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Burkina Faso–Union européenne : Ouagadougou dénonce une résolution « biaisée » et défend sa souveraineté.

Les autorités burkinabè ont vivement réagi à la suite de l’adoption d’une résolution par le Parlement européen et aux déclarations de l’eurodéputé français Christophe Gomart, que Ouagadougou considère comme inexactes et offensantes à l’égard du Burkina Faso. Le gouvernement estime que ces prises de position reposent sur une lecture erronée de la situation sécuritaire et politique du pays.

Dans ce contexte, le ministre des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré, a convoqué le chef de la délégation de l’Union européenne au Burkina Faso, Philippe Bronchain, afin de lui faire part officiellement du mécontentement des autorités.

Ouagadougou rejette des accusations jugées infondées

Selon le chef de la diplomatie burkinabè, cette démarche visait à exprimer la profonde désapprobation du gouvernement face aux arguments avancés lors des débats au sein du Parlement européen. Les autorités dénoncent des accusations qu’elles jugent fondées sur des informations inexactes et déconnectées des réalités du terrain.

Karamoko Jean Marie Traoré a notamment défendu les efforts engagés par le Burkina Faso dans la lutte contre le terrorisme, rappelant que le pays mène depuis plusieurs années un combat sécuritaire aux côtés du Mali et du Niger dans un contexte régional particulièrement complexe.

Le ministre a également critiqué ce qu’il considère comme une méconnaissance des réalités sahéliennes, estimant que certains responsables européens portent des jugements sans disposer d’une connaissance suffisante de la situation locale.

Une défense assumée de la souveraineté nationale

Au-delà du contenu de la résolution, les autorités burkinabè dénoncent ce qu’elles perçoivent comme une forme d’ingérence dans leurs affaires internes. Ouagadougou réaffirme son droit souverain à définir ses orientations politiques, sécuritaires et institutionnelles sans pression extérieure.

Le chef de la diplomatie a également replacé les défis sécuritaires actuels dans un contexte géopolitique plus large, évoquant les conséquences de l’intervention militaire menée en Libye en 2011 sous l’égide de l’OTAN, souvent présentée par les pays du Sahel comme un facteur ayant contribué à la déstabilisation de la région.

Des relations toujours sensibles entre Ouagadougou et Bruxelles

De son côté, Philippe Bronchain a indiqué avoir pris acte des préoccupations exprimées par les autorités burkinabè et s’est engagé à transmettre leur message aux instances compétentes de l’Union européenne.

Cet épisode illustre les tensions persistantes qui marquent les relations entre Ouagadougou et certaines institutions européennes. Depuis plusieurs années, les questions liées à la sécurité, à la gouvernance et à la souveraineté occupent une place centrale dans les échanges entre le Burkina Faso et ses partenaires occidentaux.

Dans un contexte régional marqué par la montée des revendications souverainistes au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), cette nouvelle passe d’armes diplomatique témoigne de la volonté des autorités burkinabè de défendre leur position sur la scène internationale et de contester les critiques qu’elles jugent injustifiées.

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Coopération Guinée–Union européenne : 2026 annoncée comme une année charnière.

L’Union européenne ambitionne de faire de l’année 2026 un tournant décisif de son partenariat avec la Guinée. Lors d’une conférence de presse tenue ce mercredi à Conakry, l’ambassadeur de l’Union européenne a présenté un portefeuille de projets structurants destinés à améliorer durablement les conditions de vie des populations, renforcer la connectivité régionale et soutenir la transformation économique du pays.

S’inscrivant dans une logique de partenariat à long terme, ces interventions couvrent des secteurs clés tels que l’assainissement urbain, la sécurité routière, les infrastructures de transport et l’énergie.

Assainissement urbain : un centre de stockage des déchets à Zagope

L’amélioration de l’assainissement dans le Grand Conakry figure parmi les priorités annoncées. En partenariat avec le ministère en charge de l’Assainissement, l’Union européenne appuie la réalisation d’un centre de stockage temporaire des déchets à Zagope, dont la mise en service est prévue à l’horizon 2026.

Ce centre permettra de désengorger la décharge non réglementée de Dar-es-Salam, aujourd’hui saturée, et d’organiser plus efficacement la collecte et le transfert des déchets à partir des zones de tri et de transit implantées dans les quartiers. À terme, le projet vise une amélioration notable de l’hygiène urbaine, de la santé publique et du cadre de vie des habitants de la capitale.

Sécurité routière : vers la création d’un centre national de référence

Autre axe majeur de la coopération : la sécurité routière. L’Union européenne prévoit de soutenir la construction et l’équipement d’un centre national de sécurité routière, accompagné d’une assistance technique complète.

Cette structure aura pour mission de coordonner l’action des centres de contrôle technique, d’harmoniser les normes applicables aux véhicules et de contribuer à la réduction des accidents de la circulation. Un enjeu crucial dans un pays où l’insécurité routière engendre chaque année de lourdes pertes humaines, mais aussi des coûts élevés pour le système de santé et des impacts environnementaux liés à la circulation de véhicules vétustes et fortement polluants.

Infrastructures et intégration régionale : un axe stratégique vers la Guinée-Bissau

Sur le plan des infrastructures de transport, l’ambassadeur de l’UE a mis en lumière un projet routier stratégique reliant la région de Boké à la frontière avec la Guinée-Bissau. Le programme prévoit la construction d’un tronçon de route de 42 kilomètres, ainsi que d’un pont d’environ 300 mètres sur la rivière Kogon, destiné à remplacer un bac aujourd’hui hors service.

Cette infrastructure est appelée à faciliter les échanges commerciaux, améliorer la mobilité des populations et renforcer l’intégration économique entre les deux pays. Le projet s’inscrit dans le cadre de Global Gateway, l’initiative européenne de connectivité mondiale visant à promouvoir des infrastructures durables, résilientes et de qualité dans les pays partenaires.

Énergie : des investissements massifs pour renforcer l’accès à l’électricité

Dans le secteur énergétique, l’Union européenne, en collaboration avec la Banque européenne d’investissement et d’autres partenaires financiers tels que l’Agence française de développement, prévoit de mobiliser des centaines de millions d’euros.

Ces financements visent à renforcer la production, le transport et la distribution d’électricité, avec pour objectif d’améliorer l’accès à une énergie fiable et abordable, condition essentielle au développement industriel, à la création d’emplois et à la compétitivité de l’économie guinéenne.

Un partenariat orienté vers des résultats concrets

À travers ces projets, l’Union européenne affirme sa volonté d’accompagner la Guinée dans des réformes structurelles et des investissements à fort impact social et économique. Pour la délégation européenne, l’année 2026 doit marquer une montée en puissance de cette coopération, avec des résultats visibles pour les populations et un ancrage renforcé de la Guinée dans les dynamiques régionales et internationales de développement.