La première conférence régionale de la Fédération ouest-africaine des sciences de laboratoire médical s’est ouverte mercredi à Lomé, au Togo. Réunis pendant trois jours, des professionnels de laboratoire médical de plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest échangent sur les défis liés aux épidémies et sur les moyens de renforcer les capacités de diagnostic dans la région.
Placée sous le thème « Les biologistes médicaux et la santé publique en Afrique de l’Ouest : enjeux, défis et perspectives », la rencontre vise notamment à tirer les enseignements des grandes crises sanitaires qui ont touché le continent ces dernières années, notamment l’épidémie d’Ebola et la pandémie de Covid-19.
Les laboratoires au cœur de la réponse sanitaire
Pour les participants, les expériences récentes ont démontré l’importance des laboratoires dans la détection précoce des maladies infectieuses et dans l’orientation de la prise en charge des patients.
Les capacités de diagnostic constituent en effet un élément essentiel de la surveillance épidémiologique. Elles permettent d’identifier rapidement les agents pathogènes, de confirmer les cas suspects et d’aider les autorités sanitaires à adapter leur réponse.
Le Dr Arthur Garber, président de l’Association des professionnels de laboratoire médical de Sierra Leone, a notamment évoqué l’épidémie d’Ebola qui avait durement touché son pays en 2014.
Selon lui, cette crise avait mis en évidence plusieurs insuffisances du système de santé, notamment en matière de diagnostic et de disponibilité de professionnels spécialisés. Il estime que l’intervention du personnel médical avait contribué à limiter les conséquences de l’épidémie.
Tirer les leçons d’Ebola et de la Covid-19
Les échanges de Lomé s’inscrivent dans une réflexion plus large sur la préparation des systèmes de santé ouest-africains face à de futures crises sanitaires.
Le Dr Kossi Kabo, président de l’Association des biologistes médicaux du Togo et coprésident du congrès, estime que les épisodes d’Ebola et de Covid-19 ont montré la nécessité de maintenir des capacités de réponse opérationnelles, y compris en dehors des périodes de crise.
Pour les professionnels réunis dans la capitale togolaise, les investissements dans les infrastructures de laboratoire, la formation continue et la disponibilité des équipements doivent donc s’inscrire dans la durée.
Des investissements jugés nécessaires
Les participants souhaitent également attirer l’attention des gouvernements sur les ressources consacrées à la préparation sanitaire. Ils plaident pour un renforcement des équipements de laboratoire, des effectifs qualifiés et des mécanismes de financement permettant de répondre rapidement à l’apparition de nouveaux foyers épidémiques.
Cette démarche repose sur le constat que les épidémies peuvent apparaître de manière imprévisible et se propager rapidement au-delà des frontières. Pour les spécialistes, la préparation ne devrait donc pas être limitée aux périodes où une crise est déjà déclarée.
Des recommandations attendues à l’issue de la conférence
Au terme des trois jours de travaux, les professionnels doivent formuler des recommandations à destination des gouvernements et des acteurs de santé publique d’Afrique de l’Ouest.
Ces propositions devraient notamment porter sur le renforcement des capacités diagnostiques, le développement des compétences professionnelles et l’amélioration des dispositifs de surveillance et de prévention.
À travers cette première conférence régionale, les spécialistes des sciences de laboratoire médical souhaitent ainsi placer le diagnostic et la préparation sanitaire au cœur des stratégies de prévention des futures épidémies en Afrique de l’Ouest.

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