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ITAOU : Le Burkina Faso Lance sa Première Voiture Électrique

Le Burkina Faso marque l’histoire de l’innovation africaine avec le lancement d’ITAOU, sa première marque de voiture 100% électrique. Cette initiative, portée par des ingénieurs burkinabè, représente une avancée technologique majeure pour le continent.

Performance et Innovation Le véhicule ITAOU impressionne par ses caractéristiques techniques : une autonomie de 330 kilomètres pour seulement 30 minutes de charge. L’usine de production, implantée à Ouaga 2000, symbolise l’expertise locale et l’ambition d’indépendance technologique du pays.

Impact Stratégique Cette réalisation positionne le Burkina Faso comme un acteur émergent dans l’industrie automobile électrique mondiale, traditionnellement dominée par des pays comme la Chine. ITAOU démontre la capacité du continent africain à développer des solutions technologiques innovantes répondant aux défis environnementaux actuels.

Vision d’Avenir Au-delà de sa dimension commerciale, ITAOU incarne une transformation profonde : celle d’une Afrique capable d’innover et de produire des technologies de pointe. Cette initiative représente un pas décisif vers l’autonomie technologique et la transition énergétique du continent.

ITAOU ne se contente pas d’être un simple véhicule électrique ; c’est un symbole de fierté nationale et d’ambition continentale, prouvant que l’innovation peut émerger et prospérer depuis le cœur de l’Afrique.

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Retrait de la Cédéao : Le Mali, le Burkina et le Niger adoptent une stratégie commune

Les ministres des Affaires étrangères des trois pays sahéliens se sont réunis dimanche à Ouagadougou pour coordonner leur sortie de la Cédéao. L’Alliance des États du Sahel (AES) entend négocier collectivement les modalités de ce retrait.

Abdoulaye Diop, chef de la diplomatie malienne, a souligné l’importance d’une séparation ordonnée. « Les discussions doivent tenir compte de l’existence de l’AES en tant qu’acteur uni », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’une « coexistence pacifique » avec la Cédéao.

Les trois États se disent prêts au dialogue pour répondre aux « préoccupations des populations et de leurs États ». Malgré leur retrait, ils réaffirment leur attachement à l’idéal panafricain et leur volonté de maintenir des liens de solidarité avec les peuples ouest-africains.

Le ministre malien a reconnu les défis actuels auxquels font face les pays de l’AES, tout en saluant la résilience de leurs populations qui « restent debout » face aux adversités.
Cette réunion marque une étape décisive dans la restructuration des relations régionales en Afrique de l’Ouest, l’AES s’imposant comme un nouvel acteur dans le paysage diplomatique.

Mpo

Sahel : Les pays de l’AES créent une force militaire unifiée de 5 000 soldats

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger franchissent une nouvelle étape dans leur collaboration militaire. Le ministre nigérien de la Défense, le général Salifou Mody, a annoncé mardi 21 janvier la création d’une « force unifiée » de 5 000 soldats, marquant un tournant décisif pour l’Alliance des États du Sahel (AES).

Une force militaire entièrement intégrée

Cette force représente bien plus qu’un simple regroupement de troupes. Elle disposera de ses propres moyens :

  • Personnel militaire
  • Capacités aériennes
  • Moyens terrestres
  • Systèmes de renseignement
  • Mécanismes de coordination

« Dans cet espace commun, nos forces pourront désormais intervenir ensemble », a souligné le général Mody, qui prévoit le début des opérations dans les semaines à venir.

Une réponse aux menaces terroristes

Cette initiative vise principalement à contrer l’expansion des groupes jihadistes dans la région. Les récentes attaques, comme celle du 11 janvier contre des militaires burkinabè revendiquée par l’État islamique au Grand Sahara (EIGS), illustrent l’urgence sécuritaire.

« Nous sommes dans un même espace, nous faisons face aux mêmes types de menaces », a expliqué le ministre, qualifiant ce projet de « nouveau, original et sécurisant » pour l’ensemble des populations sahéliennes.

Les pays de l’AES avaient déjà mené des opérations conjointes, notamment dans la zone des trois frontières particulièrement exposée aux attaques terroristes. Cette force unifiée représente désormais une réponse structurelle et coordonnée aux défis sécuritaires de la région.

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Lutte contre l’exploitation minière illégale au Mali : défis et perspectives

Selon SWISSAID, l’exploitation minière artisanale et à petite échelle illégale au Mali a produit plus de 300 tonnes d’or entre 2012 et 2022, causant des pertes financières, de l’insécurité et des dégâts environnementaux. Le gouvernement malien a annoncé une lutte contre ces exploitations illégales, avec des mesures de répression et de sensibilisation. Jusqu’à présent, 61 sites ont été démantelés et de nombreux équipements saisis.

L’exploitation minière illégale alimente également les réseaux de trafics et les groupes extrémistes violents, qui profitent de ce commerce illicite. D’autres pays du Sahel, comme le Burkina Faso, la Mauritanie et le Niger, sont également touchés. En Côte d’Ivoire et au Ghana, l’exploitation minière illégale affecte la filière cacao.

Le Mali a principalement misé sur la répression, mais l’expérience d’autres pays montre que cela ne suffit pas. Le Ghana, par exemple, a mis en place une politique de formalisation des mineurs illégaux et un programme d’insertion à l’emploi. La CEDEAO recommande une coordination institutionnelle et un partage d’informations entre les États ouest-africains pour lutter efficacement contre ce phénomène.

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Le Togo envisage une possible adhésion à l’Alliance des États du Sahel

Le Togo envisage une possible adhésion à l’Alliance des États du Sahel

Le ministre des Affaires étrangères togolais, Robert Dussey, a évoqué jeudi 16 janvier sur Voxafrica la possibilité pour son pays de rejoindre l’Alliance des États du Sahel (AES). Une décision qui, selon lui, relève ultimement du président de la République, tout en soulignant le soutien populaire probable à une telle initiative.

Un enjeu stratégique majeur

Cette potentielle adhésion revêt une importance stratégique particulière pour l’AES, qui regroupe actuellement le Mali, le Niger et le Burkina Faso. En effet, le Togo, avec son accès à l’océan Atlantique et son port de Lomé, pourrait offrir une ouverture maritime cruciale à ces pays enclavés du Sahel.

Ce positionnement intervient dans un contexte régional en pleine mutation. Les trois membres actuels de l’AES, dirigés par des gouvernements militaires, ont annoncé leur retrait de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) effectif au 29 janvier 2024, accusant l’organisation d’être sous influence française.

Le Togo, médiateur régional

Le président togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, s’est progressivement imposé comme un médiateur clé dans les crises ouest-africaines, notamment au Niger, au Mali et dans les tensions entre la Côte d’Ivoire et le Mali.

Dans son intervention, le ministre Dussey a également exprimé son soutien au président malien Assimi Goïta, qu’il considère comme « une chance pour le Mali », tout en critiquant l’instrumentalisation de l’Afrique par les grandes puissances.

Cette possible adhésion du Togo à l’AES pourrait marquer un nouveau tournant dans la reconfiguration géopolitique en cours en Afrique de l’Ouest, alors que les pays membres de l’Alliance développent de nouveaux partenariats, notamment avec la Russie.

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Les pays du Sahel redéfinissent leurs relations avec les sociétés minières étrangères

Une nouvelle ère s’ouvre dans le secteur minier en Afrique de l’Ouest. Le Mali, le Burkina Faso et le Niger, trois pays dirigés par des gouvernements de transition militaires, engagent une profonde révision de leurs codes miniers. L’objectif : rééquilibrer le partage des revenus entre leurs États et les compagnies minières étrangères.

Ce changement de paradigme se manifeste par des actions concrètes et parfois radicales : suspensions temporaires d’activités, saisies de stocks de minerais, et dans certains cas, restrictions imposées aux cadres expatriés. Ces mesures créent un climat d’incertitude pour les sociétés minières internationales opérant dans la région.

Les gouvernements de Bamako, Ouagadougou et Niamey affirment leur volonté de reprendre le contrôle de leurs ressources naturelles, considérées comme stratégiques pour leur développement économique. Cette démarche s’inscrit dans un mouvement plus large de revendication de souveraineté nationale sur les richesses du sous-sol.

Face à cette situation, les entreprises minières se trouvent confrontées à un dilemme : s’adapter aux nouvelles exigences des États sahéliens ou risquer de perdre leur accès à des gisements souvent très rentables. Ce bras de fer entre États et multinationales pourrait redéfinir durablement les relations économiques dans le secteur minier ouest-africain.

Cet enjeu dépasse le simple cadre des relations commerciales et pose la question fondamentale du partage équitable des ressources naturelles entre pays producteurs et investisseurs étrangers.

Assimi

La CEDEAO officialise la fin de son depart au 29 janvier 2025

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) met fin à l’appartenance du Mali à l’organisation régionale. À compter du 29 janvier 2025, la République du Mali ne fera plus partie de cette institution, une décision prise lors de la 66ᵉ session de la CEDEAO tenue à Abuja, au Nigeria, le 15 décembre 2024.

Un communiqué officiel, adressé au ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale malien, précise que le retrait du Mali s’inscrit dans les dispositions de l’article 91 du traité révisé de l’organisation. Ce texte encadre les conditions de sortie d’un État membre.

Dans son communiqué, la CEDEAO souligne que la Conférence des chefs d’État et de gouvernement a donné mandat au président de la Commission, Oumar Alieu Touray, pour engager les formalités nécessaires à cette séparation historique. Une réunion technique entre les représentants de la CEDEAO et les autorités maliennes sera organisée pour encadrer les aspects pratiques de cette transition.

Selon les termes du document signé par le président de la Commission, les discussions concerneront des questions administratives et institutionnelles liées à la sortie officielle du Mali. La date exacte de cette rencontre doit encore être fixée.

Le retrait du Mali s’inscrit dans une dynamique plus large. Aux côtés du Burkina Faso et du Niger, le pays a annoncé en 2024 la création de « l’Alliance des États du Sahel (AES) » , un nouveau regroupement sous-régional visant à promouvoir une vision alternative à celle portée par la CEDEAO. Ce trio de pays affiche un discours de rupture avec les valeurs et orientations stratégiques de l’organisation ouest-africaine.

Un tournant pour la CEDEAO et l’Afrique de l’Ouest

La sortie du Mali soulève de nombreuses interrogations quant à l’avenir de la coopération régionale en Afrique de l’Ouest. La CEDEAO, créée pour renforcer l’intégration économique et politique de ses membres, se retrouve face à des défis inédits liés aux divergences internes et à l’émergence de nouvelles alliances régionales.

Pour le Mali, ce départ marque un repositionnement stratégique. À travers l’AES, le pays ambitionne de promouvoir une coopération centrée sur les enjeux spécifiques du Sahel, notamment la sécurité, le développement et la souveraineté régionale.

 

L’officialisation du retrait du Mali le 29 janvier 2025 constitue ainsi une étape décisive dans la recomposition des équilibres géopolitiques de la région. Reste à voir si ce nouvel ordre contribuera à apaiser les tensions ou à exacerber les divisions.

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Le Sénégal mise sur sa stabilité, l’organisation efficace et la bonne gouvernance de l’industrie minière

Pilier du Plan Sénégal Émergent (PSE), le secteur minier représente près de 84,6 % de l’industrie extractive, selon l’ITIE. Par son nouveau code minier, le pays tente à la fois d’attirer les investisseurs, de satisfaire les revendications des communautés locales et de générer plus de valeur de l’exploitation de ses minerais. Un exercice périlleux décortiqué par Rokhaya Samba Diène, directrice générale de la Prospection et de la promotion minière du Sénégal (DPPM).

Quels selon les changements majeurs institués par le nouveau code minier du Sénégal, la loi 2016-32 adoptée il y a trois ans ?

Rokhaya Samba Diène – Parmi les innovations majeures de cette législation, nous pouvons citer la réduction de la durée de validité du permis de recherche. [Elle est fixée à 4 ans renouvelables deux fois au maximum à 3 ans pour chaque renouvellement, soit 10 ans au total, contre 12 ans dans la loi de 2003]. C’est un avantage pour le pays sachant qu’il permet de réduire le gel des permis. Auparavant, des entreprises avaient l’habitude de conserver les permis sans les exploiter à titres spéculatifs, la réduction de la durée vise à empêcher ces pratiques. Le Sénégal a aussi institué dans son nouveau code le fonds d’appui au secteur minier tiré du reversement par l’État d’un montant issu de l’exploitation pour la recherche et le développement. Le fonds devrait permettre à l’administration minière sénégalaise de procéder à des recherches pour mieux évaluer et cartographier les ressources minières disponibles. Une meilleure connaissance des ressources minières permettra à l’État sénégalais de renégocier éventuellement ses contrats et de définir des zones promotionnelles à mettre à la disposition des sociétés minières et au moment des accords de réclamer un partage de production sur ces sites. Auparavant, ce type de procédés était surtout appliqué au secteur pétrolier.

Le Sénégal a été positivement apprécié par l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE). Concrètement, quelles sont les dispositions prises par le pays pour créer de la valeur sur les produits d’exportation miniers ?

L’État sénégalais a essayé de réguler les redevances, en fonction du degré de transformation faite sur place, une réduction est appliquée sur la redevance de l’entreprise minière. Lorsque le minerai de fer subit par exemple une transformation au niveau local, l’État révise à la baisse la redevance appliquée. Ce sont les politiques incitatives de la nouvelle loi minière 2016-32 dont la mise en œuvre devrait s’achever d’ici une à deux années. Nous allons ensuite procéder à une évaluation de son efficacité. L’ambition du Sénégal est de créer de la valeur ajoutée sur les produits issus de l’exploitation minière. Nous voulons créer les conditions nécessaires pour la transformation locale des minerais avant l’exportation.

Dans la loi 2016-32, le Sénégal octroie un quota de la production minière aux acteurs de la bijouterie locale qui a avaient rejeté la proposition à cause de la TVA appliquée. Comment les négociations ont-elles évoluées ?

L’État avait décidé qu’une partie de l’or produit par les entreprises minières devait revenir aux acteurs de la bijouterie locale. Mais les bijoutiers ont refusé de s’acquitter de la TVA et nous sommes dans l’impasse sur ce dossier. Aujourd’hui, le Sénégal a néanmoins mis en place les comptoirs d’achats de minerais. Des entreprises ou personnes viennent s’implanter pour vendre de l’or et des substances précieuses. Leurs activités sont strictement régies par des cahiers de charges. C’est dire que les exploitants ont l’obligation de venir à ce comptoir pour vendre leurs produits et les acheteurs sont tenus acquérir l’or sur place.

De combien de comptoirs d’or le Sénégal dispose-t-il aujourd’hui ?

Actuellement, nous avons un comptoir autorisé, après l’examen de 6 à 7 demandes. Mais les artisans bijoutiers se plaignent de la longue distance à parcourir pour atteindre Kédougou [740 km de Dakar, ndlr ] la zone d’exploitation aurifère. Ils évoquent  aussi des problèmes de sécurité au cours du transport du minerai. Nous nous étudions donc  la possibilité de rapprocher les comptoirs d’or des grands centres urbains. Nous essayons aussi de voir ce qui se fait dans la sous-région africaine à ce niveau. Le ministère échange avec d’autres entités de la sous-région pour partage son expérience et étudier les modèles existants afin d’adapter au niveau local des modèles qui marchent ailleurs, si nécessaire.

Kédougou, principale région aurifère du Sénégal, a été le théâtre de troubles, de tensions entre les autorités et les communautés locales. Comment l’État sénégalais a-t-il procédé pour calmer ou satisfaire les revendications ?

Dans toutes les zones d’activités minières, nous avons le programme social minier qui est une forme de RSE que l’État avait développé en collaboration avec les sociétés minières, les communautés, les administrations concernées. Il a nécessité le recueil de l’avis des communautés locales quant à leurs besoins prioritaires. Par la suite, nous avons développé notamment des activités génératrices de revenus pour les femmes, installé des moulins, et développé des infrastructures sociales de base et offert des bourses. Un plan quinquennal financé par les entreprises minières qui a bien marché. D’ailleurs quand l’exploitation du Zircon a commencé à Diogo [région de Thiès, à 70 km de Dakar, ndlr], ils se sont inspirés de ce plan social minier. L’État dans son code minier a aussi institué le fonds de péréquation et d’appui aux collectivités locales équivalant à 20% des redevances qui vont dans les budgets des collectivités sous forme d’équipements. La loi de 2016 stipule également que 0,5% du chiffre des sociétés ira à la collectivité directement impactée.

D’autres pays de la sous-région comme le Niger ont pris des dispositions similaires dans leurs codes miniers. Mais dans la réalité, les communautés locales peinent à bénéficier de ces montants. Qu’en est-il du Sénégal ?

Les redevances sont reversées au ministère des Finances. L’arrêté est pris pour instituer le montant et c’est au ministère des Finances de faire le reversement. Nous avions rencontré des problèmes dans la répartition du fonds de péréquation qui doit être réparti au prorata des populations. Au niveau du département, nous réfléchissons sur une révision de ce décret. Selon le texte actuel, une communauté directement impactée peut être faiblement dédommagée, car compensée au même titre que le reste des populations. Cela a été institué par la loi de 2003.  Le fonds de péréquation est destiné à l’équipement des collectivités, mais il ne s’agit pas des sommes d’argent à distribuer. Pour le cas de la région aurifère de Kédougou, le dernier rapport ITIE a d’ailleurs détaillé les sommes distribuées en matière d’appuis sociaux.

Le Plan Sénégal Émergent (PSE) a consacré une bonne partie de ses projets aux industries extractives. Quelle est la stratégie mise en place par le pays pour attirer les investisseurs de l’industrie minière ?

Le Sénégal a déjà l’avantage d’être un pays stable. Ensuite, nous avons mis en place trois nouvelles Directions, notamment la Direction des mines et de géologie chargée de l’instruction des dossiers et de la délivrance des titres miniers. Puis la Direction du contrôle et de surveillance des opérations minières s’occupe du suivi et du contrôle de terrain et nous avons une Direction de la prospection et de la promotion minière qui représente le pays dans des événements promotionnels et fait valoir les atouts de la destination. Nous travaillons sur les outils de promotions et organisons un salon international des mines tous les deux ans qui attire un public considérable. La prochaine édition est attendue en 2020 et nous assistons à des salons internationaux et de la sous-région notamment en Mauritanie, au Mali, en Guinée, au Burkina Faso où nous faisons la promotion du secteur. Le Sénégal a aussi mis en place un cadastre minier pour délimiter et consigner les différents titres miniers qui entre dans le cadre de la bonne gouvernance de ce secteur. Globalement, le Sénégal mise sur la stabilité, l’organisation efficace et la bonne gouvernance de l’industrie minière.

Maimouna Dia

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Coups d’État, pandémie et guerre en Ukraine : quels impacts sur la gouvernance en Afrique  ?

Le 25 janvier dernier, la Fondation éponyme du tycoon soudano-britannique Mo Ibrahim révélait l’indice de la gouvernance africaine 2022 (IIAG). Le continent enregistre un recul démocratique, sur fond de défis sécuritaires, d’insécurité alimentaire et de crispations énergétiques. Les crises successives menacent dix ans de progrès en matière de gouvernance africaine.

« L’IIAG 2022 souligne que la gouvernance africaine a stagné depuis 2019. Si nous ne remédions pas rapidement à cette tendance inquiétante, les années de progrès dont nous avons été témoins pourraient être perdues, et l’Afrique ne sera pas en mesure d’atteindre en temps voulu les Objectifs de développement durable (des Nations unies) ou ceux de l’Agenda 2063 (de l’Union africaine). Notre continent est exposé de manière unique aux conséquences convergentes du changement climatique, plus récemment de la Covid-19, et maintenant de l’impact indirect de la guerre Russie-Ukraine », déclarait Nathalie Delapalme, directrice exécutive de la fondation Mo Ibrahim en conférence de presse, le 24 janvier dernier.

En substance, la gouvernance africaine s’est améliorée au cours de la décennie (2012-2021). Cependant, il n’y a eu aucun progrès notable en matière de gouvernance globale depuis 2019. Au Burkina Faso, en Eswatini, en Guinée, en Guinée Bissau, au Libéria, à Madagascar, en Namibie et au Rwanda, les progrès de gouvernance ont même été interrompus à partir de la pandémie de Covid-19. L’île Maurice campe la première place des pays africains dotés de la meilleure gouvernance selon l’IIAG, en dépit d’un faible recul l’an dernier (-2,2 points), devant les Seychelles, la Tunisie, le Cap-Vert et le Botswana. Le Soudan du Sud occupe le bas du classement devant la Somalie, l’Érythrée, la Somalie, la Guinée équatoriale et la République centrafricaine.

Des coups d’État qui impactent les progrès enregistrés

La progression de l’insécurité sur le continent qui concerne 70 % de la population africaine menace les progrès enregistrés sur la dernière décennie. Entre 2012 et 2022, il y a eu 29 coups d’État à travers le monde (tentés ou réussis), dont 23 en Afrique, en particulier dans la région du Sahel. En 2012, le président Amadou Toumani Touré dit « ATT », était évincé du pouvoir suite à un putsch militaire. En mai 2012, un contrecoup d’État échouait au Mali.

En août 2018, Ibrahim Boubacar Keïta (IBK) était réélu avant d’être finalement renversé en août 2020 à la suite d’un coup d’État militaire. En 2021, le président Bah NDaw est renversé à son tour et Assimi Goïta devient le Président du Mali par intérim. « L’intégrité des élections et le pluralisme politique ont reculé au Mali en dix ans -qui a connu- trois coups d’État et deux élections depuis 2012 », souligne le rapport Mo Ibrahim.

Au Burkina Faso aussi, la sécurité et la sûreté se sont singulièrement détériorées pendant la dernière décennie. Depuis le départ de Blaise Compaoré en 2014 (qui quitta le pouvoir à l’issue de soulèvements populaires), le pays des Hommes intègres a lui aussi, été traversé par plusieurs coups d’État. En 2015, un coup d’État est suivi d’un contre coup d’État. Fin 2015, ont Roch Marc Christian Kaboré devient le président du Faso. Réélu en novembre 2020, il sera renversé par Paul-Henri Sandaogo Damiba en 2022, lui-même évincé et remplacé par le capitaine Ibrahim Traoré quelques mois plus tard.

Depuis l’apparition de la pandémie de Covid-19 (2019-2022), le continent africain a été traversé par treize coups d’État, dont huit réussis. En Afrique de l’Est, les deux coups d’état survenus au Soudan ont alimenté l’instabilité politique et renforcé les tensions entre civils et militaires. « Cette situation d’attentats terroristes et de coups d’État par l’armée, compromet la paix, la sécurité et la stabilité de la sous-région », déclare Aïcha Bah Diallo, l’ancienne ministre de l’Éducation nationale de Guinée et membre du Comité du Prix MIF (Mo Ibrahim Foundation).

Quelle gouvernance après 20 ans de pouvoir ?

A ce jour, trois des cinq pays africains les moins bien notés en matière de responsabilité et de transparence sont dirigés par des Chefs d’Etat au pouvoir depuis plus de 20 ans. 
« Les pays qui ont destitué leurs dirigeants de longue date ont montré une amélioration en matière de transparence et de responsabilité, y compris l’Angola, la Gambie et Zimbabwe », indique le rapport de la fondation Mo Ibrahim 2022.

Le Zimbabwe a enregistré une progression de +5,7 points, suite au renversement du président Robert Mugabe (2017) qui avait passé près de 40 ans au pouvoir. L’Angola a progressé de +5,3, suite au départ de l’ancien président Eduardo dos Santos après 39 ans au pouvoir, et la Gambie de 5 points après le départ de Yahya Jammeh qui avait présidé le pays pendant 21 ans. La Guinée équatoriale dirigée par Teodoro Obiang Nguema Mbasogo depuis 44 ans, obtient le deuxième score le plus bas en termes de transparence et de responsabilité. Alors qu’elle bénéficie du 4e PIB africain le plus élevé par habitant, elle ne se classe que 4e en bas du classement, en matière de gouvernance globale, par l’IIAG 2022.

Enfin, l’indice de la gouvernance africaine 2022 (IIAG) indique que la pandémie de Covid-19 a accéléré les perturbations dans les pratiques démocratiques en Afrique, car elle fut maintes fois utilisée pour « justifier des violations de normes démocratiques tandis que les tendances antidémocratiques préexistantes se sont accélérées par l’introduction de mesures excessives ou en maintenant des dispositions d’urgence ».

Insécurité alimentaire et circonvolutions géopolitiques

Quelque 20,2 % de la population africaine était sous-alimentée en 2021, soit une augmentation de 3,8 % par rapport à 2017. Selon les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la prévalence de l’insécurité alimentaire modérée ou sévère sur le continent s’élevait à 57,9 % en 2021, contre 44,4 % en 2014. L’année dernière, l’indicateur IIAG Sécurité alimentaire enregistrait son score le plus bas depuis 2012. La sécurité alimentaire a décliné dans 32 pays depuis 2012, et ce, à un rythme accéléré depuis 2017, dans une vingtaine de pays africains.

En dépit d’un tableau assez sombre, plusieurs indicateurs reflètent néanmoins des avancées significatives sur le continent. Ainsi, 43 pays africains sur 54 ont vu leur situation économique globalement s’améliorer depuis 10 ans. C’est notamment le cas pour les économies ivoirienne, angolaise, gambienne ou ghanéenne. Par ailleurs, la quasi-intégralité des pays africains a enregistré des progrès significatifs en matière d’accès à la santé et à l’éducation. Pour Nathalie Delapalme, directrice exécutive de la fondation Mo Ibrahim, « le renforcement de la gouvernance est indispensable » pour répondre aux défis exogènes liés au climat, à la pandémie de Covid-19 ou à la guerre en Ukraine, que rencontrent l’Afrique.

Marie-France Réveillard

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Le Sénégal va lancer la construction d’une usine d’engrais pour un montant de 985 millions de $ basé à Ndayane dans la région de Thiès

Au Sénégal, le niveau d’utilisation des engrais est encore faible par rapport à la moyenne africaine. Alors que le pays dépend principalement des importations pour ses besoins de l’intrant, les efforts publics sont orientés vers le développement d’une industrie locale.

La Société des pétroles du Sénégal (Petrosen) a signé le 19 février, une convention de partenariat avec le Bureau opérationnel de suivi du Plan Sénégal émergent (BOS/PSE) portant sur la construction d’une usine d’engrais.

D’un coût total de 600 milliards Fcfa (985 millions $) cofinancé par le gouvernement et des partenaires privés, cette nouvelle usine sera installée sur un site basé à Ndayane dans la région de Thiès.

Selon les informations relayées par l’Agence de presse sénégalaise (h), elle sera équipée pour produire 1,2 million de tonnes d’engrais par an pour la satisfaction des besoins du marché local ainsi que l’exportation. Ce nouveau projet est prévu pour entrer dans sa phase de production entre 2028 et 2029.

« L’usine va surtout fabriquer de l’urée, un engrais entièrement importé au Sénégal et important pour l’amélioration des rendements agricoles. Nous prévoyons également d’exporter notre excédent de production vers plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, dont le Mali, le Burkina Faso, la Guinée et la Gambie. Une fois opérationnelle, l’usine devrait également permettre de générer des revenus commerciaux nets évalués à plus de 175 milliards Fcfa (287 millions $) par an », a déclaré Fary Ndao, responsable du projet pétrochimie chez Petrosen.

Au Sénégal, la consommation apparente en engrais a été estimée à 204 000 tonnes en 2020 par le Centre international de développement des engrais (IFDC). 

Selon les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD), la valeur des importations a plus que triplé à 89 milliards Fcfa (146 millions $) en 2022 alors que le volume s’est inscrit en hausse de 81 % à 159 000 tonnes.

Agence Ecofin