal : Sangomar exporte 2,94 millions de barils en septembre, GTA maintient ses performances gazières.

Les projets pétroliers et gaziers du Sénégal affichent des résultats contrastés en septembre 2026. Le champ pétrolier de Sangomar a exporté 2,94 millions de barils de pétrole brut, tandis que le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim (GTA) a expédié deux cargaisons de gaz naturel liquéfié (GNL), selon les données communiquées sur les performances des deux sites.

Sangomar : des exportations importantes malgré un recul de la production

Au cours du mois de septembre, trois cargaisons de pétrole brut issues du champ de Sangomar ont été commercialisées sur le marché international, pour un volume total de 2,94 millions de barils.

Ces exportations interviennent toutefois dans un contexte de ralentissement de la production. Le site a enregistré une baisse de son plateau de production, liée à la diminution du débit journalier. Cette évolution souligne les variations auxquelles reste soumise l’exploitation du champ pétrolier.

De son côté, le projet gazier Grand Tortue Ahmeyim a exporté deux cargaisons de gaz naturel liquéfié en septembre, représentant un volume total de 0,33 million de mètres cubes.

Contrairement à Sangomar, le projet a maintenu son plateau de production au cours de la période. Cette stabilité témoigne de la continuité des opérations sur le site, qui constitue un actif important dans le développement de la filière gazière sénégalaise.

Deux projets stratégiques pour le secteur des hydrocarbures

Les performances de septembre illustrent des trajectoires différentes pour les deux grands projets d’hydrocarbures du Sénégal : un recul de la production pétrolière à Sangomar, face à la stabilité des opérations gazières de GTA.

Ces deux sites occupent une place importante dans les ambitions énergétiques du pays, notamment en matière d’exportations et de valorisation des ressources naturelles. L’évolution de leur production et de leurs volumes commercialisés restera déterminante pour suivre les performances du secteur sénégalais des hydrocarbures.

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Niger : une éruption incontrôlée de pétrole à Agadem fait craindre une grave catastrophe environnementale.

Depuis le 25 septembre, le Niger fait face à un incident pétrolier majeur dans la région d’Agadem, au nord-est du pays. Une éruption incontrôlée de pétrole brut et de gaz sur un puits exploité par CNPC Niger Petroleum S.A. a conduit les autorités à qualifier la situation d’« incident environnemental d’une gravité exceptionnelle ». Alors que les opérations de confinement se poursuivent, les risques pour les installations voisines et l’environnement suscitent de vives inquiétudes.

L’incident s’est produit sur le puits Goumeri W8, situé à environ 1 700 kilomètres de Niamey, au cœur du bloc pétrolier d’Agadem. Selon le ministère nigérien du Pétrole, d’importantes quantités de pétrole brut et de gaz sont projetées à plus de dix mètres de hauteur depuis le début de l’éruption. Des images diffusées par la télévision nationale montrent une nappe de pétrole qui s’étend sur plusieurs centaines de mètres autour du site.

Les autorités indiquent que la fuite a été partiellement contenue, mais que la situation demeure préoccupante, l’éruption n’étant pas encore totalement maîtrisée. Le gouvernement a confirmé que deux employés exposés dès les premières heures de l’incident avaient été blessés et hospitalisés. Aucune perte en vie humaine n’a toutefois été signalée à ce stade.

Les conséquences pourraient également toucher les installations pétrolières voisines. La plateforme concernée partage en effet des infrastructures avec les puits Goumeri W3 et Goumeri W4. Selon les autorités, les dégradations subies par la structure pourraient compromettre l’intégrité de ces deux puits et accroître les risques techniques et environnementaux.

Les causes exactes de l’accident restent inconnues. Le ministère du Pétrole a écarté les hypothèses d’un acte criminel ou terroriste, tandis qu’une enquête indépendante a été ouverte afin de déterminer les circonstances de l’éruption et d’établir les responsabilités. Des experts algériens doivent contribuer aux investigations. En parallèle, des mesures d’urgence ont été engagées pour sécuriser le site, prévenir les risques d’incendie et limiter la propagation de la pollution.

La situation alimente les préoccupations des organisations de la société civile, notamment dans une région sahélienne où les ressources naturelles sont particulièrement vulnérables. Le Groupe de réflexion et d’action sur les industries extractives au Niger (GREN) a alerté sur les conséquences potentielles de cette pollution pour les pâturages, les troupeaux, les sols et les ressources en eau. Ces milieux sont essentiels aux activités pastorales et aux moyens de subsistance des populations locales.

À ce stade, aucun bilan officiel n’a été communiqué sur les volumes de pétrole et de gaz libérés ni sur l’étendue exacte des zones contaminées. La durée de l’éruption, l’ampleur des projections et les dommages signalés aux installations voisines rendent toutefois nécessaire une évaluation approfondie des conséquences environnementales.

La priorité reste désormais de maîtriser définitivement la fuite, de sécuriser les installations et de mesurer l’impact de la pollution sur les écosystèmes et les communautés environnantes. Les conclusions de l’enquête indépendante seront déterminantes pour comprendre les causes de cet incident et préciser les responsabilités dans l’un des épisodes les plus préoccupants récemment signalés dans le secteur pétrolier nigérien.

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Nigeria : Pertamina s’intéresse au prochain cycle d’attribution de licences pétrolières.

Le Nigeria et l’Indonésie renforcent leurs échanges autour des investissements dans le secteur pétrolier. La Commission nigériane de réglementation du secteur pétrolier en amont (NUPRC) a engagé des discussions avec la compagnie pétrolière nationale indonésienne Pertamina, qui étudie notamment les opportunités offertes par le prochain cycle d’attribution de licences prévu au Nigeria en 2026.

Les échanges se sont tenus entre la directrice générale de la NUPRC, Oritsemeyiwa Eyesan, le vice-ministre indonésien des Affaires étrangères, Arif Havas Oegroseno, et Toriq Abdat, vice-président de Pertamina chargé du développement des activités en amont.

Selon Eniola Akinkuotu, responsable de la communication d’entreprise et des médias de la NUPRC, les deux pays partagent plusieurs priorités dans le domaine énergétique, notamment la sécurisation de l’approvisionnement, le développement des ressources nationales et l’attraction de capitaux internationaux.

Pertamina veut développer ses activités à l’international

Pour Pertamina, le Nigeria constitue l’un des marchés étudiés dans le cadre de sa stratégie d’expansion internationale. Toriq Abdat a expliqué que le groupe recherchait de nouvelles opportunités en dehors de l’Indonésie, notamment en Malaisie, en Irak et au Nigeria.

La compagnie souhaite particulièrement identifier des actifs déjà en production, des projets proches de leur mise en exploitation ainsi que des opportunités situées avant la décision finale d’investissement.

Pertamina se dit également ouverte à différents modes de partenariat, qu’il s’agisse de procédures d’appel d’offres concurrentielles ou d’accords conclus directement avec les gouvernements.

Cette démarche intervient alors que l’Indonésie cherche elle aussi à renforcer sa production nationale. Le pays produit actuellement environ 600 000 barils de pétrole par jour et développe parallèlement des activités d’exploration, notamment en eaux profondes. Selon Toriq Abdat, ces opérations ont jusqu’ici permis d’identifier davantage de ressources gazières que pétrolières, ce qui pousse Pertamina à rechercher des opportunités à l’étranger.

Le Nigeria vise trois millions de barils par jour

Du côté nigérian, l’objectif affiché est d’atteindre une production de trois millions de barils par jour à l’horizon 2030. La production actuelle se situe entre 1,6 et 1,7 million de barils par jour.

Pour Oritsemeyiwa Eyesan, le cycle d’attribution de licences prévu en 2026 constitue l’un des instruments permettant d’attirer de nouveaux investissements et d’accroître les capacités de production du pays.

La directrice générale de la NUPRC a également rappelé que les cycles d’attribution de licences sont devenus une pratique régulière depuis l’adoption du Petroleum Industry Act (PIA) en 2021. Lors de la dernière conférence d’appel d’offres commerciale organisée en juillet, 50 actifs étaient proposés et 37 ont finalement été attribués.

Le régulateur affirme par ailleurs avoir ajusté les conditions fiscales du secteur afin de renforcer l’attractivité du Nigeria face à la concurrence internationale pour les capitaux. Les autorités ont notamment travaillé à réduire certaines barrières à l’entrée, dont les primes de signature.

Des perspectives au-delà du pétrole

Les discussions entre Abuja et Jakarta ne se limitent pas aux hydrocarbures. Pertamina a également manifesté son intérêt pour le secteur des engrais, considéré comme stratégique pour l’agriculture et la sécurité alimentaire.

La compagnie développe en Indonésie des capacités de production d’engrais afin de réduire la dépendance du pays aux importations, notamment celles provenant du Moyen-Orient. Cette orientation ouvre des perspectives de coopération autour du lien entre ressources énergétiques, industrie des engrais et sécurité alimentaire.

Les échanges ont également abordé la diversification des sources d’approvisionnement en phosphate, ainsi que des projets d’infrastructures énergétiques susceptibles de renforcer les chaînes d’approvisionnement en Afrique de l’Ouest.

À l’issue de la rencontre, les responsables nigérians et indonésiens ont convenu de poursuivre les échanges sur les possibilités de coopération commerciale et diplomatique. Pour Abuja, l’intérêt manifesté par Pertamina s’inscrit dans les efforts visant à mobiliser davantage de capitaux et à soutenir la montée en puissance de la production pétrolière nationale.

Les travaux porteront sur les blocs sn01m sn02m sn03m sn07m et sn40m 1789494273 b9de81af69aa62ede81af69aa42ee8v  360x320

Sénégal : le gouvernement relance l’exploration pétrolière et gazière avec Eni.

Le Sénégal souhaite renforcer l’exploration de son potentiel pétrolier et gazier offshore. En marge de Gastech 2026, le ministère de l’Énergie et du Pétrole a signé un protocole d’accord avec le groupe énergétique italien Eni SpA pour approfondir l’évaluation de cinq blocs situés au large du pays.

Cinq blocs offshore concernés

Le protocole porte sur les blocs SN01M, SN02M, SN03M, SN07M et SN40M. Dans le cadre de ce partenariat, Eni prendra entièrement à sa charge un programme d’études destiné à améliorer la connaissance du potentiel géologique et pétrolier de ces zones.

Les travaux prévus comprendront notamment l’analyse des données sismiques 2D et 3D, l’exploitation des informations issues des puits déjà disponibles ainsi que l’évaluation du potentiel en hydrocarbures des différents périmètres.

Des échanges techniques, des ateliers spécialisés et des activités de transfert de connaissances sont également prévus afin de renforcer les capacités des acteurs nationaux.

L’exploration au cœur de la stratégie énergétique

Pour les autorités sénégalaises, cet accord marque une nouvelle étape dans la promotion du bassin sédimentaire national. Il traduit également l’intérêt d’un groupe énergétique international pour des zones dont le potentiel reste encore à approfondir.

Le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, a souligné la volonté du gouvernement de replacer l’exploration au centre de sa stratégie pétrolière.

« Cette signature traduit notre volonté de remettre l’exploration au cœur de notre stratégie pétrolière », a-t-il déclaré, insistant également sur la nécessité de mieux connaître les ressources nationales et de renforcer les capacités de la société publique PETROSEN.

PETROSEN appelée à jouer un rôle central

La société nationale PETROSEN est appelée à occuper une place importante dans la connaissance, la promotion et la valorisation du bassin sédimentaire sénégalais.

Le protocole prévoit ainsi son implication en tant que partenaire technique dans le cadre des travaux et échanges entre les différentes parties. Cette participation doit notamment contribuer au développement de l’expertise nationale dans l’exploration des ressources pétrolières et gazières.

Un protocole qui ne vaut pas attribution de blocs

Les autorités précisent toutefois que le protocole d’accord ne constitue ni un contrat pétrolier ni une attribution de titre d’exploration ou d’exploitation.

Il ouvre une phase consacrée aux études et aux discussions techniques. Il ne confère donc aucun droit automatique à la conclusion d’un futur contrat pétrolier. Toute éventuelle étape ultérieure devra être soumise aux procédures et aux autorisations prévues par la législation sénégalaise.

Renforcer l’attractivité du secteur

À travers ce partenariat, le Sénégal entend améliorer la connaissance de son potentiel offshore et renforcer l’attractivité de son bassin sédimentaire auprès des investisseurs.

Le gouvernement mise ainsi sur l’exploration, le développement de l’expertise nationale et la coopération avec des acteurs internationaux pour favoriser l’identification de nouvelles ressources, tout en veillant à renforcer la maîtrise nationale du secteur et les retombées économiques liées à l’exploitation des hydrocarbures.

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Côte d’Ivoire : une nouvelle filiale de PETROCI créée pour exploiter le bloc pétrolier CI-26.

Le gouvernement ivoirien poursuit le renforcement de son dispositif national dans le secteur des hydrocarbures. Réuni le mercredi 9 septembre 2026, le Conseil des ministres a adopté un décret portant création de PETROCI CI-26, une nouvelle filiale de la société nationale PETROCI Holding.

Constituée sous la forme d’une société anonyme et entièrement détenue par PETROCI Holding, cette structure aura pour mission principale d’assurer l’exploitation du bloc pétrolier CI-26.

Un nouvel outil pour renforcer la présence de l’État

La création de PETROCI CI-26 s’inscrit dans la volonté des autorités ivoiriennes de consolider les capacités nationales dans le secteur pétrolier. À travers cette filiale spécialisée, l’État entend disposer d’un outil dédié à la gestion et à la valorisation des ressources du bloc concerné.

Cette organisation permet également de renforcer le rôle de PETROCI Holding dans la chaîne de valeur des hydrocarbures et d’accroître la participation de l’État dans le développement des ressources pétrolières nationales.

Miser sur une gestion spécialisée

La mise en place d’une structure exclusivement consacrée au bloc CI-26 doit favoriser une gestion plus ciblée des activités liées à son exploitation. Elle devrait notamment permettre de mieux organiser les opérations, les investissements et le suivi des performances du projet.

Cette décision intervient dans un contexte où la Côte d’Ivoire cherche à accroître sa production énergétique et à mieux valoriser ses ressources naturelles, tout en renforçant l’implication des entreprises publiques dans le secteur.

Avec PETROCI CI-26, les autorités ivoiriennes franchissent ainsi une nouvelle étape dans la structuration de leur dispositif pétrolier national, avec l’ambition de faire davantage bénéficier l’économie ivoirienne des opportunités liées à l’exploitation de ses ressources en hydrocarbures.

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Niger : une raffinerie de 100 000 barils par jour projetée à Dosso.

Le Niger franchit une nouvelle étape dans sa stratégie de transformation locale de ses ressources pétrolières. L’État nigérien et ZIMAR GROUP ont signé, samedi à Niamey, une convention portant sur la construction à Dosso d’une raffinerie d’une capacité de 100 000 barils par jour, accompagnée d’un complexe pétrochimique.

La convention a été signée à la Primature par le ministre nigérien des Affaires étrangères, de la Coopération et des Nigériens à l’extérieur, Bakary Yaou Sangaré, et le représentant de ZIMAR GROUP.

Le projet s’inscrit dans le prolongement du mémorandum d’entente conclu en octobre 2024 entre l’État du Niger et un consortium formé par ZIMAR GROUP, société de droit nigérien, et HIGH TECH, entreprise américaine.

Un projet estimé à 1,9 milliard de dollars

La future infrastructure sera réalisée dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP) selon le modèle BOT, qui prévoit la construction, l’exploitation de l’installation pendant une période déterminée, puis son transfert à l’État.

La raffinerie sera constituée de trois unités de production : une première d’une capacité de 30 000 barils par jour et deux autres pouvant traiter chacune 35 000 barils par jour. L’ensemble portera ainsi la capacité totale de raffinage à 100 000 barils quotidiens.

L’investissement annoncé est évalué à environ 1,9 milliard de dollars. Le calendrier global du projet s’étendrait sur 16 ans, dont trois années consacrées à la construction et treize années d’exploitation.

Vers une réduction de la dépendance aux importations

Pour les autorités nigériennes, cette infrastructure doit contribuer à accroître la transformation du pétrole brut produit dans le pays et à renforcer l’approvisionnement national en produits pétroliers.

La mise en service de cette raffinerie pourrait ainsi réduire progressivement le recours aux importations de produits raffinés et améliorer la capacité du Niger à répondre à sa propre demande énergétique.

Le projet comporte également un volet pétrochimique destiné à accroître la valeur ajoutée générée localement à partir des hydrocarbures.

Le Niger veut devenir un acteur régional du raffinage

Au-delà de la consommation nationale, les autorités ambitionnent de faire de cette infrastructure un pôle régional de raffinage et de production pétrochimique susceptible de desservir plusieurs marchés du Sahel.

Cette orientation s’inscrit dans la volonté affichée par Niamey de mieux exploiter ses ressources naturelles, développer ses capacités industrielles et renforcer sa souveraineté énergétique.

La réalisation effective du projet devra toutefois dépendre du respect du calendrier, de la mobilisation des financements et de la bonne exécution des engagements prévus dans la convention.

Un comité pour suivre la mise en œuvre

Un comité de suivi doit être mis en place afin de contrôler l’exécution du projet et de veiller au respect des engagements contractuels des différentes parties.

Avec cette nouvelle convention, le Niger entend donc franchir une étape supplémentaire dans sa politique de transformation locale du pétrole, d’industrialisation et de création de valeur ajoutée. À terme, la raffinerie de Dosso pourrait constituer l’un des projets structurants de la stratégie énergétique et industrielle du pays.

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Sénégal : le gouvernement anticipe la crise pétrolière mondiale.

Face aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient et à leurs répercussions sur les marchés mondiaux, le Sénégal a choisi la prudence. Ce mardi, le Premier ministre Ousmane Sonko a présidé une réunion de crise visant à sécuriser l’approvisionnement en produits pétroliers et à protéger l’économie nationale.

Sécurisation stratégique et gestion proactive

Au cœur des discussions, la « sécurisation stratégique » a été érigée en priorité. Le gouvernement a détaillé des mécanismes d’anticipation pour éviter toute rupture de stock susceptible de paralyser le marché intérieur. Cette démarche inclut une gestion proactive des réserves pétrolières afin de limiter l’impact des fluctuations des prix du brut sur le pouvoir d’achat des ménages.

Une dimension économique et sociale

Au-delà de l’aspect technique, la stratégie adoptée intègre une forte dimension sociale. Dans un contexte où le prix de l’énergie influence directement le coût des transports et le panier de la ménagère, l’exécutif vise à protéger les populations les plus vulnérables. « L’enjeu est autant économique que social », a rappelé la Primature.

Création d’un comité de suivi interministériel

Pour assurer une réaction rapide face aux chocs externes, un comité interministériel de suivi a été mis en place. Il aura pour mission d’observer les marchés internationaux, d’évaluer l’impact des tensions sur les finances publiques et de proposer des ajustements immédiats afin que le Sénégal anticipe plutôt que subisse les crises.

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Sénégal : le boom pétrolier de Sangomar face aux enjeux de redistribution

Le principal projet pétrolier offshore du Sénégal poursuit sa phase de montée en régime. Dans son rapport annuel 2025, la compagnie australienne Woodside Energy, opérateur du champ avec une participation de 82 %, fait état d’une production stabilisée autour de 100 000 barils par jour sur la majeure partie de l’année, avec un taux de fiabilité avoisinant les 99 %.

Entré en production en juin 2024, le champ de Sangomar s’impose progressivement comme un actif stratégique pour le pays. Depuis son démarrage, il aurait généré 2,6 milliards de dollars d’Ebitda pour la part de Woodside, traduisant, selon l’opérateur, une performance opérationnelle solide portée par une mise en production rapide et maîtrisée.

Une première année pleine de production rentable

L’année 2025 marque la première période complète d’exploitation et de commercialisation du projet. Sur cet exercice, la production attribuée à Woodside s’élève à 29,7 millions de barils équivalent pétrole, contre 13,3 millions en 2024, une année partielle marquée par les opérations de mise en service.

Cette montée en cadence s’est traduite par des revenus estimés à 1,9 milliard de dollars pour la compagnie australienne. Toutefois, aucune ventilation détaillée n’a été fournie concernant les parts revenant à l’État sénégalais ou à la société nationale Petrosen, laissant persister des zones d’ombre sur la répartition effective des revenus.

Des attentes élevées face à des recettes jugées modestes

La publication de ces résultats intervient dans un contexte de débat national sur les bénéfices réels des hydrocarbures pour l’économie sénégalaise. Lors d’une récente séance à l’Assemblée nationale, le Premier ministre Ousmane Sonko a exprimé ses réserves quant aux retombées budgétaires attendues.

Selon les projections gouvernementales, les recettes pétrolières devraient représenter environ 76 milliards de FCFA en 2026, sur un budget global estimé à 6 000 milliards de FCFA. Elles atteindraient près de 128,6 milliards de FCFA en 2027. Des montants jugés relativement faibles au regard des performances affichées par l’opérateur, ravivant les interrogations sur la structuration des contrats pétroliers et la capacité de l’État à capter une part significative de la rente.

Le chef du gouvernement a également mis en cause la gestion antérieure des ressources, évoquant des richesses insuffisamment valorisées dans les accords conclus par le passé.

Vers une deuxième phase de développement

Parallèlement, Woodside Energy indique étudier les options pour une éventuelle seconde phase de développement du champ. Celle-ci s’appuierait sur les infrastructures existantes, notamment le FPSO — unité flottante de production, de stockage et de déchargement — ainsi que sur les installations sous-marines déjà en place.

L’objectif affiché est d’optimiser la production, prolonger la durée de vie du champ et renforcer la création de valeur. Pour le Sénégal, l’enjeu sera désormais de transformer cette performance technique en gains économiques tangibles, dans un contexte de fortes attentes sociales autour de l’exploitation des ressources naturelles.