Assimi Goïta

Crise énergétique au Mali : Assimi Goïta mise sur le Ghana pour mettre fin aux délestages

La crise énergétique au Mali atteint un niveau critique, mettant à rude épreuve les ménages, les entreprises et les services publics. Face à cette situation préoccupante, le président de la transition, Assimi Goïta, multiplie les initiatives pour stabiliser l’approvisionnement en électricité. Parmi les solutions envisagées, un partenariat stratégique avec le Ghana pourrait permettre de réduire la dépendance énergétique du pays et mettre fin aux délestages récurrents.

Une crise énergétique persistante

Depuis plusieurs années, le Mali est confronté à de graves difficultés en matière d’approvisionnement énergétique. La société Énergie du Mali (EDM-SA), chargée de la production et de la distribution de l’électricité, peine à répondre à la demande croissante, en raison de :

  • Insuffisance de la production locale, aggravée par le vieillissement des infrastructures énergétiques.
  • Forte dépendance aux importations, notamment de la Côte d’Ivoire, dont les relations diplomatiques avec le Mali ont été mises à rude épreuve.
  • Problèmes financiers d’EDM-SA, limitant les investissements dans de nouvelles infrastructures et la maintenance du réseau existant.

Les conséquences sont lourdes pour la population : des coupures de courant prolongées, des entreprises paralysées, et un ralentissement des activités économiques et industrielles.

Les actions engagées par les autorités maliennes

Face à cette situation, le gouvernement malien a mis en place plusieurs mesures visant à réduire la dépendance énergétique et renforcer les capacités nationales :

  • Construction de centrales solaires à Sanankoroba, Safo et Tiakadougou-Dialakoro pour diversifier les sources d’énergie et réduire la consommation de combustibles fossiles.
  • Acquisition de groupes électrogènes : Un premier lot de 15 groupes électrogènes a été remis à EDM-SA, avec un second lot de 10 unités en cours d’acheminement, pour renforcer la production d’électricité.
  • Déblocage d’un fonds de 6 milliards de FCFA pour financer l’achat de carburant destiné aux centrales thermiques, assurant une alimentation plus stable du réseau.
  • Cependant, ces initiatives restent insuffisantes pour répondre durablement aux besoins énergétiques du pays.

Un partenariat stratégique avec le Ghana

Dans un contexte où la dépendance énergétique du Mali à la Côte d’Ivoire devient un enjeu géopolitique, les autorités maliennes se tournent désormais vers un partenariat avec le Ghana. Accra dispose d’une capacité de production plus stable et pourrait fournir une partie de son surplus énergétique au Mali.

Cette coopération pourrait permettre :

  •  Une diversification des sources d’approvisionnement en électricité.
  • Une réduction de la dépendance vis-à-vis des fournisseurs historiques, limitant ainsi les risques liés aux tensions diplomatiques.
  • Une amélioration de la stabilité du réseau électrique malien en renforçant la sécurité énergétique du pays.

Ce rapprochement énergétique s’inscrit dans une dynamique régionale, où les pays du Sahel cherchent à renforcer leur indépendance et leur souveraineté dans des secteurs stratégiques.

Défis et perspectives

Si cette initiative est prometteuse, plusieurs défis restent à surmonter pour garantir une résolution durable de la crise énergétique au Mali :

  • Mobilisation des investissements nécessaires pour moderniser les infrastructures de transport et de distribution d’électricité.
  • Fiabilité et mise en œuvre du partenariat avec le Ghana, qui doit être structuré sur des bases solides et pérennes.
  • Développement des énergies renouvelables pour réduire la dépendance aux combustibles fossiles et garantir un approvisionnement durable.

Le succès de cette stratégie dépendra de la capacité des autorités maliennes à mener des réformes énergétiques efficaces et à renforcer les coopérations régionales pour assurer une meilleure résilience du secteur.

Le Mali se trouve à un tournant crucial dans la gestion de sa crise énergétique. L’engagement du président Assimi Goïta dans la recherche de solutions durables, notamment à travers un partenariat avec le Ghana, pourrait marquer une étape décisive vers la stabilisation du réseau électrique national. Toutefois, la réussite de cette démarche nécessitera des investissements conséquents et une gestion optimisée des ressources énergétiques du pays.

Mpo

La crise sécuritaire dans les pays de l’AES : une menace pour l’équilibre du Sahel

La situation sécuritaire au Sahel continue de se détériorer, particulièrement dans les pays membres de l’Alliance des États du Sahel (AES) – le Mali, le Burkina Faso et le Niger. Confrontés à une montée en puissance des groupes djihadistes, ces États doivent faire face à une crise qui menace non seulement leur stabilité, mais aussi celle de toute la région.

Une insécurité grandissante

Depuis plusieurs années, les groupes terroristes comme le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (GSIM) et l’État Islamique au Sahel (EIS) multiplient les attaques contre les forces armées et les populations civiles. Embuscades, attentats à la bombe, enlèvements et massacres sont devenus monnaie courante, mettant à rude épreuve les efforts sécuritaires des gouvernements concernés.

Rien qu’en janvier et février 2025, plusieurs attaques de grande ampleur ont été recensées, ciblant aussi bien des camps militaires que des villages entiers. Les conséquences sont dramatiques : des milliers de personnes déplacées, des infrastructures détruites et une économie locale paralysée.

Des armées locales dépassées

Malgré des opérations militaires menées par les forces de l’AES, les armées nationales peinent à contenir la menace. Manque de moyens, insuffisance de coordination et désertions fragilisent les dispositifs de défense. Le retrait des forces internationales, notamment françaises et onusiennes, a accentué cette vulnérabilité, laissant un vide sécuritaire exploité par les groupes terroristes.

Face à cette situation, les autorités de l’AES prônent une stratégie d’autonomie militaire, axée sur le renforcement des capacités nationales et la coopération entre les trois pays. Toutefois, l’efficacité de cette approche reste à prouver dans un contexte où les groupes armés gagnent du terrain.

Les populations en première ligne

Si les forces armées sont en difficulté, ce sont surtout les populations civiles qui paient le prix fort. Les attaques visent souvent des villages, forçant des milliers de familles à fuir leurs terres. Les écoles et les centres de santé sont détruits, aggravant une crise humanitaire déjà alarmante.

Les organisations humanitaires peinent à intervenir dans certaines zones en raison de l’insécurité, rendant l’accès aux soins et à l’aide alimentaire de plus en plus difficile. Le Sahel est ainsi confronté à une double crise : sécuritaire et humanitaire.

Un avenir incertain pour le Sahel

Face à cette montée de l’insécurité, plusieurs questions restent en suspens. L’Alliance des États du Sahel sera-t-elle en mesure de restaurer l’ordre et de sécuriser durablement ses territoires ? La coopération régionale et internationale suffira-t-elle à enrayer la progression des groupes armés ?

Si des initiatives comme le renforcement des armées locales et la mise en place de nouvelles stratégies de lutte contre le terrorisme sont en cours, la stabilité du Sahel dépendra avant tout de la capacité des gouvernements à répondre aux défis socio-économiques et sécuritaires qui alimentent ces conflits.

L’urgence est donc d’adopter une approche globale combinant sécurité, développement et gouvernance pour espérer endiguer cette crise qui menace l’équilibre de toute la région.

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Barrick Gold au Mali : Entre croissance des réserves et tensions politiques, l’avenir incertain de Loulo-Gounkoto

Barrick Gold, géant minier canadien, renforce sa présence en Afrique avec cinq mines d’or clés, dont le complexe malien Loulo-Gounkoto, au cœur d’un litige croissant avec les autorités de Bamako. Alors que la production africaine de Barrick a atteint 1,5 million d’onces en 2023, dont 36 % provenaient de Loulo-Gounkoto, les réserves du groupe dans la région Afrique et Moyen-Orient ont continué de croître, passant de 17,69 millions d’onces en 2022 à 19 millions en 2024 11. Cette augmentation repose en grande partie sur l’extension des gisements à haute teneur de Yalea, un puits souterrain du complexe malien, dont les réserves sont passées de 6,7 à 7,3 millions d’onces entre 2022 et 2024, avec une teneur en or améliorée à 4 g/t 11.

Un actif stratégique sous pression politique

Le Mali, qui abrite plus d’un tiers des réserves africaines de Barrick, est désormais le théâtre d’un bras de fer entre le gouvernement et la multinationale. Depuis 2023, Bamako exige une révision des termes du partenariat, réclamant une augmentation de sa participation dans Loulo-Gounkoto de 20 % à 30 %, conformément au nouveau code minier adopté en 2023 11. Le ministre malien des Finances, Alousséni Sanou, a menacé de ne pas renouveler le permis d’exploitation de la mine, qui expire en 2026, si Barrick refuse d’appliquer ces modifications 11.

Cette tension s’est exacerbée en janvier 2025 lorsque les autorités maliennes ont saisi près de 3 tonnes d’or (évaluées à 245 millions de dollars) sur le site de Loulo-Gounkoto, invoquant des arriérés fiscaux présumés de 5,5 milliards de dollars – un montant faramineux que Barrick conteste vigoureusement 814. En réponse, la société a suspendu ses opérations dans le pays, une décision qui pourrait réduire ses bénéfices de 11 % en 2025 selon les analystes.

Négociations tendues et enjeux régionaux

Les pourparlers, repris fin janvier 2025 après des semaines de blocage, visent à résoudre ce conflit qui s’inscrit dans une tendance régionale : les gouvernements ouest-africains, notamment au Mali, au Burkina Faso et au Niger, renégocient activement les contrats miniers pour accroître leurs revenus, profitant des prix élevés de l’or 8. Barrick, qui nie toute dette fiscale, affirme avoir versé 85 millions de dollars en octobre 2024 dans le cadre des négociations et plaide pour un règlement amiable.

Cyril Mutombo, directeur pays de Barrick en RDC, présent à Mining Indaba 2025, a réaffirmé les efforts de la compagnie pour « progresser vers une résolution » tout en soulignant l’importance de la paix pour les investissements miniers 11. Mark Bristow, PDG de Barrick, a rappelé que le groupe collabore avec le Mali depuis 30 ans et que les différends passés ont toujours été résolus par le dialogue 4.

Implications économiques et perspectives d’avenir

La situation reste fragile. L’application du nouveau code minier malien réduirait la participation de Barrick dans Loulo-Gounkoto à 75 %, avec 5 % supplémentaires réservés aux investisseurs locaux 11. Cette restructuration pourrait affecter les réserves déclarées par la société, actuellement calculées sur une base de 80 % de participation 11. Par ailleurs, la suspension des exportations d’or depuis novembre 2024 et l’insécurité persistante dans l’Est du pays ajoutent une pression supplémentaire sur les opérations.

Malgré ces défis, Loulo-Gounkoto reste un pilier de l’économie malienne, ayant contribué à hauteur de 278 milliards de FCFA (433 millions de dollars) à l’État en 2023. Sa fermeture prolongée menacerait non seulement les finances publiques, mais aussi des milliers d’emplois locaux.

Un équilibre à trouver entre souveraineté et partenariat

Alors que Barrick mise sur l’automatisation et les énergies vertes pour moderniser Kibali (RDC), son avenir au Mali dépendra de sa capacité à concilier les exigences de Bamako avec la viabilité de ses investissements. La résolution de ce conflit sera un test clé pour les relations entre les multinationales minières et les États africains, dans un contexte où la quête de souveraineté économique s’intensifie. Comme l’a déclaré Mark Bristow, « c’est dans la paix que nous partageons les richesses » – un mantra qui devra guider les deux parties pour éviter un effritement mutuellement dommageable 11.

TotalEnergies cède ses activités au Mali

TotalEnergies cède ses activités au Mali : Une nouvelle ère pour le secteur énergétique

Le marché énergétique malien connaît un tournant majeur avec le retrait de TotalEnergies, acteur historique du secteur, et la reprise de ses activités par Coly Energy Mali. Cette acquisition, finalisée en janvier 2025, marque une transition significative, tant pour l’industrie pétrolière du pays que pour les nouvelles ambitions de Bénin Petro SA, société mère de Coly Energy Mali.

Une opération stratégique pour Bénin Petro

Bénin Petro SA, entreprise présente au Bénin, au Sénégal, en Côte d’Ivoire et au Nigeria, consolide ainsi sa présence en Afrique de l’Ouest. En partenariat avec sa société sœur basée en Suisse, Neutron, elle reprend l’ensemble des 80 stations-service de TotalEnergies, tout en garantissant la continuité des services de ravitaillement en carburant pour les secteurs minier et aéronautique.

L’un des points notables de cette acquisition est l’engagement de Bénin Petro à préserver les emplois existants. Plus de 1 100 employés de TotalEnergies au Mali seront conservés, assurant ainsi une transition en douceur et une stabilité pour le personnel ainsi que pour les consommateurs.

Un contexte économique et politique particulier

Si TotalEnergies n’a pas officiellement communiqué les raisons de son retrait après plus de vingt-cinq ans de présence au Mali, plusieurs éléments laissent penser que des tensions avec les autorités locales ont joué un rôle clé. Des observateurs évoquent des pressions fiscales accrues, ainsi que des grèves répétées du personnel, rendant l’environnement des affaires plus complexe pour la multinationale française.

Dans un contexte où le Mali cherche à renforcer sa souveraineté économique et énergétique, cette cession peut être perçue comme une opportunité pour un acteur régional de prendre le relais et d’adapter l’offre aux réalités locales.

Un nouveau souffle pour le marché de l’énergie au Mali

Avec cette transition, Bénin Petro ambitionne de moderniser et d’étendre ses services au Mali. L’entreprise pourrait introduire de nouveaux standards en matière de distribution et d’approvisionnement, en misant sur son expertise acquise dans d’autres marchés africains.

Les stations-service concernées par cette acquisition devraient être rebrandées sous une nouvelle enseigne d’ici 2025, marquant ainsi un changement visible pour les consommateurs maliens.

Le départ de TotalEnergies et l’arrivée de Coly Energy Mali sous l’égide de Bénin Petro SA représentent une transformation majeure pour le secteur énergétique malien. Si des défis subsistent, cette transition ouvre aussi des perspectives pour une meilleure intégration régionale et une dynamique de croissance portée par un acteur africain engagé dans le développement du continent.

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Relations CEDEAO-AES : Libre-échange maintenu, mais incertitudes sur les investissements

Fin 2024, l’Alliance des États du Sahel (AES) s’est engagée à préserver la libre circulation avec la CEDEAO. Après le retrait officiel du Burkina Faso, du Mali et du Niger en janvier 2025, la CEDEAO a annoncé le maintien d’une zone de libre-échange avec ces pays « jusqu’à nouvel ordre ». Les citoyens des trois États continueront de bénéficier de la libre circulation, et les biens et services profiteront toujours des avantages commerciaux de la CEDEAO.

Cependant, cette mesure est temporaire, et des discussions sont en cours pour définir les futures relations entre les deux blocs. Le retrait des trois pays soulève des questions sur les investissements, notamment leur participation au capital de la Banque d’investissement et de développement de la CEDEAO (BIDC). En réponse, l’AES prévoit de créer sa propre banque d’investissement pour financer ses projets.

Malgré les tensions, certains pays de la CEDEAO, comme le Ghana et le Bénin, cherchent à maintenir des liens de coopération avec l’AES. Les prochaines réunions ministérielles et sommets des chefs d’État seront déterminants pour l’avenir des relations économiques et politiques dans la région.

CAN 2025

CAN 2025 : Analyse complète du tirage au sort

Le tirage au sort de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025, qui se tiendra au Maroc, a livré ses verdicts ! Avec des groupes équilibrés et des duels explosifs dès la phase de poules, cette édition promet d’être passionnante. Décryptage de chaque groupe et des forces en présence.

Groupe A : Le Maroc en favori, attention au piège malien

Pays hôte et demi-finaliste du Mondial 2022, le Maroc sera l’équipe à battre dans ce groupe. Les Lions de l’Atlas évolueront devant leur public, un avantage de taille. Mais attention au Mali, une équipe en constante progression et dotée d’un effectif talentueux. La Zambie, championne surprise en 2012, voudra créer un nouvel exploit. Quant aux Comores, leur qualification pour la CAN 2021 avait déjà marqué les esprits : peuvent-ils récidiver ?

Groupe B : L’Égypte et l’Afrique du Sud, un duel prometteur

L’Égypte, recordman des sacres continentaux (7 titres), devra batailler face à une solide équipe d’Afrique du Sud, qui monte en puissance ces dernières années. L’Angola, habitué aux compétitions africaines, pourrait surprendre. Le Zimbabwe, quant à lui, tentera de jouer les trouble-fêtes.

Groupe C : Nigeria – Tunisie, un choc au sommet

Ce groupe propose l’un des duels les plus excitants de la phase de poules : le Nigeria et la Tunisie, deux habitués des phases finales, devraient se disputer la première place. Mais attention à l’Ouganda et la Tanzanie, qui progressent et chercheront à bousculer la hiérarchie.

Groupe D : Le Sénégal dans un groupe abordable

Finaliste malheureux de la CAN 2023 et champion d’Afrique en 2021, le Sénégal vise un retour au sommet. Les Lions de la Teranga devront se méfier de la RD Congo, équipe talentueuse mais irrégulière. Le Bénin, toujours difficile à manœuvrer, et le Botswana, outsider du groupe, complètent cette poule.

Groupe E : L’Algérie doit réagir

Après une CAN 2023 décevante, l’Algérie doit se racheter. Mais la tâche ne sera pas facile face à un Burkina Faso solide et souvent dangereux en compétition. La Guinée équatoriale, qui a déjà surpris par le passé, et le Soudan, qui cherchera à retrouver son lustre d’antan, tenteront de jouer les trouble-fêtes.

Groupe F : Côte d’Ivoire – Cameroun, le groupe de la mort ?

Tenante du titre, la Côte d’Ivoire a hérité d’un groupe compliqué. Le Cameroun, quintuple champion d’Afrique, sera un adversaire redoutable. Le Gabon, emmené par ses talents offensifs, peut surprendre. Quant au Mozambique, il cherchera à déjouer les pronostics.

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Retrait de la Cédéao : Le Mali, le Burkina et le Niger adoptent une stratégie commune

Les ministres des Affaires étrangères des trois pays sahéliens se sont réunis dimanche à Ouagadougou pour coordonner leur sortie de la Cédéao. L’Alliance des États du Sahel (AES) entend négocier collectivement les modalités de ce retrait.

Abdoulaye Diop, chef de la diplomatie malienne, a souligné l’importance d’une séparation ordonnée. « Les discussions doivent tenir compte de l’existence de l’AES en tant qu’acteur uni », a-t-il déclaré, insistant sur la nécessité d’une « coexistence pacifique » avec la Cédéao.

Les trois États se disent prêts au dialogue pour répondre aux « préoccupations des populations et de leurs États ». Malgré leur retrait, ils réaffirment leur attachement à l’idéal panafricain et leur volonté de maintenir des liens de solidarité avec les peuples ouest-africains.

Le ministre malien a reconnu les défis actuels auxquels font face les pays de l’AES, tout en saluant la résilience de leurs populations qui « restent debout » face aux adversités.
Cette réunion marque une étape décisive dans la restructuration des relations régionales en Afrique de l’Ouest, l’AES s’imposant comme un nouvel acteur dans le paysage diplomatique.

Mpo

Sahel : Les pays de l’AES créent une force militaire unifiée de 5 000 soldats

Le Mali, le Burkina Faso et le Niger franchissent une nouvelle étape dans leur collaboration militaire. Le ministre nigérien de la Défense, le général Salifou Mody, a annoncé mardi 21 janvier la création d’une « force unifiée » de 5 000 soldats, marquant un tournant décisif pour l’Alliance des États du Sahel (AES).

Une force militaire entièrement intégrée

Cette force représente bien plus qu’un simple regroupement de troupes. Elle disposera de ses propres moyens :

  • Personnel militaire
  • Capacités aériennes
  • Moyens terrestres
  • Systèmes de renseignement
  • Mécanismes de coordination

« Dans cet espace commun, nos forces pourront désormais intervenir ensemble », a souligné le général Mody, qui prévoit le début des opérations dans les semaines à venir.

Une réponse aux menaces terroristes

Cette initiative vise principalement à contrer l’expansion des groupes jihadistes dans la région. Les récentes attaques, comme celle du 11 janvier contre des militaires burkinabè revendiquée par l’État islamique au Grand Sahara (EIGS), illustrent l’urgence sécuritaire.

« Nous sommes dans un même espace, nous faisons face aux mêmes types de menaces », a expliqué le ministre, qualifiant ce projet de « nouveau, original et sécurisant » pour l’ensemble des populations sahéliennes.

Les pays de l’AES avaient déjà mené des opérations conjointes, notamment dans la zone des trois frontières particulièrement exposée aux attaques terroristes. Cette force unifiée représente désormais une réponse structurelle et coordonnée aux défis sécuritaires de la région.

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Lutte contre l’exploitation minière illégale au Mali : défis et perspectives

Selon SWISSAID, l’exploitation minière artisanale et à petite échelle illégale au Mali a produit plus de 300 tonnes d’or entre 2012 et 2022, causant des pertes financières, de l’insécurité et des dégâts environnementaux. Le gouvernement malien a annoncé une lutte contre ces exploitations illégales, avec des mesures de répression et de sensibilisation. Jusqu’à présent, 61 sites ont été démantelés et de nombreux équipements saisis.

L’exploitation minière illégale alimente également les réseaux de trafics et les groupes extrémistes violents, qui profitent de ce commerce illicite. D’autres pays du Sahel, comme le Burkina Faso, la Mauritanie et le Niger, sont également touchés. En Côte d’Ivoire et au Ghana, l’exploitation minière illégale affecte la filière cacao.

Le Mali a principalement misé sur la répression, mais l’expérience d’autres pays montre que cela ne suffit pas. Le Ghana, par exemple, a mis en place une politique de formalisation des mineurs illégaux et un programme d’insertion à l’emploi. La CEDEAO recommande une coordination institutionnelle et un partage d’informations entre les États ouest-africains pour lutter efficacement contre ce phénomène.

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Loi d’Amnistie Sénégalaise de 2024

Le Rapport d’AfrikaJom et de l’Université de Stanford Dénonce une « violation des Droits Internationaux »

L’ONG sénégalaise AfrikaJom et le Rule of Law Impact Lab de l’Université de Stanford ont publié le 15 Janvier 2025 un rapport critique sur la loi d’amnistie sénégalaise adoptée en mars 2024. Intitulé « La loi d’amnistie au Sénégal : Un déni de justice ». Ce rapport renseigne que la loi d’amnistie adoptée sous la présidence de Macky Sall ne respecte pas les standards du droit international et empêche les victimes de violations des droits humains d’accéder à la justice.

La loi d’amnistie, qui couvre les événements politiques entre février 2021 et février 2024, accorde une immunité inconditionnelle à un large éventail de personnes impliquées dans des crimes liés à des manifestations politiques, y compris des responsables d’actes de torture et de meurtres. Si cette amnistie a permis d’organiser les élections présidentielles de 2024 dans un climat de paix, elle a, selon Stanford Law School et l’Afrikajom Center auteurs du rapport, ignoré les profondes souffrances des victimes et favorisé l’impunité.

Une Loi Qui Consacre l’Impunité

« La loi d’amnistie a permis aux élections présidentielles de se dérouler pacifiquement, mais elle ne pense pas les blessures causées par les violations des droits humains. Il est temps que les victimes obtiennent la justice qu’elles méritent », a-t-il déclaré Alioune Tine, fondateur du Centre Afrikajom, q. Ce dernier exprime son inquiétude quant à la normalisation de l’impunité que cette loi pourrait engendrer.

Selon ledit rapport, la loi va à l’encontre des obligations du Sénégal de mener des enquêtes et de poursuivre les responsables de violations graves des droits humains, comme en témoignent les traités internationaux ratifiés par le pays et la jurisprudence de la Cour africaine des droits de l’homme.

Environ 40 manifestants ont perdu la vie pendant la période concernée par la loi, tandis que près de 1 000 personnes ont été arbitrairement détenues et maltraitées, selon des organisations internationales de défense des droits de l’homme. Le rapport de l’ONG et de l’Université de Stanford argue que cette législation pourrait nuire à la démocratie sénégalaise en consolidant un système d’impunité.

Le rapport propose dès lors trois (3) recommandations pour sortir de cette impasse : offrir des recours aux victimes des violations des droits de l’homme, garantir le droit à la vérité pour la société sénégalaise, et engager des poursuites pénales contre les responsables de ces violations. Ces mesures visent à tourner la page de l’impunité et à restaurer la confiance des citoyens dans l’état de droit et la démocratie du Sénégal.

Bien que la loi d’amnistie ait servi de solution temporaire à une période de crise politique au senegal, le rapport souligne qu’elle présente un danger à long terme pour les principes de justice et de droits humains au Sénégal. Il est désormais crucial que le pays rétablisse les mécanismes juridiques permettant de tenir responsables les auteurs de violations graves, tout en offrant justice et réparation aux victimes.

A noté que la publication de ce rapport survient après l’adoption en novembre 2024 d’une majorité parlementaire favorable au président Bassirou Diomaye Faye et au Premier ministre Ousmane Sonko, deux bénéficiaires de la loi d’amnistie.             Toutefois ce dernier s’exprimant dans le cadre de sa déclaration de politique générale devant une Assemblée nationale totalement acquise, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé le 27 décembre leur soumettre prochainement un projet de loi abrogeant le texte voté en mars par l’ancienne majorité parlementaire.